dimanche 19 décembre 2010

Lublin, histoire juive (1)

Lublin, histoire juive (1)

À la veille de la 2ième Guerre mondiale, près de 300 000 Juifs vivaient dans la région de Lublin.

Haut lieu de la tradition et de la culture juive pendant trois cents ans, cette région fut la terre natale de nombreux Tsadiqim, comme Mordechai Joseph Leiner d’Izbica, Chaim Israël Morgenstrn de Pulawy ou Motele Rokeach de Bigoraj. C’est aussi de Bilgoraj que provenait la famille des plus célèbres écrivains juifs : Israël Joshua Singer et Isaac Bashavis Singer.

L’octroi de la chartre municipale date de 1317 et la première mention de la commune juive en 1336. En 1435, Casimir Jagellon accorda aux juifs le privilège du commerce libre et en 1523, l’égalité des droits avec les bourgeois, en contrepartie de leur contribution à la construction des fortifications.

En 1568, la division totale des deux communautés s’opéra, car la ville juive venait de recevoir le privilège de non tolerandis Christianis. Cet isolement dura jusqu’au milieu du XIXe siècle, de sorte qu’il est permis de parler de présence juive dans les limites de Stare Miasto (Vieille Ville) seulement à partir de 1862.

Un centre intellectuel important

Lublin jouait le rôle d’un centre intellectuel. Des académies talmudiques et des imprimeries hébraïques l’avaient élue pour siège. Les écoles de Ya'aqov ben Yehuda ha-Levi Kopelman, Chalom ben Joseph Chachna et Shlomo ben Yechiel Louria, surnommé Maharchal, appartenaient aux établissements supérieurs les plus célèbres de Lublin au XVI e siècle.

Les imprimeries les plus importantes étaient celles de Kolonymos – dès 1578 – et Kalmen et Levi – dès 1630-  qui éditaient des livres de prière et des ouvrages talmudiques. De 1580 à 1725, la ville devint le centre principal, à côté de Jaroslaw, de l’autonomie juive. C’est ici aussi que l’on convoquait la Diète des Quatres Terres (Waad Arba Aracot). 

La chute du pays fut, pour les Juifs de Lublin, le commencement d’une terrible période. Pendant la guerre de 1655, les troupes de Bohdan Chmielnicki brûlèrent le quartier juif et 2 000 juifs périrent. En souvenir de cet événement, les Juifs de lublin font un jeûne spécial jusqu’au milieu de la veille de Soukkot .

La fin du XVIIième siècle apporta des querelles religieuses : d’abord, en 1670, le grand anathème fut jeté sur Sabataï Tsvi et ses adeptes. Ensuite, vint une longue période de schisme provoquée par la naissance du 'hassidisme et le développement autour du Tsadiq Ya'aqov Isaac ha-Levi Horovitz appelé le Hozé – celui qui voit – de Lublin. 42 000 Juifs (31% de la population) habitaient à Lublin à la veille de la IIième Guerre mondiale. 

Cette grande communauté éditait son journal : Lubliner Tugblat. Elle avait également ses organisations sportives (Samson, Hapoel, Makkabi), ses théâtres d’amateurs, ses partis politiques (notamment le Bund avec Bela Shapiro) et des syndicats forts. Les relations avec les Polonais étaient correctes, même s'il faut insister sur l’isolement mutuel. Après 1945, on recensait 4 553 survivants ; en 1990 il ne restait que 45 juifs.

La visite de Lublin juive devrait idéalement commencer par la porte Grodzka.


C’était par là que l’on accédait à la ville juive : la Jérusalem de Pologne ou Mère d’Israël. Au delà du château, c’était un monde juif qui s’étendait, avec aux fenêtre desquelles les bougies de Chabbat s’allumaient.


Place Zamkowy (place du château)


Avant la guerre, le quartier composé des rues de Cyrulicza, Furmannska, Jalececzna, Kowalska, Krawiecka, Mostowa, Nadstawna, Podzamcze, Ruska et Szeroka était le cœur du Lublin Juif. Les Juifs ont drainé les marais autour du château de sorte que, bientôt, il fut ceint de l’ancien quartier juif, – appelé aussi cité juive. Le vaste square au pied du château a été tracé en 1950.

L’avenue Tysiaclecia conduit au Vieux cimetière Juif. La shul Maharchal fut érigée en1567. Les Allemands la détruisirent en 1942.

Il existait deux synagogues : au rez-de-chaussée, la synagogue Maharchal et au premier étage, la synagogue Maharam, qui pouvait accueillir au total 3 000 personnes. Le mur en était légèrement arrondi à cause du cours de la rue Jateczna.

Jusqu’au XIXième siècle, c’est dans le vestibule que les coupables condamnés par le Beth-Din (tribunal rabbinique) purgeaient leur peine. La prière quotidienne se déroulait dans une petite pièce près du vestibule.

Dans l’entre-deux-guerres, les soldats juifs du VIIIième régiment des Légions, priaient là et chantaient devant la synagogue le célèbre chant patriotique : Boze, cos Polske (Dieu qui as protégé la Pologne depuis des siècles…). En face de la synagogue de Maharchal se trouvait celle de Kahal.

Les autres synagogues célèbres de Lublin étaient Laïfershul au 12 rue Podzamcze, la belle Kotlarshul au 2 de la rue Szeroka et la Beitmidrash de Rebbe, hassidique, dans la cour de la maison du Hozé de Lublin, au 28 de la rue Szeroka.

Aujourd’hui il n’en reste plus aucune trace.

À suivre...




Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Noa'h ben Sandrine.  

Pour dédicacer un Dvar Tora, cliquez ici

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mardi 12 janvier 2010

La visite de Kielce (2)

Kielce by night

(Suite du voyage en direction de Kielce, Pologne. Pour lire les articles précédents, cliquez ici.)

Aujourd’hui en 2010 la population dépasse les 206 000 habitants pour une superficie de plus de 100 km2.

Oswiecim a une superficie de 30 km2 avec plus de 43 000 habitants (dont une juive).

Chelm a 35 km2 de superficie avec plus de 67 000 habitants.

Dans le train de Cracovie à Kielce, j’étais terriblement stressée.
L’hôtel réservé ne se trouvait pas trop éloigné de la gare.

Dans mon esprit Kielce étant un village, je ne trouverais pas de taxi devant la gare.

Le train avait pris du retard, n’étant informée je me fiais à l’horaire du train.

Je descendis sur le quai, persuadée d’être arrivé dans le village « Kielce ».

Par réflexe, je m’informai si nous étions bien à Kielce.

J’eus juste le temps de remonter dans le train.

Où étais-je ? Je n’eus pas le temps de voir le nom de ce village.

Lorsque j’arrivai enfin à destination, en sortant de la gare, je compris qu’il s’agissait d’une ville.

Les réservations d’hôtels sont pratique, cela peut réserver des surprises.

Il s’agit d’un hôtel annexé à un club sportif.

Ce genre d’hôtel me rappelait certains autres endroits, il y a plusieurs décennies en Roumanie et en Hongrie.

Un petit goût de bolchevisme, derrière une façade plus moderne. Puisque j’étais à Kielce, autant faire connaissance avec cette ville.

La réceptionniste de l’hôtel très aimable me conseilla.

Elle me demandait si je voulais commencer la visite par la rue Planty (rue où se déroula le pogrom).

Non, mon intention n’étais pas de faire un pèlerinage mais bien visiter la ville et aussi les anciens quartiers juifs. Voir ce qu’ils étaient devenus.

Un immense chantier est en cours dans la ville. Je commençai la visite à pied.

Quelques informations trouvées dans le guide : les Juifs polonais, confirmés par la réceptionniste me donnait la direction à suivre.

Le temps a passer depuis la terrible journée du 4 juillet 1946.

Lorsqu’on se rendit compte que j’étais juive et surtout intéressée par la ville, je dois l’avouer l’accueil fut fraternel et chaleureux.

Je pensais, les protagonistes sont certainement morts. Cela aide !

Je terminais la visite en taxi.

Les informations trouvées dans le guide de référence étaient dépassées. Guide publié en 2002. Nous sommes en 2010.

Certains endroits avaient totalement disparus.

Certaines rues ont gardées un petit air d’ancien quartier juif.

Il reste la grande synagogue. À cause des travaux, il ne fut pas possible de s’arrêter. Je l’ai aperçue.

Nous cherchions des vestiges. Il n’y avait plus de traces du passé juif de Kielce.

Y a-il des juifs vivant à Kielce ? J’en doute. Il me restait à me nourrir.

Après un repas frugal, je fis un dernier tour. Du côté de l’hôtel. Il faisait un froid de canard.

Derrière ce complet sportif, je fus attirée par une rue.

La mémoire collective juive nous conduit là où nous devons aller.

Je vis une plaque au loin placée sur la façade d’une maison. Cette rue peu éclairée dans le centre de la ville avait un quelque chose d’effrayant.

Lorsque je vis le nom de la rue : PLanty, je compris Je me trouvais devant l’endroit où c’était déroulé le pogrom.

Il fut difficile de rester et tout autant de repartir.

Je me trouvais en mode « pause ».

Kielce 6

La nuit que je passais dans cette chambre au confort plus que rudimentaire fut troublée.

Au moindre bruit je sursautai.

Je notais sur le vif quelques lignes :

Kielce, oh Kielce. Tu m’as tant angoissé.

Je te voyais petite, sale, misérable. Je te découvre charmante.

Ton charme est discret.

Voici ce que dit le guide :

Une promenade au centre ville

Les alentours de la rue Nowy Swiat, décrite il y a peu de temps encore comme enclave de la « Kielce juive » garde peu de souvenirs actuellement : quelques vieilles maisons. Cependant le lotissement Sady actuel mérite une promenade

Il n’existe plus rien à cet endroit !

Vestiges de l’ancien bâti : constructions originales dans les rues Przecznica (4), Nowy Swiat (18/18b), Targowa (8 et 10), plusieurs aux alentours de la rue Warszawska

Les petites rues du centre Orla, Kozai, Cicha, sont les plus captivantes. Au 4 de la rue Slowackiego s’élève toujours la maison de prière de Herszel Zagajski. Elle sert aujourd’hui d’entrepôt.

Kielce 4

Place Wolnisci

Se trouvent les halles municipales, oeuvre de Chaskiel Landau de Checiny

Kielce 7

Rue Targowa, il ne reste qu’une seule vieille bâtisse en bois au numéro 10.

Kielce 8

Photos : Chantal Maas 2010

Il me restait à découvrir Lublin. Saura-t-elle me charmer ? Serais-je déçue ou troublée ?

Chantal Maas, Pologne.

Les gens sympas d'Utopia

Les gens sympas d'Utopia

On s’imagine que l’antisémitisme est quelque chose d’hivernal, de grippal, de viral. On s’imagine que l’été, quand les cigales sont là, et que le soir le soleil est orange et les peaux dorées, nous n’avons rien à craindre de la haine. On s’imagine que la haine habite loin de l’été, des villas, des piscines et, au hasard, de la jolie ville d’Avignon, là même où se trouve un fameux pont sur lequel on danse.

Je m’y suis promené, mais je n’ai pas eu le temps de danser : le bal a été gâché, si vous voulez savoir. Collé au Palais des Papes se trouve un gentil petit cinéma qui ne paye pas de mine. Il est fleuri et accueillant, ses abords sont propres, son entrée est vaste et claire, son programme est alléchant. Que des bons films, bien choisis, bien triés, bien sélectionnés. Le problème est que j’ai bien l’impression que les propriétaires, ou les gérants, aimeraient aussi choisir les spectateurs, trier les abonnés, sélectionner les clients : « Utopia » est le nom du cinéma (5, rue Figuière, 84 000 Avignon), mais il est hélas le nom d’autre chose. L’utopie dont il est ici question apparaît clairement dès qu’on lit le programme édité et distribué gratuitement par ce cinéma. 

Le temps qu’il reste est un très beau film palestinien, et dont la beauté est (ça ne surprendra toujours que les mêmes) louée en Israël même. Il s’agit d’un long-métrage signé d’un grand cinéaste : Elia Suleiman. Il fut un événement marquant du dernier festival de Cannes et l’on peut regretter qu’il n’ait obtenu aucune récompense, de même que je ne me remettrai jamais que, l’an dernier, Valse avec Bachir n’ait pas eu la Palme d’Or.

Mais entrons dès à présent dans le vif du sujet, c’est-à-dire de la critique que font, qu’on fait, de ce film les gens anonymes d’Utopia, car ce qui suit, évidemment, n’est pas signé. Au moins, dans Je suis partout, Brasillach signait, lui. Il signait « Robert Brasillach » et c’était un salaud mais un salaud qui signait. Il faut toujours opérer une distinction entre un salaud qui signe et un salaud qui ne signe pas. La haine persiste toujours, mais tantôt elle signe et tantôt elle ne signe pas. Utopia, c’est de la haine qui ne signe pas : c’est de l’utopie de groupe, du paraphe de lâche, du ratonage intellectuel. C’est de la lettre anonyme, et fière de l’être.

Yann Moix

Ça débute comme ça : « Les tragédies de l’histoire sont souvent grotesques. Les Palestiniens vivent depuis 1948 un cauchemar kafkaïen. » Le ton est donné. Ce n’est d’ailleurs pas un ton, qui est donné, c’est un coup. « Quelques massacres plus tard, perpétrés par les milices juives… » Là, ce n’est plus un ton qui est donné, ni un coup qui est porté, c’est un halali qui est sonné. Le mot « milice » collé au mot « juif », ce n’est pas un oxymore, c’est une honte. C’est définir, évacuant Auschwitz d’un coup d’adjectif non seulement mal placé mais déplacé, un concept qui donnerait aussitôt vie, dans la foulée, à de jolis avatars comme des nazis juifs, des fascistes juifs, des hitlériens juifs. 

Je sais bien que ces temps-ci, on tente de faire passer absolument les juifs d’Israël pour les petits-enfants naturels de Hitler. Pour les petits-neveux de Himmler. Et c’est sans doute cela qui autorise les bobos ultra-gauchisants d’Utopia à écrire des phrases comme celle qui va suivre, et qui m’aura percuté en plein coeur de l’été : « Elia Suleiman revient sur son enfance dans une école juive où la lobotomisation sioniste des élèves filait bon train… » La « lobotomisation sioniste » : vous n’avez pas rêvé, non. Vous avez cauchemardé, certes, mais vous n’avez pas rêvé.

Ce n’est pas Alain Soral qui a écrit cela, ni Robert Faurisson, ni Dieudonné. Ce n’est pas Robert Brasillach, ou plutôt si : ce sont les Brasillach d’aujourd’hui. Ils ne se déguisent plus en officiers allemands, avec des bottes et des insignes ; ils portent des sandalettes et se parfument au patchouli, aiment la poterie et les bougies bio. Ils sont très à gauche mais de la manière dont, dans les années quarante, on était très à droite. Ils ont la haine des juifs parce que les juifs représentent à leurs yeux la force impériale dark-vadorienne universelle. 

Croyant défendre la cause palestienne, ils exacerbent en réalité la haine des Israéliens ; dans leur misérable shaker intellectuel, où leurs idéologies ressemblent à leurs fromages qui puent, ces alter-bobos-mondialistes utopisés, inventent chaque jour, avec un vieux Tee-shirt « Sauvons le Larzac » très délavé, le visage nouveau de l’antisémitisme contemporain : celui des babas cools inoffensifs et intellos, cinéphiles et idiots, qui en voulant défendre des victimes réelles, définissent une manière inédite de vouloir, une fois encore et comme d’habitude, en finir avec tout ce qui est juif dans l’économie du monde.

Yann Moix

mardi 5 janvier 2010

La visite de Kielce (1)

Kielce 1

(Suite du voyage en direction de Kielce, Pologne. Pour lire les articles précédents, cliquez ici.)

Il n’était pas prévu pour moi d’aller à Kielce !

Ni même à Lublin.

Prévoyant une visite à Gdansk, je me rendis compte du trajet à partir d’Oswiecim en train.

Je me mis à chercher où il serait plus simple de me rendre.

Varsovie, pas très envie d’y aller.

Lodz, ne m’attirait pas d’avantage.

Le besoin de bouger, de voir autre chose se faisait pressant.

Kielce 2

Les personnes auprès desquelles, je me renseignais me donnèrent en priorité : Cracovie, ensuite Varsovie.

Cracovie je l’ai visitée tant et tant de fois.

En regardant la carte de la Pologne, je m’informai sur une des villes les moins connues : Lublin.

De toutes les personnes questionnées, aucune ne connaissait Lublin ! Si ce n’est de nom. Toujours la même réponse : c’est en Pologne de l’Est.

Kielce 3

Me débrouillant assez dans la langue polonaise, je cherchais sur Internet, le site de la ville.

Il y avait eu ce rêve étrange. Je n’avais aucune idée, ce à quoi cette ville pouvait ressembler. Dans ce rêve d’une grande précision, je voyais un endroit de la vieille ville.

Lorsque je visitais le site de la ville, j’eus un véritable choc. L’endroit dont j’avais rêvé existait. Il était identique que dans mon rêve.

Une connaissance d’Oswiecim, me suggérait de visiter Zamosc et non Lublin.

J’avais décidé d’aller à Lublin. De Lublin si j’en avais le temps, j’irais à Chelm. Il ne me restait plus qu’à trouver, réserver un hôtel et chercher le bon train.

Ne maîtrisant pas toutes les subtilités des chemins de fer polonais, je trouvais des correspondances de train trop risquées de Cracovie à Varsovie. Changement avec moins de cinq minutes pour Lublin.

Je découvris une correspondance à Kielce.

Kielce 4

La réalité, je le découvrirais au retour, ce train était un train direct de Cracovie à Lublin. Comment ai-je pu louper cela ?

L’état d’esprit dans lequel je me trouvais en préparant ce voyage était pour le moins inhabituel, même quelque peu étrange. Comme si… j’avais un rendez-vous amoureux avec une ville : Lublin ! Je décidai de passer une soirée, et une nuit à Kielce.

Kielce. Que sais-je de cette ville ? Rien, si ce n’est le pogrom qui s’y déroula en 1946.

Impossible de ne pas connaître le Pogrom de Kielce, lorsqu’on passe beaucoup de temps en Pologne. J’imaginais une bourgade, un ancien Shttel. Pourquoi ?

En aucun cas, je ne m’attendais à découvrir une vraie ville. Je ne pouvais concevoir plus grand qu’Oswiecim.

mardi 29 décembre 2009

De Cracovie à Lublin, en passant par Kielce

De Cracovie à Lublin, en passant par Kielce

De Cracovie à Lublin, en passant par Kielce

Suite : une belle et tendre histoire (3)

Ou Kippour à…Lublin. Mazel Tov !

Vous venez de lire la très belle (et tendre) histoire d’Abraham et Sarah. En regardant la carte, mon envie de bouger s’est faite présente.

Allez à Pinczow, je l’ai promis à Abraham et à Sarah. La moindre des choses.

Difficile, il n’y a pas de gare, pas de bus. Pour s’y rendre il faut une voiture, ce que je ne possède pas.

J’irai c’est promis, dès que possible.

Me voilà en route pour…Lublin.


Les Canadiens ont une très sympathique expression pour décrire ce que je vis : je suis tombée en amour de Lublin. Avant même d’y avoir mis les pieds.

Me voilà amoureuse de Lublin…Sans avoir jamais vu cette ville, me voilà rêvant d’une maison… Rien de bien spécial, me direz-vous ! Quelques jours plus tard surfant sur le site de la ville de Lubin, je regarde un album photos.

Waouh ! La maison donc j’ai rêvé, elle existe. Telle que je l’ai vue !

Comme pour une rencontre amoureuse, ou plus exactement comme pour retrouver mon âme sœur, je fais traîner les choses ;

Il serait facile de prendre plusieurs trains le même jour.

Au lieu d’y aller le plus vite possible, je prends le temps. Tout mon temps.

Je décide de faire des pauses. Plusieurs pauses. Avant « notre rencontre ».

Partie d’Oswiecim, je passe l’après-midi à Cracovie et même la nuit. Je prends le temps, chose incroyable, d’aller chez le coiffeur. La rencontre sera importante.

Comme tout meshugue j’irai de Lublin à Chelm.

Il serait plus logique de passer Kippour à Cracovie ou même à Lodz, où il existe quelques juifs. La date n’est pas banale, non plus.

Nous voici entre Roch hachana et Yom Kippour. Les Jours redoutables.

Eh, oui j’ai besoin d’être à Lublin pour Kippour.

J’y jeûnerai, j’y prierai pour la première fois.

Cela ravivera la flamme de ma Foi.

Avant (avant Oswiecim), je parlai de « certitude Totale et Absolue ». Cela n’a pas changé. Sauf… qu’il m’arrive de me sentir quelque peu abandonnée par... l’Éternel, que Son nom soit sanctifié.

Il m’arrive de penser avoir passé un test. Comme si, l’Éternel, Que son nom soit glorifié, n’avait testée. Lancer un défi.

Ah, ta Foi est inébranlable ? Prouve- le moi !

Et me voilà à Oswiecim !

La flamme a quelque peu vacillé, je l’avoue. Mais elle reste vivante, présente en moi.

En allant à Lublin, je vais prouver, Au Très saint Vieillard, à Celui qui ne meurt Jamais, que ma Foi est vivace.

Voilà pourquoi je ressens le besoin pressant de me rendre à Lublin.

Mais avant d’y aller je fais une pause à .... Kielce.

Chantal Maas, quelque part en Pologne.

mardi 22 décembre 2009

Une belle et tendre histoire (2)

Une belle et tendre histoire (2)

(Ceci est la deuxième partie d'un article publié récemment)

Abraham Potezman est né en 1922 à Pinczow. Durant toutes les années d’après-guerre, il ne s’est pas assimilé. Il n’a pas abordé son projet de film tel un professionnel de la technique ; il n’a pas requis de personnes étrangères qui ne comprennent pas ce qui se passe dans le cœur d’un survivant de la Shoah ; un technicien étranger ne peut pas connaître les dizaines d’institutions qui ont existé à Pinczow où plus de la moitié des habitants étaient juifs.

Un devoir de mémoire

La famille Potezman a rassemblé des documents sur l’histoire de Pinczow avec toutes ses institutions culturelles, cercle dramatique, bibliothèque, les premiers pionniers sionistes, Betar, Hashomer Hatzaïr, Keren Hayessod, écoles, théâtres, bains rituels, marchés... tout cela fut réalisé par les habitants de Pinczow durant des centaines d’années.

Sur l’écran défilent les noms des morts sans pierres tombales. Un proverbe dit que « le jour se lève sur Pinczow » bien avant d’autres endroits, ce qui voulait dire qu’il était temps de se mettre à l’ouvrage. Lorsque la guerre a été déclarée, personne n’était prêt à ce désastre, ni à Pinczow, ni dans les autres villages polonais. Presque toute la population juive a été anéantie, on a pris leurs biens, incendié les synagogues, détruit les lieux saints. Ceux qui par chance sont restés en vie, désirent revoir l’endroit où ils sont nés, ont grandi, été au Cheder, prié à la synagogue, joué à la balle et rêvé à un meilleur futur.


Abraham Potezman m'a écrit : « Grâce à l’insistance de mon fils, nous sommes allés à Pinczow. Le conservateur du musée local, Jan Gorecki, avait la clé de la vieille synagogue de Pinczow. Voyant le désastre à l’intérieur de celle-ci, j’ai senti que je devais agir. Mais quoi faire ? Je n’en avais aucune idée. En bref, Jan Gorecki a surgi comme un sauveur. Il y a 62 ans, nous fréquentions la même école, étions dans la même classe et il m’a offert d’importantes photos de personnalités juives d’avant-guerre et d’autres documents. Il m’a confié que la synagogue appartenait à la ville de Kielce car classée comme monument historique.

La réalisation de mon documentaire a nécessité 3 années de travail, en collaboration avec mon épouse Sarah et mon fils Gerszon. Ce film vidéo est imprégné de Yiddish, par la musique et chants qui l’accompagnent. Il me faut ajouter que c’est un film dédié à la mémoire et ainsi pouvoir se souvenir des victimes, des lieux saints et donner aux morts leurs derniers repos. »

Madame Hoffmann ajoute : « En regardant cette cassette vidéo pour la deuxième fois, je me suis mise à pleurer. Je n’ai pu me retenir. J’ai compris que c’était un vrai documentaire yiddish, fait par un survivant de la Shoah, avec la parole et la chanson juive, avec des yeux de juifs et où l’on comprend cette immense perte du judaïsme. Je suis étonnée que la famille Potezman ait eu le souci de chaque détail et c’est ceci qui fait la différence, cette famille juive dévouée corps et âme. »

À Pinczow, les boulangers juifs ne feront plus de 'haloth pour Chabatt, de matzoth pour Pessa’h ; le bedeau n’appellera plus les juifs pour aller à la synagogue. Les enfants n’iront plus au cheder. Les jeunes ne rêveront plus d’un monde meilleur. Il ne reste rien du Shtetel de Pinczow... juste un film vidéo.

Dans les livres publiés en Pologne à propos des Juifs de Pologne, la restauration de la synagogue y est mentionnée, mais les noms d’Abraham et Sarah Potezman n’y sont pas mentionnés.

Le centre juif d’Auschwitz, y emmène des visiteurs sans mentionner la très belle histoire de cette restauration, celle du combat d’Abraham.

Je ferai comme je l’ai promis à Abraham et Sarah encore et encore des copies de ce film.

Suite...


mardi 15 décembre 2009

Une belle et tendre histoire (1)

Une belle et tendre histoire (1)

Ces belles histoires dont trop peu connaissent le récit.

Avant de conter une très belle et tendre histoire, il me faut vous situer la ville de Pinczow (Pologne). Cette ville est située entre Cracovie et Kielce, joliment située dans la région de Swietorkrzyskie (dans la région de Sainte Croix)·

Les Juifs y arrivèrent avant 1576. La famille Myszkowski, propriétaire de la ville, faisait venir des colons des villes royales qui avaient introduit la loi de « non tolerandis judaeis.» Conformément à l'attente de leurs patrons, les Juifs, qui s’occupaient de commerce, d’artisanat et de services, contribuèrent à la dynamique économique.

Les marchandises de Pinczow étaient exportées. La population juive dépassait 60%, la ville étant ainsi promue au rang de centre principal des Juifs en Petite Pologne (Malopolskie) et elle gardait avec Kazimierz de Cracovie des liens familiaux et commerciaux.

Le XIXième siècle apporta l’essor de l’industrie et l’apparition de l’usine de drap de Rosenberg, de l’usine de cotonnades et de la teinturerie de Berenstein. L’imprimerie et la librairie se développèrent.

Avant la guerre, Pinczow était une ville vivante et bruyante. Les rues Klasztorna,Zlota, Krakowska, Krzywa et Slabska étaient considérées comme juives. Les terrains autour du marché appartenaient aux Juifs. Il y avait un théâtre d’amateurs et des clubs sportifs. Au conseil municipal on y comptait 15 Polonais (chrétiens) et 15 Juifs.

Shapsia Rapaport ( 1888-1942) fut le dernier rabbin de Pinczow. Elie de Pinczow ( 1710-1770) fut l’un des Juifs les plus célèbres de la ville. Il acquit un grand renom comme médecin, sa vraie passion étant les mathématiques. Il publia à Zolkiew un traité de mathématiques et à Berlin, en 1760, un manuel scolaire de géométrie.

Kasztanski, Herszkowicz (propriétaire d’une brasserie sur la grand place) sont également des personnages célèbres.

Ce monde des Juifs de Pinczow est pérennisé dans un certain nombre d’adages. Comme les Juifs y étaient très nombreux, une grande foule se disait « autant que des Juifs de Pinczow.» Les Juifs produisaient un fameux fromage (les fromages dits de Pinczow), d’où l'expression : « salé comme le fromage de Pinczow.» Selon certains, le fromage mûrissait sur les toits et émanait une luminescence singulière, ce qui a donné naissance au « il fait jour à Pinczow ».


La vieille synagogue Stara de Pinczow, renaissance tardive remonte au tournant des XVIe et XVIIe siècles. Les inscriptions découvertes pendant les travaux de restauration permettent d’admettre qu’elle fut fondée en 1594 et que sa construction se termina en 1608-1609. Les nazis détruisirent l’intérieur de la synagogue. Après la guerre, le bâtiment servit d’entrepôt d'engrais artificiel et de magasins. L’Aron Hakodesh s’est détachée de la paroi, en tombant en 1974.

Une restauration , une renaissance ?

Ici commence la très et tendre histoire d’Abraham de Pinczow.

La première fois que j’eus la joie et la fierté de rencontrer Abraham, cela se passa dans un bâtiment moderne, froid qui ressemble à celui du Parlement européen. Une petite voix parlant le yiddish... Ce fut ma première rencontre avec Abraham et Sarah.

Un jour je leur rendit visite avec la promesse d’informer tous ceux que je croiserais du combat d’Abraham.

Sarah et Abraham vivent à Bruxelles. Tous deux sont des survivants de la fureur nazie. Sarah fut une enfant cachée en Belgique Abraham est né à Pinczow. Pinczow, son village natal, décimé par l’horreur et la fureur nazie à Treblinka. Il était peu probable qu’ils se rencontrent un jour.

Si vous demandez à Abraham pourquoi il se rendit un certain jour à Bruxelles, il vous répondra : « Pour y retrouver ma Sarah !» Survivants de la Shoah ils ont créé une jolie famille.

Ce sera en 1992 qu’Abraham retournera pour la toute première fois à Pinczow accompagné de son fils, désirant voir le Shtetel de son père. Lorsque Abraham vit l’état dans lequel se trouvait la synagogue, il entreprit dès son retour une action internationale pour sa rénovation et sa transformation en un musée dédié à la mémoire des victimes juives de Pinczow.

Après quatorze années de persévérance, en juin 2006 – et en présence des autorités locales, de Juifs venus du monde entier et de journalistes – un office de Chabath fut célébré dans la synagogue de Pincow.



mercredi 2 décembre 2009

Une juive à Oswiecim, Pologne (1)

Une juive à Oswiecim, Pologne (1)

Selon certaines sources il n’y a pas une personne juive vivant à Oswiecim (Pologne). Faux. Depuis 8 août 2006, une juive y vit. Différents articles ont été publiés dans : La Stampa, Le Jerusalem Post, La Croix et dans d’autres médias y compris polonais.

Cheana M : Quelle idée de s’installer à Oswiecim ?

Chantal : Il faut être Meshugue, j’en conviens. Je ne me suis pas réveillée un matin en me disant : si j’allais m’installer à...Oswiecim ? C’est plus complexe que cela. C’est la suite logique de ma petite vie.

L'héritage de la Shoah

Cheana M : Héritière de la Shoah ?

Chantal : Oui, mais pas seulement,si j’ose. Après la libération des camps, ce ne fut pas terminé pour certains survivants. Ceux qui rentraient à l’Est, allaient, peu de temps après, vinrent d’autres pogroms, purges. Sans parler des biens spoliés. À leur retour, ils n’avaient plus rien. Certains leur en voulant d’être vivants. Mon grand-père est sorti seul. Où plus exactement il est rentré seul ! Il faut par la suite victime de la fureur des Bolcheviques.

Cheana M : Si je comprends bien, ce que les nazis avaient commencé les bolcheviques voulaient le terminer ?

Chantal : Oui ! Il y eut quelque chose d’imprévu.

Cheana M : Ce qui veut dire ? Vous semblez avoir des choses à dire. Mais n’y arrivez pas...

Chantal : Oui. En parler calmement, sereinement, reste impossible. En résumé... après la seconde guerre mondiale, il restait de ma famille un grand-père et mes parents. En 1953, juste après la mort de Staline – j’ai attendu sagement avant de débarquer sur la planète – je suis née. En pleine époque Bolchevique. Il me semblait être née dans une grande famille. Nous étions quatre. Après la fureur Bolchevique, je restai la seule. Peut-être mon père ? ?Qu’est-il advenu de lui ??? Les antisémites disent : il est devenu un membre du KGB, comme tous les Juifs. Si ce fut le cas, c’est forcé et contraint. Peut-être est-ce grâce à cela si je suis vivante et libre !

Cheana M : Prendre à bras le corps la Shoah n’est-ce pas une façon d’oublier votre propre histoire ? Vous avez été témoin ?

Chantal : Oui j’étais présente. Affronter la Shoah est une façon d’apprivoiser la suite. Mais ce fut ma façon de rendre hommage à mon grand-père. Et à toute ma famille.

Cheana M : Comment s’est déroulée votre arrivée ?

Chantal : Il y eut une conférence sur la Shoah. Je ne voulais pas faire cette conférence. Refus et incapacité de parler de la Shoah. C’était un progrès en Roumanie (je suis Juive hongroise de Roumanie.). Il n’était plus interdit d’en parler. Il y a un paradoxe que je ne comprends pas. À savoir Iliescu (et son gouvernement) interdisait le sujet. Iliescu était l’Homme de Moscou. Durant trois mois, j’ai visionné, lu, tout ce que je trouvais sur la Shoah. À en vomir. Durant trois mois non-stop. Ensuite une pause et encore trois mois. C’est le temps qu’il m’a fallu pour arriver à prononcer certains mots sans cette haine viscérale.

La conférence s’est super bien passé. Ensuite il y eut un voyage organisé avec l’Évêque greco-catholique pour un groupe de séminariste et prêtes ici à Auschwitz, Birkenau et aussi à Wadowice. Tout à démarrer avec cette conférence. Je suis venue à Oswiecim, je ne connais rien, ni personne. N’avait aucune idée où se situait le KL Auschwitz, Birkenau. On a souvent la certitude qu’Auschwitz est au milieu de nulle part. Ce fut un choc – électrochoc- de découvrir cette ville. Il y eut la « première fois à Auschwitz et Birkenau.» J’y ai fait une rencontre du III e type.

À suivre...

lundi 2 novembre 2009

Suivre l’actualité

Suivre l’actualité

Que l’on se trouve à New York, Bruxelles, Paris, Varsovie et même Oswiecim, l’actualité nous parvient.

Nous sommes informés de tout, du meilleur comme du pire.

Nous passons de nombreuses heures devant des écrans. Nous en oublions la vie réelle et l’essentiel.

Le danger de ne plus analyser ce qui circule est grand. Puisque est écrit noir sur blanc, cela ne peut être que vérité vraie.

Cela passe à la télé, donc il s’agit d’information.

Par chance, je me trouve isolée. Plus de temps pour analyser, réflechir.

Hier nous avons été nombreux à suivre les informations venues d’Israël.

Sur la toile il y en avait pour « tous les goûts ». Cela m’a quelque peu agacé.

Plus personne ne réfléchit ??? La toile est devenue un « fast food » de l’information et de la désinformation.

Il y a une évidence, tellement évidente : Israël ne peut devenir un État comme tous les autres. Le droit à l’autodéfense, droit universel, n’est pas octroyé à Israël.

Dans ma « maison juive » seul lieu réellement juif dans cette ville symbole, je me dois de réfléchir différemment.

Ceux qui condamnent instantanément Israël, ne sont pas conscients de la signification de cette condamnation.

Pourquoi Israël ??? Cette question tourne dans ma tête.

L’image des héros du ghetto de Varsovie s’impose d’elle-même. Pour la première fois – depuis l’époque biblique – des Juifs prenaient les armes pour se défendre. Ce fut un choc.

Nous avions plus l’habitude de nous battre à « coups » de prières. Aujourd’hui nous sommes capable de nous battre avec des armes à feu, comme tous les autres, tout en priant.

D’où vient cette haine du Juif ? Au XXI siècle, nous sommes encore et toujours jalouser. On nous envie.

Sommes-nous si différents ? Sincèrement je le pense. Quoique certains membres de la « Maison d’Israël » sème la zizanie entre nous. Tout cela est humain.

Parce qu’ici, petite ville où les activités sont très limitées, je médite encore et encore.

Où commence l’antisémitisme ? La spoliation culturelle est-elle une forme peu connue de l’antisémitisme ?

Tous les musées sur la vie juive passée, qui se créent un peu partout en Pologne, sont-ils une nostalgie des Juifs ? Ou s’agit-il de spoliation de notre culture ?

Pour revenir à l’actualité de hier, je ne peux penser de faire un lien entre la propagande des autorités de Gaza et celle des Nazis.

Lorsqu’une délégation de la Croix rouge fut invitée par les nazis. Un camp « exemplaire » fut créé.

Les représentants de cette noble institution y rencontrèrent des déportés souriants et en bonne santé.

Ce n’était rien d’autres qu’une manipulation.

C’est exactement ce qui se passe à Gaza, lors de visite de délégations. On y rencontre une population affamée, désespérée.

Rappelons qu’il existe une réalité quotidien tout autre. Rappelons à l’Union Européenne, les sommes colossales envoyées à Gaza.

Rappelons le manque de démocratie.

Rappelons que la bande de Gaza est sous blocus, partiel et sécuritaire, mis en place par Israël et par l’Égypte

Voulant avoir l’opinion en Pologne sur l’actualité, j’ai envoyé des emails à différentes personnes. Aucune réponse. Pourtant parmi celle-ci il y a une personne qui se disait juive Mais pas totalement. Bizarrement c’est le silence radio.

À Cracovie, il est « inn » d’avoir de racines juives, nettement moins d’être juif. Avoir un grand-père paternel ( ?) juif en quelque sorte avoir un accès à ce monde de privilégiés. Êre juif est une tout autre histoire.

Exemple célèbre de désinformation

Photo : du memorial de Terezin Cz

Camp de Theresienstadt ( Terzin ; CZ)

Les nazis autorisent la visite de la Croix-Rouge pour faire pièce aux rumeurs à propos des camps d'extermination. 

Pour minimiser l'apparence de surpopulation, un grand nombre de juifs sont déportés à Auschwitz. De faux magasins et cafés sont construits pour donner l'impression d'un confort relatif. 

Les Danois à qui la Croix-Rouge rend visite sont installés dans des pièces fraîchement repeintes, jamais plus de trois personnes par pièce. Les invités assistent à la représentation d'un opéra pour enfants, Brundibar.

dimanche 18 octobre 2009

Les juifs et la ville de Kielce, Pologne (1)

Les juifs et la ville de Kielce, Pologne (1)

(Kielce, rue Planty)

Kielce est enraciné dans la « Pologne juive » d’avant guerre.

En 1939 il y avait 21 000 juifs qui habitaient Kielce. En fonction de leur situation matérielle, ils vivaient soit dans le centre, soit dans les faubourgs de Szydlowek, Psiarnia, Piaski ou Barwinek.

Les premiers Mikwé (bains rituels) fonctionnaient dans la rue Nowowarszawska, la boucherie Koskèr dans la rue Sw. Tekli, le cimetière (toujours existant) fut tracé dans le quartier Pakosz.

L’abolition de l’interdiction de résidence à Kielce, pour les juifs, tomba au moment de la construction du chemin de fer qui était, à l’époque, le facteur de développement économique. Profitant des avantages offerts par ce moyen de transport nouveau, les juifs mirent en place un certain nombre d’entreprise. Ils investirent dans les carrières (Wietrznia de Zagajski), briqueteries (Rozenholc) et verreries (Leonow des frères Heiman).L’urbanisation et l’industrialisation intenses étaient accompagnées de tensions politiques – activité du Parti socialiste polonais, des sionistes, du Bund – et raciales.

Au début du XXe siècle, Kielce ne connut pas de pogroms, cependant il y eut des tentatives de boycott de magasins juifs (« Chacun chez les siens » en 1912-1913) dont l’effet fut notamment l’émigration (landsmanschaft de Kielce, mise en place à New York en 1905.)

La contribution la plus importante des juifs de l’industrialisation eut lieu dans l’entre-deux-guerres. Les sociétés locales étaient Sitkowska-Nowiny des Goldfarb, l’usine de meubles en bois courbé « Henrykow » des Nowak, la tannerie de Tenenbaum. À cette époque 62% des commerces appartenaient aux Juifs.

Le 1er avril 1941 le ghetto fut créé. Les nazis prévoyaient y mettre 27.000 juifs. Les habitants du ghetto furent ravagés par la faim et par la fièvre typhoïde. Du 20 au 25 août 1943, 20 mille personnes furent déportées à Treblinka. La liquidation du ghetto eut lieu en 1944.

Seulement 700 juifs survécurent, dont 200 en Russie et 500 de ceux qui avaient été emprisonnés dans le ghetto. 97% des Juifs de Kielce fut exterminés.

À la fin de la guerre, la communauté juive comptait 200 personnes qui logeaient au 7/9 de la rue Planty et au 18/20 de la rue Focha.

Les juifs et la ville de Kielce, Pologne (1)

(Kielce, 1945)

Un an après la fin de la guerre, eut lieu le « Pogrom de Kielce » On parle d’une foule déchaînée assassinant 42 personnes dans un acte de vengeance.

À suivre...


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vendredi 2 octobre 2009

Changer de nom

Changer de nom pour changer de destin.

Changer de destin pour changer le monde.

Changer le monde pour changer notre destin.

Photo Chantal Maas : Cracovie

Souvent je dis haut et fort, ma vie jusqu’ici fut particulière.

Ma grande chance fut d’avoir un grand-père 'hassid. Un vrai, un de ces purs.

Enfant je le contemplais. Adulte je suis son enseignement.

Que n’a-t-il appris ? Tant et tant. En aucun cas la haine, la rancœur.

Pourtant, lui qui a survécu à l’enfer des camps n’avait aucun sentiment de haine. Son regard, il m’a fallu grandir et venir ici à Oswiecim pour comprendre, en disait long.

Toute la Shoah se lisait dans ses yeux. Pourtant il est resté fidèle à D-ieu.

Un miracle.

Il m’a appris, transmis cette mémoire juive. Mémoire collective. Certains semblent l’avoir oubliée ou perdue.

Lettre à mon grand-père

Dans la mémoire des trous noirs, dans le cœur, des absences, des vides.

Et le silence de plomb.

Des mises en garde : ne pars pas en train sans eau, sans nourriture. Préférer les lavabos aux douches. Sois discrète, ferme les volets, tentures avant d’allumer les bougies de Chabath !

Des souvenirs qui explosent dans la tête, telles des bombes à retardement.

Le puzzle qui ne se termine pas. Il manque encore trop de petites pièces.

Le souvenir de toi, dans les moments les plus forts, les plus difficile, ton image apparaît. Toi, si doux, si tendre, tu me manques.

Petit homme humble. Pourtant grand érudit.

Tu es seul dans mon souvenir d’enfance. Ou est-elle celle qui te manque tant ? Celle dont tu ne parles jamais ?

J’aimais te regarder plonger dans ce grand livre mystérieux. Parfois ton regard se portait sur moi, le sourire aux lèvres.

Quelle fierté, tu abandonnais, le temps d’un tendre sourire ton étude, pour moi.

Je sais que tu me vois. Je sens ton sourire lorsqu’à mon tour, je plonge dans l’étude.

Es-tu 'hassid (pieux) ou Tsadiq (homme juste) ? « Zékher tsadiq li-verakha » « la mémoire d’un Juste est une source de bénédiction. ».

Tu m’as appris l’amour de Lui, l’amour pour Lui. L’amour de la Vie, des choses simples mais vraies. Le respect de la vie sous toutes ses formes. Le partage et la tolérance.

Tu me vois, m’observe, me guide. Je voudrais être comme toi.

Mais qu’ont-ils fait de toi ? Les « rouges » ont brisé notre famille, piétiné nos vies.

Pas de tombe, pas de pierre pour ma grand-mère, pour ma mère.

Vois, grand-père, je suis vivante, pieuse, forte. Capable de chanter, danser, rire et pleurer. Ni les nazis ni les bolcheviques n’auront la victoire finale.

Protège-moi, guides-moi, tendre Tsadiq de mon enfance bolchevique.

Ce n’est pas un beau conte mais une histoire humaine remplie de tragédie, de pogroms.

Qu’est-ce que la Shoah ? Un pogrom industriel.

Il y eut des milliers de pogroms artisanaux avant et après.

Ce tendre 'hassid m’a enseigné la tolérance, eh oui ! Le plus important : l’amour, le respect de la vie sous toutes ses formes.

Ce temps de sérénité ne fut que de courte durée. Les bolcheviques ont piétiné ma famille, et qu’il en restait. Détruit tout comme d’autres avant eux. Ils terminaient le sale boulot que d’autres avaient commencé avant eux.

Je fus « oubliée ». Chance ? Pas certain, mais un miracle oui.

Pour cela je me dois d’agir. Pour cela je me dois de lutter de toute mon énergie contre la bêtise humaine, contre l’antisémitisme, le racisme.

Pour cela je possède deux armes.

La première : refus de la haine.

La seconde : partager avec des non juifs, ma modeste connaissance. Cela doit être un partage.

Bénévole, si l’on se fait rétribuer, on devient un professeur de Judaïsme.

Si cela est gratuit, on offre, on partage avec d’autres ses réflexions.

Cela peut aller loin.

Je me rappelle, c’était dans une autre vie, deux belles histoire vraies.

La première fut la visite de la synagogue et la deuxième était un soir de Chabath dans ma modeste maison de Transylvanie. Elle faisait au total 28M2 et tout en longueur !

Après une série de « cours » ce qui me paraît très prétentieux, un des séminaristes m’a demandé de visiter la petite synagogue de Cluj.

J’en ai parlé à la communauté juive, majoritairement des personnes assez âgées.

Nous avons eu le feu vert.

Avant le Chabath, nous nous sommes retrouvés dans le centre ville. Sur le trajet, je remarquai les regards étonnés des personnes que nous croissions.

Intriguée, je me suis retournée. Derrière nous tous les étudiants du séminaire nous suivaient. La joie pour les membres de la petite communauté juive était immense.

Pour ceux qui n’ont jamais été en Transylvanie, les séminaristes, prêtres greco-catholiques portent la soutane. Quant à moi j’avais (j’ai souvent) de longues robes noires.

À la fin du Chabath lorsque le responsable de ces futurs prêtres m’ a offert un bouquet de fleurs pour le Chabath, l’émotion tant de leurs part que de moi-même n’était pas feinte.

Ma modeste demeure était tout en longueur et faisant, entrée et annexe comprise : 30m2.

Lors d’une « conférence-débat » au séminaire greco-catholique de Cluj, un des professeurs souhaitait voir le Chabath chez moi.

Ma réponse spontanée fut : oui.

Ce qui m’était pas prévu au programme était… le nombre de séminaristes.

Ils sont tous venus. Ma maison était trop petite. Parmi eux, un des futur prêtre était antisémite. Lorsqu’il est ressorti…il ne l’était plus et il ne l’est plus.

Tous les cycles, cela à duré plusieurs années, portait le même titre principal : de la connaissance naît la tolérance.

mercredi 2 septembre 2009

Un jour de répit

Un jour de répit

Ce matin, au réveil, j’étais persuadée du grand changement.

Non pas que je veuille renier ce que je suis. Juste faire une pause. Une seule journée

Je m’y étais préparée la veille. Oui je peux avouer : je n’étais pas conditionnée.

Demain au réveil, je serai comme tout le monde. Oui je mangerai n’importe quoi. Même du porc. Quel goût cela a-t-il ?

Oui je m’habillerai comme toutes les autres.

Surtout ce terrible poids du passé aurait disparu.

Je serai légère.

Oh oui j’appellerais ma vieille mère, si casse-pieds. Nous irions ensemble dans une agence de voyage. Le reportage visionné il y a peu nous donnait envie d’aller voir de plus près, ce pays. La Turquie nous accordera facilement le visa de touriste.

Mais, voilà à peine réveillée, je me souvenais !


Ma mère fut assassinée, il y a si longtemps. Un temps où l’on ne parlait pas. Un temps où l’Europe de l’Ouest ne nous connaissait pas. Quelle idée absurde de visiter la Syrie ???

Cela n'est pas si absurde. Un juif (ou une juive) recevrait-il le visa d’entrée ?

Mon regard aperçu la Menora. Tout me revenait à l’esprit.

Tu es née juive et le resteras. Pas de pause, pas de répit.

Il n’y a pas si longtemps, des non-juifs rêvaient d’être juifs. Ils sont de moins en moins nombreux.

Pas si facile que cela, pas si avantageux non. Le mythe des juifs et du Pouvoir ; des juifs et l’argent ne sont que des mythes. Bien sûrs ils en existent quelques-uns de riches, même trop riches. Bien sur il en existe quelques-uns qui ont du Pouvoir.

Je n’en fais pas partie. Tant mieux.

Je me suis souvenue de la Shoah, de la fureur bolchevique. Je me suis souvenue qu’avant ces horreurs, les juifs étaient nombreux en Pologne.

Je me suis souvenue que d’autres prennent leur place. Notre place.

Dans cette Pologne moderne, n’y a-il plus de place pour les Juifs ? Si, une toute petite.

Préférerait-on des Juifs de papier ?

Je me suis souvenue d’une phrase terrible mais si vraie, entendue de la bouche d’une survivante de Birkenau, rentrée à pied en Roumanie : petite, lorsqu’on est juive, on n’est rien d’autres. Ni hongroise, ni roumaine. Seulement juive. l’oublie pas.

Je me suis souvenue de cette phrase.

mercredi 26 août 2009

Chavou'oth à Oshpitzin

Chavou'oth à Oshpitzin

Si tout le monde a entendu au moins une fois dans sa vie le nom d’Auschwitz, peu connaissent le nom en polonais et en Yiddish.

La ville s’appelait et s’appelle depuis la libération : Oswiecim.

Cette bourgade était aussi un Shtetl. Plus de 50% des habitants avant la guerre étaient juifs. 

C’était aussi un centre hassidique Bobover important.

Des nombreux édifices juifs, il reste peu de trace de ce passé glorieux.

Sauf, la petite synagogue Chevra Lomdei Mishnayot. Construite en 1913. Elle fonctionna jusq’à l’arrivée des nazis qui la transformèrent en entrepôt de munitions.

Après la deuxième guerre mondiale, elle fut rouverte. Pendant quelques années, elle fut utilisée par un groupe de survivants. Dont la plupart quittèrent la Pologne. Ensuite elle fut nationalisée par les communistes et devint un magasin de tapis.

En 1997, elle fut la première propriété commune rendue à une communauté juive. Elle fut rendue à la communauté juive de Bielsko-Biala qui en fit don au centre juif.

Elle fut restaurée. Et rouverte au public en 2000.

La préparation de Chavou'oth pour nous femmes juives est une joie. Décorer joliment la maison, la table. Nous préparons les Hallot, des mets délicieux à base de produits lactés.

La décoration de la synagogue ne fait pas habituellement partie du programme.

La première année où j’allais passer cette fête à Oshpitzin, je me suis demandée si… décorer ma maison suffisait. Car personne ne décorerait la synagogue !

Dans la synagogue vide, tout était si désespérément triste.

Je suis allée cueillir quelques pâquerettes dans l’herbe. Ce fut un premier pas.


Décorer n’avait pas pour but de plaire aux humains.

Ma foi fut mise à rude épreuve ici et ailleurs. Le test est réussi. Aujourd’hui je sais avec certitude où que je sois, quelles que soient mes conditions de vie : cette Foi est inébranlable.

L’année suivante, je complétais la décoration


En 2009 je fis quelques pas de plus.

vendredi 24 juillet 2009

Qui est Juif selon le nazisme ?

Qui est Juif selon le nazisme ?

La reconstruction de l'Allemagne passant par la création aryenne « pure », un décret fut promulgué en 1933 peu après l'accession d'Adolf Hitler au pouvoir.

« Qui est Juif ? » se demanda le Ministère de l'Intérieur du Troisième Reich. Cela concernait moins les Juifs eux-mêmes, reconnus comme des « impurs », que de déterminer ceux qui, bien que possédant du sang allemand, étaient assimilables aux Juifs ou avaient « rejoint leurs rangs.»

À la différence de la limpieza de la sangre, la discrimination des Juifs ne s'exerçait pas sur leur religion, mais sur leur « race » supposée. La conversion d'un Juif au christianisme ne suffisait pas à le mettre sur le même pied qu'un Aryen encore qu'un Aryen antérieurement converti au judaïsme pouvait se « laver » de son statut de Juif en se faisant baptiser.

Toutefois, et bien que présentée comme telle par le parti nazi, la définition que donnait l’Arierparagraph d'un « Juif présumé » n'était pas fondée sur des critères « raciaux », mais sur l'appartenance à la religion judaïque

Le décret Lösener fut promulgué le 14 novembre 1935, peu après les lois de Nuremberg. Y était définie comme juive toute personne qui :

• Avait au moins trois grands-parents juifs (c'est-à-dire eux-mêmes Juifs « intégraux » ou « aux trois quarts.»)

• Ou bien avait deux grands parents juifs et, de plus :

• Appartenait à la communauté religieuse judaïque à la date du 15 septembre 1935 ; ou bien :

• Était à la même date mariée à un Juif ou à une Juive, ou contracterait ultérieurement un tel mariage ou encore :

• Était née d'un mariage où l'un des époux était soit Juif « intégral » soit Juif « aux trois quarts ». Si ce mariage avait eu lieu après la mise en vigueur de la Loi sur la protection du sang et de l'honneur allemand (interdiction aux Juifs d'avoir des relations sexuelles ou de se marier avec un Aryen, de posséder un domestique aryen âgé de moins de 45 ans, également édictée le 15 septembre 1935) ; ou encore :

• Était enfant illégitime né après le 31 juillet 1936 de relations extra-maritales dont l'un des partenaires avaient été un Juif ou un Juif « aux trois quarts. »

Était définie comme non-juive mais Mischlinge (métissé) toute personne qui :

• Avait deux grands-parents juifs mais,

• N'appartenait pas à la communauté religieuse judaïque à la date du 15 septembre 1935 ou avait antérieurement cessé d'y appartenir, et qui n'y adhérait pas ultérieurement, et de plus :

• N'était pas à cette date mariée à un Juif ou à une Juive (ou avait cessé de l'être), et qui ne contractait pas ultérieurement une telle union.

• N'ayant qu'un Juif parmi ses grands-parents.

Un règlement subséquent du ministère de l'Intérieur classifia les Mischlinge du premier paragraphe comme « Mischlinge au premier degré », ceux du second paragraphe comme « Mischlinge au second degré ».
La définition du Juif concernait donc moins l'ascendance juive que l’influence juive.

On n’en veut pas aux juifs, « parce qu’ils sont juifs » mais parce qu’ils sont :

• Sales, avides, âpres aux gains.

• Portent des papillotes.

• Parlent un jargon (yiddish), parce qu’ils ne s’assimilent pas mais aussi parce qu’ils s’assimilent facilement, cessent de parler leur jargon, sont :

• Proprement vêtus. Parce qu’ils ont de grands nez aussi parce qu’ils sont parfois impossibles à reconnaître..

• Parce qu’ils ont crucifié le Christ pratiquent des meurtres rituels (matza fabriqués avec du sang d’enfants chrétiens. La matza en polonais se dit : Maca, est en vente livre dans les magasins non-juifs y compris à Oświęcim. Y compris les « Maca » Kosher en vente dans les magasins Savia à Oświęcim.

• Ils sont plongés dans le Talmud et aussi parce qu’ils sont athées et qu’ils rejettent leur propre religion.

• Parce qu’ils sont banquiers et capitalistes.

• Communistes et agitateurs.

• Les femmes juives sont des femmes faciles voleuses d’hommes.

Mais en aucun cas parce qu’ils sont juifs.

La croyance du déiste à alimenter l’antisémitisme. La peur est au cœur de cette haine. Si les Juifs ont tué Dieu, ils doivent avoir des pouvoirs surhumains voire démoniaques. La Kabbale est la preuve de ce pouvoir démoniaque.

Un proverbe dit : celui qui veut noyer son chien l’accuse de rage.

Il faut reconnaître que personne n’aime son réveil matin. Les juifs sont les réveils matin de l’Humanité.

Anne Franck note dans son journal en date du 11 avril 1944 :

« Qui sait, c’est peut-être de notre religion que le monde et tous les Peuples apprirent le Bien et pour cette seule raison, nous souffrons aujourd’hui.»

Adolf Hitler :

« Nous luttons contre la plus ancienne malédiction que l’Humanité se soit lancée : contre les prétendus Dix Commandements. »

C’est contre cela que nous luttons.

Himmler : « Il y a deux (les Aryens et les Juifs) peuples élus. Un des deux est de trop. »

L’antisémitisme n’est malheureusement pas seulement un sentiment que tous les non-juifs ont de temps en temps, mais aussi, et c’est cela qui compte, un sentiment dont la plupart n’ont pas honte !

© Che(antal)ana Maas , Ohptizine – Oświęcim – Auschwitz 2009

La Psychologie de masse du fascisme de Wilhelm Reich (1930 - court extrait)

Si le masque de la civilité tombe, ce qui apparaît n’est pas d’abord la sociabilité naturelle, mais la couche de caractère perverse, sadique

Pour bien comprendre ce qui se passe derrière la façade, sur quelles forces s’appuie le fascisme, il faut avoir étudié pendant des années le caractère du petit-bourgeois brimé.

La rébellion des foules d’animaux humains maltraités contre la politesse creuse du faux libéralisme a fait apparaître la couche caractérielle des pulsions secondaires.

Il est impossible de neutraliser le forcené fasciste si on le traque, selon la conjoncture politique parmi les Allemands et les Italiens et non parmi les Américains et les Chinois, si on s’exclut soi-même, si on ne connaît pas les institutions d’où il éclôt chaque jour.

Le seul moyen de combattre efficacement le fascisme consiste à lui opposer une connaissance objective et pratique des processus de la vie. Personne ne lui damera jamais le pion sur le terrain du bavardage politique, des détours diplomatiques, des parades. Mais il n’a pas de réponses aux problèmes pratiques de l’existence, car il voit dans le miroir de l’idéologie ou sous les apparences de l’uniforme d’Etat.

Si vous entendez pécorer un fasciste de quelque chapelle qu’il se réclame sur « l’honneur de la nation » (au lieu de l’honneur de l’homme), sur le « sauvetage de la Sainte famille et de la race » (au lieu de la société de l’humanité laborieuse), s’il vous rabat les oreilles avec ses slogans tonitruants, il suffit de lui poser publiquement, en toute simplicité, quelques questions :

« Que fais-tu concrètement pour nourrir la nation sans exterminer les autres nations ? Que fais-tu en tant que médecin contre les maladies chroniques, en tant qu’éducateur pour rendre l’enfance plus heureuse, comme économiste contre le paupérisme, comme travailleur social contre le surmenage des mères de familles nombreuses, comme architecte pour la promotion d’habitations plus saines ? Mais trêve de bavardage ! Si tu n’as pas de réponses concrètes, tais-toi ! »

Le fascisme n’est que l’expression politiquement organisée de la structure caractérielle de l’homme moyen, structure universelle et internationalisation qui n’est nullement le propre de races, nations ou partis déterminés. Le fascisme est l’attitude émotionnelle fondamentale de l’homme opprimé par la civilisation machiniste autoritaire et son idéologie mécaniste-mystique. C’est le caractère mécaniste-mystique des hommes de notre temps qui suscite les partis fascistes et non l’inverse.

Le fascisme international ne sera pas éliminé par des manœuvres politiques. Il cédera à l’organisation naturelle, internationale du travail, de l’amour et de la connaissance.

Chantal Maas

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