lundi 13 juillet 2009

Enfants : gardons notre calme (3)

Enfants : gardons notre calme (3)

(Pour lire la deuxième partie de cet article, cliquez ici.)

À propos de l'importance de trouver des aspects positifs chez les autres, Rabbi Avraham Greenbaum a écrit : “Lorsque nous brûlons de rage contre une personne dans une situation spécifique à la maison, au travail ou à n'importe quel autre endroit, nous devons prendre un moment pour nous détacher de notre émotion et de la perception immédiate que nous avons de cette personne. Plutôt, nous devons essayer de nous lier au bon que nous pensons pouvoir trouver en elle.”

La personne a essayé d'appliquer ce principe chez elle. Lorsqu'elle se trouva face à une situation où elle sentait la colère monter, elle se força de penser aux bons aspects de l'enfant qui venait de mal agir : bon cœur, attentionné, serviable… Même si cette attitude n'empêcha pas la personne d'être ferme et de discipliner l'enfant qui venait de mal se comporter, elle l'aida à se contrôler et à garder son calme.

Lors du 38ième jour du programme, la fille de la personne essaya à plusieurs reprises d'entraîner les personnes présentes dans la maison dans son état d'esprit négatif. Elle les poussa même à mal se comporter. La personne comprit que ce test était certainement le dernier de son programme. Elle réussit à garder son calme et elle ne cria point à l'encontre de sa fille ; elle ne la punit pas en l'envoyant dans sa chambre, ni agit avec colère.

La personne fut capable de guider ses actions par les mots qu'elle avait lus dans le livre “Sefer Tzedeq”. Dans ce livre, il est écrit que la colère équivaut à “mo'hin déqatnouth” (“un esprit rétrécit”), tandis que la patience équivaut à “mo'hin dégadlouth” (“un esprit élargi”).

Répétant l'expression “mo'hin degaldouth” d'une façon presque inaudible, elle se força à se détacher de sa pensée confuse et à se souvenir qu'elle devait laisser ses actions être guidées par son intellect, plutôt que par son impulsion. De fait, la répétition de ces simples mots s'avéra une ségoula efficace et l'aida à ne pas oublier l'objectif initial qu'elle s'était fixé.

Être réaliste

Deux années auparavant, la personne avait écrit qu'elle désirait : “faire les efforts nécessaires pour se débarrasser entièrement du sentiment de colère qui résidait dans son cœur.” Elle réalisait maintenant que cet objectif était trop ambitieux et irréaliste. De fait, le Rav Shalom Arush enseigne qu'il est presque impossible de ne pas se mettre en colère :

“Dans la mesure où une personne vient sur terre avec l'objectif de rectifier son âme, il est virtuellement impossible d'éviter les situations qui incitent à la colère. Hachem nous met en face de toutes sortes de personnes et d'évènements. C'est notre émouna qui nous permet de comprendre leur véritable nature : que tout vient d'Hachem et que tout est pour le mieux. En l'absence d'émouna, nous sommes souvent à la frontière de la colère.”

La personne avait comprit que dans ce domaine, la recherche de la perfection est la recette idéale pour la démence et pour une plus grande frustration. Maintenant, elle possède un objectif à long terme plus simple et réaliste : essayer de contrôler sa colère chaque jour qui passe. Selon elle, il est possible de dire honnêtement que ces 40 jours ont été une période où elle a beaucoup progressé et qu'elle s'est rapprochée de l'objectif final.

En dépit de ses doutes originels à propos de l'utilité d'un bloc-notes pour l'aider dans ce domaine, elle peut maintenant déclarer – sans le moindre doute – que son efficacité est évidente. Selon elle, une personne qui utilise cette technique peut certainement s'élever à des niveaux plus élevés et faire de grands pas pour atteindre ses objectifs.

Même si le dernier jour de son programme est passé depuis mois, elle continue de prier chaque jour pour rencontrer le succès que la leçon de son Rav lui a apprise.


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jeudi 9 juillet 2009

Enfants : gardons notre calme (2)

Enfants : gardons notre calme (2)

(Pour lire la première partie de cet article, cliquez ici.)

Après quelques jours, la personne fit le point avec le Rav de Sudilk. Elle lui expliqua sa décision d'instituer une amende et lui suggéra que sans doute, elle aurait besoin d'une autre période de 40 jours pour atteindre le but initial, compte tenu de son succès relatif jusqu'alors dans sa capacité à contrôler sa colère avec ses enfants. Le Rav répondit :

“Permettez-moi de vous dire qu'en utilisant le bloc-notes, vous leur permettez de s'améliorer.”

Après avoir révisé la leçon 272 du Liqouté Moharan (la leçon “Azamra” dans laquelle Rabbi Na'hman de Breslev explique l'importance de trouver des aspects positives chez les autres personnes) plusieurs fois depuis que le Rav me l'avait conseillé, cette personne comprit que le Rav faisait référence au concept selon lequel il est possible d'élever spirituellement une personne lorsqu'on la juge d'une façon positive et qu'on cherche en elle des aspects positifs (néqoudoth tovoth).

C'est peut être grâce à la conversation qu'elle avait eue avec le Rav de Sudilk qui lui donna un regain d'énergie ce jour-là, mais plus tard dans la soirée, sa femme lui fit des compliments par rapport à son attitude avec leurs enfants et particulièrement avec leur comportement difficile ce soir-là.

De fait, c'était la première fois que cette personne se souvenait d'avoir entendu de tels compliments de la part de sa femme. Elle ne savait pas si elle devait les attribuer à sa bonne humeur du jour ou à une réelle progression de sa part. Ce pouvait-il qu'elle fasse de tels progrès seulement 14 jours après avoir commencé le programme de 40 jours du Rav ?

Depuis que j'avais institué la contre-mesure préventive, elle n'avait jamais eu à payer l'amende à la tsédaqa. Apparemment, elle faisait des progrès importants dans sa lutte contre la colère.

Quelques temps plus tard, cette personne et sa femme eurent la grippe, ce qui les obligea à rester alités pendant quelques jours. La personne choisit de voir cette maladie comme un test qui indiquait qu'elle avait bel et bien atteint un niveau supérieur et son niveau proportionné de nouvelle difficulté.

Une soirée décisive 

Tandis que la personne recouvrait petit à petit la santé, celle de sa femme commençait à se détériorer. Un certain soir, à son retour du bureau, elle trouva sa femme endormie dans une des chambres de leurs enfants. Les jouets étaient dispersés dans toute la pièce et les enfants étaient occupés à sauter comme des sauvages d'une chaise à l'autre du salon, en risquant à chaque saut, de tout casser sur leur passage. En temps normal, c'est le type de situation qui aurait mis cette personne hors d'elle. Cependant ce soir-là, elle fut capable de maintenir son calme. Autant de gagner !

Cette nuit-là, la personne réalisa qu'il y avait un prérequis fondamental pour appliquer à ses enfants les principes exposés dans la leçon Azamra du Liqouté Moharan : ne jamais penser que ses enfants étaient des petits monstres ingrats, même dans les moments où ils se comportent mal. Dans tous les cas, elle devait bannir ces pensées de son esprit, un peu comme nous devons bannir les pensées étrangères pendant que nous prions.

En fin de compte, elle comprit que si elle permettait à son esprit de mettre une étiquette négative sur un des ses enfants, elle serait plus proche de la colère lorsqu'elle devait lui parler.

À suivre…

(A simple Jew)

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mardi 7 juillet 2009

Enfants : gardons notre calme (1)

Éducation des enfants : un programme de 40 jours

Voici le premier article - d'une série de trois - à propos d'un programme de 40 jours proposé par le Rav de Sudilk pour améliorer les relations que nous entretenons avec nos enfants. À l'origine, ce programme a été pensé pour une personne qui éprouve de la difficulté à garder son calme face aux agissements de ses enfants. Considérant que nous ressemblons tous-tes à cette personne – à un moment ou à un autre – je vous propose la lecture de ce plan que je conseille vivement de mettre en pratique.

D'après le Rav de Sudilk, il faut prendre un bloc-notes et tracer un nombre de colonnes équivalent au nombre d'enfants dans la famille. Ces colonnes nous permettront d'écrire – chaque jour – les aspects positifs de chacun de nos enfants. Le soir, avant de réciter le Chéma' et de se coucher, nous devons lire à voix haute ce que nous avons écrit.

Lorsque le Rav de Sudlik donna ce conseil à cette personne, celle-ci releva que d'après elle, sa réussite au quotidien lui semblait entièrement hors de son contrôle dans la mesure où en fin de compte, la réussite ou l'échec d'une éducation se trouve entre les mains d'Hachem. De fait, la personne nota qu'elle pouvait commencer sa journée avec un large sourire sur son visage, des paroles gentilles et une patience sans limite… et faire cependant face à une journée de fiasco. Le plus souvent, ceci aboutissait à lui faire perdre son calme. Peu importe si elle avait bien agi ou non durant ces journées, le résultat était souvent le même.

Le Rav écouta les objections de la personne et répéta l'importance d'utiliser le bloc-notes. Il mentionna que pour lui aussi, il ne pensait pas qu'utiliser un bloc-notes pour cette raison était au-dessous de sa dignité. Il stoppa les remarques formulées et conseilla à la personne de commencer ce jour même le plan de 40 jours qu'il lui avait suggéré. En toute logique, la personne ne parvenait pas à comprendre comment elle pourrait rencontrer le succès dans son entreprise. Elle décida cependant de mettre son cerveau ce côté et d'accepter les mots du Rav avec une émouna (foi) simple en se persuadant que la raison se trouvait dans ces paroles.

La paix dans la maison

Ce soir-là, en rentrant à son domicile, la personne se saisit d'un bloc-notes qui se trouvait dans sa table de nuit. Elle divisa la première page en trois colonnes (le nombre de ses enfants) et commença à écrire les bons aspects de chacun de ses enfants. Également, elle se souvint de ce qu'elle avait appris dans la paracha Pin'has et à propos d'un verset dans les Psaumes (34:15) : “Recherche la paix et poursuit la.” Selon le Rav Chmouel Voltess – un élève du Rav Raphaël de Bershad – afin de faire la paix, il n'est pas utile de commencer une campagne mondiale pour atteindre la paix dans le monde. Plutôt, il faut se concentrer à établir la paix entre nous-mêmes et nos enfants – dans notre propre maison – ce qui permettra d'apporter la paix dans le monde.

Afin d'assurer son succès, la personne décida également de donner l'équivalent de 15 euros en tsédaqa chaque fois que son fils ou sa plus grande fille le mettrait en colère. Chaque soir, avant de rentrer à son domicile, elle se rappelait régulièrement qu'elle devrait payer une amende si elle perdait son calme. Elle demandait aussi à Hachem de l'aider à atteindre son objectif ce soir-là, en se souvenant de la remarque du rabbin Pelé Yoetz (1785-1826) :

“Sonder le fonctionnement de l'esprit d'un enfant exige une grande compréhension ; il en va également ainsi pour se comporter d'une façon appropriée avec lui.”

À suivre…


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