mardi 31 mai 2011

Chavou'oth approche !

Et si nous nous préparions pour Chavou'oth ?

Ma tête est encore à Méron – sur la tombe de Rabbi Chim'on Bar Yo'haï – et j'allais presque oublier que la semaine prochaine, c'est la fête du don de la Tora ! Cela serait regrettable car Chavou'oth est le parfait antidote pour les personne de mon type : qui dorment toute l'année.

Un sommeil interminable

Je vous l'accorde, je ne fais pas référence au sommeil physique. De ce côté, je remercie D-ieu pour m'accorder Sa compassion et m'accorder de ne pas devoir dormir outre mesure chaque nuit. Mes enfants le savent : lorsqu'ils me voient couché dans mon lit, ils comprennent de suite que ma santé n'est pas au meilleur de sa forme. Je considère mon lit comme le dernier endroit où aller pour me reposer et le moins j'y passe de temps, le mieux je me porte !

Le sommeil qui nous guette tous – et qui est bien plus dangereux que le physique – est le sommeil spirituel. Celui-ci est plus dangereux car tout en étant endormis spirituellement, nous pouvons croire que nous sommes pleinement éveillés et que tout va bien dans notre vie. Pourtant, l'absence de spirituel dans nos faits et gestes quotidiens est un mal largement répandu dans notre génération. Dans la mesure où il n'existe pas encore de pilules pour éviter ce sommeil, nous devons faire l'effort pour le déceler et le combattre.

Afin de déceler si nous sommes atteints du sommeil spirituel, posons-nous quelques brèves questions :

1) Sommes-nous en paix avec nous-mêmes (en d'autres termes, sommes-nous sur les nerfs ou d'un tempérament plus calme) ?

2) Vivons-nous une vie de couple satisfaisante (avant de répondre, je vous conseille de demander l'avis de votre femme) ?

3) Combien de temps passons-nous chaque jour avec nos enfants (quelle est la dernière fois où nous leur avons raconté une histoire à l'heure du coucher) ?

4) Avons-nous une vague idée d'un objectif quelconque dans notre vie ou prenons-nous les jours qui passent les uns après les autres sans réflexion particulière sur leur nature ?

Chavou'oth : le réveil du juif

La fête du don de la Tora doit nous servir à ouvrir les yeux. Si nous avons répondu “non” aux questions précédentes, il est temps de revêtir nos habits d'êtres humains et d'utiliser un peu du potentiel intellectuel que D-ieu nous a confié. Certes, utiliser ses neurones pour un projet au bureau, pour acheter une maison… est une activité commune à tous, mais nous pouvons également utiliser notre puissance intellectuelles pour quelque chose de plus élevé.

Levons les yeux vers le ciel. Prenons le temps de penser à qui nous sommes, à ce qui nous fait. Nous avons tous besoin de réaliser des achats quotidiens ; cependant, lorsque l'essentiel de notre vie devient une suite interminable d'achats de toutes sortes, il faut se demander si nous adoptons le bon comportement.

Rien ne sert d'instaurer une journée sans achats si nous recommençons de plus belle nos tournées des vitrines dès le lendemain. Plutôt, il s'agit de savoir qui nous sommes et ce qui nous définit : le matériel ou le spirituel, l'animal ou l'humain.

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mercredi 23 février 2011

Ce qui nous manque, c'est le Savoir


Les jours se suivent et se ressemblent : il nous manque toujours quelque chose ! Si nous avons un enfant indocile, nous dirons : “Pour quelle raison n'ai-je pas des enfants qui m'écoutent ?!” Si c'est un mari peu attentionné : “Qu'ai-je fait au Ciel pour trouver un mari comme toi ?!” Une envie d'acheter le salon à la mode : “Où pourrais-je trouver l'argent qui me manque ?!” La liste est sans fin.

Ces demandes ne concernent pas seulement le monde matériel. Si nous nous élevons un peu de notre aspect physique, nous pouvons également penser : “Pourquoi ne suis-je pas plus intelligent ?” Si l'ardeur religieuse nous manque, on peut s'écrier : “Je voudrais bien être religieux, mais je n'y arrive pas !” Etc.

Le plus souvent, nous pensons définir ces manques d'une façon objective. En fin de compte, si l'argent me manque pour payer une facture, personne ne peut nier cela ! Si j'ai de la difficulté à obtenir un emploi, je penserais : “Si j'étais plus dégourdi, j'aurais déjà trouvé un job !”

Pourtant, nous devons réaliser que si une chose nous fait défaut, c'est parce que nous avons choisi de penser qu'elle nous manque, que nous devrions l'avoir. Le manque est ainsi défini par notre volonté d'obtenir plutôt que par un manque objectif. Dit autrement, c'est l'objet que nous définissons selon notre façon de penser, plutôt que de définir un objet d'une façon objective.

L'abondance divine est ininterrompue

Tout ce que nous possédons – le matériel ou le spirituel – nous est donné par le Ciel. Il n'existe rien dont nous pouvons nous glorifier d'avoir obtenu par notre force. Sachant que D-ieu sait avec précision ce dont nous avons besoin, nous devons conclure qu'une sensation de manque provient de notre éloignement du Divin.

Ce phénomène s'explique facilement. Nous savons qu'une chose matérielle est un obstacle à ce qui est spirituel. Par exemple : la matérialité d'un arbre ou d'une pierre en face d'une lumière projette une ombre. De la même façon, une éclipse solaire – ou lunaire – est rendue possible par l'ombre de la terre. Le soleil lui-même – vis-à-vis de ce qui se situe au-dessus de lui – est matériel et projette une ombre.

Par conséquent, plus nous sommes attachés à l'aspect matériel de la vie, plus l'ombre que nous projetons entre nous-mêmes et la lumière de D-ieu est épaisse. C'est cette ombre qui nous empêche de voir l'abondance de bien qui nous entoure. Cependant, si nous nous annulons et que nous cherchons à ne plus faire partie de ce monde, nous supprimons l'ombre entre D-ieu et nous-mêmes. Partant, la Lumière divine nous apparaîtra plus facilement et nous verrons d'une façon claire que rien ne nous manque dans la vie.

Heureuse est la personne qui accorde un peu moins d'importance à la vie en ce monde et un peu plus à celle du Monde à venir.

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Avi ben Aviva.

Pour dédicacer un Dvar Tora, cliquez ici.

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mercredi 15 décembre 2010

S'arracher du matériel

Du fromage !

Notre attachement au matériel est une question de degrés et de variations. Entre les deux extrêmes, le nombre de différences est illimité. D'un côté, la personne qui est entièrement soumise au matériel est celle qui ne parvient pas à prendre le recul nécessaire dans les situations habituelles de la vie qui concernent – le plus souvent – la nourriture, l'achat de vêtements, son choix de voiture… Nous éviterons de parler d'autres domaines par respect de nos lecteurs, mais nous savons tous et toutes ce qu'un homme peut penser à la vue d'un corps de femme habillé légèrement.

Les personnes qui sont dépendantes de leurs désirs et passions sont les véritables esclaves de leurs corps. Ces personnes peuvent paraître honorables de l'extérieur, mais elles sont des animaux à deux pattes. Placées devant une assiette, une vitrine ou une femme, elles ne parviennent que difficilement à se contrôler, lorsqu'elles y arrivent.

À l'autre extrême, se trouvent les personnes qui ne dérivent aucun – strictement aucun – plaisir physiques de ce monde. La vue d'une portion de gâteau garni de chantilly (ou d'un splendide plateau de fromages) ne les atteint pas, un peu à la façon d'un américain moyen mis devant un morceau de Roquefort. Lorsqu'elles doivent acheter des vêtements, ces personnes agissent d'une façon bizarre : elles achètent un vêtement fonctionnel, sans se soucier de la marque, de la mode et d'autres considérations de ce type.

Mises en contact avec des personnes du sexe opposé, ces hommes exceptionnels ne pensent qu'à une seule chose : dire ce qui doit être dit, sans plus. Peu importe la taille, forme ou les habits que porte la femme à qui ils s'adressent, parler à un morceau de viande leur ferait le même effet.

Entre les deux...

La plupart d'entre nous nous trouvons entre ces deux extrêmes. Il n'y a pas de quoi s'étonner. En fin de compte, nous essayons du mieux que nous pouvons de ne pas être des animaux, mais nous ne sommes pas pour autant des saints. Loin de là !

Il faut cependant relever qu'un certain nombre de personnes pensent qu'aussi longtemps qu'elles n'agissent pas comme des animaux, il n'y a rien de mal à aimer tel plat de viande à un autre de poisson, telle forme de pantalon à une autre, les blondes plutôt que les brunes… Cela est inexact et il est important de le dire.

Si nous ne sommes pas des anges, il serait regrettable de ne pas vouloir pointer vers cette direction. Ainsi, idéalement, nous ne devrions retirer aucun plaisir physique de ce monde. À l'heure du repas, peu importe ce qu'on nous sert : un plat salé ou sucré, du bœuf ou du poisson… tout cela devrait avoir sur nous le même effet. Nous devrions en profiter pour remercier le Maître du monde de nous offrir de quoi manger et apprécier notre privilège de pouvoir nous remplir la panse lorsqu'elle celle-ci est vide.

L'achat des vêtements est un défi à relever. Achetons-nous un vêtement parce que nous avons vraiment besoin ? Certes, la vingtième paire de chaussures ne ressemblera à aucune que nous possédons déjà. Pourtant, ne pourrirons-nous pas nous en passer ?

Il existe une expérience riche d'enseignement à mener d'une façon régulière. Prenons deux situations très différentes : selon la première, nous imaginerons que nos toilettes se sont bouchées et qu'il nous faille rendre visite à un plombier pour lui demander de venir nous dépanner. Dans la seconde situation, nous devons aller faire les vitrines afin d'acheter une tenue d'été. Dans les deux cas, notre disposition d'esprit est-elle la même ? Pour quelle raison devrions-nous éprouver plus de plaisir à aller acheter des vêtements que d'aller chercher un plombier.

Pour finir, un peu de courage. Même si notre plaisir est plus grand en enfilant notre plus récent costume, nous ne devons pas oublier qu'il nous faut relativiser – un peu plus chaque jour – ce plaisir pour l'amener idéalement à ce qu'il doit être : inexistant. Tout un défi !

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lundi 4 août 2008

Une petite pièce pour une grande claque


La lumière du soleil brille d'une façon continue, matin ou soir, jour… ou nuit. Lorsque l'obscurité nous entoure, c'est uniquement la terre qui obstrue la lumière du soleil. C'est la terre qui empêche la lumière de se répandre à pleine force le matin, le soir et qui la bloque entièrement la nuit.

Cela est également vrai pour le Tsadiq. De lui-même, il brille toujours. L'obstacle qui empêche de recevoir sa lumière s'explique toujours par la nature du receveur. Dans ce cas aussi, sa lumière est bloquée à cause de la terre, à cause du fait que nous pensons qu'à la terre : ses plaisirs, son matérialisme…

La lumière de la Tora – représentée par le Tsadiq – est donc bloquée par ce monde. C'est lui qui nous empêche de recevoir la Lumière divine à sa juste mesure. Même si le monde ne représente rien par rapport à la Tora, il nous empêche de recevoir la Tora qui est des milliers de fois plus grande, importante.

Cependant, ceci semble difficile à expliquer : de quelle façon une petite chose tel que le monde peut-elle bloquer une chose immense, plusieurs milliers de fois sa taille ?

La réponse est facile à comprendre si nous utilisons un exemple : une petite pièce d'argent – tenue devant nos yeux – nous empêche de voir une montagne. Même si la montagne est des milliers de fois plus grande que la pièce d'argent, parce que celle-ci se tient devant nos yeux, elle bloque notre vue au point où il nous devient impossible de voir quelque chose des milliers de fois plus grand.

La même chose se produit lorsqu'une personne est submergée dans les futilités de ce monde : il lui semble qu'il n'existe rien d'autre et rien de meilleur que ce monde. Pourtant, ce monde est petit et insignifiant. Mais lorsqu'on le met devant nos yeux, il nous empêche de voir la grande et merveilleuse lumière de la Tora. (Inspiré du Liqouté Moharan de Rabbi Na'hman de Breslev, I, 133)

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vendredi 25 juillet 2008

S'enrichir... pour se noyer

Si nous demandons à une personne si elle est prête à accepter une certaine somme d'argent en cadeau, nous ferions bien de ne pas nous attendre à une réponse négative de sa part. De fait, qui pourrait refuser quelques centaines d'euros supplémentaires ? N'a-t-on pas toujours une bonne raison pour dépenser un peu plus ?

Nous faisons allusion à des dépenses justifiées et qui entrent dans le cours normal de la vie. Inutile de penser à une Ferrari, à un yacht ou à un autre achat de ce style. Nous sommes encore plus éloignés de faire référence à quelque chose qui est nuisible ou interdit d'acheter.

Ainsi, accepter une somme supplémentaire d'argent semble ne poser aucun problème. Il en va de même avec une augmentation de salaire. Il est déjà difficile de faire accepter par son patron une augmentation de salaire, si celui-ci nous l'offre sans que nous la demandions...

L'adage pourrait ainsi se formuler : “Un peu plus est toujours un plus.” Pourtant, une augmentation de revenus n'est pas toujours à souhaiter ou à demander.

Selon la Guemara Gitin 7a, une personne qui se sépare de quelques-uns de ses biens peut éviter en même temps de se retrouver en enfer après sa mort. L'exemple cité par la Guemara est assez simple à comprendre.

Deux moutons décident de traverser une rivière ; un mouton a été récemment rasé, tandis que l'autre affiche fièrement sa belle toison. Les deux moutons s'élancent dans la rivière ; un parvient à traverser, tandis que l'autre coule au fond de la rivière. Celui qui avait été rasé récemment sort sans problème de l'eau et l'autre, alourdi par sa laine, n'est jamais réapparu.

Cela est identique à l'argent que nous possédons. La personne dont l'objectif dans la vie consiste à accumuler l'argent est identique au mouton qui n'avait pas été tondu. De la même façon que le mouton n'est pas parvenu à traverser la rivière, cette personne aussi ne terminera sans doute pas sa vie sans recevoir une punition dans le monde futur.

Cela signifie-t-il que la personne riche est maudite ? Loin de là. Plutôt, il suffit de ne pas se fixer comme objectif dans notre vie l'accumulation de biens ; aussi, il faut penser aux autres : donner aux pauvres, à ceux qui ont moins que nous...

En délaissant quelques pièces, nous pouvons atteindre notre objectif : celui de vivre comme des êtres humains, des personnes qui prêtent attention à celles qui les entourent.

En fin de compte, c'est en agissant de la sorte que nous révélons la volonté de D-ieu : celle de nous oublier un peu, encore un peu.

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mercredi 23 juillet 2008

L'obsession matérielle

(Grand magasin à New York - Shelly)

Lorsqu'une personne quitte ce monde, elle laisse derrière elle ce qu'elle a accumulé pendant toute sa vie. Nous savons cela. Pourtant, il n'est pas certain que nous vivions au jour le jour en y pensant.

Une des preuves de l'amour que D-ieu porte aux juifs et de nous avoir donné la fête de Pâques. A l'approche de celle-ci, les maisons juives sont généralement sans dessus-dessous ; bien malin est celui qui peut parier sur la miette de pain qui pourrait échapper aux yeux vigilants d'une horde qui en veut à tout ce qui ressemble à une miette !

En faisant chaque année le ménage de Pâques, nous avons la possibilité de constater ce que nous avons accumulé au cours des douze mois qui précédent. Généralement, le constat n'est guère à notre avantage. Notre obsession de l'accumulation nous fait acheter le plus souvent ce dont nous n'avons pas réellement besoin. Une nouvelle paire de chaussures : la septième ? La vingtième ? Un nouveau pantalon : le huitième ? Le quinzième ? Etc.

D-ieu a voulu que la plupart d'entre nous vivions dans des pays riches. Nous avons la possibilité de tirer cette situation à notre avantage ou – que D-ieu nous préserve – de la rendre nuisible à nos efforts spirituels.

Nous devrions remercier D-ieu pour tout ce que nous possédons, absolument tout. Du plus petit verre à pied, jusqu'à la belle maison de maître, est-il pensable que nous possédions quelque chose sans que le Créateur ne l'ait souhaité ? Ainsi, rien ne sert de croire en notre pouvoir de travail, en la force de nos mains. Nous devons reconnaître que c'est D-ieu qui nous a donné ce que nous avons et nous devons profiter de cela pour Le prier afin qu'Il continue de nous donner ce que nous désirons.

Rien n'est plus désagréable qu'un enfant jamais satisfait et ingrat. C'est pour cela que nos biens matériels doivent être la source d'une grande satisfaction... peu importe ce que nous possédons. Celui-ci a beaucoup, tandis que celui-là possède peu. D-ieu a décidé tout cela et nous devons faire confiance en la justesse de Ses décisions.

De plus, nous devons saisir toutes les opportunités pour remercier et louer D-ieu pour Son extrême bonté à notre égard. Si prier le Maître du monde pour demander un bien matériel n'a rien de mal en tant que tel, considérer notre Créateur comme une banque n'est sans doute pas le meilleur moyen de Lui faire justice.

Si nous passons la majorité du temps de nos prières à formuler nos demandes personnelles, nous attribuons à D-ieu le rôle de banque. Cependant, si nous passons un temps appréciable à Le remercier, à Le louer, nous remplissons notre fonction dans ce monde.
Rappelons que ce dernier est de révéler la Gloire de D-ieu... et pas la nôtre !

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