Ce soir, nous célébrons la fête de Pessa'h (la Pâque juive). Quelle formidable opportunité de sortir du quotidien et d'emprunter un chemin différent !
Changer de lunettes
Notre vie est faite d'une multitude de choses qui possèdent un point commun : celui de nous faire oublier qui nous sommes réellement. Qu'il s'agisse du dernier jeans à la mode ou de la dernière crème pour le visage à ne pas manquer, nous endossons trop souvent les habits d'un automate qui mène la vie des autres : de Diesel, d'Yves Rocher... En fin de compte, lorsque le dernier jour de notre vie arrivera et que nous ferons un bilan de notre passage sur terre, nous risquons de regretter de ne laisser derrière nous qu'un placard rempli d'habits inutiles et de mourir avec un visage sans rides.
Pourtant, une autre vie existe : celle où nous sommes devant nous-mêmes et de notre comportement dans les gestes de la vie quotidienne. Si nous lions nos pensées, nos gestes et nos paroles au Ciel, la nature des événements qui se déroulent sous nos yeux prendront rapidement un nouveau visage : celui de nous donner autant d'opportunité pour afficher notre amour pour D-ieu et Sa volonté.
Comment lie-t-on notre vie au Divin ? Cette idée est tellement immense qu'elle semble nous dépasser largement !
La première étape consiste à changer notre vision : celle que nous avons de la vie et du monde. Notre vie n'est pas faite seulement de cartes de crédits, de biens à acheter ou de bons plats à déguster. Si nous le désirons vraiment, nous pouvons définitivement quitter cet état qui nous fait ressembler à des animaux à deux pattes.
Levons les yeux au ciel et ouvrons la bouche. Nous serons surpris d'entendre une nouvelle voix : celle de notre âme. Cet aspect insaisissable de notre personne que nous mettons trop souvent de côté – ou que nous ignorons même complètement – ne demande qu'à s'exprimer. La fête de Pessa'h est le moment idéal pour cela.
À Pessa'h, le peuple juif est né. De nos jours, qu'avons-nous conserver de nos racines ? La vérité est que nous avons oublié qui nous sommes et que nous menons la vie des nations du monde, mais pas la nôtre. À Pessa'h, nous pouvons dire à Hachem que cette vie devrait prendre fin et que nous désirons « sortir de notre exil » et recouvrer la vie juive. Ce soir, en lisant la Haggada, nous la lirons en racontant notre propre sortie d'Égypte : celle d'un monde cruel qui nous fait perdre notre âme.
Se tourner vers D-ieu signifie Lui parler, ce ne serait-ce que pour Lui dire que nous ne savons pas quoi Lui dire ! Après avoir parlé comme des non juifs pendant aussi longtemps, le contraire aurait été différent. Pourtant, si n'abandonnons pas la partie dès la première manche, nous serons surpris de nos progrès. Notre lien avec le Créateur grandira à la mesure de notre volonté d'y parvenir.
Je reçois de nombreuses lettres de personnes qui ont commencé à emprunter ce chemin, même si certaines d'entre elles n'étaient convaincues de sa justesse. Après quelques semaines ou mois, la transformation est immense : l'émouna (la foi) entre doucement en leur cœur et c'est toute leur vie qui devient autre.
Ce soir, faisons partie de notre peuple et de notre histoire. Ce soir, racontons notre sortie de l'esclavage et notre désir d'emprunter la voie de la liberté. Ce soir, vivons réellement pour sans doute la première fois depuis bien longtemps.
Je vous souhaite un 'Hag Pessa'h kacher veSaméa'h.

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