mardi 29 juillet 2008

La fleur au fusil


Il est écrit dans le Liqouté Moharan I 14:2 : “La gloire de D-ieu est révélée lorsque les personnes qui se situent à l'extérieur de la Sainteté s'en rapproche. Ceci s'applique d'une façon identique aux convertis et aux personnes qui se sont repenties. De fait, ces personnes se situaient également à l'extérieur. Lorsqu'elles se rapprochent et se retrouvent à l'intérieur de la Sainteté, ceci est la Gloire de D-ieu.”

Rabbi Na'hman nous apprend ainsi l'importance de penser à l'Autre dans notre Service divin. Certes, il ne faut ménager aucun effort pour nous rapprocher nous-mêmes de D-ieu ; de fait, cela soit représenter notre priorité. En la matière, nous avons l'obligation de vérifier les fondations du bâtiment avant de vouloir construire un étage supplémentaire.

Cependant, si notre propre rapprochement est notre unique objectif, nous ne révèlerons qu'une fraction de la Gloire du Maître du monde. Celle-ci sera révélée d'une façon beaucoup plus grande si nous entraînons avec nous d'autres personnes.

Une question se pose immédiatement : Qui devons-nous entraîner avec nous et de quelle façon pouvons-nous les entraîner ? Afin de répondre à cette question, il nous faut connaître deux règles importantes dans le Service divin.

La première : nous ne pouvons et devons forcer personne à se rapprocher de D-ieu. Ainsi, ce sont uniquement les personnes qui ont tendance à nous prêter une oreille attentive à qui nous pouvons essayer d'indiquer le chemin de la Sainteté. Idéalement, cela commence par notre conjointe, puis nos enfants. Le cas échéant, cela peut s'étendre à d'autres personnes de notre famille, de notre entourage...

La deuxième : la méthode employée pour les rapprocher de D-ieu relève de la gentille persuasion et des conseils amicaux, plutôt que du coup de bâton ou des leçons de morale. A vouloir forcer le passage, on risque de casser celui qui désire s'y engager et de commettre – que D-ieu nous préserve – des dégâts irréparables.

Ceci étant dit, il ne faut pas oublier l'oeuvre du mauvais penchant. Nous avons déjà indiqué que ses habits préférés sont ceux d'une mitswa ; en l'occurrence, en nous faisant oeuvrer pour rapprocher une âme de son Créateur, le mauvais penchant pourrait bien essayer – que D-ieu nous préserve – de nous faire chuter.

C'est pour cela que toute action de bonne volonté ne doit pas être faite d'une façon naïve : on ne part pas en guerre avec la fleur au fusil. La guerre dont il est question est celle que nous devons mener contre le mauvais penchant pour rapprocher une âme égarée. Croire que celui-ci nous laissera la tâche facile serait se tromper grandement.

Les paramètres suivants doivent être établis avant de “partir en guerre et à la pêche” : dois-je aller dans un endroit où je risque de voir ou d'entendre ce qui est interdit de voir ou d'entendre ? Les personnes que je m'apprête à rencontrer cherchent-elles la vérité ? Si elles cherchent plutôt à se convaincre dans leurs erreurs, je perds mon temps et je leur fais perdre le leur.

On ferait bien de demander conseil à une autorité compétente, chaque cas étant différent des autres. Lorsque la décision aura été prise d'aller sur le front, nous devons impérativement demander l'aide du Ciel pour ne pas chuter, ne pas commettre d'erreurs. A cette fin, une séance de prière personnelle avec D-ieu est le meilleur conseil.

Puisse D-ieu nous faire rapprocher une multitude d'âmes, sans nous faire tomber dans les pièges du Satan. Amen.

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lundi 21 juillet 2008

Un mode d'emploi précieux (1)


Connaissez-vous une personne qui conduirait une voiture sans avoir appris auparavant ? De nos jours, peut-on penser sérieusement savoir utiliser un appareil ménager sans lire au préalable son mode d'emploi ? En fin de compte, cela semble tellement logique : afin d'obtenir le maximum d'un produit spécifique, il faut en connaître les caractéristiques et les détails de fonctionnement.

Pourtant, lorsqu'il s'agit de nous-mêmes, nous oublions le plus souvent cette logique simple. La conséquence est tragique : nous sommes l'équivalent d'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Peu importe ce que nous disons à notre conjoint, nos enfants, notre patron... : nous sommes rarement écoutés et nous avons le plus souvent de la difficulté à discerner l'impact positif de nos paroles sur notre environnement.

La raison de cette situation peu enviable est évidente : nous n'avons pas lu le mode d'emploi de notre vie. Inutile de culpabiliser : personne nous l'a donné, personne nous en a parlé.

Pour quelle raison sommes-nous prêts à passer des heures à lire le guide d'installation d'un appareil électrique et en même temps, refuser de réfléchir à notre propre personne ? La réponse à cette question fait partie des difficultés à résoudre si on a opté pour l'ignorance.

Ainsi, nous devons connaître les deux éléments de base qui forment chaque être humain : le bon penchant et le mauvais penchant. Nous devons savoir également qu'à chaque bonne action ou pensée positive d'un individu, cela signifie que cette personne a laissé libre cours à son bon penchant. A l'inverse, à chaque action ou pensée répréhensible – que D-ieu nous préserve – cela signifie que nous avons échoué face à notre mauvais penchant.

L'enseignement de cette leçon est de prendre conscience que nous sommes les adversaires de notre mauvais penchant et que si nous échouons à l'occasion face à lui, rien ne sert de nous mortifier : l'accusé c'est lui ! Nous désirions faire le bien ; nous voulions réussir. C'est notre mauvais penchant qui a pris le dessus. Remontons nos manches et reprenons la lutte de plus belle : promettons-nous que la prochaine fois, nous gagnerons. Peu importe si nous échouons de nouveau ; le plus important est de vouloir bien faire.

Si nous désirons augmenter notre capacité à battre régulièrement notre mauvais penchant, nous devons absolument en connaître la caractéristique principale : celui de nous éloigner de D-ieu. Peu importe sa tactique et toutes les trappes qu'il nous tend ; si nous réalisons que l'objectif du mauvais penchant et d'augmenter la distance qui nous sépare de notre Créateur, nous pouvons reconnaître les situations dans lesquelles nous sommes face à lui.

Les armes préférées du mauvais penchant sont diverses : la colère, la tristesse, la faible estime que nous avons de nous-mêmes... Tous ces sentiments sont l'œuvre du Satan (un autre nom pour le mauvais penchant) et sont à proscrire de notre vie.

Suite...

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mardi 15 juillet 2008

Un meurtre en chapeau noir


Nous prétendrons qu'elle s'appelle Isabelle. Sa question est touchante : après avoir été élevée d'une façon laïque, Isabelle désirait se rapprocher de D-ieu. Elle ne savait pas comment, ni à qui le demander. A choisir parmi différentes possibilités, elle choisit celle de ne plus porter le pantalon. Munie de quelques jupes fraîchement achetées, elle arborait ainsi sa nouvelle résolution. Pour le moins, cela passerait plus inaperçu que de porter une kippa pour un homme !

Pour autant, les amies d'Isabelle commencèrent à la railler. Que signifiait sa décision ? Allait-elle devenir une extrémiste religieuse ? La future Grand rabbin de France ? Lorsque le mauvais penchant a décidé d'attaquer, il lui arrive fréquemment d'utiliser nos meilleurs amis afin de nous toucher au cœur...

Isabelle tint quelques mois. Elle voulait persévérer, mais devoir perdre ses amies, sans en trouver véritablement de nouvelles, l'inquiétait. Après six mois de combat héroïque, elle mit ses robes au placard et ressortit ses pantalons. Ses amies criaient victoire, tandis que l'âme sainte d'Isabelle pleurait. Sans pleinement réaliser qu'en agissant ainsi elle écoutait les sanglots de son âme, Isabelle rencontra un rabbin pour lui demander conseil ; elle désirait tellement rester attachée à ses racines... Que pouvait-elle faire ? Que devait-elle faire ? Isabelle ignorait que le mauvais penchant pouvait également porter un chapeau noir.

Le rabbin aurait dû tomber de sa chaise. “Quoi ? Malgré la mode actuelle, vous avec eu le courage de porter seulement des jupes pendant six mois ? Malgré les railleries de vos amies ? J'admire votre courage ! Persévérer aussi longtemps contre les moqueries des personnes qui vous sont si chères... quel exploit grandiose ! Vous devez être une personne réellement unique, exceptionnelle !”

Nous ne plaisantons pas. Lorsqu'une personne va contre vents et marées et fait ce que son âme lui conseille, elle remue des montagnes de spiritualité. Dans le ciel, les anges sont remplis de joie et trépident devant une action aussi remarquable.

Ce rabbin avait la possibilité de redonner courage à Isabelle. “Vous êtes exceptionnelle ! Ne vous découragez pas. Remettez vos pantalons au placard et ressortez vos belles jupes. Les échos de votre âme sont plus importants que les moqueries cruelles de vos amies. De fait, celles-ci méritent-elles votre amitié ? Me permettrez-vous de vous présenter à ma femme ? Elle connaît plusieurs jeunes filles dans votre situation et vous aurez certainement beaucoup de choses à partager si vous les rencontrez.”

Il y avait tant à dire. “Ce que vous avez fait tient du miracle. Si vous saviez ce qu'on en dit au ciel ! D-ieu prend un grand plaisir lorsqu'on pense à Lui dans ce monde-ci. Continuez, persévérez... Voici le téléphone de ma femme. Appelez-la, appelez-moi lorsque vous le désirerez. Persévérez. Vous êtes extraordinaire...”

Cependant, le mauvais penchant avait revêtu ses habits noirs et son chapeau de rabbin. C'est le mauvais penchant qui a parlé et qui a tué spirituellement Isabelle. La sentence est tombée comme un couperet : “Si vous avez rangé vos jupes, c'est que vous ne désirez pas réellement les porter ! Les personnes faibles comme vous n'arrivent jamais à rien. Au revoir.”

Le rabbin a tué Isabelle. Elle était venue pleine d'espoir en entendant la parole qui lui ferait reprendre le bon chemin. Le mauvais penchant en chapeau noir l'a tuée. On n'a plus jamais revu Isabelle. J'ai bien peur qu'elle est jeté ses jupes.

Que ce rabbin soit maudit. Pour longtemps.

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jeudi 10 juillet 2008

Une descente pour mieux monter

(Jan Ullrich - Tour de France 2005)

Dans le domaine de la spiritualité, une descente et nécessaire afin d'obtenir une montée. Cela signifie qu'avant de pouvoir nous rapprocher de D-ieu, nous devons nous sentir rejetés, mis à l'écart, mal-aimés, etc. Drôle de relation, n'est-ce pas ? Pour quelle raison notre Créateur, dont la compassion est sans doute le trait principal, nous repousse-t-Il avant de nous embrasser ? À-t-on déjà vu un mari rejeter sa femme dans le but de lui faire connaître un amour plus grand par la suite ?

Tous les parents savent qu'en interdisant quelque chose, nous attisons en fait l'envie de l'enfant envers cette chose. En fait, il en va de même avec les adultes : il suffit qu'on sache qu'agir d'une manière spécifique soit interdit, pour que ce comportement devienne plus séduisant à nos yeux. Que la nature humaine est surprenante !

Nous apprenons ainsi qu'un parent qui désirerait augmenter l'attrait de son enfant pour un objet particulier devrait lui en interdire l'utilisation. Cela ne manquera pas : l'enfant désirera d'autant plus cet objet. D-ieu nous connaît ; après tout, c'est Lui qui nous a fait. Il sait que le sentiment de difficulté représente une motivation renouvelée pour l'être humain.

Le Maître du monde désire tellement nous voir nous rapprocher de Lui ! À cette fin, Il commence par nous pousser pour nous éloigner de Lui ; notre réaction sera d'augmenter notre désir à Son égard et le redoublement de nos efforts pour grimper l'échelle spirituelle.

Tout serait pour le mieux en l'absence du mauvais penchant. L'unique rôle de ce dernier consiste à nous éloigner de D-ieu et, si possible, à nous laisser loin de Lui. Ainsi, lorsque D-ieu nous repousse, le mauvais penchant utilise sa fine psychologie et instille en notre cœur des paroles que nous connaissons tous et toutes ; en voici un petit échantillon :

- “Vois-tu ? Tu as essayé de te rapprocher de D-ieu ; cependant, le résultat et de te trouver aujourd'hui plus éloigné que tu ne l'étais hier ! Suis mon conseil : cesse de vouloir emprunter le chemin saint et vis d'une façon plus simple, sans D-ieu !”

- “Veux-tu savoir quelque chose ? Si D-ieu t'a repoussé, c'est qu'Il ne t'aime pas. Je te le dis franchement : tu as fais trop de bêtises dans ta vie pour mériter l'amour de ton Créateur. Abandonne simplement l'idée de t'en rapprocher !”

- “Ne t'aperçois-tu pas que ceux et celles qui vivent en dehors de toute notion divine sont plus heureux que toi ? La raison : D-ieu rejette ta façon de Le servir. Prends exemple sur les autres et oublie le Maître du monde. Ta vie n'en sera que plus facile !”

Toutes ces paroles sont le fruit du mauvais penchant et nous devons nous renforcer lorsque nous les entendons. Nous devons réaliser que ces paroles sont le fruit du mensonge et qu'elle sorte de la bouche de celui qui veut nous éloigner de notre mission, de notre vie. Combien de prières faut-il afin de conserver notre résolution lorsque nous sommes les victimes des attaques du mauvais penchant !

Prenons un exemple. Une personne a décidé de se rapprocher de D-ieu et de manger uniquement de la viande kachère. Quelle décision ! Au regard du plaisir que le Créateur obtient de ce rapprochement de géant, le mauvais penchant prépare déjà ses attaques. Ainsi, la femme de cette personne est plutôt tiède devant une telle résolution : la viande kachère est plus difficile à trouver dans les magasins, un peu plus chère et... tellement éloignée de ses préoccupations quotidiennes. Le mauvais penchant vient de marquer un point : le mari se retrouve éloigné de sa femme.

Au premier obstacle concret (manque d'argent, fermeture de la boucherie kachère...) la tension dégénère en conflit verbal : la femme accuse son mari de lui mener la vie dure et de mettre des bâtons dans les roues de son bonheur. À la rencontre du troisième obstacle (refus d'une invitation car les hôtes mangent une viande non kachère, impossibilité d'aller passer un week-end dans un hôtel où la viande ne peut être consommée...), la résolution de notre héro commence à faiblir et il commence à penser qu'en fin de compte, sa vie était bien plus simple avant qu'il veuille vivre en bon juif.

C'est dans ce genre de situations que nous devons nous renforcer et demander à D-ieu de venir à notre aide. Qu'Il nous fasse obtenir la grâce aux yeux de ceux et celles qui s'opposent à nos bonnes résolutions ; qu'Il nous fasse trouver les mots justes pour leur faire saisir l'importance de la situation... Nous devons réaliser que nous nous retrouvons bien plus près du Créateur que nous l'étions auparavant lorsque ces difficultés passagères auront cessé.

Tel un coureur de vélo à l'approche d'une montée, nous devons apprécier la descente pour ce qu'elle nous permet d'en obtenir : un regain d'énergie pour monter plus haut.

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