mardi 28 décembre 2010

Une retraite pensante

Libye, voyage dans le désert près de Ghat (région de l'Akakus) ~ Libya, trip in desert near Ghat (Akakus region)

De Rabbi Avraham ben HaRambam (Maïmonide), Sefer HaMaspiq (“Le Guide pour servir D-ieu”), p. 497-501. Même si les notes de bas de page ont été omises, nous avons ajouté les informations nécessaires entre parenthèses.

Le concept de “retraite totale” – c'est-à-dire la séparation de la ville et l'isolation dans un désert, une terre en friche, les montagnes ou tout ce qu'il y a de semblable – est décrit dans les histoires des prophètes et de leurs disciples. Nous désirons vous informer de ces histoires ; peut être, s'agira-t-il seulement de vous les rappeler.

Se séparer du monde

Il est un fait notoire et une tradition qu'il s'agissait de la façon d'agir d'Hanokh, même si cela n'est pas écrit d'une façon explicite. À propos de sa façon de vivre, il est écrit : “Hanokh marchait avec D-ieu” (Béréchith 5:24). Cela signifie qu'il accordait beaucoup de temps à l'errance et à la solitude.

Notre patriarche Avraham dit à ses deux serviteurs : “Moi et le jeune homme nous irons jusque là-bas, nous nous prosternerons et nous reviendrons vers vous” (ibid. 22:5). Un lecteur attentif déduira qu'Avraham avait déjà l'habitude de se séparer de temps à autre, même des membres de sa propre maison. Il est clair que notre patriarche Yits'haq continua cette pratique spirituelle, tel qu'il est dit : “Yits'haq était sorti dans les champs pour se livrer à la méditation” (ibid. 24:63).

La seule raison pour laquelle les patriarches et leurs enfants – qui suivaient leurs voies – choisirent de garder les moutons, plutôt que d'autres occupations, était que cela leur donnait l'opportunité d'une retraite dans la nature, loin des villes.

Chaque personne dotée de bon sens peut méditer sur la situation de notre patriarche Ya'aqov. Il endura quatorze année à mener des moutons, lorsqu'il travailla pour Ra'hel et Léa, tel qu'il est dit :

“Je t'ai servi quatorze ans pour tes deux filles” (ibid. 31:41). Pourtant, lorsque Lavan lui fit face et lui demanda de quelle façon il désirait recevoir son salaire – “Dicte-moi ton salaire, je le donnerai” (ibid. 30:28) – Ya'aqov ne choisit pas l'argent, l'or ou quelque chose d'autre. Il préféra choisir l'opportunité de retourner mener les moutons – “Tu ne me donneras rien. Accordes-moi la chose que voici : je recommencerai à conduire ton menu bétail, à le surveiller” (v. 31). Il [adopta la vie de berger] malgré les privations, tel qu'il mentionna : “J'étais, le jour, en proie au hâle, et aux frimas la nuit, et le sommeil fuyait de mes yeux” (ibid. 31:40). Cette occupation convenait à son chemin spirituel, tandis que tout autre effort s'y serait opposé, ou empêché.


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Danielle bat Renée Léa.

Pour dédicacer un Dvar Torah, cliquez ici.

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mercredi 3 juin 2009

Hitbodédouth de Breslev (Ukraine)


Le Rav Brody (Lazer Beams) nous fait un cadeau spécial : 71 secondes de pur plaisir en direct de la ville de Breslev en Ukraine. Écoutez cette vidéo et vous aurez une idée précise d'une hitbodédouth faite pour se rapprocher réellement de D-ieu. Un grand merci.


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mercredi 20 mai 2009

Méditation à l'ancienne

Le rabbin Lazer Brody a écrit :

Il est malheureux de constater le nombre important de personnes qui vont chercher à l'autre bout du monde une certaine forme de spiritualité – un lien véritable, pur et simple avec le Tout-Puissant – sans réaliser qu'elles possèdent un héritage spirituel fabuleux.

On me demande régulièrement si la méditation est un concept kacher et si, de toute façon, cela peut nous rapprocher d'Hachem. Pour toutes les personnes qui ne le savent pas, j'ai une grande nouvelle à partager avec elles : la méditation est apparue avec nos ancêtres, les hébreux anciens.

La méditation hébreu est une forme d'“hitbodédouth”, une prière personnelle et isolée. Durant cette prière, nous exprimons notre désir ardent de nous attacher au Tout-Puissant avec toutes nos facultés cognitives, notre corps et notre âme. Il n'existe rien de plus favorable pour atteindre la paix intime que de fusionner avec D-ieu, à la façon de la petite flamme d'une bougie qui fusionne et s'annule entièrement dans une grande flamme.

En méditant, nous communiquons tout ce qui est dans notre cœur à Hachem, en commençant par des expressions de louange et de gratitude. Ensuite, nous faisons notre introspection, c'est-à-dire que nous nettoyons les toiles d'araignée cachées de nos anciennes mauvaises actions. Ce sont ces toiles d'araignée qui viennent souvent nous hanter. Plus nous développons notre sensibilité et notre réceptivité – en pratiquant tous les jours hitbodédouth – plus nous pouvons entendre les éclairs doux des messages d'Hachem qui illuminent notre âme.

Pour vous – chers frères et sœurs – je vous offre le clip qui suit comme un simple cadeau entre vous et moi, peu importe qui vous êtes et où vous êtes. En moins de 4 minutes, il vous élèvera d'une façon magique des profondeurs du stress et de l'inquiétude. La véritable spiritualité ressemble à de la pizza et aux chips : nous en voulons toujours plus !

La musique de ce clip est indienne-américaine. Elle a été composée par “Grand-mère l'aigle blanc”, un personnage hautement estimé de la nation Texas Cherokee et un ami personnel. D'un monothéisme convaincu, la nation Texas Cherokee trouve ses racines dans les dix tribus perdues d'Israël.

Ainsi, il ne faut pas s'étonner que les mélodies merveilleuses indienne-américaines ressemblent de façon saisissante à celles chantées à bout de flûte par les bergers hébreux. Ces deux types de mélodies transmettent un désir fort de converser avec D-ieu.

Écoutez la méditation de ce clip enregistré au bord de la mer : inspirée par la prière “Nichmath”, elle est accompagnée d'un exercice méditatif de style hébreu-Tai-Chi. N'hésitez pas à partager cette vidéo avec vos amis-es et avec toutes les personnes que vous aimez.

Puisse D-ieu vous bénir.




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lundi 4 mai 2009

Le reclus local (1)

Par Rabbi David Sears.

Dans ma ville natale de Norwich (USA), je connaissais une vieille dame gentille et pieuse. Elle s'appelait Mme Sarah Lang. Le père de Mme Lang – Rabbi Israël Stamm – avait été un érudit et un posseq réputé dans cette ville, au début des années 1900. Comme la plupart des habitants juifs de Norwich (y compris ma famille), Rabbi Stamm était originaire de la ville de Shat, en Lituanie.

Un autre “compatriote” – qui était proche de ma famille – était un porouch (un reclus) du nom de Rabbi Yits'haq Luria. Comme son homonyme du 16ième siècle, Rabbi Luria était un kabbaliste, en dépit du fait qu'il provenait d'une famille de tradition lithuanienne. (Il se pourrait qu'il fût de la même famille que Rabbi David Luria, un disciple proche de Gaon de Vilna et auteur d'un commentaire important à propos de Pirqé Rabbi Eliezer, mais je ne suis pas certain).

Mme Lang me dit un jour que Rabbi Luria avait l'habitude de passer toute la semaine dans une petite cabane sur le terrain d'une ferme – à quelques kilomètres de Norwich – près du shtel de New England de la ville de Montville. Le Chabath, il avait l'habitude de se joindre à la famille Stamm et d'accompagner son ami Rav Israël à la synagogue.

Mme Lang se souvenait avec nostalgie des échanges verbaux entre son père et son invité à propos de la paracha de la semaine. Ensuite, après les prières de Cha'harith et Moussaf, Rabbi Luria allait dans la maison d'un autre érudit afin d'y partager le repas de midi. À son retour, et tandis que ses hôtes faisaient la sieste de l'après-midi, il s'asseyait tranquillement dans la salle à manger afin d'étudier quelques instants. Au bout d'un moment, il fermait ses yeux et se mettait à chantonnait des mélodies sans paroles d'une déveqouth extraordinaire à Hachem. Il chantonnait de la sorte jusqu'à l'heure de la prière de Min'ha.

Un Chabath après-midi, Rabbi Luria revint dans la maison de la famille Stamm, tandis que celle-ci venait tout juste de commencer le repas de midi. “Rav Yits'haq,” Rabbi Stamm s'exclama, “qu'est-il arrivé pour que vous soyez de retour si tôt ? Quelque chose ne va pas ?”

À suivre…

(A Simple Jew)

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lundi 14 juillet 2008

Entre joie et désespoir

(Dr Jekyll et Mr Hyde)

Rabbi Na'hman de Breslev l'a dit maintes fois : “Soyez joyeux !” De fait, cette affirmation est devenue la véritable devise des breslev. Dans tous les cas, toutes les situations, la joie ne doit pas nous quitter. L'optimisme est rigueur, tout le temps et avec tout le monde. Peu importe ce qui lui arrive, l'être humain doit être joyeux ; ceci est notre geste le plus formidable de reconnaissance envers D-ieu. Nous Le remercions, avec joie, de nous avoir donné la vie et de nous accorder ce qu'Il nous accorde, tout ce qu'Il nous accorde.

Partant de cet enseignement, certains pourraient croire que la joie dont on parle ne serait pas véritable. De quelle façon un être humain normal parviendrait à réaliser l'exploit assez remarquable d'être toujours joyeux ? A-t-on déjà entendu une telle chose ? La question devient encore plus appropriée lorsqu'on sait que dans sa courte vie, Rabbi Na'hman n'a eu qu'un seul objectif : celui de nous rapprocher de D-ieu. Partant, on peut être assurés que sa devise, “Soyez joyeux !”, ne correspond pas à un caprice d'enfant gâté.

Afin de mieux comprendre cet aspect essentiel de notre Service divin, il faut diviser le concept de la “joie constante” en deux parties distinctes... et qui sembleront opposées.

Le premier aspect de cette joie est notre travail personnel pour accepter les Décisions divines, peu importe leur nature. On comprendra qu'une personne qui gagne le gros lot de la loterie n'a nullement besoin de se forcer afin de remercier le Créateur. Cependant, celui ou celle qui semble moins chanceux et à qui on vient d'annoncer la perte de son emploi, doit également remercier D-ieu. Sur le moment, ce remerciement tire sa source de la foi ; après tout, en se servant de sa raison, cette personne serait justifiée de s'inquiéter, d'être maussade. C'est en faisant confiance à D-ieu que nous pouvons arriver à comprendre que tout est pour le mieux, absolument tout.

Plus tard, la même personne comprendra l'aspect positif de la perte de son emploi. Qu'il s'agisse d'un autre emploi trouvé, mieux rémunéré ; d'un déménagement dans une autre ville où, en fin de compte, la vie est bien plus agréable... Peu importe l'aspect positif de ce licenciement, nous devons être convaincus qu'il nous sera révélé.

Cependant, cette joie possède des limites. Si une personne pense à elle-même et à sa façon de vivre, où pourra-t-elle trouver les raisons de se satisfaire, d'être joyeuse ? Nos colères, trop nombreuses ; notre égoïsme, presque constant ; notre amour propre, disproportionné... Autant de raisons de voir ce que nous sommes sous la loupe de la vérité et... de n'avoir presque aucune raison d'être joyeux.

Ce sentiment de lassitude envers nous-mêmes est important. Il nous permet de faire une analyse objective de notre personne et de ne pas nous faire vivre avec l'idée que nous sommes une personne tellement exceptionnelle. Cependant, la nature de ce sentiment porte en elle un aspect dangereux, qui peut tuer une personne : celui de la submerger dans le désespoir. Le désespoir de ne jamais pouvoir faire de nous-mêmes une personne convenable ; celui de ne jamais arriver à être un père ou une mère digne de ce nom ; celui de rester un(e) pîètre conjoint(e), etc.

C'est en raison de ce danger mortel que nous devons absolument réserver un temps limite, déterminé à l'avance, à cette auto-analyse. Pleurer, pleurer à chaudes larmes, pleurer en ayant l'impression que cela ne s'arrêtera jamais... jusqu'à la fin de notre séance privée. C'est en étant intransigeants sur ces deux aspects : ouvrir notre cœur chaque jour, mais pendant une durée limitée, que nous pourrons réaliser l'équilibre entre la joie qui nous motive à vivre et le désespoir qui nous force à nous améliorer.

Selon Rabbi Na'hman de Breslev, chaque juif doit être un véritable Dr Jekyll et Mr Hyde. Le jour, nous sommes Dr Jekyll : une personne humaine qui saisit toutes les occasions pour remercier D-ieu. La nuit, pendant notre séance privée, nous sommes Mr Hyde : nous avouons nos défauts, nos fautes, toutes nos raisons qui feraient de nous de véritables bêtes humaines... si nous n'avions pas l'obligation d'être joyeux.

Cette séance privée, nous devons la conduire devant Celui qui nous a créés : D-ieu. Faite de préférence dans un endroit isolé, au beau milieu de la nuit, cette véritable prière se révèlera vite être notre source de vie. Dans une prochaine note, nous détaillerons les deux aspects de cette prière isolée.

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