vendredi 12 août 2011

Paracha Va-et'hanan - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Va-et'hanan - Rabbi Nathan de Breslev

“Observez-les et pratiquez-les ! Ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples…” (Devarim 4:6)

'Hazal (les Sages du Talmud ) nous ont appris que ce verset fait allusion au mode de calcul des “saisons et des constellations”, c'est-à-dire à la détermination du début des mois lunaires juifs, lorsque la lune commence à croître de nouveau, après une période de deux semaines pendant laquelle elle décroît. Cet instant est celui du “remplissage de l'imperfection de la lune afin qu'elle ne montre au manque et que sa lumière soit comme celle du soleil” (extrait de la prière de Qidouch lévana – de la Sanctification de la lune, version sfarad).

Le cycle de croissance et de décroissance de la lune est une allusion au concept d'émouna (de foi) de chaque personne. De fait, lorsque la lune est pleine, cela ressemble à une émouna complète et dépourvue du moindre manque, de la plus petite imperfection. Dans ce cas, la lumière de la lune (l'émouna-la foi) devient comme celle du soleil (du Créateur).

Une émouna complète signifie que nous devons posséder une conviction forte en rapport de notre croyance en Hachem. L'émouna commence lorsque l'intellect humain atteint les limites de l'entendement. C'est précisément dans ces situations où ne devons pas nous laisser assiéger par les doutes, les questions apparemment sans réponses…

Lorsqu'une personne atteint le niveau d'émouna complète, sans aucune imperfection, son intellect l'éclaire comme si elle voyait et qu'elle comprenait réellement. Ceci représente l'essence de l'émouna complète : que nous soyons comme une personne qui voit de ses yeux les réponses aux questions difficiles qu'elle se posait. Ce concept est celui de la lumière de la lune qui est l'équivalente de celle du soleil.

(Adapté du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Ora'h 'Haïm, Hilkhoth Roch 'Hodech 6:1)

Faire les mitswoth d'une façon simple

“Si l'Éternel vous a préférés, vous a distingués, ce n'est pas que vous soyez plus nombreux que les autres peuples, car vous êtes le moindre de tous.” (Devarim 7:7)

Ce verset se comprend à la lumière du commentaire de Rachi, selon lequel D-ieu a dit au peuple d'Israël : “Vous avez fait preuve d'auto-effacement lorsque Je vous ai accordé du bien.” Ceci signifie que lorsque D-ieu rayonne sur le peuple juif, celui-ci ne s'engage pas sur les chemins des questionnements intellectuels à propos de l'émouna (la foi). Plutôt, le peuple juif se sent revigoré par son renforcement dans sa foi et en profite pour chercher Hachem avec encore plus d'énergie.

Ceci correspond à ce qui est écrit dans le verset (Cantique des Cantiques 1:4) : “Entraîne-moi à Ta suite, courons !” Ceci signifie que nous courons derrière Hachem dès l'instant où Il nous attire vers Lui. Cependant, peu de temps après avoir commencé à chercher D-ieu, Il nous semble nous échapper et se subtiliser à notre vue. Ce concept correspond à (id. 8:14) “Mon Bien-aimé a fui…” et à (id. 5:6) : “J'ouvre à mon Bien-aimé, mais mon Bien-aimé est parti, a disparu…”

À cet instant, nous devons entreprendre une recherche mesurée et méthodique d'Hachem. Nous devons Le chercher et Le servir avec des actions et des bonnes actions. Tout cela doit être fait dans la joie… jusqu'au moment où nous mériterons en fin de compte à Le trouver. Alors, nous Le trouverons et acquérons une révélation encore plus merveilleuse que celle que nous avions atteinte auparavant.

Ceci correspond à ce qui est écrit (Exode 24:7) : “Tout ce qu'a prononcé l'Éternel, nous le ferons et nous le comprendrons.” Cela signifie que nous ferons immédiatement – sans poser de questions – ce que D-ieu nous a ordonné et que nous comprendrons ensuite le sens de chaque chose. De fait, c'est en faisant les mitswoth avec émouna, simplicité et joie que nous méritons par la suite de comprendre et d'atteindre des concepts élevés et merveilleux.

Cependant, les adorateurs et les hérétiques désirent “comprendre” avant de “faire” car ils sont les esclaves de leurs limites intellectuelles, de leurs désirs pour le matériel et de leurs mauvais traits de caractère. Pour eux, s'élever spirituellement est hors d'atteinte. Ils désirent cueillir immédiatement les fruits de leurs questions philosophiques à propos de l'existence du Divin et les raisons sous-jacentes aux mitswoth saintes. C'est seulement après cela qu'ils peuvent – éventuellement – se hâter à faire une mitswa : s'ils perçoivent sa lumière spirituelle à sa racine qui illumine tous les mondes spirituels.

(Adapté du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Ora'h 'Haïm, Hilkhoth Nefilath Apayim Ou'Qédoucha DeSidra 4:13, selon Otsar Ha-Ira, Émouna 17)

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vendredi 5 août 2011

Paracha Devarim - Rabbi Na'hman de Breslev

Paracha Devarim - Rabbi Na'hman de Breslev

Nous sommes souvent dans des situations où faire des réprimandes est tentant. Pourtant, combien de fois nous sommes-nous aperçus-es que non seulement nos paroles n'ont servies à rien, mais qu'elles ont aggravé la situation. Il nous reste souvent un sentiment amer de ces situations : devions-nous parler ? Était-il préférable de ne rien dire ?


Rabbi Na'hman de Breslev explique les raisons pour lesquelles tout le monde ne peut pas faire la morale à d'autres personnes :

“Ce sont là les paroles que Moïse adressa à tout Israël en deçà du Jourdain, dans le désert…” (Devarim 1:1)

Faire des reproches est un concept élevé et il incombe à chaque personne juive de réprimander un compatriote si elle constate qu'il ne se comporte pas d'une façon correcte. Ceci correspond à ce qui est écrit (Vayiqra 19:17) : “Reprends ton prochain et tu n'assumeras pas de péché à cause de lui.” Cependant, toutes les personnes ne sont pas capables de faire des reproches.

De fait, il est écrit dans la Guémara ('Arakhin 16b) que Rabbi 'Aqiva a dit : “Je serais surpris s'il existe une seule personne dans cette génération qui pourrait en réprimander une autre.” Maintenant, si Rabbi 'Aqiva a dit cela en ce qui concerne la génération dans laquelle il vivait, cela est encore plus vrai pour notre génération.

Si une personne qui n'est pas capable d'en réprimander d'autres exprime néanmoins des reproches, tout ce qu'elle dira ne servira à rien. De plus – et cela est encore plus grave – son intervention développera, chez les âmes qui étaient supposées l'écouter, une odeur infecte.

Cela s'explique par le fait que ses reproches réveillent la “mauvaise odeur” des mauvaises actions et des traits de caractères négatifs des personnes vers lesquelles elle dirige ses réprimandes. Cela ressemble à une chose qui ne possède pas une bonne odeur : aussi longtemps que personne ne touche cette chose, sa mauvaise odeur n'est pas perceptible. Cependant, lorsqu'on commence à la bouger, la mauvaise odeur commence à se faire sentir.

C'est ce qui arrive lorsqu'une personne qui n'est pas capable de formuler des reproches le fait néanmoins. Ses paroles attisent et réveillent la mauvaise odeur des mauvaises actions et des traits de caractères négatifs des personnes qu'elle réprimande. À cause d'elles, ces personnes “sentent mauvais.” (…)

Cependant, lorsqu'une personne possède les capacités pour en réprimander d'autres, l'opposé se produit. Grâce à ses réprimandes, elle donne plus de force à la bonne odeur des âmes à qui elle s'adresse.

C'est pour cela que les reproches doivent posséder un aspect de ceux que Moché Rabbénou (Moïse notre Maître) a formulés à l'encontre du peuple d'Israël lors du péché du veau d'or. De fait, grâce à ses reproches, il a transmis une bonne odeur, tel qu'il est dit (Cantique des Cantiques 1:12) : “Mon nard exhale son arôme.” Il n'est pas écrit que l'arôme du peuple d'Israël s'en alla (lorsque Moché le réprimanda) ; plutôt – comme Rachi l'explique à propos de ce verset – les réprimandes de Moché à propos du veau d'or ont procuré au peuple juif un bon “arôme.”

(Liqouté Moharan II, 8:1)

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dimanche 31 juillet 2011

Le sommeil spirituel (2)

Nos ennemis quotidiens

Nous avons appris lors d'un précédent article que le sommeil spirituel est celui où une personne est éloignée d'Hachem sans qu'elle le sache. Ce concept de sommeil spirituel a été expliqué d'une façon admirable par le Roi David dans les Téhilim.

Des ennemis nouveaux

La personne qui dort spirituellement a souvent l'impression que tout va bien dans sa vie. De fait, elle possède toutes les raisons apparentes d'être heureuse : elle gagne relativement bien sa vie (ou même très bien !), sa femme est belle et passe la majeure partie de son temps dans les salons de beauté ou de thé… Cette image du bonheur parfait est celle que nous renvoient certaines séries télévisées qui désirent nous faire croire en un monde qui n'existe pas.

De ce bonheur apparent, la personne qui se réveille spirituellement se trouve plongée dans une série de luttes, d'affrontement et de difficultés qu'elle ne connaissait pas auparavant. “Seigneur, que mes ennemis sont nombreux ! Beaucoup se dressent contre moi” (Psaumes 3:2) a dit le Roi David. Ceci correspond à la personne qui se réveille et qui a décidé de reprendre le chemin du Divin. Dès lors, le nombre de ses ennemis se multiplie et ce qui semblait être le chemin tranquille de la spiritualité se révèle être celui des luttes incessantes.

Les exemples sont nombreux qui montrent un des aspects de ces ennemis. Une personne a-t-elle décidé de respecter Chabath ? La voici obligée de quitter son emploi et sans le sous ! Une autre désire manger kacher ? Les membres de sa famille le voient d'un autre œil : “Allons-nous être obligés de changer nous aussi ?” s'écrient-ils ! La liste est sans fin des difficultés qu'une personne peut rencontrer sur son chemin spirituel.

Ces difficultés s'expliquent par nos nombreuses fautes et imperfections, que D-ieu nous préserve. À chaque faute, nous avons créé un ennemi et ce sont eux qui représentent l'aspect essentiel de nos difficultés à nous rapprocher d'Hachem. De fait, lorsque nous nous réveillons spirituellement, ces ennemis se réveillent également.

Aussi longtemps qu'une personne emprunte un chemin étranger à celui de la Tora, que D-ieu nous préserve, les ennemis qu'elle crée par ses fautes et ses transgressions lui laissent la vie tranquille. Ils n'ont aucune raison d'embêter cette personne afin de la pousser loin du Maître du monde : elle fait elle-même leur travail ! Cependant, le jour où cette personne se réveille spirituellement, tous ces ennemis se regroupent et se liguent pour contrecarrer les nouveaux projets de cette personne.

Ces ennemis ne cherchent qu'une chose : à tuer spirituellement tous les individus qui ont commencé à se réveiller, qu'à D-ieu ne plaise. Chaque ennemi met sur le chemin du retour de cette personne une embûche différente. Celles-ci ont pour objectif de casser la volonté de l'individu de sortir de son sommeil spirituel et de le détruire entièrement, que D-ieu nous préserve.

Il faut beaucoup de ténacité à celui qui se réveille pour ne pas baisser les bras et persévérer dans la voie juste et bonne du retour vers D-ieu. C'est sans compte qu'il faut multiplier les prières pour ne pas trébucher devant les nombreux ennemis qui ont décidé de nous mener la vie dure.


(Traduit et adapté du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Ora'h 'Haïm, Hilkhoth Hachkama Haboqer, Halakha 1:2)


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vendredi 22 juillet 2011

Paracha Matoth - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Matoth-Massé'é - Rabbi Nathan de Breslev


“Si un homme fait un voeu…” (Bamidbar 30:3)

La paracha Matoth traite du sujet des voeux. La mitswa des vœux nous apprend la grande puissance du discours : immédiatement après qu'une personne ait simplement exprimé quelque chose d'une façon verbale, elle doit faire ce qu'elle a dit.

En fait, le sujet entier des vœux est réellement une merveille, tel que l'a expliqué Rabbi Na'hman dans le Liqouté Moharan I:57. Les vœux nous apprennent la grandeur de l'homme et de son libre-arbitre : celui-ci possède la capacité de créer pour lui-même des nouvelles mitswoth avec son discours ; de la sorte, il crée des mitswoth que personne ne lui avait demandé de créer.

Par exemple : une personne peut s'interdire une chose qui est – par nature – autorisée à tout le monde. En formulant simplement son désir, elle s'interdit ainsi cette chose… selon la loi biblique ! Ceci est réellement renversant !

L'objet en question n'est pas interdit d'une façon intrinsèque, mais lorsque la personne a prononcé les mots qui lui interdisent cette chose – même si elle n'a pas prononcé un des Noms saints de D-ieu – la loi biblique s'impose sur elle pour lui rendre cet objet interdit !

La force du libre-arbitre

Grâce à cela, nous constatons la grande force de l'homme, possesseur du libre-arbitre. Le fondement de son libre-arbitre se situe dans sa bouche et dans son cœur. Lorsque son cœur désire fortement être sanctifié grâce à la séparation d'une chose physique – et qu'il exprime sa passion d'une façon verbale en utilisant sa bouche – cette chose se transforme de fait en Tora : c'est la loi de la Tora qui lui interdit maintenant cette chose !

Ce mécanisme s'accomplit grâce au fait que l'âme juive est une “portion de D-ieu en haut” qui Lui-même est lié à la Tora. Nous savons que le Tout-Puissant, la Tora et le peuple juif se font qu'un (Zohar A'haré Moth 73a). Par conséquent, l'homme – avec une simple expression – possède le pouvoir de faire des voeux et de créer des mitswoth pour lui-même, selon son désir.

La raison fondamentale pour laquelle nous faisons un vœu est notre désir de nous séparer des désirs physiques, tel qu'il est écrit (Pirqé Avoth 3) : “Les vœux sont une barrière pour la séparation.” Cette sorte de vœu est réellement une mitswa, tel que les Sages du Talmud l'on dit (Nédarim 8) : “Il est permis de faire un vœu afin d'aiguillonner son âme.”

Maintenant, la manifestation principale d'un vœu s'effectue par la bouche. Ceci nous apprend la grande puissance du discours. Celui-ci possède la capacité de nous stimuler à nous séparer des choses qui sont normalement permises. Ceci peut prendre plusieurs formes :

Certaines personnes prennent sur elles de jeûner pour un jour. D'autres promettent de s'abstenir de manger un certain type de viande. D'autres encore promettent de donner la tsédaqa… plus qu'elles ne le peuvent réellement. Dans tous les cas, une considération élémentaire de ce sujet devrait nous stupéfier : si nous possédons les ressources internes de surmonter nos tendances naturelles, pour quelle raison devons-nous faire un vœu ? D'autre part, si nous ne possédons pas ces ressources internes, faire un vœu ne changera rien !

L'aspect unique des vœux

Nous pouvons déduire grâce à cela le pouvoir remarquable qui se trouve à la racine de chaque vœu. Prononcer un vœu nous élève à un niveau étonnant de sagesse : celui qui se trouve à la racine du libre-arbitre. C'est de cet endroit que nous dérivons la force de surmonter nos désirs matériels, lorsque nous utilisons notre pouvoir du discours.

(Évidement, prononcer un voeu n'annule pas notre libre-arbitre. Le fait est que le pouvoir du libre-arbitre est tellement puissant qu'il peut dans tous les cas nous égarer. C'est parce qu'elle reconnaît cette vérité que la Tora nous met en garde avec force de respecter nos vœux et – en règle générale – toutes nos paroles.)

Nous trouvons ainsi dans la Tora une preuve de la grande efficacité des vœux pris pendant notre bataille contre le yetser hara' (le mauvais penchant). Il est écrit dans le livre de Ruth (3:13) que Boaz parla à Ruth en lui disant : “Par le D-ieu vivant ! Reste couchée jusqu'au matin.” Les Sages (Midrach Raba 5) nous ont appris que cette expression indique que Boaz fit un vœu afin de surmonter son yetser hara'. Ceci signifie que selon Boaz, son mauvais penchant risquait de triompher de lui s'il ne prononçait pas de vœu. Grâce à ce vœu, Boaz put réussir son test et briser son yetser hara'.

Nous trouvons également un nombre important de Justes et de personnes droites qui ont utilisé cet outil dans le cadre de leur travail spirituel. Rabbi Na'hman m'a dit qu'il avait souvent l'habitude de faire des vœux afin d'atteindre des niveaux plus élevés de Sainteté et de se séparer des désirs matériels.

(Adapté de Chiv'hé HaRan 15 et du Liqouté Halakhoth, Ora'h 'Haïm, Hilkhoth Birkath HaCha'har 5:90)

(N.B. : il est important de préciser que de nos jours, nos Sages nous déconseillent le plus souvent de faire des vœux. Il est ainsi préférable de demander l'avis d'une autorité rabbinique avant d'en formuler un.)

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vendredi 15 juillet 2011

Paracha Pin'has - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Pin'has - Rabbi Nathan de Breslev

Pin'has, fils d'Eléazar, fils d'Aaron, le pontifie, a détourné Ma colère de dessus les enfants d'Israël.” (Bamidbar 25:11)

En prenant Kozbi, la femme madianite, aux yeux de l'ensemble du peuple juif, Zimri – prince de la tribu de Chim'on – fut coupable du p'gam habrith (transgression sexuelle). D'autre part, Pin'has obtint le sacerdoce par le mérite de son zèle pour Hachem dans cet incident.

Grâce à Pin'has, le concept de “tiqoun habrith” (“réparation d'une transgression sexuelle”) fut amené dans le monde. En échange, il reçut le sacerdoce, ce qui correspond à “l'amour saint qui réside à côté du point”, c'est-à-dire à l'alliance de paix, tel qu'il est écrit (Bamidbar 25:12) : “Je lui accorde Mon alliance de paix.

La réaction de Pin'has contre cette relation interdite fut un tiqoun (une réparation) afin de soumettre et d'annuler la qélipa (“les forces du mal”) de Bil'am, tel qu'il est écrit plus loin (31:16) : “Ne sont-ce pas elle [les femmes midianites] qui, à l'instigation de Bil'am, ont porté les enfants d'Israël à trahir l'Éternel…”

De fait, Bil'am était la véritable personnification du p'gam habrith. Il était un véritable malade dans ce domaine, ce qui le rendait répugnant et abominable. Nos Sages ont dit (Sanhédrin 105b) : “Il fut attiré par son désir toute sa vie.” Il n'essaya même pas de ne plus suivre les désirs de son cœur – ce qu'il aurait pu – s'il avait utilisé des paroles saintes (dibourim qédochim).

Des paroles saintes

Les paroles saintes possèdent un aspect des “trois points” (Liqouté Moharan 34). C'est-à-dire : les paroles saintes qui sont formulées entre une personne et son Créateur ; entre une personne et son ami lorsqu'il lui parle de la crainte du Ciel et entre une personne et un Tsadiq. Avec les paroles saintes, même la personne la plus abjecte peut sortir des profondeurs de la fosse de la descente spirituelle ; de la sorte, elle peut mériter de se rapprocher d'Hachem.

Le méchant Bil'am et ses élèves n'ont aucun désir pour les paroles saintes. Il est déjà terrible en soi d'être attiré de la sorte par des désirs sexuels, mais en plus, ils n'essaient même pas d'utiliser les paroles saintes dans leurs trois aspects pour sortir de la fosse !

Pour ajouter une insulte à une injure, ils souillent même leur pouvoir de la parole. Ils polluent leur force du discours – qui leur a été donné par D-ieu – avec un discours qui manque de sérieux, les commérages, la calomnie ; ils utilisent des mots futiles et des mauvais mots.

Ces personnes sont particulièrement coupables d'utiliser des paroles désobligeantes envers les Tsadiqim et les personnes honnêtes. En agissant de la sorte, elles se placent définitivement loin des “trois points.”

Par conséquence, elles sombrent de plus en plus bas dans leurs désirs pervers. Cependant, cela n'est pas suffisant pour elles : il faut qu'elles entraînent d'autres personnes avec elles. Leur cible favorite est le peuple juif. Leurs mauvaises paroles – qui possèdent un aspect du méchant Bil'am – éloignent les individus d'une appréciation positive d'eux-mêmes.

Grâce à D-ieu, nous avons de véritables Tsadiqim qui illuminent les aspects positifs qui résident en chaque juif. Ils font cela en utilisant leur force du discours, c'est-à-dire en utilisant des paroles appropriées et encourageantes.

(Adapté de Rabbi Nathan de Breslev, Liqouté Halakhoth, Ora'h 'Haïm, Hilkhoth Nissiath Kapayim 5:12)

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vendredi 8 juillet 2011

Paracha Balaq - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Balaq - Rabbi Nathan de Breslev

“Ce people, il vit solitaire. Il ne se confondra point avec les nations.” (Bamidbar 23:9)

Les juifs sont un peuple saint dont la principale caractéristique est d'être seuls. De la sorte, ils remplissent l'exhortation du prophète (Isaïe 26:20) : “Viens, Mon peuple ! Retire-toi dans tes demeures et ferme les portes derrière toi ; cache-toi un court instant, jusqu'à ce que la bourrasque ait passé.” À quelle occasion agissent-ils ainsi ? Lorsqu'ils font hitbodédouth (la prière personnelle isolée, faite dans notre langue maternelle) chaque fois qu'ils le peuvent ; à cet instant, ils déversent leurs pensées les plus secrètes à Hachem et deviennent conscients de la véritable raison de la vie.

Parler à D-ieu

Grâce à hitbodédouth, le people juif se met à l'abri de tous les troubles, de ses ennemis, ainsi que des instigateurs. Il se cache sous les ailes d'Hachem – si l'on peut dire – tel qu'il est écrit dans le verset (Psaumes 32:7) : “C'est Toi qui est mon abri ! Tu me protèges contre l'adversité…” Ceci correspond au verset (Devarim 33:28) : “Israël réside avec sécurité, elle coule solitaire (“BeDaD ”, lié à hitBoDéDouth) la source de Ya'aqov…” et à (Psaumes 4:9) : “Toi, ô Seigneur, dans l'isolement (“bedad ”) Tu me fais demeurer en sécurité.”

En étant seul avec Hachem – pendant qu'il fait hitbodédouth – le peuple juif peut toujours résider en sécurité. Il place son lieu de résidence et sa confiance en Lui ; il s'efforce de séparer ses pensées des futilités du monde et d'annuler sa volonté devant la Sienne.

Selon le Targoun Yonathan et le Talmud Yérouchalmi : “Il ne se confondra point avec les nations” signifie que le peuple juif ne se mêle pas à la conduite sociale des autres nations. Cela veut dire qu'il ne cherche pas à participer aux divertissements sociaux des peuples non juifs, qu'il ne prend pas part à la course à l'accumulation des biens matériels : argenterie, bijoux… Plutôt, le peuple juif détourne ses pensées de toutes les absurdités de ce monde et s'engage dans la pratique d'hitbodédouth : déverser ses paroles à Hachem avec une envie intense et un désir ardent.

Il est écrit dans le verset suivant (23:10) : “Qui peut compter la poussière de Ya'aqov ?” Cela signifie : qui peut compter et évaluer la sainteté de chaque pas que fait un juif – au-dessus de la poussière – lorsqu'il se dirige vers une chose sainte : vers une synagogue, vers un hall d'étude, pour aller rencontrer son Rabbi ou pour déverser ses paroles pendant hitbodédouth. Grâce à chaque pas qu'il fait au-dessus de la poussière de la terre, le juif effectue de grands Tiqounim (réparations spirituelles), au grand plaisir du Ciel. Tous ces pas sont sans prix et au-delà de toute mesure.

(Adapté de Rabbi Nathan de Breslev, Liqouté Halakhoth Ora'h 'Haïm, Hilkhoth Birkath HaCha'har 5:87)

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vendredi 1 juillet 2011

Paracha 'Houqath - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha 'Houqath - Rabbi Nathan de Breslev

“Vous la [la vache rousse] remettrez au pontife Éléazar ; il la fera conduire hors du camp et on l'immolera en sa présence.” (Bamidbar 19:3)

Toutes les manipulations effectuées sur la vache rousse le sont à l'extérieur du camp. Ceci correspond à l'idée du Tsadiq qui est obligé – à l'occasion – d'interrompre son étude de la Tora. Il y a des moments où il doit sortir de ses “quatre murs” saints et discuter de choses ordinaires avec le commun du peuple. C'est spécifiquement grâce à cela qu'il peut attirer d'autres personnes à se rapprocher d'Hachem.

Ainsi, toutes les manipulations liées aux sacrifices étaient généralement réalisées à l'intérieur du Temple de Jérusalem, le lieu de la révélation de la Sainteté. L'exception est la vache rousse dont le service s'effectuait à l'extérieur du camp, c'est-à-dire à l'extérieur de la Tora, ce qui correspond au bitoul Tora (annulation de l'étude de la Tora). (…) Lorsque le Tsadiq doit faire cela – renoncer à l'étude – il est cependant capable de se régénérer grâce à la Tora cachée, l'étude de la kabbale (consulter le Liqouté Moharan II:78).

Le fait que le service de la vache rousse fut effectué à l'extérieur, fait penser aux concepts de bitoul Tora et de Tora cachée. La raison est que la signification du commandement lui-même de la vache rousse est cachée du monde. C'est ce qu'a dit le Roi Salomon : “J'avais dit que j'acquérais la sagesse, mais elle reste loin de moi”, c'est-à-dire : cachée, comme la Tora cachée, la kabbale.

C'est pour cette raison que la vache rousse était capable de purifier la plus grande impureté spirituelle : l'impureté d'un cadavre. Ce type d'impureté est appelé le “père” de toutes les impuretés ; elle est également liée à la nation primaire d''Amaleq. L'essence d''Amaleq provient de la pollution du serpent originel qui amena la mort dans le monde avec le désir de l'adultère [i.e. lorsque Ève eut le désir d'avoir une relation sexuelle avec le serpent]. (Les concepts de mort et d'adultère sont liés dans les versets qui traitent de la femme adultère : “La femme adultère doit être mise à mort” (Lévitique 20:10)

L'aide du Tsadiq

La personne qui est tombée dans cette impureté (i.e. l'adultère) peut être purifiée seulement grâce au véritable Tsadiq. C'est uniquement le véritable Tsadiq qui connaît la façon d'entraîner l'amour gratuit sur une âme. Cet amour gratuit provient de l'entrepôt céleste des faveurs qui sont accordées [i.e. sans être liées aux actions des personnes concernées] et que le Tsadiq arrive à pénétrer lorsqu'il interrompt son étude.

Ceci est le concept de la Tora cachée par rapport à sa relation au monde physique. Cela correspond au secret de la vache rousse – dont l'entier service était effectué à l'extérieur – qui fait référence à la Tora cachée qui purifie de l'impureté d'un cadavre.

C'est de la sorte qu'il est possible d'expliquer le paradoxe bien connu de la vache rousse : d'une part, elle purifiait les personnes impures spirituellement et d'autre part, elle transmettait l'impureté aux personnes pures spirituellement.

Lorsque le Tsadiq interrompt son étude de la Tora, il est capable de régénérer les personnes ordinaires et celles qui sont éloignées de la religion. C'est lui qui les purifie de leur grande impureté. Cependant, en ce qui concerne le Tsadiq, cela s'appelle du “bitoul Tora” (“annulation de l'étude de la Tora”) et une descente spirituelle. Il s'agit – pour lui – d'une mesure d'impureté par rapport à la valeur formidable de sa sainteté qu'il atteint lorsqu'il est attaché fermement à sa Tora (consulter le Liqouté Moharan II:38). S'abaisser pour se mettre en contact avec les affaires ordinaires de ce monde représente pour le Tsadiq à une descente spirituelle, même si elle est provisoire. Cependant, le Tsadiq remonte à son niveau spirituel précédent après avoir rendu service au monde.

En résumé : le bitoul Tora du véritable Tsadiq est associé à la vache rousse par son aspect de transmettre l'impureté au pur et – en même temps – purifier l'impur. De fait, en ce qui concerne le Tsadiq, le bitoul est considéré une espèce d'impureté provisoire car il se purifie immédiatement après.

Dans le cas de la vache rousse, l'impureté qu'elle transmettait aux personnes était seulement provisoire : elle durait uniquement jusqu'au soir. Le Tsadiq – comme la vache rousse – nettoie éternellement les âmes de leurs plus grandes impuretés : celle de la mort. Il fait cela avec le concept de la vache rousse dont le service se situait “hors du camp”

(Adapté de Rabbi Nathan de Breslev, Liqouté Halakhoth, 'Hochen Michpat, Hilkhoth Matana 3:12)

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vendredi 24 juin 2011

Paracha Qora'h - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Qora'h - Rabbi Nathan de Breslev

“Ils s'avancèrent devant Moïse avec deux cent cinquante des enfants d'Israël, princes de la communauté…” (Nombre 16:2)

Comment pouvons-nous comprendre la querelle entre Qora'h et son assemblée ? Après tout, ces princes étaient des personnages importants, d'une grande perspicacité : ne possédaient-ils pas l'Esprit saint ? Ils étaient “des princes de la communauté… des personnages notables” et des responsables du système judiciaire. En particulier, nous devons comprendre l'état d'esprit dans lequel se trouvait Qora'h. Dans tous nos livres saints, il est écrit qu'il était le plus grand des Lévi ; comment a-t-il pu tomber si bas et contester l'autorité de Moché (Moïse) et d'Aharon ?

La réponse à l'énigme de Qora'h est que tout cet épisode correspond à l'idée que même les grands et formidables Tsadiqim possèdent un Yetser Hara', un mauvais penchant. Leur Yetser Hara' est un aspect de “l'ange du Tout-Puissant”, c'est-à-dire des forces spirituelles extrêmement puissantes. Ces puissances s'accompagnent de Din (Jugements stricts) qui sont supposés être adoucis par le Tsadiq.

Ces Tsadiqim doivent utiliser leur savoir dans cette grande bataille contre leur puissant Yetser Hara', même si en réalité, il est saint et pur ! S'ils ne livrent pas bataille, ils doivent faire face à de graves problèmes. S'ils n'adoucissent pas ces Jugements de la façon dont ils doivent, ils causent une grande imperfection qui sera la source d'importantes erreurs de leur part ; ils tomberont d'une façon odieuse et seront les victimes de terribles confusions.

Les effets des erreurs de ce type diffèrent en degrés. Certains Tsadiqim restent vertueux jusqu'au dernier jour de leur vie, en dépit du fait qu'ils ont causé un tort immense. Cependant, d'autres Tsadiqim n'ont pas su traiter comme il le fallait leur puissant Yetser Hara' et par conséquent, celui-ci les a poursuivis. Le résultat de cette poursuite pour ces Tsadiqim est une suite de chutes spirituelles, jusqu'aux niveaux les plus bas : celui où ils nient l'existence même du Tout-Puissant.

Quatre rabbins au Paradis

L'exemple classique qui décrit cette situation est le cas des “quatre [rabbins] qui entrèrent au Paradis.” L'évidence nous force à dire qu'ils étaient des personnages hors du commun : tous n'ont-ils pas mérité d'entre au Paradis ? En dépit de cela, seulement Rabbi 'Aqiva réussit à sortir intact de cette expérience unique. Ben Azzaï et Ben Zoma se “blessèrent” en “jetant un coup d'œil” ; en fin de compte, les deux moururent de cette rencontre d'un autre type.

Malgré cela – et le dommage qu'ils avaient causé – ils restèrent des Tsadiqim jusqu'au jour de leur mort. Cela ne fut pas le cas avec le rabbin qui est resté connu sous le nom de “A'her” (“l'Autre”) ; de fait, il est dit à son propos qu'il finit par se couper entièrement des racines du judaïsme… jusqu'à ce qu'il laisse de côté tout ce que la religion lui avait apporté.

La raison principale de l'erreur d'A'her repose en son incompréhension du concept de l'“ange.” Au Paradis, A'her avait vu l'“ange de l'intérieur” auquel on avait accordé le droit d'écrire les mérites de chaque être humain. La source de l'erreur d'A'her se trouve dans la force de Din (Jugements stricts) que cet ange représentait. De fait, plutôt que de résister à la tentation – et de mettre de côté son propre savoir et sa sagesse – A'her préféra s'en remettre à sa propre réflexion sur le sujet. Cela l'amena à se couper entièrement de ses racines, que D-ieu nous préserve.

L'aspect de Din – associé avec l'ange – avait été dessiné pour être un test pour A'her. Ceci correspond au concept du “monde supérieur” – du Yetser – qui correspond à l'“ange du Tout-Puissant” et à l'aspect de Din des forces puissantes que nous avons mentionnées ci-dessus.

Ceci est l'explication du comportement de Qora'h.

Qora'h était le plus grand des Lévi. Nous savons que la tribu des Lévi possède un aspect de la racine du terrible et saint Din. D'autre part, le Kohen – qui est tout de même un membre de la tribu des Lévi – correspond au concept du 'Hessed (de l'amour de la bonté). C'est pour cette raison qu'Hachem donna les Lévi au Kohen, en guise d'accompagnement, pour le service des sacrifices : afin d'englober le concept de Lévi (Din – Jugement strict) à l'intérieur de celui des Kohen ('Hessed – amour de la bonté). En d'autres termes, il s'agit d'adoucir la force du Din à sa source.

Cette action permet d'adoucir tous les Dinim à leur source et de rectifier l'ensemble des mondes spirituels. À son tour, cela apporte le pardon et l'expiation de tous les péchés. Toutes les transgressions – volontaires ou accidentelles – proviennent du mauvais instinct qui émane du concept de Dinim, lorsque ceux-ci ne sont pas adoucis à leur racine. C'est la raison pour laquelle c'est seulement le Kohen qui pouvait réaliser l'expiation et la rectification que le service du Temple de Jérusalem permettait d'obtenir : le Din devait être adouci à sa racine.

Par conséquent, le Lévi devait accompagner le Kohen en lui étant subordonné et en le servant tout au long du service du Temple, tel qu'il est dit : “Ils vous accompagneront et vous serviront.”

Grâce au fait que le Lévi – dont la racine spirituelle est le Din – se trouve être secondaire au Kohen, en le servant dans le Temple, le Din-Lévi devient contenu dans le 'Hessed-Kohen. De cette façon, le Din du Lévi – la racine du Din – est adouci, ce qui correspond au concept de “l'adoucissement du Din à sa racine,” qui est la principale rectification. Cet “adoucissement” neutralise la force et la puissance du Yetser, qui est enraciné dans le Din, et permet ainsi l'expiation et le pardon des péchés.

L'erreur de Qora'h

Nous pouvons maintenant mieux comprendre l'épisode de Qora'h. Celui-ci était non seulement un Lévi, mais le plus grand de tous ! Il s'ensuit que des Dinim et des forces formidables se trouvaient agrippés à son essence, ce qui correspond à son niveau spirituel particulièrement élevé. De fait, tous les Dinim sont essentiellement très saints et purs, ce qui leur permet d'effectuer l'achèvement et la rectification des mondes spirituels. Cependant, aucun d'entre nous ne doit oublier le besoin d'adoucir les Dinim en les contenant dans le 'Hessed ; en réalité, ceci représente la totalité de notre tâche spirituelle dans ce monde.

Malheureusement, Qora'h oublia cela. En tenant compte de la grandeur de son niveau spirituel – et des Dinim qui l'accompagnaient – Qora'h était censé les adoucir en s'effaçant entièrement devant Aharon le Kohen, l'épitomé du 'Hessed. Cependant, la fierté de Qora'h eut raison de lui, ce qui permit aux Dinim de le piéger. En ratant le test qui lui était présenté, il en arriva à jalouser Aharon et – par conséquent – à rater l'opportunité d'englober son Din à l'intérieur du 'Hessed. Après que son cœur le fit se séparer d'Aharon, des Dinim terribles se levèrent en lui, ce qui fut la cause d'une division encore plus grande entre eux.

Pris dans un cercle vicieux, la division grandissante intensifia les Dinim, ce qui exacerba la division et augmenta encore plus les Dinim.

Les grands Dinim et la force de la racine spirituelle de Qora'h prirent le dessus sur lui – le mettant complètement à terre – ce qui le poussa à se quereller avec ceux qu'avait désigné Hachem, Moché et Aharon, et l'entière Tora. La puissance de ses Dinim qui mirent leur emprise sur ses mauvais désirs lui donna la maîtrise d'influencer d'une façon négative les grands Tsadiqim – qui possédaient l'Esprit saint – les leaders du système judiciaire, princes de la communauté et les décideurs des temps désignés.

Le Yetser Hara' fondamental des personnes dotées d'une grand spiritualité est le concept de la force et des Dinim qu'ils échouent à adoucir. Qora'h – le Lévi enraciné dans le Din – n'a pas mérité d'adoucir le Din. C'est cela qui lui donna la force d'influencer d'une façon négative les leaders d'Israël.

(Adapté de Rabbi Nathan de Breslev, Liqouté Halakhoth, 'Ora'h 'Haïm, Chiloua'h HaQen 4:8)

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vendredi 17 juin 2011

Paracha Chela'h Lekha - Rabbi Nathan de Breslev

Les dangers du vin - Paracha Chela'h Lekha

“C'était la saison des premiers raisins.” (Nombres 13:20)

Nous devons faire attention à éviter de boire du vin pendant les jours de la semaine. La plupart d'entre nous ne sommes pas capables d'atteindre le niveau du “vin qui réjouit le cœur” (Psaumes 104:15). Par conséquent, lorsque nous buvons, l'opposé arrive et le vin nous “désole.” De plus, le vin amène le sang au point où il bout presque, ce qui correspond au verset (Proverbes 23:31) : “Ne couve pas de tes regards le vin rouge”. Ceci provoque le renforcement de la Qélipath 'Amaleq (les forces du mal les plus terribles – 'Amaleq) lorsque celle-ci possède une emprise sur le sang qui se situe dans le ventricule gauche du cœur.

Cela correspond également à “l'encrassement” du sang, dont le symptôme sont la tristesse et l'état dépressif. Ce sont de ces sentiments que proviennent tous les désirs matériels et plus particulièrement le désir sexuel.

Le fautif : le raisin !

Par conséquent, la faute entière des espions qui furent envoyés à l'époque de Moché (Moïse), fut causée par la faute du raisin, c'est-à-dire celle du vin. C'est à cause du vin qu'Adam Harichon (le premier homme) endommagea le monde, tel que 'Hazal (nos Sages) ont dit (Béréchith Rabba 19:5) :

“Elle (Ève) pressa le raisin et le lui donna.” [Adam but ainsi du fruit défendu.] Noé tomba également dans ce domaine lorsqu'il sortit de l'arche, après que les eaux du déluge se soient retirées [la première action qu'il fit, fut de planter du raisin]. En ce qui concerne les espions, nous savons que la majorité d'entre eux mirent la main sur de larges grappes de raisin [qu'ils ramenèrent en Terre d'Israël].

C'est pour cela qu'il est écrit dans la Tora : “… C'était la saison des premiers raisins.” Ceci est pour nous apprendre que l'entière chute et faute des espions provient des grappes de raisin – avec lesquelles on fait le vin – et que ce sont celles-ci qui les ont induits en erreur dans leur raisonnement et fait déclarer que la conquête de la Terre d'Israël était impossible.

Leur principale erreur s'explique à cause de la Qélipath 'Amaleq. De fait, ces hommes possédaient tous une grande intelligence et ils savaient pertinemment qu''Amaleq était d'une force du mal extrêmement puissante. Cependant, ils échouèrent à triompher de leurs opinions personnelles et à donner raison à Moché. Ils n'admirent pas que Moché possédait – malgré les facteurs négatifs – la capacité de soumettre et de déraciner 'Amaleq.

Ainsi, 'Hazal nous apprend (Béréchith Raba 16:18) que les espions firent peur au peuple, particulièrement lorsqu'ils invoquèrent le nom d''Amaleq (Nombres 13:29) en s'exclamant : “'Amaleq réside dans la région du midi.” Ainsi, leur chute a été causée par la grappe de raisin, car la Qélipath 'Amaleq possède son emprise la plus puissante sur les grappes de raisin, lorsque ces dernières sont spécifiquement sous la forme de vin. Ceci est la signification de (Deutéronome 32:32) : “Leurs raisins sont des baies vénéneuses, ce sont des grappes amères”, ce qui est relié à la force du sang.

Cependant, Josué [qui accompagnait les espions] fut sauvé du mauvais conseil des espions grâce à la force de Moché. Josué conquit et sépara la Qélipath 'Amaleq. Par conséquent, il ne trébucha pas à cause des grappes de raisin avec lesquelles les espions entachèrent la Terre d'Israël. Au contraire, c'est lui qui mérita d'amener bel et bien la totalité du peuple juif sur cette terre.

C'est pour cela que le jour de la fête de Pourim – le jour de la destruction principale d''Amaleq – c'est une grande mitswa de boire du vin. C'est ce jour-là que nous pouvons soumettre 'Amaleq – spécifiquement grâce au vin – ce qui nous permet d'atteindre la sim'ha (la joie). Ceci est l'essentiel : la principale défaite d''Amaleq s'opère grâce à la sim'ha.

(Adapté de Rabbi Nathan de Breslev, Liqouté Halakhoth, 'Ora'h 'Haïm, Hilkhoth Chabath 7:68 )

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vendredi 10 juin 2011

Paracha Béha'alotékha - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Béha'alotékha - Rabbi Na'hman de Breslev

« Quant à la confection du candélabre, il était tout d'une pièce, en or ; jusqu'à sa base, jusqu'à ses fleurs, c'était une seule pièce. » (Bamidbar 8:4)

Selon Rabbi Na'hman de Breslev, il est important que chaque personne soit particulièrement obstinée dans son Service divin. De fait, l'individu qui a décidé de se rapprocher un peu d'Hachem sait très bien qu'il est impossible d'être réellement un serviteur de D-ieu sans posséder une grande ténacité.

Un service d'une seule pièce

Lorsque nous décidons de retourner vers le Créateur, nous devons nous attendre à vivre de nombreuses aventures : des moments enthousiastes, mais également des moments pénibles, qu'à D-ieu ne plaise. Chacun des ces instants méritent toute notre attention et nous devons nous appliquer à les vivre d'une façon la plus satisfaisante possible.

Dans toutes ces situations, si nous ne possédons pas une très grande ténacité, nous risquons d'être emporté par ces épreuves et en fin de compte, nous ne pourrons pas y résister longtemps, que D-ieu nous préserve. Qu'on ne s'y trompe pas : cet aspect de notre Service divin est essentiel et il est souhaité avant tout par D-ieu Lui-même.

Cela peut nous surprendre, mais le Maître du monde note avec précision notre façon de nous comporter pendant ces évènements quelques fois tumultueux. Même s'ils peuvent s'avérer difficile à vivre, ils peuvent également être une grande source de joie et de plaisir pour Hachem. Cela est le cas lorsque nous ne baissons pas les bras et que notre entêtement nous permet de poursuivre – malgré tout – nos Réalisations saintes : prières, étude, mitswoth...

Si une âme juive profite de ces instants délicats pour se renforcer dans son émouna – chaque fois que la possibilité se présente – et qu'elle devient encore plus obstinée dans sa résolution à servir le Créateur, elle Lui procure un bonheur immense. Ce qui est le plus important est de ne jamais abandonner et de ne jamais tomber.

Voici l'aspect principal des difficultés qui peuvent surgir dans notre vie, que D-ieu nous préserve : nous procurer un courage et une force encore plus grands à servir Hachem ; à son tour, cette attitude fournit un plaisir immense au Maître du monde. C'est également de cette façon qu'il devient possible de dire que nous avons véritablement reçu la Tora : en acceptant dans la joie et le bonheur tous les évènements de notre vie et nous en servir afin de nous rapprocher du Créateur.

Ceci avait bien été compris par le Roi David qui s'exclama dans les Psaumes (89:18) : « Car la parure de leur force, c'est Toi. » L'intention de David était de nous faire réaliser que notre seule force réside en Hachem et en les épreuves qui nous sont envoyées du Ciel. Grâce à elles, nous pouvons nous rapprocher grandement de D-ieu.

C'est l'allusion à laquelle fait référence le verset de notre paracha cité ci-dessus. La « confection du candélabre » représente notre façon de servir le Créateur ; en Le servant, nous servons la lumière de la Tora. Ce service doit être « tout d'une pièce », c'est-à-dire que nous ne devons pas différencier les moments difficiles des moments plus heureux de notre vie. Plutôt, tous doivent être « en or », c'est-à-dire appréciés pour ce qu'ils nous permettent : déclarer et afficher notre amour de D-ieu et notre volonté continue de vouloir nous en rapprocher.

« Jusqu'à sa base, jusqu'à ses fleurs » : c'est-à-dire, du début jusqu'à la fin de notre vie, nous devons saisir chaque instant passé en ce monde afin de remercier Hachem pour nous aider à nous faire découvrir le chemin de la vérité et du retour. Ceci est une règle absolue : nous ne devons rien rejeter, ni juger d'une façon négative. Chaque seconde de notre vie est sous le contrôle céleste et rien ne se passe sans une raison précise : nous placer dans les meilleures conditions pour nous rapprocher de D-ieu.

(Traduit et adapté du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Ora'h 'Haïm, Hilkhoth Birkath Hamazone, 4:12)

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Paracha Béha'alotékha - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Béha'alotékha
Moïse est Mon serviteur ; de toute Ma maison, c'est en lui que J'ai confiance.” (Devarim 12:7)

Ce monde est un marché où nous devons acquérir des marchandises pour nous rendre dans des lieux éloignés. Dans ces lieux, nous rencontrerons la réussite et éprouverons du plaisir grâce aux marchandises accumulées dans ce monde. Le profit sera immense.

Parce que nous ne voyons pas clair et qu'il nous est difficile de savoir de quelles marchandises nous devons nous équiper, D-ieu a envoyé le TsadiqMoché Rabbénou – pour nous informer quels sont les produits saints dont nous aurons besoin dans l'autre monde : tsitsith, mettre les tefilines et toutes les autres mitswoth.

Nous ne devons pas perdre notre temps en cherchant si nous réussirons avec les produits que le Tsadiq nous recommande de prendre. La personne qui interroge est non seulement un hérétique, mais aussi stupide, imprudente, bête et folle. De fait, peut-on être assez sot pour nous interroger à propos de l'homme dans lequel D-ieu a placé Sa confiance ? Peut-on essayer de le comprendre avec notre propre intellect, de chercher en quoi nous pourrions bénéficier des produits qu'il nous conseille de nous fournir ?

Une foire aux affaires saintes

Expliquons cela en nous servant d'une analogie. Imaginons que des personnes en qui nous avons entièrement confiance, des personnes sur lesquelles nous pouvons entièrement dépendre, nous informent que si nous venons avec empressement vendre une certaine marchandise dans un marché particulier, nous pourrons faire un immense profit. Pourtant, nous désirons prendre notre temps afin de réfléchir à la situation et découvrir par nous-mêmes si les marchandises en question méritent un tel empressement de notre part ?

Pendant notre réflexion, aucune transaction n'a lieu, nous ne pouvons ni acquérir des biens, ni en vendre. Nous perdons notre temps avec des futilités et dans le vide le plus total. Lorsque nous arrivons à ce lieu, notre gêne est indescriptible : nous manquons de tout ! À plus forte raison, notre embarras sera grand si nous amenons avec nous des marchandises qui sont interdites à cet endroit où l'on inflige des punitions – amères, difficiles et sans fin – aux porteurs de tels produits. Pauvre de nous si nous vivons nous-mêmes cette gêne sans nom !

Le message est clair : Moché Rabbénou et tous les Tsadiqim – les prophètes, tous les Sages de la Michna et de la Guémara – ont écrit et nous ont encouragés à suivre la Tora de Moché. Ils nous ont dit que grâce à cela, nous rencontrerons le succès dans le monde à venir. Tous ces personnages en sont de confiance et ils sont remplis de sagesse et d'intelligence. Ce sont des personnes qui nous aiment réellement.

Nous ne voudrons certainement pas nous interroger à propos de leur motif, de leur intégrité. Ce que nous devons faire, c'est seulement suivre le chemin qu'ils nous montrent. De cette façon, nous pourrons vendre toutes les marchandises saintes que nous aurons : la Tora et les mitswoth. Nous n'avons pas besoin de perdre notre temps en nous interrogeant, en examinant leurs intentions, que D-ieu nous préserve. Plutôt, nous devons consacrer notre vie à rassembler les marchandises spéciales qui sont “plus chères que l'or et les perles.”

(Adapté de Rabbi Nathan de Breslev, Liqouté Halakhoth, Yoré De'a, Hilkhoth Guiloua'h, 4:3)

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vendredi 3 juin 2011

Paracha Nasso - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Nasso - Rabbi Nathan de Breslev

« Si un homme ou une femme fait expressément vœu de Nézirat, voulant s'abstenir en l'honneur de l'Éternel... » (Bamidbar 6:2)

Une personne qui se déclare Nazir s'interdit certaines choses que la Tora a autrement permises. Simplement parce qu'elle l'a décidé – et déclaré à voix haute – une personne pose une barrière infranchissable entre elle et ce qui est maintenant autorisé seulement aux autres.

Le pouvoir de la parole

Grâce à cette mitswa d'un type unique – celle des vœux que nous pouvons formuler lorsque nous le désirons – nous pouvons apprécier à sa juste valeur la grandeur impressionnante de la parole. De fait, dès l'instant où nous prononçons un vœu, nous sommes tenus de respecter notre parole et chaque mot qui est sorti de notre bouche.

Il faut admettre que le concept des vœux est tout simplement renversant ! Grâce aux vœux, nous apprenons l'éminence de l'être humain et de son aspect de possesseur du libre-arbitre. Réfléchissons-y : avec sa bouche, l'être humain a le pouvoir de créer ce qui devient pour lui – et seulement pour lui – une mitswa nouvelle qui ne lui a pas été ordonnée par Hachem !

Par exemple : une personne s'interdit – en prononçant les mots adéquats – l'usage ou le bénéfice d'une chose permise à tout le monde. Immédiatement, cette chose lui devient interdite ; de plus, cette interdiction revêt maintenant un statut biblique ! Ceci n'est-il extraordinaire ? La chose qui est devenue interdite à cette personne ne l'est pas d'une façon intrinsèque. Si elle l'était, elle lui aurait été interdite par D-ieu Lui-même !

Ainsi, en s'interdisant une chose permise – et même sans avoir prononcé le Nom de D-ieu – c'est le Créateur Lui-même qui interdit à cette personne d'en faire usage. De fait, après avoir prononcé un vœu pour s'interdire une chose en particulier, la personne qui transgresse sa parole commet une interdiction biblique ! C'est pour cette raison que le concept des vœux est renversant.

Ceci est possible car l'être humain détient le libre-arbitre et l'aspect essentiel de son pouvoir réside en la bouche de l'homme et en les pensées qui résident en son cœur. Lorsqu'au plus profond de son cœur, l'homme désire se sanctifier d'une certaine forme de Sainteté – ou en s'éloignant de ce qui est autrement permis – il établit lui-même une « nouvelle » Tora ! En s'interdisant – d'une façon biblique – ce qui D-ieu Lui-même lui avait autorisé, cette personne a établit une Tora qui lui est spécifique.

En réalité, ce pouvoir aux apparences immenses accordé à l'homme ne doit pas nous surprendre. De fait, Hachem et le peuple d'Israël ne font qu'un, comme il est écrit dans le Zohar (A'haré 73b). Ainsi, réside en l'homme – et en son pouvoir de la parole – la possibilité de formuler des vœux et de créer de nouveaux commandements.

Il faut bien comprendre que l'aspect essentiel des vœux est de permettre à la personne de se sanctifier et de s'éloigner de ses désirs malsains. C'est grâce à la parole qu'il est donné à l'homme de se renforcer contre ses désirs et de s'écarter de certaines choses, même de celles qui lui ont été autorisées par le Créateur.

Nous savons bien qu'une personne qui désire se rapprocher de la Sainteté et mettre une barrière entre les choses permises et elle-même doit formuler des vœux. Cette personne peut s'imposer les difficultés liées à l'interdiction qu'elle s'est imposée d'une certaine chose ; également, elle peut s'interdire la consommation d'un produit spécifique ou s'obliger à donner la Tsédaqa. Dans tous ces cas, cette personne n'a qu'un seul désir : se rapprocher du Maître du monde.

L'enjeu est de taille et les forces du mal le savent très bien, elles qui essaient de faire chuter la personne et de lui faire transgresser ce qui est sorti de sa bouche. C'est pour éviter une telle situation – transgresser ce que l'individu s'est lui-même interdit, tandis que D-ieu lui avait autorisé – que la Tora nous a mis en garde contre la formulation des vœux. Ainsi, la personne qui désire en faire un devrait toujours consulter une autorité rabbinique auparavant. Ce conseil évite bien des déboires !

(Traduit et adapté du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Ora'h 'Haïm, Hilkhoth Birkath HaCha'har, 5:80)

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vendredi 13 mai 2011

Paracha Béhar - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Béhar - Rabbi Nathan de Breslev

« Si tu fais une vente à ton prochain ou si tu acquiers de sa main quelque chose... » (Vayiqra 25:14)

S'il existe bien des endroits où il est difficile de sentir auprès de nous la Présence divine, il s'agit de ceux où nous achetons ou vendons les biens dont nous avons besoin. De fait, le supermarché, l'épicerie de notre quartier ou la boulangerie de notre village ne sont pas les lieux où nous allons en pensant à D-ieu, pour Le rencontrer ou pour nous en rapprocher.

Pourtant, la terre est remplie de la gloire d'Hachem et peu importe ce que nous faisons et l'endroit où nous nous trouvons, le Créateur est à nos côtés et Il n'attend qu'une chose : que nous faisions appel à Lui, que nous Le prions et que nous tenions compte de Sa volonté. Dans la paracha de cette semaine, Rabbi Nathan de Breslev explique ce concept.

La préférence nationale

Devant les déficits budgétaires auxquels doivent faire face la plupart des pays de la planète, on entend souvent l'argument de « la préférence nationale », à savoir : « Achetez les produits fabriqués dans notre pays ! » En donnant la priorité à nos concitoyens, c'est l'ensemble de notre communauté que nous avantageons. En d'autres termes, plutôt que de faire travailler l'économie d'un pays lointain, nous avons tout intérêt à faire travailler celle du nôtre.

Cela pourra sans doute surprendre beaucoup de lecteurs, mais cette idée trouve son origine dans la Tora. Selon Rachi, l'interprétation exégétique du verset « Si tu fais une vente à ton prochain ou si tu acquiers de sa main quelque chose... » nous apprend que pour vendre ou pour acheter, nous devons donner la préférence aux transactions entre personnes juives. Cette recommandation biblique peut être comprise au premier niveau : le Maître du monde sachant très bien que Son peuple passerait de longues années en exil, il avait un intérêt vital à renforcer ses propres liens économiques et sociaux. Cependant, ceci n'est certainement pas l'essentiel à retenir.

Rabbi Nathan nous rappelle une vérité que nous oublions régulièrement. Chaque fois que nous sommes engagés dans une activité commerciale, nous devons la conduire avec un objectif (inconscient ou pas) principal : celui de relever l'aspect Saint qui la caractérise. Cela se réalise avant tout en pensant à D-ieu au moment où la transaction se déroule. Ceci correspond à ce qui écrit dans le verset (Deutéronome 8:18) : « C'est de l'Éternel, ton D-ieu, que tu dois te souvenir, car c'est Lui qui t'aura donné le moyen d'arriver à cette prospérité... »

Ainsi, une transaction parfaite est celle dans laquelle les personnes concernées se souviennent du Créateur et s'assurent de suivre Sa volonté. Ceci est la raison pour laquelle une transaction parfaite est celle qui a lieu entre deux personnes juives. De fait, il semble difficile de demander à une personne non juive de suivre à la lettre la Volonté divine lorsqu'elle fait ses achats !

Une transaction commerciale qui respecte la volonté d'Hachem (contre le profit indu, le mensonge...) est une façon puissante de Lui rendre hommage à un moment où tant de personnes pensent seulement à obtenir le plus grand profit qu'elles peuvent, même si cela se fait aux dépends de l'autre partie. Considéré sous cet aspect, l'achat (ou la vente) devient un moyen fort de nous rapprocher de D-ieu, précisément à un instant où tant de personnes s'en éloignent !

Évidemment, savoir que le vendeur à qui nous parlons est juif n'est pas une garantie absolue de rapprochement avec le Divin. Faut-il encore que cette personne soit kachère (c'est-à-dire honnête), respectable, qu'elle étudie aussi souvent que possible la Tora, qu'elle cherche réellement à respecter la volonté du Ciel... C'est seulement dans ce cas qu'une transaction commerciale peut atteindre sa plénitude spirituelle.

S'il est impossible de trouver une telle personne et que nous soyons donc forcer à faire du commerce avec une personne non juive, nous devons faire attention à ne pas oublier pour autant D-ieu. De fait, même lors d'une vente entre Yaa'qov et Marcel, le Créateur se trouve présent ! Cette transaction est également l'occasion – pour l'âme juive – de déclarer son envie ardente du Divin, son désir perpétuel de suivre la volonté d'Hachem...

En conclusion, disons que ce type de comportement correspond exactement à ce que veut le Maître du monde : qu'à chaque instant de notre vie nous pensions à Lui, même lors des moments où tout nous incite à L'oublier. Lorsque nous plaçons sincèrement en notre cœur Hachem et que nous Le mettons en avant lors de nos échanges commerciaux avec nos semblables, nous avançons à grands pas vers le but ultime de notre passage ici-bas : le rapprochement avec le Divin.

(Inspiré du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Ora'h 'Haïm, Hilkhtoh Beith Haknesseth, 6:24)

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vendredi 6 mai 2011

Paracha Émor - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Émor - Rabbi Nathan de Breslev

« Nul profane ne mangera d'une Chose sainte... » (Lévitique 22:10)

Nous éprouvons régulièrement du plaisir en constatant le degré de nos connaissances dans tel ou tel domaine. Bien sûr (si nous le disons vite !), nous ne cherchons pas la vanité, ni l'orgueil. Plus simplement, il est question de tirer une certaine satisfaction dans le fait que nous ne sommes pas entièrement ignorants.

S'approcher de D-ieu, c'est s'oublier

Rabbi Nathan de Breslev nous rappelle que la situation est différente lorsqu'il s'agit de notre relation avec le Créateur. De fait, selon Rabbi Nathan, aussi longtemps qu'une personne n'est pas parvenu à briser son mauvais penchant, ni sa retenue naturelle et les freins qu'elle met à servir D-ieu, elle ne peut atteindre le Service divin simple et innocent que le Maître du monde attend de nous ; également, cette personne ne peut pas réaliser dans la joie et d'une façon complète les mitswoth et les bonnes actions qu'Hachem nous a léguées.

La simplicité dont il est question n'est pas anodine. Les personnes qui servent le Créateur d'une façon sophistiquée sont extrêmement éloignées de la volonté d'Hachem. Plutôt, c'est grâce à notre innocence et notre naïveté dans notre Service saint que nous pouvons réparer et mettre de l'ordre dans notre esprit. Grâce à cela, nous pouvons obtenir une meilleure connaissance de D-ieu, c'est-à-dire de ce qu'Il attend de nous.

Ceci ne semble pas difficile à comprendre, mais faut-il encore le savoir et ne pas l'oublier : si nous désirons nous rapprocher d'Hachem (c'est-à-dire mieux connaître ce qu'Il désire de nous), nous devons nous oublier, nous annuler. Si nous ne comprenons pas cela, nous perdons gros. Selon Rabbi Nathan, il est tout simplement impossible de concevoir qui est D-ieu et ce qu'Il attend de nous. Peu importe les efforts que nous ferons : nous resterons très loin de la Lumière infinie.

C'est à propos d'une telle personne qu'il est écrit : « Nul profane ne mangera d'une Chose sainte... » Pour elle, la compréhension qu'elle a de D-ieu est fausse et remplie d'erreurs. Le plus souvent, ses questions restent sans réponses et c'est dans une obscurité dense qu'elle avance, peu importe la direction vers laquelle elle se dirige réellement. En ce sens, elle est « profane » et la Chose sainte (le véritable Savoir) lui reste hors de portée.

Le danger que nous courons en ne nous mettant pas de côté est grand. Il l'est encore plus si nous désirons faire preuve d'arrogance et nous servir de notre prétendue sagesse pour connaître les fondements de la Volonté divine, ainsi que Ses Voies saintes. Si nous empruntant ce chemin de la mort, il ne fait aucun doute que nous serons la cause première d'une grande destruction et d'une terrible imperfection. Dans ce cas, la fin ne fait pas de doute : nous chuterons de niveau spirituel et nous nous retrouverons dans une situation de danger mortel, qu'à D-ieu ne plaise.

À propos de cette grande hérésie et de cet immense déni de l'essence du Divin, il est dit (Isaïe 47:10) : « Tu avais foi dans ta malfaisance, (…) ta sagesse, ta science t'ont égaré. » La raison en est qu'une personne qui ne parvient pas à réaliser dans la joie et la simplicité les mitswoth et les bonnes actions qu'Hachem nous a léguées ne possède pas le récipient spirituel indispensable à recueillir le Savoir saint.

C'est pour cela que pour servir D-ieu, nous devons nous appuyer uniquement sur l'émouna (la foi) et suivre la trace de nos Pères saints et des Tsadiqim véritables. Heureuses sont les personnes qui peuvent suivre ce chemin sans en questionner le véritable fondement.

(Adapté du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan, Ora'h Haïm, Hilkhoth Néfilath Apaïm, 4:10)

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