dimanche 24 avril 2011

Le 'Omer : une attente d'amour (1)

Se rapprocher de D-ieu est une activité quotidienne et chaque jour de l'année représente une opportunité pour aller de l'avant et renouer le lien avec notre origine sainte. La période où nous comptons le 'Omer est plus particulièrement favorable à se rapprochement avec le Divin.

La période de la Séfirath Ha'Omer (du décompte du 'Omer) dure cinquante jours. Pendant ce laps de temps, nous crions à D-ieu – chaque soir en comptant le 'Omer – que nous désirons nous rapprocher un peu plus de Lui. Ce soir, un pas ; demain, encore un pas… Pendant cinquante jours, nous avançons à petits pas vers le Créateur.

L'attente qui accompagne cette période est un élément essentiel de notre téchouva (repentir) et de notre retour vers D-ieu. À l'image du mari qui a peiné sa femme et qui doit attendre quelques temps avant que celle-ci accepte ses excuses, nous devons admettre de patienter avant que les portes du Ciel s'ouvrent à nous.

Attendre pour mieux déclarer notre amour

Les cinquante jours qui séparent Pessa'h (la Pâques juive) et la fête de Chavou'oth (le don de la Tora) fut la période qui amena le peuple juif de l'impureté presque absolue, à un degré inégalé de Sainteté. Sans cette attente, les esclaves juifs auraient été incapables de recevoir – et de conserver – la Lumière divine.

Lorsque nous sommes en exil, c'est que nous avons oublié D-ieu. Vivant parmi les non juifs, nous adoptons leur mode de pensée (marqué par une absence totale de la perception de la Présence divine). Les fréquentant, nous devenons leurs amis : nous nous habillons comme eux, nous parlons comme eux, nous lisons leurs littérature, nous écoutons leur musique… Même le manger est souvent identique. S'il est kacher, nous savons faire également le “goût” crevettes, le “goût” bacon…

Nous commençons à sortir de notre exil lorsque nous ne transgressons plus les commandements – bibliques et rabbiniques – qui nous ont été donnés. Nous en sortons complètement lorsque nous commençons à réfléchir et à penser selon le mode juif. Adieu Victor Hugo, le simili crevette et le hamburger kacher ; bonjour à la Guémara, à la dafina (ou au guelfite fish, selon le cas) et aux paroles de Tora.

Ce changement de fonctionnement ne peut pas s'effectuer du jour au lendemain. On ne passe pas de l'Olympique de Marseille aux Psaumes en une semaine ! Il existe même une période où l'on peut faire les deux en même temps. Je vous conseille fortement d'amener votre livre des Psaumes lors de votre prochaine virée au stade Vélodrome (ou au Parc des princes). Sans blague !

C'est cette attente qui est précieuse car elle est le témoin de notre désir de nous transformer. Les personnes impatientes sont celles pour lesquelles la téchouva est extrêmement difficile. C'est en attendant que nous disons à D-ieu que nous L'aimons, chaque jour un peu plus.

Il existe un moment où l'attente – l'absence de réaction de notre part – est l'essence de la téchouva. Si une personne nous insulte et que nous ne répondons pas, nous avons atteint un niveau élevé de sainteté. Cela n'est pas donné à tout le monde, mais nous pouvons essayer.

Sans l'espérer, la prochaine fois qu'un malotru vous fera les gros yeux, regarder le en souriant et… sans rien dire (vous pouvez également penser qu'il s'agit d'un singe qui fait ses grimaces derrière sa cage !). Pas de réponse tranchante de votre part ; pas de gestes menaçants. Rien, le calme plat. Bouillez-vous à l'intérieur ? Cela signifie que nous n'avez pas atteint le sommet du repentir, mais aussi longtemps que vous n'ouvrez pas la bouche, vous réalisez déjà un exploit.

À suivre…

Bookmark and Share

Aucun commentaire:

LinkWithin

Blog Widget by LinkWithin