mercredi 9 mars 2011

Pour quelle raison voyageons-nous chez le Tsadiq ? (5)


(Ceci est la cinquième partie d'une leçon donnée par le Rav Yits'haq Meir Morgenstern, chelita. Afin de lire la quatrième partie, cliquez ici. Cet article est le cinquième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

Sortir de la faute

Lorsqu'un juif frappe à la porte de la téchouva afin de plaider en faveur de son âme, il doit comprendre qu'Hachem veut certainement lui pardonner et que le peuple juif devrait devenir pieux dans sa totalité. Cependant, aussi longtemps qu'un seul de ses membres reste lié à ses fautes, il ne peut pas réellement être pardonné dans la mesure où il n'attire pas sur lui la lumière de D-ieu.

C'est l'absence de cette lumière qui est à l'origine de la premier faute de l'homme. De fait, aussi longtemps qu'un individu ne reconnaît pas vraiment ses fautes – c'est-à-dire qu'il admet avoir fait le mal et la nature destructive de son comportement – il est extrêmement difficile d'atteindre le vrai pardon. La raison en est que le Maître du monde a créé l'univers afin de nous permettre de reconnaître Son existence et que cela est impossible à faire si nous continuons à fauter.

Hachem désire nous révéler Sa Royauté dans l'ensemble des mondes qu'Il a créés. C'est particulièrement pour cette raison qu'Il a créé ce monde matériel qui semble si éloigné de toute notion spirituelle. Cette idée correspond à ce qui est écrit (Genèse 12:10) : « Il y eut une famine dans le pays », c'est-à-dire une famine de la prise de conscience de l'existence de D-ieu.

C'est pour cela que le Roi suprême de la justice détermine avec précision – le jour de Roch Hachana – l'intensité de notre recherche pour Le trouver pendant chaque jour de l'année. Chacune des six-cents treize mitswoth est une branche de vie spirituelle qui révèle la Royauté de D-ieu dans le monde (dans la mesure où nous suivons Sa volonté parce qu'Il est notre Roi.)

C'est précisément parce que nous n'avons pas déclaré la Royauté d'Hachem avant une grande intensité durant l'année que nous avons ignoré Sa volonté et fait un nombre aussi important de fautes. En réalité, ce qui est arrivé est que nous n'avons pas réellement souhaité faire du Créateur notre Roi.

Pour quelle raison n'avons-nous pas cherché à en faire le Roi de chacun des membres de notre corps ? Pourquoi n'avons-nous pas cru suffisamment en les Tsadiqim qui comprennent réellement la façon qui permet de s'unir avec la lumière de D-ieu ? Ce sont seulement eux qui possèdent la force de transmettre cette compréhension à chaque personne qui cherche avec sincérité son propre chemin.

Nous n'avons pas mérité d'être inclus dans l'âme des Tsadiqim, même lorsque nous étudions la Torh dans la mesure où nos fautes ont érigé de nombreuses barrières. Nous n'avons pas pensé chaque instant de l'année à devenir un véhicule pour la Chékhina (la Providence divine).

Une personne ne doit jamais dire : « Il me suffit de servir Hachem en suivant simplement Ses préceptes. » Même si tous les Tsadiqim servaient D-ieu avec une simplicité totale, nous devons nous efforcer à suivre véritablement la trace des Tsadiqim qui dépensaient sans fin leurs efforts durant toute leur vie afin de saisir la lumière de la Chékhina.

Ceci est la seule façon de découvrir la Présence divine et cela n'arrive pas toujours rapidement, tel qu'il est dit dans le Zohar HaQadoch. Nous devons suivre le chemin des Tsadiqim en cherchant l'Esprit saint qui se cache dans leurs ouvrages en les étudiant avec zèle pendant toute notre vie. En fin de compte, ces ouvrages resplendiront sur notre propre personne à la façon des diamants et des pierres précieuses d'une valeur sans fin.

« Fais connaître la sagesse à ton âme »

Ceci correspond à ce qui est écrit (Proverbes 24:14) : « Fais connaître la sagesse à ton âme. » Nous devons attirer en notre âme la lumière de D-ieu. Même si nous avons fauté, nous devons agir avec sagesse et prendre conscience qu'Hachem est encore et malgré tout avec nous. Nous pouvons voir la lumière des véritables Tsadiqim, mériter de faire une véritable Téchouva et obtenir le pardon.

Grâce à cela, nous mériterons (id. 4:9) : « une couronne de gloire », c'est-à-dire la lumière de la couronne de l'unification avec D-ieu. Arrivés à ce niveau, les fautes sont transformées en mérites et elles deviennent des couronnes sur notre tête ; tout cela grâce au mérite des véritables Tsadiqim.

Puisse le Maître du monde avoir de la compassion pour nous et attirer sur nous la compréhension de notre maître Moché (Moïse), ainsi que de tous les Tsadiqim. Puissions-nous mériter de découvrir la beauté de leurs conseils profonds qui se trouvent dans leurs ouvrages, jusqu'au point où notre compréhension pourra être comparée à la leur et que notre âme soit liée à la leur.

De cette façon, l'esprit d'impureté qui nous fait oublier Hachem quittera ce monde et nous mériterons tous d'être les témoins du retour de D-ieu à Tsion (Jérusalem), rapidement et de nos jours. Amen !

Rav Yits'haq Meir Morgenstern, chelita

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Yossef ben Yaël.  

Pour dédicacer un Dvar Tora, cliquez ici.

Bookmark and Share

jeudi 3 mars 2011

Pour quelle raison voyageons-nous chez le Tsadiq ? (4)


(Ceci est la quatrième partie d'une leçon donnée par le Rav Yits'haq Meir Morgenstern, chelita. Afin de lire la troisième partie, cliquez ici. Cet article est le cinquième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

Éviter les erreurs

Certainement, nous ne devons jamais commettre la terrible erreur de penser que les Tsadiqim possèdent une former de pouvoir indépendant d'Hachem, que D-ieu nous protège. Plutôt, nous devons savoir que l'esprit saint dont ils disposent est la conséquence de l'unité qu'ils vivent avec Hachem ; par conséquent, leurs paroles sont Ses paroles.

Ceci saute aux yeux de chaque personne pour laquelle tout n'est qu'Qéloqouth (Sainteté). De fait, si nous comprenons que la totalité de la Création trouve son origine en D-ieu, notre mission devient alors de nous lier à la source de chaque chose. C'est uniquement parce qu'Hachem « n'est plus au milieu de nous que nous sommes en butte à ces malheurs.» C'est seulement l'individu qui ne comprend pas que toute la Création est remplie de D-ieu qui commettra de terribles erreurs en cherchant à comprendre les Tsadiqim.

Nous ne devons surtout pas penser que le concept d'attachement aux Tsadiqim n'est pas important dans l''Avodath Hachem ; ceci serait une grande erreur ! Les plus grands Tsadiqim étaient tellement purs que chaque particule de leur être étaient purifiées et qu'ils ne faisaient plus qu'un avec le Créateur. Il est certain adéquat pour chaque âme juive d'être incluse en l'âme de Moché et les autres grands Tsadiqim.

Le Arizal a commenté l'enseignement du Rambam selon lequel chaque juif peut ressembler en tout point à notre maître Moché. De fait, chaque âme devrait être incluse avec celle de Moché Rabbénou, tel que cela était le cas pour plusieurs Sages du Talmud qui s'appelaient mutuellement « Moché.» Ceci nous apprend que c'est grâce à notre lien avec l'âme de Moché qu'il devient possible de prononcer des paroles merveilleuses de Tora.

Nous devons tout faire pour nous échapper des forces du mal qui nous distancent de la vérité. La conséquence de nos nombreuses fautes est que nous essayons de justifier nos erreurs ; non seulement cela est déjà mal, mais nous allons même jusqu'à formuler des reproches à l'encontre de D-ieu ! Plus simplement, nous devrions admettre que « nous et nos pères avons péché. » Dans la même veine, afin de clamer notre sentiment de culpabilité, nous avons tendance à prétendre que l'esprit d'Hachem ne repose pas sur les véritables Tsadiqim.

Que doit faire une personne si elle se trouve dans un état spirituel aussi bas ? Dans ce cas, elle doit comprendre que même si elle a subi une chute spirituelle, Hachem se trouve tout de même à ses côtés, en dépit de ses fautes. De la sorte, cette personne possède un aspect de Yéhouda. Il est écrit (Béréchith 38:1) : «  Yéhouda séloigna [lit. descendit] de ses frères... » Plus loin, il est écrit (id. 44:18) : « De grâce, mon Maître [lit. mon Maître est en moi.] » Ceci nous enseigne qu'au-delà du niveau bas auquel est tombée une personne, elle se trouve toujours avec Hachem dont la gloire remplit le monde. De cette façon, il devient possible de recouvrer notre force originelle et notre santé spirituelle.

Arrivée à ce stade, une personne reconnaîtra ses fautes et comprendra que ce sont eux qui lui empêche de saisir la lumière des Tsadiqim. Avec cette prise de conscience, cette personne se trouve dans la situation où Hachem « n'est plus au milieu d'elle » dans la mesure où elle ne saisit pas que D-ieu remplit l'univers entier. C'est cela qui lui empêche de recevoir les nechamoth des Tsadiqim. Parce qu'il lui manque la véritable confiance en Hachem, il est « en butte à ces malheurs.»

Même si une personne est remplie des « serpents et des scorpions » des mauvaises pensées, elle doit se renforcer grâce à la lumière sans limite d'Hachem qui transcende l'intelligence de chaque personne. Même le jour de Roch Hachana, lorsque nous sommes inscrit dans le livre de D-ieu et que nous devons prendre soin de purifier nos pensées et notre compréhension, si une personne constate que son cœur et sa tête ne se trouvent pas avec elle à cause des accusations célestes qui s'abattent sur elle, elle ne doit pas avoir peur.

Plutôt, elle doit s'encourager en faisant usage d'une formidable confiance en Hachem qui se situe au-dessus de toutes les pensées. Cette personne doit faire tous les efforts possible afin de déclarer la Royauté de D-ieu sur elle-même et sur le monde entier, même si elle se trouve à cet instant dans un piteux état spirituel. Elle doit savoir qu'Hachem est le Roi et que l'état spirituel de chaque individu dépend de Lui. Même les personnes extrêmement pieuses et grandes ne peuvent rien faire sans Hachem : tout vient de Lui !

Une personne trouvera sans doute une source d'encouragement et d'inspiration très importante si elle a le mérite d'aller prier sur la tombe des Tsadiqim – pour ceux qui ont quitté ce monde – ou en leur présence, pour ceux qui y sont encore. Nous devons nous souvenir que chaque libération se trouve entre les mains de D-ieu. En nous liant à Hachem, nous attirons sur nous une grande lumière et les âmes des Tsadiqim viennent à notre aide pour nous permettre d'être vainqueurs dans tous les aspects de notre Service divin.

Suite...

Rav Yits'haq Meir Morgenstern, chelita

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Yves ben Patricia.  

Pour dédicacer un Dvar Tora, cliquez ici

Bookmark and Share

lundi 28 février 2011

Pour quelle raison voyageons-nous chez le Tsadiq ? (3)


(Ceci est la troisième partie d'une leçon donnée par le Rav Yits'haq Meir Morgenstern, chelita. Afin de lire la deuxième partie, cliquez ici. Cet article est le cinquième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

Moché n'est pas mort

Nos Sages ont enseigné que Moché n'est pas mort. Ils ont appris cela des versets (Deutéronome 34:5) : « C'est donc [au Mont Nevo] que mourut Moché, » tandis qu'il est écrit dans un verset différent, lorsque Moché grimpa sur le Mont Sinaï (Exode 34:28) : « Et [Moché] se trouvait avec Hachem. » Nos Sages ont enseigné : « De la même façon que Moché se trouvait sur le Mont [Sinaï] devant Hachem afin de Le servir, il se trouvait sur le Mont [Nevo] devant Hachem afin de Le servir. »

Nous apprenons de cela que Moché ne mourut pas – ni qu'il fut enterré – de la façon simple qu'on pourrait le croire avec une lecture superficielle de la Tora. Plutôt, Moché – comme tous les véritables Tsadiqim – continue de servir Hachem d'une façon identique avant ou après sa mort, lorsqu'il quitta physiquement ce monde. Nos Sages ont enseigné qu'en réalité, les Tsadiqim servent Hachem d'une façon encore plus élevée après avoir quitté ce monde. De fait, il est dit que les Tsadiqim sont encore plus grands après leur mort que lorsqu'ils étaient en vie en ce monde.

Dans la paracha Vayelekh, il est écrit (Deutéronome 31:17) : « En vérité, c'est parce que D-ieu n'est plus au milieu de nous que nous sommes en butte à ces malheurs.». Selon le Arizal, les mots « D-ieu n'est plus au milieu de nous » fait allusion à l'échec de lier notre âme à notre maître Moché d'une façon complète et en tenant compte des différents niveaux de l'âme (nefech, roua'h, nechama). Ceci est la raison pour laquelle nous nous sentons éloignés d'Hachem. Si nous sentons que D-ieu n'est pas avec nous – qu'à D-ieu ne plaise – c'est parce que nous sommes éloignés des véritables Tsadiqim.

Cependant, nous savons qu'une personne qui décide de se purifier reçoit l'aide du Ciel. Selon le Midrach Hané'élam, cela signifie que l'âme d'un Tsadiq rejoint cette personne et l'aide dans son Service divin en liant les différents niveaux de son âme avec la sienne. En d'autres termes, cela veut dire que les gestes, le discours et les pensées de la personne qui désire faire téchouva sont marqués par la Sainteté d'un Tsadiq qui a vécut précédemment et qui excellait dans le domaine où la personne éprouve maintenant des difficultés.

Dans ce contexte, nous pouvons maintenant comprendre la raison pour laquelle Rabbi Na'hman a dit qu'après les Tsadiqim ont vécu en ce monde, il devient plus facile de se renforcer et de réussir nos épreuves dans le domaine spirituel.

Se battre contre le véritable Tsadiq

Plus une personne sombre dans les désirs matériels, plus elle se pose des questions et a des doutes à propos des véritables Tsadiqim. Selon elle, il est évident que la voie des véritables Tsadiqim n'est pas celle que nous devons emprunter afin de servir réellement Hachem. Cette personne pense de la sorte, même si son respect envers Hachem et son amour pour l'étude de la Tora sont particulièrement fragiles et légers.

Plutôt que de faire le constat de sa propre situation avec beaucoup d'humilité et d'admettre que ce sont ses fautes qui la fait s'opposer au véritable Tsadiq, elle préfère penser que le Tsadiq se trouve dans l'erreur et elle se donne le droit de chercher une preuve de ses erreurs ! Plutôt que d'avouer que nous sommes remplis de fautes et que nous n'avons pas commencé à purifier réellement nos yeux, nos oreilles, notre nez et notre bouche – ainsi que nos autres membres – nous sommes remplis d'arrogance envers nos plus grands leaders spirituels.

C'est pour cette raison que notre principale mission spirituelle et de chercher le sens profond de l'enseignement du Tsadiq ; nous devons simplement admettre que nos fautes déforment l'aspect extérieur que nous recevons de la Tora (les paroles que nous entendons), mais pas son aspect intérieur (la valeur intrinsèque de la Parole divine). C'est seulement lorsqu'une personne ne cherche pas l'essence intérieure des choses qu'elle ne s'aperçoit pas de la beauté et du charme des véritables Tsadiqim.

Lorsqu'un individu se trouve dans cette situation, il place les Tsadiqim dans un aspect de « mort ». Cela peut être comparé à D-ieu qui a dit à Moché (Deutéronome 32:50) : « Meurs sur la montagne (…) et rejoins tes pères. » Cependant, dès l'instant où une personne cherche d'une façon plus profonde, elle constate d'elle-même ses erreurs et elle peut « se lever » (Deutéronome 6:7) d'elle-même. Dans la mesure où les Tsadiqim possèdent un aspect de Moché, ils sont remplis d'humilité et ils acceptent tous les individus qui désirent s'approcher d'eux, s'ils sont remplis d'un véritable désir de changer.

Une personne qui se renforce et décide de chercher la vérité se lèvera – en dépit des barrières apparentes et des obstacles – afin de se rendre chez les véritables Tsadiqim ; grâce à cela, elle atteindra la rectification spirituelle dont elle a besoin et qui possède un aspect de la résurrection des morts.

Cette personne saisira la Sainteté des os de Yossef que Moché prit avec lui lorsque les juifs quittèrent l'Égypte [en hébreu, le mot « os » (atzmoth) vient du mot « etzem » qui signifie « essence, aspect intérieur »]. Ceci est une allusion au fait que Moché fait pénétrer la lumière d'Hachem dans les os du peuple juif, à travers les Tsadiqim. Ceux-ci représentent la compréhension profonde que chaque âme juive devrait avoir de sa mission en ce monde : révéler la gloire de D-ieu.

À suivre...

Rav Yits'haq Meir Morgenstern, chelita

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Carine bath Stéphanie.  

Pour dédicacer un Dvar Tora, cliquez ici

Bookmark and Share

mardi 22 février 2011

Pour quelle raison voyageons-nous chez le Tsadiq ? (2)


(Ceci est la deuxième partie d'une leçon donnée par le Rav Yits'haq Meir Morgenstern, chelita. Afin de lire la première partie, cliquez ici. Cet article est le cinquième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

Nous devons savoir que D-ieu n'est pas un tyran. Hachem ne désire pas nous voir accomplir ce qui se trouve manifestement au-delà de nos possibilités. Plutôt, ce qu'Il désire est que nous soyons honnêtes avec Lui, que nous admettions nos fautes et nous repentions du mal que nous avons fait. Ceci n'est sans doute pas le niveau le plus élevé de la téchouva, mais il relativement facile à être atteint. Un individu qui désire vraiment se repentir de la sorte est immédiatement pardonné, tel qu'il est écrit (Nombres 14:20) : « J'ai pardonné selon vos paroles. » Cela nous apprend qu'Hachem n'est pas particulièrement strict à notre égard.

Les Tsadiqim également ne sont pas cruel à notre égard. Ce qu'ils font consiste seulement à vérifier que nous sommes sincères dans notre Téchouva : du fond de notre cœur et que nous essayons de ne pas camoufler le Nom de D-ieu.

La Compassion divine

Ceci explique la déclaration étonnante du Rav Pin'has de Koritz, selon lequel nous devrions considérer le mensonge comme une interdiction aussi grave que d'avoir des relations physiques avec une personne qui nous est interdite. Lorsque nous aurons atteint ce niveau, Machia'h arrivera. Ceci explique la raison pour laquelle nous récitons les Séli'hoth : nous reconnaissons la vérité et admettons devant Hachem l'étendue de nos fautes ainsi que notre volonté d'éviter un tel comportement négatif à l'avenir. « J'ai pardonné selon vos paroles.»

Même si Hachem se trouve à nos côtés – peu importe où nous sommes et même si nous fautons – nous devons faire attention à ne pas nous servir de cette présence comme une excuse pour continuer à mal nous comporter. De fait, nous devons penser simplement qu'Hachem désire nous voir admettre nos fautes, plutôt que camoufler Son Nom. Nous devons nous repentir avec un esprit clair et accepter d'une façon honnête de changer, pour le meilleur.

Ceci peut être comparé à la Guémara selon laquelle si un homme entièrement mauvais (racha' ) a demandé à une femme de l'épouser à la condition qu'il devienne une personne complètement pieuse, elle doit divorcer. De fait, il se peut qu'il est pensé honnêtement à faire téchouva à l'instant où il parlait de la sorte. Nous apprenons de cela que la téchouva est un processus mental qui se trouve dans le Da'ath de la personne.

C'est de cette façon qu'il devient possible de remplir le verset de la Paracha Vayélekh (Deutéronome 31:19) : « Écrivez pour vous ce Cantique... » Même si ce verset fait référence à la Paracha suivante Ha-Azinou, nous pouvons le comprendre comme une invitation à restaurer les lettres des commandements qui ont été transgressés et qui sont (Ézéchiel 32:27) : « gravées sur les os ». L'intention est de replacer ces lettres à leur place originelle afin que la merveilleuse chanson quadruple de l'ultime futur puisse retentir.

Nos Sages ont enseigné que lorsqu'une personne développe une véritable compréhension [de la Tora], cela peut être comparé à la construction du Temple qui aurait eu lieu durant son vivant. Nous voyons ainsi que pour cette personne au moins, la rectification spirituelle a déjà eu lieu. Il s'ensuit que l'individu qui restaure sa compréhension en faisant Téchouva atteint d'une certaine façon le niveau cette chanson.

Ceci est la raison pour laquelle il est important pour une personne de se rendre chez le Tsadiq à Roch Hachana afin de pouvoir y chercher ce qu'il a perdu. Il peut faire cela en puisant en son cœur le désir d'en faire sortir des paroles vraies. Ceci est la seule façon de remplir notre mission en ce monde en ce qui concerne notre Service divin : en retournant en toute sincérité vers Lui. Avec notre cœur et notre âme, en méritant la libération ultime, rapidement et de nos jours. Amen !

À suivre...

Rav Yits'haq Meir Morgenstern, chelita

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Danielle bath Miriam.

Pour dédicacer un Dvar Tora, cliquez ici

Bookmark and Share

lundi 14 février 2011

Pour quelle raison voyageons-nous chez le Tsadiq ? (1)


(Ceci est la première partie d'une leçon donnée par le Rav Yits'haq Meir Morgenstern, chelita. Cet article est le cinquième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

Rabbi Na'hman a écrit dans le Liqouté Moharan : « Sachez qu'il faut se rendre chez le Tsadiq afin d'y trouver ce qu'on a perdu. Avant qu'une personne entre en ce monde, on lui montre et enseigne tout ce dont elle a besoin pour faire son Service divin et tout ce qu'elle doit attraper durant son passage ici-bas. Cependant, à l'instant où elle pénètre dans l'atmosphère de ce monde, elle oublie tout.»

Un objet perdu

« Oublier possède l'aspect d'un objet perdu, tel que nous l'apprenons de la façon que nos Sages décrivent une personne qui a perdu la mémoire : 'Vite appris et vite perdu.' C'est notre devoir de chercher ce que nous avons égaré. Le Tsadiq de la génération cherche ce qu'il a perdu, jusqu'au moment où il le trouve. Ensuite, il commence à chercher ce que les autres ont perdu ; en fin de compte, il trouve également leurs « objets égarés.» C'est pour cette raison que nous devons nous rendre vers l'homme sage : afin d'y chercher et d'admettre ce que nous avons perdu... et le retrouver.»

« Cependant, le Tsadiq ne restitue pas un objet à son ayant-droit avant d'avoir vérifié que celui-ci n'est pas un escroc.» C'est ce que nous apprend le verset (Deutéronome 22:2) : «... jusqu'à ce que ton frère le réclame [littéralement : « jusqu'à ce que tu sondes ton frère.»] ; alors tu le lui rendras.» Selon nos Sages, nous apprenons de cela qu'il faut garder l'objet trouvé jusqu'au moment où nous sommes certains que le demandeur n'est pas un escroc.»

La signification des paroles de Rabbi Na'hman est que chaque juif vient au monde afin de préparer et d'attraper son propre héritage spirituel en servant Hachem. De fait, dans la mesure où chacun d'entre nous a perdu ce qu'il avait apprit avant de venir au monde, nous ressemblons tous à une personne qui a perdu quelque chose : une partie de notre néchama (âme). Cependant, nous pouvons retrouver ce que nous avons perdu en nous rendant chez le Tsadiq.

Malgré tout, le Tsadiq peut nous rendra ce que nous avons perdu uniquement en selon la nature de notre attachement au Tsadiq. D'autre part, il est possible de se lier au Tsadiq dans la mesure où nous sanctifions l'ensemble des membres de notre corps. Lorsqu'une personne ne prête pas d'attention à se sanctifier, elle est remplie de doutes à propos du Tsadiq ; ses doutes peuvent même l'amener à soulever la controverse à l'encontre du Tsadiq.

Bien sûr, se sanctifier nécessite du temps et il existe un nombre important de différents niveaux de sanctification. Cependant, le moins que nous pouvons faire est de désirer de tout notre cœur atteindre la Sainteté. Ceci correspond à ce qu'a écrit Rabbi Na'hman : si un individu désire ardemment être « absorbé » par la Sainteté du Tsadiq, il y parviendra ; d'autre part, s'il ne le désire pas vraiment, il n'est pas proche du Tsadiq.

Le Tsadiq doit d'abord clarifier les intentions du demandeur ; le nombre d'individus qui sont remplis de mensonges et de malhonnêteté est tellement important ! Nous avons tendance à penser que s'il existe un certain domaine dans lequel nous ne suivons pas le chemin d'Hachem, que D-ieu nous protège, nous pouvons toujours le camoufler en apprenant quelques pages supplémentaires de Guémara et de halakha ou en faisant d'autres mitswoth.

En pensant de la sorte, nous croyons que de telles actions permettra d'expier nos fautes et nos chutes ; cependant, la vérité est ce cette attitude elle-même est une chute spirituelle dans la mesure où l'on peut comparer cela à un Sefer Tora qui aurait un défaut, c'est-à-dire une seule lettre mal écrite. Même si le reste du Sefer Tora est parfait, ce Sefer altère le Nom d'Hachem, tel que le Zohar l'explique.

Plutôt que de tenter de soudoyer Hachem – si l'on peut dire – en faisant plus de mitswoth afin de pouvoir continuer à transgresser, si nous constatons que nous possédons une imperfection spirituelle dans un domaine particulier – une mitswa, un trait de caractère – nous devons tout faire pour nous en débarrasser et pour faire téchouva, se repentir. C'est seulement dans ce cas qu'Hachem nous pardonnera, plutôt que de prétendra que le Créateur ne relève pas toutes nos fautes. C'est en examinant cela que le Tsadiq vérifie si une personne est fourbe ou pas. Est-ce que cette personne cherche à se séparer de ses fautes ou désire-t-elle plutôt continuer à faire ce qu'elle a fait jusqu'à ce jour ?

Suite ...

Rav Yits'haq Meir Morgenstern, chelita

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Yits'haq ben Miriam.

Pour dédicacer un Dvar Tora, cliquez ici

 Bookmark and Share

lundi 7 février 2011

Croire en nos Sages (3)


(Ceci est la troisième partie d'une leçon donnée par le Rav Nissan David Kivak, chelita. Pour lire la deuxième partie, cliquez ici. Cet article est le cinquième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

16. Une personne peut être tombée spirituellement à un niveau très bas – qu'a D-ieu ne plaise – et avoir souillé de nombreuses choses dans sa chute. Celle-ci peut également penser qu'Hachem est extrêmement éloignée d'elle, qu'elle se trouve entièrement prisonnière de l'aspect superficiel de ce monde et qu'il lui est impossible de se concentrer sur la dimension supérieure et cachée de chaque chose. Cependant, la vérité est que cette personne n'est pas aussi éloignée qu'elle le croit de tous ces concepts.

De fait, c'est exactement l'opposé qui est vrai. Cette vérité est en elle-même le plus grand secret : c'est précisément lorsqu'un individu est tombé particulièrement bas qu'il se trouve dans une situation où il peut être la source d'un plaisir immense pour Hachem. Cela se produit lorsque du niveau inférieur où il est, il essaie simplement de penser au fait que la gloire de D-ieu remplit ce monde et qu'il regrette d'avoir vécu de la façon dont il a vécu jusqu'à ce jour, c'est-à-dire sans en avoir eu conscience. Cependant maintenant, il désire ardemment retourner vers la Sainteté et se souvenir d'Hachem.

Cette personne doit savoir qu'avec tout ce qu'elle fait pour revenir vers le Créateur – jusqu'au plus petit geste qu'elle peut réaliser – elle fait littéralement trembler la totalité des mondes supérieurs. Elle doit comprendre que toutes les luttes qu'elles a vécues et la présence de l'immense distance qu'elle ressent maintenant entre Hachem et elle contiennent des secrets célestes profonds et que chaque chose n'est certainement pas simple. Ses efforts afin de se souvenir de tout cela ouvrira les portes pour elle ; de la sorte, elle pourra elle aussi mériter d'atteindre ce service incroyable.

17. Ceci est notre tâche pendant les jours saints du mois d'Éloul : faire téchouva et regretter d'avoir été surpris en manque de mémoire et de posséder une certaine prise de conscience. Nous devons également regretter d'avoir été trop souvent dans une situation de prise de conscience étriquée ; plutôt, nous devons commencer à devenir « baqi béchov » (experts pour revenir [vers Hachem]). Grâce à ceci, nous pouvons aussi devenir « baqi bératso » (experts pour avancer [vers Hachem]). Peu importe la honte ou la gêne que nous pouvons rencontrer : nous devons savoir que tout ceci n'est pas « stam » (pour rien, par hasard). De fait, nous devons savoir que la Providence divine contient de grands secrets et qu'elle-même est un moyen pour nous permettre de servir Hachem.

Lorsque nous ressentons un sentiment de gêne, cela nous permet de nous rendre compte de l'importance que nous accordons à notre propre honneur et aux aspects extérieurs et superficiels de ce monde. Nous voyons la distance qui nous sépare avant de pouvoir apercevoir la réalité profonde de chaque événement. Si nous acceptons la gêne d'une façon appropriée, la compassion qui nous sera révélée pendant le mois d'Éloul resplendira sur nous et nous élèvera afin de nous permettre de vivre avec notre attention dirigée sur la gloire d'Hachem et de nous concentrer sur les secrets profonds qui se trouvent en chaque chose.

18. Lorsque nous confectionnons un merveilleux vêtement [spirituel] pour le Tsadiq, les jugements stricts de la Justice divine sont adoucis. En venant chez le Tsadiq – qui est caché et dissimulé – nous devenons un vêtement pour lui. Sa lumière sainte et ses instructions incroyables se révèlent et nous devenons absorbés en les vêtements [spirituels] parfaits du Tsadiq.

19. Grâce à la mélodie et aux paroles que nous prononçons dans nos prières et qui revêtent les habits de la mélodie, les jugements célestes stricts sont adoucis. C'est la raison pour laquelle Roch Hachana nous offre des mélodies aussi douces et incroyables : pour permettre aux paroles de nos prières de s'en revêtir. La mélodie éveille notre prise de conscience et notre croyance en le fait que chaque mot de la prière contient des secrets profonds. 

La mélodie illumine la douceur de la signification de chaque mot. Elle éveille notre capacité à nous concentrer pendant nos prières sur la grandeur d'Hachem et de coller littéralement à Lui. Alors, nous pouvons commencer à entendre la mélodie de l'ensemble de la Création qui est semblable à la mélodie que nous entendrons dans le futur – lorsque la Providence sera révélée – ainsi que la vérité selon laquelle chaque chose contient des secrets célestes ; c'est à cet instant que la gloire d'Hachem sera révélée. 

20. De la même façon que le service des mélodies contient une Sainteté d'une perfection absolue, il nous sert également comme outil afin de commencer à construire la Sainteté. Nous faisons cela en rassemblant la totalité de nos aspects positifs avec lesquels les mélodies sont faites.

21. Il existe deux types de mélodies. Avant la sonnerie du Chofar, nous ne pouvons pas encore chanter. Notre prise de conscience n'est pas encore à un niveau qui nous permet de percevoir les mélodies. De la sorte, nous devons traverse les évènements de la vie avec une incapacité à percevoir et ressentir la dimension intérieure et élevée de chaque chose. Même si à l'occasion nous commençons à nous souvenir de cette dimension, nous ne parvenons pas à rester à ce niveau ; plutôt, nous retombons constamment et nous oublions rapidement cette dimension.

C'est alors que nous nous lions au Tsadiq : nous croyons au fait qu'il a une conscience et une connaissance parfaites de tous les secrets ; à notre tour, nous essayons de nouveau de nous en souvenir, du mieux que nous pouvons. Nous croyons que chacune de nos tentatives de commencer de nouveau à servir Hachem contient de grands secrets et réalise de grandes choses. Ceci nous permet d'assembler encore plus d'aspects positifs.

Arrivés à ce niveau, nous nous renforçons et pleurons en direction d'Hachem. La vérité est que ces larmes que nous versons à cette occasion est la plus belle et merveilleuses de toutes les mélodies ; celle-ci adoucit également les jugements stricts de la Justice divine. Sa force réside en le fait qu'elle révèle une mélodie dont l'origine se situe à un endroit où on ne trouve normalement pas de mélodies ! Nous voyons et comprenons qu'il existe des secrets, même lorsque nous sommes dans une situation dans laquelle notre prise de conscience est étriquée.

Alors, grâce à notre renforcement et aux encouragements que nous nous accordons même selon le niveau spirituel bas où nous nous trouvons, le deuxième niveau de mélodie est révélé. La sonnerie du Chofar illumine notre esprit et révèle notre conscience ; le Chofar permet également de mettre à jour le fait qu'il existe des secrets et une dimension intérieure élevée et cachée en chaque chose. De cette situation, une nouvelle vitalité nous atteint, qui nous permet de ressentir véritablement le niveau nouvellement atteint. Cette vitalité nous réveille... et cela nous permet d'être inscrits et scellés dans le livre de la vie. Amen !

Rabbi Nissan David Kivak, chelita

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Rudy ben Sonia.  

Pour dédicacer un Dvar Tora, cliquez ici

 Bookmark and Share

mercredi 2 février 2011

Croire en nos Sages (2)

צדיקים במרוקו

(Ceci est la deuxième partie d'une leçon donnée par le Rav Nissan David Kivak, chelita. Pour lire la première partie, cliquez ici. Cet article est le cinquième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

9. La seule façon d'atteindre la confiance en nos Sages est de nous lier fortement aux Tsadiqim ; de fait, ce sont eux qui nous ont révélé ces secrets selon lesquels chaque chose contient un sens et des secrets profonds. Ce sont eux qui nous amènent à la véritable émouna (foi), à aimer et à craindre Hachem, à nous coller à Lui, le tout avec une véritable humilité.

Cela est encore plus vrai après qu'une personne ait péché, qu'à D-ieu ne plaise. Dans ce cas, seul le Tsadiq peut réparer cette personne et la ramener à la véritable prise de conscience et à la foi: se souvenir qu'il existe des secrets profonds en chaque chose et que chaque geste posé est chargé d'un sens important, pour la récompense ou pour la punition. Les Tsadiqim sont ceux qui nous révèlent la signification cachée de chaque mitswa et de chaque action ; ce sont également eux qui complètent et rendent parfait l'ensemble de notre service et l'élèvent à sa source céleste. Tout cela s'opère grâce à notre lien avec eux.

Croire en le Tsadiq

10. La croyance en le Tsadiq, c'est-à-dire que chacun de ses gestes se base sur des secrets célestes profonds, permet à la personne de comprendre quels niveaux de perfection peut atteindre l'homme. Cela nous permet de voir qu'en vérité, les actions qui ne signifient rien n'existent pas. Si cela est vrai pour le Tsadiq, cela l'est également pour nous : chacune de nos actions contient un sens et une signification profonds. Cette croyance nous motive à faire attention à ce qu'aucun de nos geste ne trahisse ou ne contredise son sens et sa signification profonds. Ainsi, plus notre foi en les actions des Tsadiqim est grande, plus notre propre foi le devient.

11. La croyance en les secrets immenses et les rectifications incluses en chacune des révélations de Rabbi Na'hman de Breslev permet à l'individu de suivre l'ensemble de ses instructions avec un grand enthousiasme et une vitalité certaine. De plus, cela lui procure également la force de surmonter tous les obstacles qu'il peut rencontrer sur son chemin en tentant de respecter l'enseignement du Tsadiq. Une telle personne se fera un devoir de suivre à la lettre même les recommendations qui paraissent très simples et faciles à comprendre.

De la sorte, s'effacer devant le Rabbi et se lier à lui devient plus facile car on prend conscience des grandes rectifications que chacun d'entre nous doit réaliser. En fin de compte, nous comprenons qu'aucun des conseils du Rabbi n'est simple.

12. Le jour de Roch Hachana, nous avons désespérement besoin d'échapper à l'attribut de jugement ; la façon d'y parvenir est de faire téchouva, c'est-à-dire de revenir à la croyance qu'il existe un sens profond en chaque chose. Par conséquent, il s'agit d'un des plus grands secrets et rectifications de Roch Hachana : croire avec une foi simple en les grands secrets et rectifications qui ont lieu ce jour-là. C'est pour cela que nous voyageons et que nous nous rassemblons sur la tombe de notre saint Rabbi à Roch Hachana ; il n'existe rien de plus grand que cela. Cette croyance permet d'adoucir elle-même les jugements de Roch Hachana.

Plus nous faisons pénétrer cette croyance en nous en ce jour saint - et atteignons la grande joie que nous devons à notre Rabbi qui a établit cette chose incroyable pour nous - plus les jugements sont adoucis et la compassion révélée. Tout ceci grâce au mérite de notre croyance en les Tsadiqim.

13. Le jugement de Roch Hachana concerne également la croyance elle-même : jusqu'à quel niveau une personne méritera de renouveller sa relation avec Rabbi Na'hman et à se rapprocher de lui l'année à venir ? Serons-nous inscrits dans le ''livre des Tsadiqim'' et mériterons-nous la lumière sainte du Rabbi ? Échapperons-nous au vide et à l'obscurité de ce monde que nous procurent notre vision seulement superficielle de la vie et de ce qui la remplie, ainsi que notre oubli fréquent de la dimension interne de chaque chose ? Au lieu de cela, mériterons-nous savoir que chaque chose contient des secrets profonds ? Réussirons-nous à révéler la gloire d'Hachem en chaque geste que nous posons ?

14. Le mois d'Éloul est le mois où nous dépensons beaucoup d'efforts à nous repentir parce que nous oublions fréquemment de sanctifier nos actions grâce à notre prise de conscience que chaque chose contient un sens profond : qu'il s'agisse d'une chose que nous avons réparée ou abîmée, qu'à D-ieu ne plaise. Nous réparons les ''vêtements'', nous révélons les secrets saints en chaque chose et nous élevons les étincelles qui sont prisonnières en toutes choses.

Grâce à cela, ajouté à la téchouva et la prière que nous faisons à Roch Hachana, nous méritons qu'Hachem nous arrange une vie bien réglée, une vie dans laquelle nous vivons constamment avec la foi qu'il existe des secrets en chaque chose ; en d'autres termes, nous nous rapprochons de la vie douce qui consiste à croire en les Tsadiqim.

15. De la même façon que nous sacrifions beaucoup dans le but de nous retrouver avec le Rabbi à Roch Hachana, nous devons également sacrifier énormément afin de nous lier à lui avec cette croyance que rien n'est simple dans ce monde ; plutôt, chaque chose contient des secrets célestes. Grâce à ceci, nous méritons toutes les rectifications spirituelles de Roch Hachana. Nous devrions aussi prendre nous nous-mêmes pour l'année à venir de vivre une vie remplie de ceci : qu'il existe une dimension cachée et voilée à chaque aspect de la vie et que nous devons révéler la réalité que la gloire d'Hachem remplit le monde.


Rabbi Nissan David Kivak, chelita

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Gérard ben Yolande.

Pour dédicacer un Dvar Tora, cliquez ici.

Bookmark and Share

mardi 25 janvier 2011

Croire en nos Sages (1)

Shimon bar Yochai - Rabbi

(Ceci est la première partie d'une leçon donnée par le Rav Nissan David Kivak, chelita. Cet article est le cinquième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

1. Nous croyons en le fait que chaque aspect de l'enseignement de Rabbi Na'hman possède un sens extrêmement profond. Cela concerne avec encore plus de précision sa demande d'être avec lui pour Roch Hachana et qu'il a appelée lui-même sa « chose principale ». Nous croyons qu'il n'existe rien de plus grand que le qiboutz, c'est-à-dire le rassemblement pour être à ses côtés pour Roch Hachana. Il est évident que cette demande possède également de très grands et profonds secrets. C'est la raison pour laquelle nous nous rendons sur sa tombe avec une telle abnégation et sans regards pour les obstacles qui menacent de nous faire renoncer. Pour nous, l'essentiel est d'être avec lui à Roch Hachana.

2. Nous suivons les instructions du Rabbi en effaçant notre propre personne et avec emouna (foi) qu'elles incluent des secrets profonds et des rectifications spirituelles immenses. Nous affinons et rafraîchissons notre emouna en cette idée pour l'année entière : les directives du Rabbi ne sont vraiment pas élémentaires ; plutôt, elles contiennent de très grands secrets. Cette foi nous permet de suivre la totalité de ses instructions avec beaucoup d'enthousiasme et de vitalité. Également, nous incluons dans notre émouna qu'en réalité, toute chose en ce monde possède des secrets profonds et saints.

3. Chaque personne a besoin – chaque jour – d'éveiller son attention et de rafraîchir sa croyance en cette idée : la totalité de la création est remplie de Secrets Divins profonds, jusque dans ses moindres détails.

4. Dans la mesure où le monde physique et les fautes empêchent une personne d'atteindre cette foi, la meilleure façon d'y parvenir consiste à avoir foi en les Tsadiqim, c'est-à-dire à croire en nos Sages. Nous devons croire que chacune de leurs actions, paroles, ainsi que chacun de leurs gestes contiennent une signification profonde et des Secrets Saints. Cette croyance en eux rectifie spirituellement les vêtements spirituels de la Chekhina, la Présence Divine, et adoucit les jugements stricts qui nous guettent.

5. Lorsqu'Hachem créa le monde, Il diminua et cacha Sa lumière dans des vêtements spirituels placés sous d'autres vêtements spirituels. Cette opération permit à la création d'avoir lieu. Ces vêtements représentent une certaine épaisseur dont la conséquence est de rendre possible notre erreur de prendre en considération uniquement l'aspect extérieur de la vie, sans tenir compte de sa dimension intérieure et profonde. Ceci est la source de tous les péchés : nous concentrons notre attention sur les couvertures extérieures et la tournons vers l'attirance des désirs qui l'exclut. En agissant de la sorte, nous oublions qu'il existe une dimension plus profonde dans laquelle la lumière d'Hachem est cachée. Ceci est la racine profonde de tous les jugements stricts.

La tâche de l'homme, c'est-à-dire la raison pour laquelle il a été crée, est de découvrir Hachem à l'intérieur de ces vêtements spirituels et de révéler Celui qui a tout créé. Cela est possible en considérant chaque aspect de la vie à travers la Tora, en n'oubliant pas qu'en ce monde chaque chose est enveloppée d'un sens profond et en comprenant du mieux que nous pouvons les secrets des vêtements spirituels extérieurs.

Si une personne n'est pas capable de saisir cela, son lien avec le Tsadiq et sa croyance que tout ce que fait le Tsadiq repose sur des Secrets Divins profond lui permettent d'adoucir tous les jugements stricts dont elle pourrait être le sujet. En réalité, cela peut même amener cette personne à croire entièrement en les secrets qui sont cachés en chaque chose. De fait, une telle personne se rend compte qu'elle ne comprend sans doute pas tous les aspects de la vie, mais que le Tsadiq les comprend.

6. L'homme fut créé le jour de Roch Hachana et sa tâche essentielle consiste à croire et à saisir les secrets inhérents qui se trouvent en chaque chose dans ce monde. Par conséquent, le jour de Roch Hachana fut réservé comme jour de jugement pour l'homme et de ses actions en ce monde. Ce jugement est censé lui servir à se réveiller spirituellement et à se souvenir de sa tâche : découvrir et révéler les aspects profonds de la dimension de la vie, ainsi que de faire téchouva (se repentir) et couronner Hachem avec sa croyance que Sa gloire peut être trouvée en toute chose en ce monde. Alors, les jugements stricts sont adoucis lorsque nous sonnons du chofar.

7. La meilleure façon de parvenir à faire une téchouva complète est d'intérioriser ce savoir : que chaque chose est remplie de secrets et d'une signification diificile à percevoir. Une telle prise de conscience peut permettre à une personne de faire attention à chacun de ses gestes et chacune de ses actions afin de s'assurer que tout ce qu'elle fait correspond bien à la volonté de D-ieu. De fait, ce savoir permet de reconnaître que tout ce que nous faisons possède un sens profond et une signification certaine. Grâce à cette idée, une personne se dote du pouvoir de changer complètement.

8. Cette prise de conscience permet à l'individu de sanctifier chaque jour ses faits et gestes en les marquant de Sainteté et de pureté ; cela est rendu possible par le fait qu'il est conscient de l'existence d'Hachem et par conséquent, d'être moins séduit par son appétit pour le physique. De fait, en sachant que chacune de nos actions contient une signification profonde et des étincelles saintes à élever, notre vision de la vie change profondément. Cette prise de conscience nous aide également à nous lever à minuit pour Tiqoun 'Hatsoth et à prier avec un grand attachement car nous savons que ces aspects de notre vie possèdent une signification spirituelle et des secrets extraordinaires.


Rabbi Nissan David Kivak, chelita

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Gérard ben Yolande.

Pour dédicacer un Dvar Tora, cliquez ici.

Bookmark and Share

jeudi 13 janvier 2011

Croire en soi (3)

Believe in yourself

(Ceci est la troisième partie d'une leçon donnée par le Rav Éliyahou Godlevsky, chelita. Pour lire la deuxième partie, cliquez ici. Cet article est le quatrième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

Un certain jour, je me suis trouvé dans un taxi. Pendant le trajet, je discutai avec le conducteur de l'enseignement de Rabbi Na'hman. Je parlai plus précisément des paroles de Rabbi Nathan selon lequel il est méritoire de venir en ce monde même si ce n'est que pour avoir une pensée impudique de moins. Même si le reste de la vie d'un individu est rempli de péchés, s'il est parvenu à contrôler une seule mauvaise pensée de sa vie, il a justifié son existence entière dans l'univers !

Après être descendu du taxi et m'être rendu à mon domicile, je m'aperçus que j'avais oublié quelque chose à l'endroit où le chauffeur de taxi m'avait pris. Je lui téléphonai pour lui demander s'il était encore dans mon quartier.

Un défi de chaque heure

En reconnaissant ma voix, le chauffeur me dit : « Avant que vous me disiez ce que vous désirez, permettez-moi de vous dire quelque chose. Il y a plusieurs années, j'étudiais dans une yéchiva.. Pendant toutes mes années d'étude, j'avais toujours essayé de surveiller mes yeux et de faire attention à ce que je regardais. Après m'être marié, j'ai dû subvenir aux besoins de ma famille. J'ai dû accepter de travailler comme chauffeur de taxi. La vie m'a appris qu'un chauffeur de taxi ne peut pas surveiller ses yeux. En peu de temps, j'ai baissé les bras et je me suis rendu au Yetser Hara'

«Il y a environ deux heures, lorsque vous m'avez parlé et que vous m'avez dit qu'il est méritoire de venir en ce monde ce ne serait-ce que pour avoir une pensée impudique de moins, j'ai décidé de me renforcer. Depuis maintenant deux heures, je suis parvenu à surveiller mes yeux et à réussir tous les tests que le Ciel m'a envoyés. Je sais maintenant qu'il est méritoire de venir en ce monde ce ne serait que pour avoir une pensée de moins !»

Chaque personne à son propre Tiqoun et il ne sert à rien de se comparer aux autres.

À une heure où nous avons mérité de nous retrouver à Ouman, auprès de Rabbi Na'hman, nous devons savoir avant toute chose que le Rabbi ne nous demande rien. Nous avons simplement mérité de venir ici, à côté de son qever (tombe). Nous nous sommes rendus dans un hôpital et la raison est que nous sommes tous gravement malades. Cet endroit n'est pas un hôpital habituel, rempli de personnes avec des doutes, des peurs...

Dans cet hôpital, nous ne dépendons pas d'un docteur qui ne pourra peut-être pas nous guérir et qui ne pourra peut-être même pas savoir avec précision de quoi nous souffrons. Qui n'a jamais rencontré un médecin qui est incapable de trouver le traitement adéquat à notre maladie ? Nous savons tous que les erreurs médicales sont nombreuses et qu'une multitude de traitements ne fonctionnent tout simplement pas.

Cependant ici, à Ouman, nous sommes entre les mains d'un docteur qui est parfait et qui n'a jamais commis d'erreur. Ce docteur est capable d'identifier avec précision chaque maladie dans le monde. Il nous connaît non seulement sous notre forme de vie actuelle, mais il sait également de quelle façon notre âme est liée à celle d'Adam. Il sait dans combien de cimetières nous avons déjà été enterrés ; il sait chacune de nos actions, chacune de nos paroles, de nos pensées et tout ce qui nous arrive.

Dans chaque hôpital, on amène le patient en salle d'urgences. Dans cet endroit, on établit son diagnostique qui permet de savoir ce qui ne va pas ; ensuite, on envoie le malade dans le service qui lui correspond. Dans chacune des pièces, se trouvent des rideaux qui séparent les malades des autres ; chacun est allongé sur son lit. Lorsque le tour d'un malade arrive et que le docteur lui rend visite, certains tests médicaux sont prescrits, d'autres médicaments sont administrés... Certaines personnes peuvent rentrer chez elle après avoir passé seulement quelques heures à l'hôpital, tandis que d'autres sont envoyées directement en salle d'opérations.

Avons-nous déjà entendu parler d'un malade qui se plaindrait au médecin de la sorte : « Pour quelle raison untel est-il rentré chez lui, tandis que je suis obligé de rester ici ? Peut-on m'expliquer pourquoi chaque personne est envoyée dans un service différent ? Ne pourrait-on pas laisser tous les malades ensemble ? » Chaque personne dotée d'un minimum de bon sens comprend que chaque malade est une personne différente et qu'il est impossible de comparer un malade avec un autre.

La même chose se produit lorsque nous venons rendre visite au Rabbi, le grand docteur. Chaque individu vient ici avec ses propres problèmes. Il n'y a aucune raison pour essayer de regarder ce qui se passe de l'autre côté du rideau afin de voir ce qui arrive avec les autres malades. Quelques fois, nous pouvons voir un de nos amis sur la tombe de Rabbi Na'hman entrain de parler à Hachem et de faire hitbodédouth... pendant plusieurs heures. D'autre part, nous pouvons avoir de la difficulté à faire sortir le moindre son de notre bouche ! Pendant que notre ami déverse son cœur au Créateur, le nôtre est sec et notre esprit bloqué.

Nous devons tous nous souvenir que nous sommes ici – grâce a D-ieu – aux côtés d'un grand docteur. Tout ce qui se passe ici se déroule dans la plus merveilleuse des précisions. Ici, vous ne verrez aucune erreur. Quelques fois, le Rabbi voit que le Tiqoun d'une personne consiste à lui « confisquer » son esprit, son cœur ou sa parole. Quelques fois, les trois ensemble lui sont pris ! Ceci est la seule façon de le soigner.

Dans certains cas, pleurer n'est pas la bonne chose à faire ; dans d'autre, le manque d'inspiration fait partie du processus normal pour atteindre son Tiqoun (rectification spirituelle). Ainsi, sans l'un ou l'autre, la personne ne pourrait pas obtenir son Tiqoun. D'autre part, le Tiqoun de notre ami consiste à pleurer sans fin, pendant plusieurs heures. S'il lui venait l'idée de s'administrer votre traitement, cela lui serait néfaste.

Évidemment, tout ceci est également vrai chaque jour de l'année et partout dans le monde.

Nous avons un tel Rabbi – avec un tel élève, Rav Nathan – qui nous permettent, grâce à leur force, d'être forts dans les luttes de notre vie. Nous ne nous rendrons pas ; plutôt, nous continuerons à nous battre et nous nous souviendrons que notre objectif n'est pas forcément de réussir, ni d'atteindre les sommets, mais plutôt, de continuer chaque instant la bataille.

Grâce à cette attitude, puissions-nous mériter une nouvelle année de bénédictions et être inscrits – et notre nom scellé – pour une bonne année, Amen.

Rav Éliyahou Godlevsky, chelita

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de David ben chochana.

Pour dédicacer un Dvar Tora, cliquez ici.

Bookmark and Share

mardi 4 janvier 2011

Croire en soi (2)

Do you believe in Magic?

(Ceci est la deuxième partie d'une leçon donnée par le Rav Éliyahou Godlevsky, chelita. Pour lire la première partie, cliquez ici. Cet article est le quatrième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

Rabbi Na'hman de Breslev a dit : « Si vous désirez savoir ce qui se passe dans le monde, réfléchissez à propos de ce qui se passe en vous.» Je vous pose la question suivante : quel est le motif principal qui pousse les personnes à abandonner à un moment ou à un autre durant leur vie ?

Avant tout, nous devons savoir qu'abandonner ne signifie pas qu'une personne marche dans la rue avec la tête basse. De fait, cette personne peut même être joyeuse et posséder tous les aspects d'un individu qui vit dans le bonheur, qui possède tout l'argent qu'il désire, que le monde entier respecte... Cependant, il a abandonné l'idée de devenir un bon juif. Il a essayé maintes fois et cela n'a pas fonctionné ; d'une façon logique, il a donc décidé que ce concept n'est pas fait pour lui.

Ainsi, la raison de l'abandon est la déception. Il était motivé afin de devenir un Tsadiq parfait ; il a constaté de lui-même qu'il n'y a pas réussi et il a vécu cela comme un échec. La conséquence est qu'il a abandonné cette idée. Pourtant, il se pourrait qu'il n'ait pas lu les instructions dans le bon ordre. La question à se poser est la suivante : pouvons-nous nous séparer de nos vêtements sales en un seul jour ? Nos mauvaises habitudes – qui nous accompagnent depuis plusieurs années – peuvent-elles se transformer en un seul instant ?

Les excès de vitesse spirituels

Si une personne a l'habitude de fumer deux paquets de cigarettes par jour et qu'elle décide se changer son habitude. Peut-elle pour autant penser cesser de fumer en un seul jour ? Même si cela se produisait, nous considèrerions cet événement tellement exceptionnel qu'il n'aurait rien à nous apprendre pour notre propre personne. Cela serait une attitude tout à fait normale de notre part.

Bien sûr, il existe de nombreuses histoires à propos de personnages qui étaient de terribles individus et qui sont devenus par la suite de véritables Tsadiqim. Cependant, vous et moi ne sommes pas dans cette catégorie ! L'existence de ces personnes hors du commun n'aide pas les individus normaux qui composent une population.

Pour notre malheur, c'est exactement cela qui retient les personnes de se débarrasser de leur sentiment de désespoir. Des orateurs racontent des histoires fabuleuses à propos d'individus qui sont parvenus à jeter par dessus bord leurs mauvaises habitudes et qui sont devenus en peu de temps des êtres exceptionnellement pieux. Malgré tout, aucune leçon ne peut être apprise et appliquée à un individu moyen. Il n'existe pas de parallèle entre ces histoires merveilleuses et notre situation. Plutôt, tout ce qu'elle nous apporte, c'est un sentiment de désespoir et un semblant de confirmation en notre fausse croyance de l'existence de « vainqueurs » et de « perdants..» En d'autres, termes, ces histoires dressent un tableau peu fidèle à la réalité, à notre réalité.

D'autre part, Rabbi Na'hman a révélé le secret du succès : croire en soi-même. Nous possédons toutes les raisons de croire en nous, même si nous sommes remplis de désirs pour le matériel et que notre vie est une suite d'échecs.

Ne mettons-nous pas les téfilines chaque matin ? Si cela est le cas, nous devons savoir que la mitswa des tefilines est très précieuse aux yeux d'Hachem ! Passons-nous un minimum de temps à étudier la Tora ou à écouter es cours de Tora ? Nous devons croire en nous-mêmes que le minimum d''Avodath Hachem que nous faisons – ainsi que notre étude de la Tora – sont très précieux aux yeux de D-ieu. Même si nous ne faisons pas tout cela avec les meilleures pensées et la plus pure motivation – et même si nous pensons à autre chose pendant que nous le faisons – nous devons être convaincus de son importance aux yeux d'Hachem.

Ceci est la raison pour laquelle nous nous réunissons ici, à Ouman. C'est exactement ce que nous sommes censés recevoir du Rabbi ; nous devons mettre cela dans nos valises et le ramener chez nous. Peu importe si votre nom est Pierre, André, David ou Lévi : chacun d'entre vous – même s'il ne fait qu'un minimum d''Avodath Hachem – est très précieux aux yeux de D-ieu. Ceci est la leçon que vous devez retenir et ramener chez vous : commencer à croire réellement en vous-mêmes.

Lorsque nous croyons en nous-mêmes, nous recevons l'ambition de faire plus.

Jusqu'à ce jour, nous avons réalisé les mitswoth seulement parce que nous en avions l'habitude. Cependant, l'idée d'être de véritables serviteurs d'Hachem et des Tsadiqim parfaits nous apparaissait hors de portée et bien au-delà de note horizon. Ceci est précisément la raison pour laquelle nous ne sommes pas encore allés très loin dans notre judaïsme, un peu comme si nous n'avions pas le choix et sans aucun enthousiasme. Nous pensions à propos de nous-mêmes que dans tous les cas, nous ne parviendrons jamais à être un Tsadiq ; par conséquent...

Cependant, si nous lisons avec attention et croyons en les paroles du Rabbi et en celles de Rabbi Nathan – qui nous ont ordonné de croire en nous-mêmes et que le plus petit 'Avodath Hachem est cher aux yeux d'Hachem – nous commencerons bientôt à sentir une excitation et un désir de continuer à grimper toujours plus haut en spiritualité et de poursuivre nos efforts pour continuellement de mieux en mieux.

Prenons comme exemple le concept de surveiller nos yeux en faisant attention à ce que nous regardons. La Tora nous ordonne (Nombres 15:39) : « Ne vous égarez pas à la suite de votre coeur et de vos yeux.» Certaines personnes pensent que cela signifie : «J'ai décidé ! Je ne poserai plus jamais de ma vie mes yeux sur quelque chose d'indécent ou d'inconvenant.» Cependant, que se passe-t-il le jour où il commet un écart et il ne réussit à se surveiller comme il le faudrait et comme il l'avait décidé ? Si le peu qu'il peut faire ne possède aucune valeur à ses yeux, il risque d'abandonner la totalité de ses efforts pour bien faire, qu'à D-ieu ne plaise. Dans ce cas, on n'ose même pas imaginer jusqu'où cela peut le conduire...

Rav Éliyahou Godlevsky, chelita


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Sara bat Ra'hel.

Pour dédicacer un Dvar Torah, cliquez ici.

Bookmark and Share

lundi 27 décembre 2010

Croire en soi (1)

La_confiance_en_soi

(Ceci est la première partie d'une leçon donnée par le Rav Éliyahou Godlevsky, chelita. Cet article est le quatrième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

Rabbi Na'hman a dit qu'il n'existait rien de plus grand que d'être avec lui le jour de Roch Hachana. Selon Rabbi Nathan, il n'y a rien de plus grand aux yeux d'Hachem que le Roch Hachana du Rabbi. Combien de remerciements à l'égard de D-ieu devons-nous exprimer pour avoir mérité d'être ici !

Cependant, nous savons également que Rabbi Na'hman a dit qu'il ne désirait que nous soyons comme les 'hassidim qui voyagent vers leur Rabbi et qui ne savent pas réellement pour quelle raison ils doivent s'y rendre, ni avec quoi ils retourneront chez eux. Par conséquent, nous devons obtenir une certaine connaissance de ce que nous sommes censés recevoir du Rabbi.

Savoir : ceci est la clé !

Analysons les mots de Rabbi Nathan dans le Liqouté Halakhoth, Hilkhoth Piqadon 5:7 ; afin de rédiger ce texte, Rabbi Nathan s'est inspiré de la leçon 61 du Liqouté Moharan qui fut enseignée par Rabbi Na'hman le jour de Roch Hachana.

Rabbi Nathan aborde le sujet de la confiance en nos 'Hakhamim – nos Sages et érudits – ainsi que la foi que nous devons avoir envers les vrais Tsadiqim. De plus, il ajoute qu'il est de la première importance de croire en nos propres amis, c'est-à-dire de pendre conscience que chaque personne possède un aspect positif et que par rapport à cet aspect positif, notre ami ressemble à un Tsadiq. Par conséquent, il est important d'avoir d'excellents amis afin d'être inspirés par leur aspects positifs.

Rabbi Nathan poursuit en écrivant qu'il existe une chose encore plus importante que de croire en le Tsadiq et en nos bons amis : croire en soi-même. « À plus forte raison, il est essentiel de croire que la plus petite chose que nous avons pu faire dans notre 'Avodath Hachem et notre étude de la Tora sont considérées avec un grand intérêt par Hachem

Ces mots peuvent nous surprendre. Il est certain que chaque personne peut s'interroger de la sorte : « Pour quelle raison dois-je croire en moi ? Je sais qui je suis, où je me trouve et ce qui se passe dans ma vie ! Pourquoi devrais-je croire en moi-même ?» Rabbi Nathan de répondre : « Une personne peut croire en Hachem, en les Tsadiqim et que ses amis sont tous des Tsadiqim ; cependant, si cette personne ne croit pas en elle-même – c'est-à-dire qu'elle ne pense pas que la foi qu'elle met en les vrais 'Hakhamim est considérée de la première importance par D-ieu, elle ne croit pas vraiment en nos Sages. D'une certaine façon, ce manque d'émouna est pire que toute autre chose.»

De nombreuses personnes sont atteintes par cette maladie. Ces personnes peuvent être des individus d'une grande valeur et elles ont même peut-être commencé à se rapprocher des Tsadiqim. Cependant, voici ce qu'elles ont souvent à l'esprit : « Mes amis sont certainement tous des Tsadiqim ; quant à moi, de quelle façon tout cela peut-il bien m'aider ? Je sais très bien ce qui ne va pas en moi ; je connais parfaitement les raisons de mes échecs.»

Les personnes qui pensent de la sorte courent le risque de s'éloigner de la foi en les Tsadiqim ; de plus, un grand nombre parmi elles finissent un jour ou l'autre par devenir de véritables opposants aux Tsadiqim ! Leur attitude finale est le résultat de leur mode de pensée. Ainsi, nous pouvons constater que la perte de leur émouna en les 'Hakhamim a commencé par le manque qu'elles avaient en elles-mêmes.

Nous apprenons de cela que croire en soi-même est de la première importance. Lorsque nous croyons en nous-mêmes, nous pouvons mériter tout ce que nous désirons.

Cependant, la réalité ne peut pas être ignorée. Ainsi, une personne peut – par exemple – étudier un ouvrage de moussar (d'éthique) ou être allée à un cours de Tora. Dans la mesure où cette personne possède une âme juive, elle se sent liée à Hachem et donc inspirée par ce qu'elle a lu ou entendu. Immédiatement, cette personne décide de se prendre en main et de devenir un véritable Tsadiq en un clin d’œil.

Nous avons déjà tous vécu ce type de situations. Il nous arrive souvent d'être inspirés et motivés par de grandes idées. La conséquence de cet état nouveau est de nous pousser à décider en quelques secondes de nous séparer entièrement de ce monde matériel et de ressembler peu ou prou à des anges ! Cependant, lorsqu'il s'agit de faire passer ces merveilleuses intentions dans le domaine du concret, nous échouons le plus souvent seulement cinq minutes après la fin du cours ou du livre que nous avons lu. Certains individus plus résistants tombent après un jour ou deux et les personnes les plus fortes tiennent une ou deux semaines.

Cependant, pour la majorité d'entre nous, l'intérêt que peut susciter l'écoute d'un cours de Tora ou la lecture d'un livre dure seulement... le temps de l'écoute ou de la lecture ! Après le cours, lorsque nous sommes déjà sur le chemin du retour, nous nous énervons à propos du premier prétexte – ou nous faisons n'importe quel autre faux pas – et nous sommes retournés immédiatement à la case départ : celle d'avant le cours. En un clin d’œil, nous sommes redevenus la même personne avec les mêmes mauvais traits de caractère, les mêmes mauvaises habitudes, les mêmes mauvaise pensées...

La personne merveilleuse qui avait assisté à la leçon de Tora est partie ; elle a tout simplement disparue. Quand la rencontrerons-nous de nouveau ? Quand nous réveillerons-nous une nouvelle fois ? Peut-être demain ; peut-être au prochain cours... Et qu'arrivera-t-il alors ? Dans ce cas également resterons-nous réellement une autre personne seulement quelques secondes ou quelques minutes ?

C'est alors que notre héros du jour parvient à la conclusion évidente : il existe dans le monde deux types de personnes. Le premier type est celui des personnes extraordinaires qui sont sans doute nées dans un autre monde que le sien ; ce sont bien sûr ces personnes qui parviennent à devenir des Tsadiqim. D'autre part, il existe le reste de Qlal Israël (du peuple juif), dans lequel – bien sûr – il s'inclut. Pour cet individu, il s'agit d'un fait indéniable et d'une situation qui n'est pas prête à changer du jour au lendemain.

Rav Éliyahou Godlevsky, chelita


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Myriam bat Ra'hel.

Pour dédicacer un Dvar Torah, cliquez ici.

Bookmark and Share

jeudi 23 décembre 2010

L'excitation du départ (3)

Flight while flying

(Ceci est la troisième partie d'une leçon donnée par le Rav Eliezer Berland, chelita. Pour lire la deuxième partie, cliquez ici. Cet article est le troisième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

Nous nous rapprochons d'un feu flamboyant qui peut brûler et éliminer toutes les traces d'impureté ; nous remplirons bientôt le verset (Bamidbar 31:23) : « Tout ce qui supporte le feu, vous le passerez par le feu et il sera pur.» Nous avançons avec un cœur brisé et des rivières de larmes avec lesquels nous brûlerons tous nos péchés : ceux qui n'ont pas été voulus et ceux qui l'ont été, ainsi que ceux dus à toutes nos réincarnations.

Des pleurs et de la sincérité

Nous les brûlerons grâce à nos pleurs honnêtes et notre sincérité dont la source se trouve en celui qui est le cœur du monde, la racine de tous les cœurs et dont la force se trouve en le cœur de chacun d'entre nous. Il est celui qui est plus compatissant que tous ceux dotés de compassion. C'est lui qui a promis qu'il viendrait en aide – sans exception – à tous ceux qui lui rendraient visite, simplement et sincèrement pour faire téchouva.

Le minimum de sincérité qui est la nôtre – même si elle est brisée – ainsi que les quelques larmes que nous aurons le mérite de pleurer dans les jours prochains nous permettront, grâce au pouvoir fantastique du Tsadiq, de créer des récipients spirituels merveilleux. Ce sont avec ces récipients que nous pourrons nous nettoyer de nos péchés, renouveler chaque aspect de notre âme, élever nos prières et faire téchouva.

Ce processus se poursuivra jusqu'au moment du rassemblement général de l'ensemble du peuple juif et lorsqu'il sera élevé de nouveau aux racines du trône de gloire d'Hachem. Alors, nous serons inclus dans les racines de toutes les âmes juives ; nous serons inclus avec l'ensemble des âmes du rassemblement fantastique et saint à venir. Dans ce rassemblement, nous ressentirons véritablement notre petitesse ; nous prendrons conscience que nous sommes véritablement le plus petit et le plus bas de toutes les âmes qui se seront jointes à ce rassemblement saint.

Chaque juif – peu importe où il se trouvera – ressentira que ceux qui l'entourent sont plus proche de la véritable téchouva que lui et qu'en réalité, il n'existe pas d'espoir d'un repentir sincère sans l'aide du fantastique et saint Tsadiq qui a promis de venir à l'aide de chacun d'entre nous.

Sur son mérite et grâce à sa force, toutes nos prières et notre téchouva seront acceptées. Cela inclut également les individus spirituellement pauvres et démunis de tout. C'est entre ses mains que nous nous en remettons afin de nous purifier de toute trace de péché et d'iniquité, jusqu'à le venue du Messie, en un clin d’œil, cette année et grâce au mérite du notre Rabbi. Amen.

Rav Eliezer Berland, chelita

Bookmark and Share

mardi 14 décembre 2010

L'excitation du départ (2)

Aile d'avion

(Ceci est la deuxième partie d'une leçon donnée par le Rav Eliezer Berland, chelita. Pour lire la première partie, cliquez ici. Cet article est le troisième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

Nous arrivons maintenant à l'endroit où nous pouvons être libérés – en un clin d’œil – des forces du mal qui nous ont engloutis de la tête aux pieds et qui nous ont dévoré jusqu'au moindre cheveu. C'est seulement le Tsadiq – qu'on surnomme le Léviathan [un type gigantesque de poisson de mer décrit dans les livres saints] qui peut nous permettre d'échapper à ses forces du mal. [La guématria (valeur numérique des lettres de l'alphabet hébreu] de 'Léviathan' est 496, ce qui est la même que le nom de Rabbi Na'hman : 'Na'hman ben (fils de) Feiga'].

Notre Rabbi a dit que durant sa vie, il avait réussit à libérer de nombreuses personnes de l'emprise du Satan. La force de Rabbi Na'hman a continué à croître – jour après jour et seconde après seconde – à un point tel qu'il peut nous libérer nous aussi ; de la sorte, il n'y a pas de fin aux nombreuses formes du salut que peut nous amener le Tsadiq : celles-ci sont sans frontières et sans limites.

Une âme pure

Si nous sommes encore tellement éloignés de la vérité et de l'humilité, c'est parce que nous sommes extrêmement arrogants, submergés par toutes sortes de jalousies et d'une terrible impureté. De plus, nous n'avons pas encore mériter d'atteindre la véritable téchouva (repentir) avec des regrets sincères du fond du cœur. Il est certain que si nous avions véritablement regretté notre abominable façon d'agir, nous aurions été sauvés depuis longtemps. Et maintenant, de quel endroit peut donc venir notre salut ? Nous sommes tellement éloignés du regret véritable pour ce que nous avons fait dans le passé et d'une résolution affirmée de ne plus fauter dans le futur !

Malgré cette situation désavantageuse, nous devons croire tout ce même – avec une foi absolue – qu'il n'existe pas de plus grand péché et transgression que le désespoir et l'absence d'espoir. C'est pour cela que nous ne laisserons jamais le désespoir nous avaler, qu'à D-ieu ne plaise. Nous savons qu'il est de la force du Tsadiq de nous éveiller à la téchouva et de nous faire sentir des remords dans le cœur.

Également, c'est lui qui peut déraciner en nous la moindre trace de mauvais dans nos pensées et notre regard. Ce sont ces traces qui sont les fruits amers des nombreuses réincarnations qui se sont déroulées dans les profondeurs les plus grandes du mal, depuis le péché d'Adam et 'Hava. De cette force du Tsadiq, nous sommes persuadés, de la même façon que nous savons que le soleil et la lune brillent dans le ciel.

Nous voyageons en direction de la lumière céleste radiante d'Adam Harichon (le premier homme qui – jusqu'au jour où il fauta – illuminait le monde d'une lumière spirituelle qui annulait celle du soleil), vers une âme qui n'a jamais péché et dont la source est Adam Harichon lui-même, avant que la pensée de péché ne l'effleure.

L'âme vers laquelle nous nous rapprochons en est une qui n'a jamais cessé sa dévéqouth (attachement) à Hachem, même pour un seul instant ; cette âme n'a jamais perçu l'aspect physique de ce monde et son passage ici-bas s'est opéré en l'absence totale d'yeux, d'oreilles, de bouche, de mains et de jambes. Cette âme n'a jamais esquissé la moindre respiration en ce monde ; sa compréhension se situe au-delà de notre entendement : devant elle, aucune porte n'est fermée et aucun cœur n'est impénétrable.


Rav Eliezer Berland, chelita

Bookmark and Share

LinkWithin

Blog Widget by LinkWithin