jeudi 11 novembre 2010

Voleurs de temps

The Passage of Time

Notre désir d'étudier est invariablement immense lorsque le soleil se lève. Cependant, au fur et à mesure que le jour avance, nos différentes obligations prennent le dessus et semblent toutes pousser le même cri : “Pas encore ! Tout à l'heure !” Déjà, le coucher de soleil est à l'horizon et nous nous apercevons que nous avons oublié notre enthousiasme matinal. Que faire pour vaincre notre mauvais penchant et ouvrir un livre saint ?

Voler, c'est bien !

En fait, nos parents nous ont menti. Lorsque nous étions enfants et qu'ils nous disaient que voler est une mauvaise chose, ils ont oublié de nous dire tout ce qu'ils devaient. Leur mensonge en est un d'omission.

Bien sûr que voler est terrible. Voler le bien d'autrui est vouloir prendre la place de D-ieu. Si le Créateur du monde avait voulu que nous possédions ce que nous désirons, Il nous l'aurait déjà donné. Voler un bien matériel ou immatériel est la même chose. Ainsi, voler le temps de quelqu'un est aussi grave que de lui voler son portefeuille. Tout cela, nos parents nous l'on appris.

Pourtant, nous devons bel et bien voler dans notre vie. De plus, nous devons voler souvent, chaque jour.

Afin de pouvoir étudier des livres saints, nous devons voler le temps. Non pas celui d'autrui, mais le nôtre.

Dans le Liqouté Moharan I : 284, Rabbi Na'hman nous rappelle que chaque personne – après son décès – est jugée et qu'elle doit répondre à la question suivante : “Avez-vous réservé du temps à l'étude de la Tora ?” Selon Rabbi Na'hman, le sens véritable de cette question est le suivant : chaque personne est occupée par ses affaires de la vie quotidienne. Si nous attendons d'avoir le temps pour étudier, nous pourrions éventuellement passer notre vie à ne jamais étudier. C'est pour cette raison que “réserver du temps” est l'équivalent de “voler du temps” sur nos nombreuses activités.

Ce vol est précieux. En devenant des voleurs de sainteté, nous pouvons nous plaindre à D-ieu en Lui disant : “Maître du monde ! Ne sois pas en colère contre moi si je ne suis pas l'érudit que je devrais être. Mes défauts sont nombreux et les tentations ont souvent raison de moi. Cependant, tous les jours je vole du temps sur mes affaires dans le but d'étudier. Chaque minute passée à apprendre est difficilement acquise. L'appât du gain est terrible. Pourtant, chaque jour je réussi à le vaincre : lorsque j'étudie Ta Tora sainte.”

Chaque jour nous devons reformuler notre désir d'être des voleurs de temps. Tous les jours, plusieurs fois par jour et aussi souvent que nous le pouvons.

Bookmark and Share

mardi 5 octobre 2010

Questions essentielles (1)

Questions essentielles (1)

Cher « Anonyme », je vous remercie pour votre lettre. Si nous avons souvent besoin de plusieurs pages afin d'exposer nos pensées et de formuler nos questions, vous avez réussi d'une façon remarquable à résumer les points essentiels de votre réflexion d'une façon concise et claire. Cela n'est pas donné à tout le monde (moi le premier !) et vous me touchez énormément en m'accordant votre confiance pour vous répondre. Avec l'aide de D-ieu, j'essaie dans cet article d'afficher les réponses à donner à vos interrogations. Cependant, celles-ci sont les miennes et d'autres existent. J'espère qu'elles vous aideront dans votre cheminement.

L'enfant et le dentiste

Pour vous répondre, permettez-moi d'utiliser une parabole : celle d'un enfant qui doit se rendre chez le dentiste. Atteint de plusieurs caries, la douleur ne laisse plus le choix à ses parents : une visite s'impose. En nous servant des différents aspects de cette histoire (imaginaire, mais que nous avons tous connue), nous pourrons sans doute comprendre plusieurs idées importantes qui concernent notre relation avec le Maître du monde.

En premier lieu, nous serons tous d'accord pour dire que selon toutes probabilités, si l'enfant n'avait pas mangé autant de sucreries et-ou qu'il s'était correctement brossé les dents, il n'aurait pas eu de caries et donc, pas à se rendre chez le dentiste. De cela, nous apprenons qu'en l'absence de fautes de notre part, il n'y a pas de souffrances.

Également, si l'enfant est très jeune, aucun adulte ne pourra s'attendre qu'il comprenne parfaitement la nature et l'intérêt de la douleur qu'il devra subir chez le dentiste. Un enfant ne possède pas l'intelligence d'un adulte et ses limites de l'entendement sont bien plus grandes que celle de ses parents. Ainsi, la souffrance est perçue à cause des limites de notre entendement.

Nous ne serons pas surpris si l'enfant n'est pas tenté à faire du dentiste son meilleur ami. Bien sûr, nous trouverons ce comportement enfantin car nous savons que le dentiste ne veut aucun mal à l'enfant. D'autre part, une personne adulte ne considèrera jamais le dentiste comme la véritable raison de sa douleur : elle comprendra que les raisons se trouvent ailleurs (mauvaise alimentation ou hygiène dentaire.) Dans ce monde, les causes apparentes de nos souffrances ne le sont pas en réalité. Plutôt, leurs origines est d'un autre monde : le spirituel.

Si l'enfant désire diminuer la fréquence de ses visites chez le dentiste, rien ne sert de déménager pour s'éloigner du médecin ! Plus simplement, il devra changer son comportement et limiter les bonbons, tout en augmentant le temps qu'il passe à se nettoyer les dents. Si nous n'essayons pas de soigner la racine de nos douleurs et les raisons véritables qui les expliquent, celles-ci continueront.

La nature humaine étant ce qu'elle est, les chances de voir l'enfant diminuer sa consommation de bonbons augmenteront certainement après quelques visites chez le dentiste : le souvenir de l'effet de la roulette dans la bouche est inoubliable ! Lorsque nous avons été touché personnellement, nos chances de changer notre comportement augmentent d'une façon considérable.

Enfin, si nous tentons l'expérience de mettre un enfant devant un paquet de bonbons et... un dentiste et que nous lui demandions de nous dire où se trouvent le bon et le mal, serons-nous surpris s'il pense que le premier sont les bonbons et que le deuxième le dentiste ? Quant à un adulte, sa réflexion permettra d'inverser entièrement la réponse. À cause de notre éloignement du véritable Savoir, nous considérons souvent le bien pour le mal et le mal pour le bien.

Dans un prochain article, je développerai – avec l'aide de D-ieu – chaque point abordé aujourd'hui.

Share/Bookmark

jeudi 15 avril 2010

Se trouver dans un livre

Se trouver dans un livre

« Aussi je dis : 'Voici, je me présente avec le rouleau du Livre dans lequel se trouve ce qui m’est prescrit.' Accomplir ta volonté... » (Psaumes 40:8-9)

Lorsqu'une personne consulte et apprend d'un livre et qu'à chaque endroit qu'elle consulte ou qu'elle étudie elle s'y retrouve – c'est-à-dire qu'elle applique à elle-même les leçons de morale, qu'elle constate sa petitesse et sa médiocrité – peu importe le livre qu'elle étudie, ceci est un signe qu'elle désire remplir la Volonté de D-ieu.

Et ceci est l'explication de :

« Aussi je dis : 'Voici, je me présente avec le rouleau du Livre dans lequel se trouve ce qui m’est prescrit.' » Ceci est un signe qu' « accomplir ta volonté, mon Dieu, tel est mon désir. »


Se voir dans notre étude

Lorsque nous étudions un Livre saint (Tora, Guémara, halakha, Kabbale, éthique...), nous devons essayer de le faire avec l'objectif de nous transformer selon ce que nous apprenons. Bien sûr, chaque personne avance à son allure et une qui se transforme moins vite qu'une autre n'est pas à montrer du doigt. Le plus important est d'avancer dans la bonne direction : celle qui nous rapproche d'Hachem.

Après une séance d'étude – lorsque nous refermons le livre qui se trouve devant nous – nous ne devons pas accorder de l'importance seulement au nouveau matériel que nous venons d'apprendre. Certes, ce que nous ne savions pas quelques instants auparavant et qui est entré dans notre cerveau est important ! Ceci est particulièrement le cas dans le domaine de la halakha (loi juive) : c'est en accumulant le plus grand nombre de connaissance que nous pouvons faciliter notre rapprochement avec le Divin.

Cependant, si notre étude reste dans notre tête, elle risque de s'évaporer rapidement et dans tous les cas, elle ne possèdera pas la saveur que le Maître du monde aimerait qu'elle ait. Nous devons déployer des efforts importants afin de faire descendre cette étude dans notre cœur. C'est à cet endroit qu'elle pénètrera tout notre corps et qu'en peu de temps, elle fera partie intégrante de notre personnalité. La différence entre ces deux niveaux est celle qui existe entre le savoir et le vécu.

Savoir ce que désire de nous Hachem n'est pas très difficile. De fait, il suffit d'ouvrir un livre et de consacrer le temps qu'il faut pour apprendre. Ceci correspond au savoir. Il est autrement plus difficile de prendre à cœur ce que nous avons appris et de ne pas compter les efforts pour nous transformer en conséquence.

Cette idée est celle à laquelle le Roi David fait allusion dans le verset cité ci-dessus et c'est ainsi que l'apprend Rabbi Na'hman de Breslev. En d'autres termes, nous devons dire que nous étudions un livre « dans lequel se trouve ce qui m’est prescrit » plutôt que de penser que nous étudions un livre dans lequel sont prescrites des lois. Cette « personnalisation » de l'étude nous permet – en fin de compte – d'affirmer en toute vérité qu' « accomplir ta volonté, mon Dieu, tel est mon désir. » Autrement, notre étude est un exercice intellectuel qui ne correspond pas à la Volonté divine.

Il est important de préciser deux choses : 1) Constater notre éloignement du Divin – grâce à l'étude – ne doit pas être la raison de nous faire sombrer dans l'angoisse, que D-ieu nous préserve. Plutôt, ce constat doit être la source d'une prise de conscience chargée d'énergie nouvelle qui nous pousse à aller de l'avant : vers le Créateur et Sa volonté. 2) Si notre étude est plutôt intellectuelle et qu'elle a tendance à rester dans notre tête – sans réellement atteindre notre cœur – nous ne devons pas utiliser cela comme un prétexte pour y mettre fin. À la place, nous devons en faire l'objet de prières nouvelles dans lesquelles nous demanderons à Hachem de nous aider à atteindre ce niveau qui nous semble encore trop éloigné de nous.

Heureuses les personnes qui vivent selon ces principes.

Share/Bookmark

mardi 23 mars 2010

Questions essentielles (2)

Questions essentielles (2)

Nous avons cité dans un article récent six aspects importants de notre relation avec le Créateur. Pour mémoire : 1) En l'absence de fautes de notre part, il n'y a pas de souffrances ; 2) la souffrance est perçue à cause des limites de notre entendement ; 3) dans ce monde, les causes apparentes de nos souffrances ne le sont pas en réalité ; 4) si nous n'essayons pas de soigner la racine de nos douleurs et les raisons véritables qui les expliquent, celles-ci continueront ; 5) lorsque nous avons été touché personnellement, nos chances de changer notre comportement augmentent d'une façon considérable ; 6) à cause de notre éloignement du véritable Savoir, nous considérons souvent le bien pour le mal et le mal pour le bien. Aujourd'hui, nous expliquons les deux premiers concepts.

En l'absence de fautes de notre part, il n'y a pas de souffrances

Les souffrances de la vie sont de deux types : physiques ou morales. Les premières s'expliquent le plus souvent par une maladie ou un accident, tandis que les secondes proviennent d'un sentiment de manque (d'argent, d'intelligence, de beauté physique...). Tenter d'expliquer en profondeur leurs causes et leurs formes est un sujet complexe et qui dépasse largement le cadre de cet article. En ce qui concerne les premières, je vous conseille de lire cet article, ainsi que celui-ci. Pour les secondes, vous trouverez quelques éléments de réponse en lisant ceci ou ceci.

Le point commun de ces souffrances est de trouver leur origine en notre comportement. Si nous marchons en reculons vers le Maître du monde, celui-ci nous rappelle à l'ordre en touchant nos points sensibles. Cela ressemble à un père qui fait des remontrances – et qui punit – son fils suite au comportement rebelle de ce dernier. Certes, le fils peut souffrir de ne pas pouvoir sortir de sa chambre de la soirée, mais s'il n'avait pas fauté, les choses auraient pris une tournure différente.

La façon dont le Créateur dirige le monde est certainement plus complexe que les relations entre un père et son fils. Ainsi, nous ne possédons pas le savoir pour faire un lien direct entre nos souffrances et une faute en particulier. Le plus important consiste à se rendre compte qu'elles représentent un message envoyé du Ciel pour nous faire réfléchir sur notre façon de vivre. Hachem désire nous voir mener une vie joyeuse et remplie de bonheur. Lorsque nous nous éloignons de Lui, que D-ieu nous préserve, la seule option qu'Il détient est de nous faire sentir (physiquement ou moralement) notre éloignement.

La souffrance est perçue à cause des limites de notre entendement

Avez-vous déjà demandé à une personne qui était gravement malade ce qu'elle pensait du goût du médicament qu'elle a avalé et qui lui a permis de recouvrer la santé ? Il y a peu de chances qu'elle s'en souvienne. Peu lui importait le goût du sirop ou de la pilule : c'est sa santé à laquelle elle pensait ! Lorsque l'objectif ultime est connu, on ne prête aucune importance aux moyens qu'il faut utiliser pour l'atteindre.

Si nous prêtions moins d'importance à ce monde-ci et plus au monde venir, nous ressentirions beaucoup moins les attaques physiques ou morales dont nous sommes quelques fois les victimes, à D-ieu ne plaise. Si nous travaillons dur pour développer notre intelligence seulement en rapport avec ce monde, nous ne nous donnons pas les outils nécessaires pour emprunter le chemin du rapprochement avec Hachem dans la joie et le bonheur.

L'étude de la Tora ne doit pas seulement être faite parce que D-ieu nous l'a demandé. En plus de cette obligation qui concerne chaque âme juive, nous avons un intérêt direct à nous pencher sur nos Livres saints : celui d'acquérir un Savoir du Divin qui permettra à notre entendement de grandir en conséquence.

Le Maître du monde entre en communication avec nous en utilisant un langage précis. En étudiant les écrits de nos Sages, nous acquérons la connaissance de ce langage. Logiquement, nous ne devons pas être surpris de notre incompréhension si nous les ignorons.

Dans un prochain article, j'expliquerai les deux concepts suivants : dans ce monde, les causes apparentes de nos souffrances ne le sont pas en réalité ; si nous n'essayons pas de soigner la racine de nos douleurs et les raisons véritables qui les expliquent, celles-ci continueront.


Share/Bookmark

mercredi 10 mars 2010

Quelques réflexions

Quelques réflexions

« Cher David-Yits'haq,

J'ai lu le texte 'Une princesse impatiente' publié en première page de « La Pause Café » et plusieurs choses me viennent à l'esprit.

Il est écrit : « Ses prières, ses Psaumes et ses larmes étaient entreposés dans les plus beaux récipients du Temple céleste. Si elle avait pu les voir, elle aurait compris que les anges prenaient un plaisir incommensurable à l'entendre. »

Faut-il comprendre qu'Hachem nous fait souffrir, juste pour qu'on Lui adresse des louanges, qui Le raviront et raviront les anges ?

Je sais qu'il est dit qu'Hachem éprouve ceux qu'Il aime. Mais nous sommes Ses enfants, et Il est notre père. Rabbi Nahman nous demande pendant hitbodédouth de L'appeler « Abba » (« Papa »). Et bien qu'il existe un proverbe français qui dit : « Qui aime bien, châtie bien », quel père ferait souffrir ses enfants pour leur montrer son amour ? Dit-on d'un père qui maltraite ses enfants, qu'il les aime trop ?

Une louange gratuite, parce que nous n'avons rien à demander, que nous sommes joyeux et en remercions Hachem, n'a-t-elle pas plus de valeur qu'une louange dite dans la peine, comme un « dernier recours » ? 

Chacun d'entre nous vit, a un moment donné, la perte d'un être cher. Chacun d'entre nous, peut se rendre compte à ce moment-là du miracle de la vie. Et chacun d'entre nous, dans ces moments-là, prie Hachem. Nul besoin de souffrances supplémentaires. Et puis, si Hachem éprouve ceux qu'Il aime, alors une idée qui semble logique, serait de tout faire pour qu'Il ne nous aime plus autant, afin qu'Il cesse de nous éprouver !! Effet pervers dont beaucoup sont les victimes.

Il est dit également dans l'histoire : « Lorsque le prince serait libre, les voies célestes feraient changer d'avis le mauvais mari de la princesse. »

Si les voies célestes peuvent faire changer d'avis le mauvais mari, pourquoi n'ont elles pas fait changer d'avis le mauvais mari, et le bon mari, plus tôt, afin que la princesse soit heureuse plus tôt ? Pour nous, humains, le temps est précieux !! Et Hachem n'a modifié les règles du temps qu'UNE seule fois (si mes souvenirs sont bons). Le temps passé ne se rattrape pas et cela a des conséquences sur tout le reste de notre vie.

Lorsque 2 jeunes de 20 ans se marient et ont des enfants, on peut s'avancer en disant que les grands-parents verront probablement la bar-mitswa des petits enfants et peut-être même de leurs arrière petits enfants. Qu'ils profiteront plus longtemps des leurs petits enfants et que les petits enfants profiteront plus longtemps de leurs grands parents. 

Ce même bonheur du mariage, cette même mitswa, accomplie à l'âge de 35 ans ne permettra probablement pas aux grands-parents de voir la bar-mitswa de leurs petits enfants et encore moins de leurs arrière petits enfants. Les 2 générations ne se côtoieront que peu de temps. Également, des femmes de 35 ans et de 20 ans, n'ont pas les mêmes risques d'avoir des enfants trisomiques, etc.

Le temps a une importance PRIMORDIALE dans nos vies. Le temps passé est perdu, définitivement ! Ce n'est pas rien.

L'homme, de part sa condition limitée, ne peut pas se projeter dans un avenir trop lointain. Ainsi il a besoin de résultats : résultats à ses efforts de travail ou autre et réponses à ses prières. Autrement il abandonne et baisse les bras. Et certains baissent tellement les bras qu'il se suicident. Alors qu'il est dit qu'Hachem ne nous donne pas d'épreuve, qu'Il nous sait incapable de surmonter.

Voila quelques unes de mes réflexions, a la suite de cette histoire. »

Anonyme, France.

Merci pour cette lettre. Vos questions sont partagées par un nombre important de personnes . Vous pouvez lire ma réponse dans cet article. David-Yits'haq Trauttman.

Share/Bookmark

jeudi 4 mars 2010

Une princesse impatiente

Une princesse impatiente

Il était une fois une princesse d'un autre monde. Elle vivait entourée de ses enfants et de leur amour. Son émouna (foi) était grande et ses prières faisaient souvent pleurer les anges par leur beauté émouvante. Dans sa maison, l'argent n'était pas une denrée abondante, mais elle ne manquait pas de l'essentiel ; la princesse ne se plaignait pas de sa situation.

Cependant, il manquait une chose primordiale au bonheur de cette âme précieuse : un mari. Pour des raisons inexplicables, le sien avait fait faux bond. Aussi étonnant qu'un matin sans rosée, son mari avait pris un chemin de traverse et c'est de folie qu'il semblait être atteint. Pour la princesse, l'absence de cet élément essentiel de la vie était le plus dur à supporter. Ses larmes coulaient souvent sur ses joues et à elles, répondaient celles du Créateur. Lorsque la Sainteté pleure, le Maître du monde se désole.

Une impatience bien fondée

Rien ne paraissait démesuré dans les demandes de la princesse : que son mari la libère et qu'elle puisse emprunter un nouveau chemin, rempli de joies familiales et... avec un mari autour de la table. Qui pourrait crier à l'abus devant une requête dotée d'un tel bon sens ? La beauté, la jeunesse, l'entrain et un cœur qui ne demande qu'à donner : qu'y a-t-il là d'anormal ?

Malgré toutes les prières prononcées, les chapitres de Psaumes récités et les voyages fréquents au Kotel, les voies du Ciel ne répondaient pas aux larmes de la princesse. Que ce passait-il ? Qu'avait donc fait la princesse pour mériter un abandon aussi évident des voies célestes ? Était-elle victime d'une malédiction, de la Colère divine ?

En vérité, la princesse était la plus aimée du Ciel. Ses prières, ses Psaumes et ses larmes étaient entreposés dans les plus beaux récipients du Temple céleste. Si elle avait pu les voir, elle aurait compris que les anges prenaient un plaisir incommensurable à l'entendre. La seule chose qui manquait à la princesse était les lunettes qui lui auraient permis de voir les sphères célestes. Ce sont ces lunettes que le Créateur a gardées auprès de Lui. Sans elles, nous dépendons entièrement de l'émouna ; c'est exactement ce que désire Hachem.

En addition du plaisir que prenait le Ciel aux paroles saintes qui sortaient de la bouche de la princesse, le Créateur avait Lui aussi une bonne raison de la faire patienter. Dans une autre partie du pays, vivait un jeune homme exceptionnel. Doux comme le miel et délicat avec les siens, ce prince sans pareil menait un dur combat : celui d'avoir été piégé dans un mariage malhonnête. La jeune mariée s'était avérée être une mauvaise personne et on avait caché la vérité au prince dans l'espoir qu'il s'en contenterait.

C'est exactement ce que le prince essayait de faire depuis le jour de son mariage. Malgré les mois qui s'étaient écoulés péniblement, il espérait toujours pouvoir trouver une solution à sa situation infortunée. Cependant, en son fort intérieur, il sentait qu'il parvenait au bout du tunnel et qu'une seule sortie existait à son problème : se séparer de cette femme méchante et refaire sa vie avec une autre.

La réalité peinait le prince et il désirait attendre encore un peu avant de prendre la décision finale. C'est ce délai que le Ciel attendait également avant de libérer la princesse. Lorsque le prince serait libre, les voies célestes feraient changer d'avis le mauvais mari de la princesse. Sans qu'il puisse l'expliquer, l'envie lui viendrait alors d'accorder le divorce à sa femme. C'est le jour où le prince serait libre qu'elle le serait aussi. Ainsi en avait décidé le Ciel.

Pour sa part, la princesse ne devait pas s'impatienter. Cela est plus facile à dire qu'à faire, mais l'émouna qu'elle mettait en D-ieu ne serait pas vaine : c'est un prince qu'on lui réservait ! Une larme de plus, une prière de plus et la libération allait arriver. Prions tous pour que la princesse ne s'impatiente pas trop. Sa Sainteté pourrait faire pleurer de bonheur Moché Rabébnou. Achrénou de l'avoir dans notre génération ; sa lumière nous éclaire et sa pureté nous permet de rester debout. Achrénou, achrénou !

Share/Bookmark

mercredi 3 mars 2010

Un guide spirituel pour avancer

Un guide spirituel pour avancer

Face à nos problèmes quotidiens, nous ressentons souvent un besoin de nous élever d'une façon spirituelle. Sans savoir réellement pourquoi ni comment, nous sentons en notre fort intérieur que la recherche du fait spirituel peut nous offrir certaines réponses et une façon différente de vivre les tourments de ce monde. Cependant, lorsqu'il s'agit de donner à cette envie une forme concrète, nous ne savons pas trop par où commencer, ni vers où nous diriger. C'est dans ces moments-là qu'un guide spirituel est d'une grande aide.

Désirer la vérité

Cela peut sembler évident, mais il est important de savoir que les découvertes que nous ferons sont directement liées à notre désir véritable d'avancer. En d'autres termes, si nous cherchons à trouver uniquement les réponses qui nous font plaisir, les chances sont grandes que nous ne cherchions pas vraiment la vérité. Pourtant, celle-ci doit représenter la motivation principale de nos efforts.

Une personne qui cherche la vérité ne possède pas de préférences préalables sur la nature de la réponse à ses questions. Peu lui importe qu'on lui dise d'aller à gauche ou à droite, ou de faire ceci ou cela : dans tous les cas, elle désire avoir les outils qui lui permettront d'avancer et de se rapprocher du but ultime de l'existence.

Chercher la vérité exige un niveau élevé de sincérité et une faculté importante de se remettre en question. Ces deux facteurs nous dérangent car ils s'opposent à notre quotidien et à nos certitudes. Pourtant, en l'absence du désir de vérité, on réduit à néant les bénéfices que peut nous apporter un guide spirituel.

Chercher D-ieu

Si un guide spirituel peut nous aider à découvrir D-ieu, nous devons pour autant faire notre part : celle qui consiste à vouloir chercher D-ieu dans notre vie. Cette idée peut sembler incongrue : de quelle façon le Créateur pourrait-Il se trouver à nos côtés ? N'est-Il pas haut perché, dans les sphères célestes les plus élevées ? Si nous vivons avec cette idée, le guide spirituel ne pourra pas faire de miracles. Aussi longtemps que notre cœur restera fermé au spirituel, nous perdons notre temps à chercher conseil.

Chercher Hachem signifie vouloir relever Sa présence dans notre vie quotidienne, dans nos gestes habituels et les « petits » évènements de la vie. Cette notion n'est pas acquise du jour au lendemain et rien ne sert de vouloir s'empresser. Plutôt, il s'agit de s'entraîner à chaque instant ; pour cela, la vie nous offre le meilleur terrain de jeu que nous pouvons trouver. Au travail, à notre domicile, dans les transports publics... la liste est presque sans fin des occasions où nous pouvons trouver des signes discrets de la Présence divine.

Dans cette recherche, le guide spirituel peut nous ouvrir rapidement les yeux. Lorsque nous ne voyons que « hasard », « chance » ou « malchance », il nous apprendra à voir les desseins profonds du Maître du monde. Si nous rencontrons le guide spirituel dont nous avons besoin, la vie peut prendre une tournure très différente en peu de temps. Armés de nos nouvelles lunettes spirituelles, le monde devient différent et chargé de sens. Heureuses les personnes qui possèdent de telles lunettes !

S'annuler

Pour conclure cette analyse succincte de la relation avec un guide spirituel, je m'en voudrais d'oublier un concept fondamental pour établir une relation saine et profitable : le bitoul. En hébreu, le mot « bitoul » signifie « annuler. » C'est notre propre personne que nous devons « annuler » devant la sagesse d'un guide spirituel. Cette notion ne doit pas nous choquer, nous l'admettons dans un nombre important de situations.

Lorsqu'une personne est malade, que D-ieu nous préserve, elle se rend généralement chez le médecin. Y va-t-elle pour faire la leçon au médecin ou pour écouter ses conseils et faire ce qu'il lui dira ? Il est évident que le malade accepte de suivre dans tous les détails les directives du médecin ! Il s'agit du bitoul. Ceci est également le cas lorsque nous allons au garage afin de savoir quel est le problème avec notre voiture ou que nous prenons conseil auprès d'un conseiller financier pour la gestion de nos biens...

Dans tous ces cas, si la personne à laquelle nous nous adressons est un professionnel irréprochable, nous avons tout intérêt à nous oublier, à nous annuler. Cela est identique avec un guide spirituel : lorsque nous lui posons nos questions et que nous écoutons son enseignement, nous devons « oublier » qui nous sommes, notre lourdeur spirituelle, nos désirs malsains... Cela n'est pas facile, mais le principal consiste à le vouloir.

Désirer la vérité, chercher D-ieu et s'annuler est un programme pour la vie. Idéalement, il devrait s'agir du programme de chaque âme juive. Si le monde dans lequel nous vivons nous a éloigné de cette vérité, nous pouvons au moins prier pour exprimer notre désir de la retrouver. En fin de compte, nous n'avons pas choisi le monde qui nous a vu naître !

Share/Bookmark

jeudi 25 février 2010

Vouloir se rapprocher

Vouloir se rapprocher

Cela peut paraître une vérité de la palisse, mais l'aspect essentiel de notre éloignement du repentir et de notre rapprochement avec D-ieu est notre prise de conscience que nous devons nous réveiller spirituellement et retourner vers Lui. Cependant, le véritable réveil spirituel n'est pas une chose facile à effectuer. Cela est encore plus vrai pour la personne qui est extrêmement éloignée de la notion du Divin et qui a commis dans sa vie un nombre important de transgressions. Malgré tout, chaque âme désire vivre dans la crainte de D-ieu.

Ainsi, on comprend la raison pour laquelle le réveil spirituel est une notion difficile à atteindre et logiquement, notre volonté que ce réveil soit envoyé du Ciel. En d'autre termes, si nous éprouvons la plus grande difficulté à nous réveiller, nous ne sommes pas opposés à ce qu'Hachem le fasse ! Nous voulons tous revenir vers le Créateur et devenir de meilleures personnes.

Le plus important est de désirer

La solution est de prendre pleinement conscience et d'avoir une totale émouna (foi) que c'est D-ieu Lui-même qui souhaite nous voir développer et exprimer ce désir de nous rapprocher de Lui. Pour y parvenir, la seule chose que nous devons faire consiste à nous munir de paroles et de retourner vers le Maître du monde. Ceci correspond à ce qui est écrit (Osée 14:3) : « Armez-vous [lit. : prenez] de paroles et revenez au Seigneur ! » Nos Sages ont expliqué que ce verset signifie que D-ieu nous dit : « Je n'attends de vous ni sacrifices ni offrandes, mais seulement des paroles. »

En vérité, même les paroles que nous prononçons sont mises dans notre bouche par le Ciel. Ce que nous devons faire, c'est seulement entreprendre les efforts nécessaires pour nous armer des mots adéquats et les prononcer devant Hachem. Cette idée se reflète dans le choix des mots du verset cité. Il est écrit : « Armez-vous [lit. : prenez] de paroles... » ; en d'autres termes, vous n'avez qu'à « prendre des paroles » car elles ont déjà été préparées par Hachem Tout ce que demande D-ieu est que nous les prenions afin de retourner vers Lui, grâce à elles.

Ceci correspond à ce que nous a enseigné Rabbi Na'hman à propos de la façon d'engager ce dialogue avec D-ieu (hitbodédouth). Ceci est écrit dans la seconde partie de ce verset : « Dites-Lui : 'Fais grâce entière la faute'. » Nous apprenons de cela que pour nous rapprocher du Créateur, il n'est pas nécessaire d'être pur et sans faute. Il ne fait aucun doute que pour la personne qui sait cela au plus profond d'elle, le retour vers Hachem est facile, peu importe où elle se trouve, ce qu'elle a fait et si elle est aujourd'hui extrêmement éloignée du Créateur.

La raison en est qu'elle peut toujours « s'armer des paroles » que lui tend le Maître du monde ; tout ce qu'il lui suffit de vouloir, c'est se rapprocher de Lui et de Sa compassion. Ceci est l'aspect grandiose de la récitation des Téhilim (Psaumes) qui nous a été révélé par nos Sages : grâce à elle, il est certain que nous mériterons de nous repentir.

C'est grâce à ce repentir qu'il sera mis fin à notre exil et que se produira notre libération finale et totale. Puisse cela se produire rapidement et de nos jours ! Ainsi, chaque instant où nous sommes occupés à réciter les Téhilim avec la concentration adéquate et à voix haute, il est certain que notre retour vers D-ieu en sera facilié.

Cela s'explique par le fait qu'en vérité, tout vient de Lui et la seule chose que désire Hachem est de nous voir Le désirer et nous rapprocher de Lui, de nous réveiller spirituellement et de faire les efforts adéquats pour parvenir à atteindre la Vérité absolue. Car ceci est une règle absolue : en l'absence du moindre réveil spirituel de notre part, il est impossible d'atteindre cette vérité. Pourtant, il est important de réaliser en même temps qu'en réalité, tout vient de la volonté du Ciel.

(Traduit du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan, Ora'h 'Haïm, Hilkhoth Qriath Chéma', Halakha 5:18)

Share/Bookmark

mardi 23 février 2010

Un Tango divin

Un Tango divin

Nous désirons tous nous rapprocher de D-ieu. Cependant, nous ne savons pas souvent à qui revient de faire le premier pas. Devons-nous nous rapprocher pour voir Hachem emboîter le pas ou devons-nous attendre un signe du Ciel pour nous réveiller ? Ce doute se révèle dans nos Écritures saintes. De fait, si le Maître du monde nous a dit (Malachie 3:7) : « Revenez à Moi et Je reviendrai à vous... », le peuple d'Israël a répondu (Lamentations 5:21) : « Ramène-nous vers Toi, ô Éternel, nous voulons Te revenir... » Nous devons expliquer la nature de cette Danse divine afin de comprendre le processus de notre rapprochement avec D-ieu.

Une Danse divine

En vérité, il n'y a pas de contradiction entre ces deux versets. Si nous en voyons une, c'est parce que notre esprit est déformé et qu'un voile nous cache la nature exacte de la Lumière divine. Le symptôme le plus fréquent de notre difficulté à voir la vérité est notre tendance à l'orgueil. Nous commettons souvent l'erreur de penser que la réussite du processus de notre rapprochement avec le Créateur dépend de nous. Selon cette logique erronée, il nous suffit de vouloir pour pouvoir. Ceci correspond exactement à l'orgueil.

Nous pouvons comparer cela à une personne aveugle qui désire soudainement emprunter un chemin droit pour se rendre vers une direction dont elle ne connaît pas l'emplacement exact ! Que dirions-nous de ses chances de réussite et ne trouverions-nous pas cela orgueilleux de penser qu'elle pourrait y parvenir toute seule ? Certains utiliseraient même des adjectifs désobligeants pour qualifier une telle personne.

Nous sommes tellement éloignés de la Divinité que nous n'avons aucune idée – même approximative – de sa véritable nature et encore moins de la direction à emprunter pour nous en rapprocher. Il est vrai que nous possédons des règles et des lois qui nous permettent d'encadrer notre évolution. Cependant, si nous savons qu'il est possible de s'éloigner à grands pas d'Hachem tout en respectant l'impressionnant corpus de ces lois, nous devons nous l'avouer honnêtement : l'aide du Ciel est indispensable pour que notre rapprochement en soit un.

Dès l'instant où nous faisons le premier pas en Sa direction, c'est D-ieu qui se charge de poser les balises qui nous permettront de rester sur le chemin de la vérité. En d'autres termes, si nous avons réussi à nous rapprocher d'un seul centimètre d'Hachem, c'est parce qu'Il nous a fait poser le pied dans la bonne direction et pas parce que nous l'avons voulu.

Ainsi, la question reste posée : si nous ne pouvons pas faire le moindre progrès vers le Divin sans l'intervention directe de D-ieu, que devons-nous faire pour avancer ? Pour répondre à cette question, nous devons comprendre que notre mission dans ce monde n'est pas de trouver le chemin droit (car en fin de compte, c'est Hachem qui nous le montrera), mais simplement de le vouloir.

Une personne aveugle peut faire le tour du monde à pied, mais pour poser le premier pas vers la bonne direction, elle a besoin d'une aide extérieure. D'autre part, ce dont a besoin le guide pour faire avancer la personne aveugle est simplement... qu'elle en manifeste l'envie. En l'absence de celle-ci, la progression s'arrêtera immédiatement.

Ainsi, les deux versets ci-dessus se réconcilient de la manière suivante : « Ramène-nous vers Toi, ô Éternel, nous voulons Te revenir... » C'est-à-dire : nous exprimons notre désir de revenir vers Hachem car ceci est l'aspect essentiel de repentir et du rapprochement avec le Divin. « Revenez à Moi et Je reviendrai à vous... » Hachem n'attend qu'un signal de notre part pour qu'Il se rapproche de nous. Ce signal, c'est notre désir véritable et sincère d'aller dans la bonne direction.

« Maître du monde ! Je suis tellement loin de Toi. Remplis ma bouche de Tes louanges et trouve les mots qui exprimerons mon désir de me sentir près de Toi. Je ne peux t'offrir que mes pensées et mon cœur : prends-les et fais-en des béquilles avec lesquelles j'avancerai à toute allure vers Toi. Amen ! »

Share/Bookmark

mercredi 26 août 2009

Un désir brûlant

Un désir brûlant

Notre âme ressemble à une bougie, tel qu'il est écrit (Proverbes 20:27) : “L'âme de l'homme est la bougie de D-ieu qui cherche dans tous les replis du cœur.” À l'image de la flamme d'une bougie – qui cherche continuellement à monter et à s'élever – notre âme cherche toujours à s'élever et à faire la volonté d'Hachem. L'amour que la personne juive ressent pour le Créateur est puissant, “fort comme la mort” (Cantique des Cantiques 8:6).

Rien ne doit se situer au-dessus de notre amour pour le Maître du monde. Les traits de la puissance de ce désir, de cet amour, de cette envie ardente pour D-ieu (id.) “sont des traits de feu, une flamme Divine.” Cet amour est d'une telle force que (id. 8:7), “des torrents d'eau ne sauraient l'éteindre ; des fleuves ne sauraient le noyer.” La puissance de notre amour et de notre désir pour D-ieu ressemble à une bougie qui “cherche dans tous les replis du cœur.”

Brûler de désir

Ceci est le trait essentiel de notre âme. Si elle est appelée “la bougie de D-ieu”, c'est qu'elle brûle et qu'elle éclaire grâce à la force de notre désir de suivre la Volonté divine. Grâce à cette lumière, nous pouvons illuminer toutes les sortes d'obscurité qui existent dans le monde. C'est uniquement pour cette raison que notre âme est descendue dans ce monde et qu'elle a été revêtue d'un corps.

C'est parce qu'ils ne possèdent pas d'âmes que les anges échouent dans ce monde, lorsqu'ils y sont envoyés pour une mission spécifique. L'aspect matériel de ce monde est d'une force qu'ils ne peuvent pas surmonter. C'est seulement parce l'âme provient d'un endroit extrêmement élevé – c'est-à-dire de la volonté supérieure – qu'elle possède la force de lutter contre le matérialisme du monde ici-bas.

Notre âme désire continuellement remonter vers sa racine sainte et son Origine divine. Elle cherche constamment la présence de D-ieu dans ce monde et l'aspect positif de tous les évènements qui remplissent notre vie. C'est cette attitude combattante qui lui permet de se renforcer face à l'obscurité spirituelle de ce monde, à l'aspect matériel de notre corps.

Nous devons comprendre que la force de notre désir de vouloir faire la volonté de D-ieu est une lumière et une bougie spirituelles qui nous illuminent dans les nombreuses obscurités que nous devons rencontrer dans ce monde. C'est ce que le Roi David a déclarer (Psaumes 18:29) : “Tu fais briller ma lumière ! L'Éternel, mon D-ieu, illumine mes ténèbres !”

(Traduit et adapté du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Ora'h 'Haïm, Halakhoth Birkath HaCha'har, halakha 5) 

Bookmark and Share

mardi 18 août 2009

Une attente profitable

Une attente profitable


Le monde semble vraiment injuste. Du jour où une personne décide de se rapprocher d'Hachem, les choses se compliquent. Cela commence généralement par notre travail qu'il faut quitter : nous ne pouvons plus travailler le samedi. Ensuite, ce sont les amis qui se lassent de nous : la recherche de restaurants kachers n'est guère de leur goût. La famille elle-même s'y met : que de remarques désobligeantes contre notre volonté de vouloir accorder à notre âme la place qui lui revient !

Rapidement, une question surgit dans notre esprit : pour quelle raison D-ieu nous rend-il notre rapprochement si difficile ? En fin de compte, s'Il nous aimait vraiment, ne devrait-Il pas agir exactement d'une façon opposée ? Sans attendre le tapis rouge, on aimerait pour le moins que les obstacles ne se lèvent pas contre notre volonté. En suivant ce raisonnement, certaines personnes en arrivent à la conclusion malheureuse qu'Hachem ne les aime pas et elles abandonnent toutes les bonnes décisions qu'elles s'étaient jurées de tenir ferme.

Une attente salutaire

Savoir attendre fait partie intégrante du Service divin. Notre manque d'enthousiasme à attendre s'explique facilement : qui aime attendre à la banque, à la poste, chez le médecin ? Cependant, si nous comprenons que dans le domaine spirituel l'attente nous est bénéfique, nous avons de grandes chances de la vivre d'une façon différente. Une histoire – en guise d'exemple – peut nous aider à atteindre cet objectif.

David a beaucoup d'estime pour Ilan. Les deux étaient d'excellents amis à l'école et malgré les années qui ont passées, rien ne les a séparés. David est devenu ingénieur dans les travaux publics, tandis qu'Ilan est devenu un érudit dans la Tora. La sagesse d'Ilan – ainsi que sa force de travail – lui ont permis d'atteindre un niveau de connaissance exceptionnel et les personnes du monde entier cherchent maintenant ses conseils.

David a appris qu'Ilan est de passage dans sa ville. Immédiatement il lui a téléphoné pour arranger un rendez-vous. Ilan n'a pas hésité une seconde : “Ma journée est remplie de rendez-vous, mais si tu viens une bonne heure avant le premier entretien que je dois avoir, nous aurons amplement le temps de discuter ; cela me fera extrêmement plaisir.” David est aux anges : il va pouvoir recevoir les bons conseils de son ami le Rav pendant tout ce temps !

En fin de compte, David a perdu beaucoup de temps sur le périphérique et c'est tout penaud qu'il arrive chez Ilan… cinq minutes avant l'heure du premier rendez-vous. Ilan aussi est déçu, mais l'amour qu'il a pour son ami est sans fin. “Attends ici et si une personne ne se présente pas à son rendez-vous, nous pourrons en profiter pour nous voir. Dans le pire des cas, nous passerons la fin de soirée ensemble : je ne désire absolument quitter la ville sans t'avoir parlé.” David apprécie l'attitude de son ami ; il sait très bien qu'en fin de journée celui-ci sera très fatigué. Le fait qu'il désire cependant le voir le touche profondément.

Dès huit heures le matin, la première personne se présente et chaque demi-heure une autre arrive. À chaque nouvelle entrée, on propose à David d'entrer dans le bureau du Rav : “N'étiez-vous pas ici avant moi ?” Cependant, David refuse poliment. Sans en expliquer la raison, il sait pertinemment que pour chaque personne qu'il laisse passer devant lui, se rapproche d'autant plus l'heure tant attendue de sa rencontre !

Dans ces conditions, l'attente se fait douce aux yeux de David. Chaque heure qui passe est l'objet d'une pensée agréable : “Bientôt, je pourrai lui parler.” À aucun instant l'énervement et l'impatience n'effleurent David. La journée – et la longue attente – se passent sans difficulté, avec le sourire qui ne quitte pas son visage.

Pas une seule personne n'a manqué à l'appel. David a patienté 10 heures, sans s'énerver, sans s'irriter. En fin de journée, lorsqu'Ilan ouvre la porte, il découvre le visage souriant de son ami. Maintenant, ils vont pouvoir parler…

D-ieu nous fait attendre pour notre bien

En nous faisant attendre, Hachem nous permet de nous raffiner, nous purifier. Le Créateur sait qu'en nous acceptant de suite, nous serions encore encombrés de toutes nos mauvaises attitudes, nos mauvais désirs… Chaque jour, chaque moi, chaque année qui passe nous permet de nous élever et de nous nettoyer. En fait, c'est l'attente elle-même qui nous rapproche de D-ieu.

L'attente doit nous permettre de multiplier nos prières et notre enthousiasme de voir la porte s'ouvrir. En aucun cas, elle doit être le prétexte d'un énervement quelconque. Nous pouvons trouver cela difficile, mais si nous transformons cette difficulté à comprendre ce concept en d'interminables prières, nous aurons fait de grands pas vers le Maître du monde. Heureuse est la personne qui y parvient !

Bookmark and Share

dimanche 16 août 2009

Vouloir vouloir

Vouloir vouloir !

Vouloir est ce qui reste à la personne qui a tout perdu. Celle qui ne possède plus rien, celle a qui on a tout volé et tout pris ne garde plus que sa volonté. Avec le démuni, réside la volonté d'être dans l'opulence.

Que nous reste-t-il de notre Service divin ? Nous avons perdu – depuis bien longtemps – notre proximité avec Hachem. Depuis la destruction du Temple de Jérusalem, notre cœur et notre âme semblent s'être détachés de leur racine commune. Tout ce qui n'est pas juif nous attire comme un aimant attire le fer. La culture, la mode vestimentaire, la musique, la façon de parler, de penser… tout ce qui ne nous appartient pas frappe à notre porte et essaie d'entrer – de gré ou de force – en nous. Lorsque nous fermons la porte, les forces extérieures frappent à la fenêtre. Lorsque nous baissons le store, elles se faufilent par la porte du jardin…

Un bilan désolant

Le bilan de notre service religieux n'est guère reluisant. Nous ne sentons plus la Sainteté, nous ne savons plus apprendre, nous ne parvenons plus à contrôler nos pensées… Pauvre de nous ! Le Maître du monde possède toutes les raisons de pleurer devant notre éloignement.

Plus grave encore, nous ne nous sentons pas coupables. “Je ne suis pas le grand Sage de la génération !” ; “Suis-je donc le Ba'al Chem Tov pour qu'on me demande de telles choses ?” Etc. Notre indifférence face à notre pauvreté spirituelle est ce qui est le plus blessant. Être loin d'Hachem est grave, s'en complaire est désolant.

Notre indifférence n'est pas anodine. Elle nous est inspirée par la société moderne dans laquelle nous vivons. Avoir du plaisir, passer du bon temps et chercher les plaisirs rapides et provisoires sont devenus nos principales activités. Notre âme pleure, mais nous ne l'entendons pas. Celui qui fait le sourd peut nous faire croire qu'il ne nous entend pas, mais nous savons qu'en réalité, c'est son désir de ne pas nous écouter qui en est la raison.

Chaque pas que nous faisons vers D-ieu représente une quantité d''efforts incroyables ; à l'inverse, nous courrons à grandes enjambées pour tomber dans les bras d'un monde qui n'est pas le nôtre. Dans ces conditions, l'enfer s'est invité sur terre et notre vie n'en n'est plus une.

Des raisons pour être joyeux

Tous les espoirs seraient-ils perdus ? N'y aurait-il aucune chance pour remonter la pente ? Serions-nous donc obligés de vivre comme Robert, Paul et Jean ? Nullement, et ce mode de pensée est également l'œuvre des forces du mal, de la mort.

En réalité, nous avons de nombreuses raisons d'éprouver de la joie et d'être heureux. Peu importe si nous faisons tout de travers, si nous ne comprenons rien à ce qu'attend de nous le Créateur… Ce qui nous reste est l'essentiel et nul ne peut nous le prendre. Ce qui se trouve en notre cœur est beau, pur et nous permet de garder intact ce sentiment de proximité avec le Divin.

Nous ne faisons plus grand-chose comme nous le devrions, mais nous désirons néanmoins y arriver. Nous faisons toutes les fautes du monde, mais nous pleurons de nos erreurs. Nous sommes des aveugles perdus dans un monde de fous, mais nos larmes sont les témoins de notre désir de retrouver le palais du Roi.

Nos larmes pour notre rapprochement avec D-ieu sont notre passeport pour la Sainteté. Sans elles, notre âme est proche de la mort clinique. Nous ne devons pas échanger une seule de ces larmes pour toutes les sommes du monde. Un million d'euros ne vaut absolument rien face à une larme pour D-ieu.

Quoi ? Vous ne pleurez pas de votre éloignement ? Vous ne vous sentez pas éperdus d'être devenus des aveugles spirituels ?

Quelle sottise de croire que cela est problématique. Nous sommes tous des pauvres à qui tout à été volé. Cependant, sur notre sécheresse spirituelle et notre relatif bien-être à la vivre, nous pouvons également pleurer.

“Maître du monde ! Aide-moi, et maintenant ! Je suis perdu et je me sens bien de l'être ! Je ne vis pas ma vie et cela m'est égal ! Que m'est-il arrivé ? N'est-ce pas Toi qui a décidé de me faire naître parmi un peuple saint ? Et voilà que je vis la vie des autres ! Je T'en supplie : viens à mon aide ; je me noie. Je sens l'eau entrer dans narines. Le temps presse. Vois me yeux : ils sont secs comme une pierre. Qu'il Te plaise que les larmes apparaissent ! Je désire recouvrer la vie, la vraie, celle pour laquelle Tu m'as créé.”

Bookmark and Share

jeudi 11 juin 2009

Servir D-ieu dans la joie !

Servir D-ieu dans la joie !

(Réponse à la lettre de Yossef Muller. Pour lire sa lettre, cliquez ici.)

Yossef,

C'est peu dire que l'impression qui se dégage de votre texte en est une où la joie et le bonheur de faire partie du Peuple d'Israël ne sautent pas aux yeux. Cela correspondait-il à un évènement malheureux passager particulier ou à un sentiment plus profond ?

Votre déclaration : “je suis guer (un converti) cette condition est une souffrance pour la vie” me semble tellement éloignée de ce qu'une âme qui retrouve sa famille doit ressentir ! Servir D-ieu doit se faire dans la joie, peu importe qui nous sommes et d'où nous venons. Le Maître du monde désire nous voir heureux, souriants et joyeux de Lui appartenir.

Retourner vers D-ieu

Vous avez entièrement raison de souligner qu'une des difficultés des guerim consiste à trouver leur chemin. Ceux qui n'ont pas reçu de tradition ont naturellement plus de difficultés de vivre avec que les autres. Cependant, tous les juifs ne sont pas “ pétris par la tradition et les chemins et conseils à suivre transmis par [leur] famille.”

Nous vivons une époque formidable. Le peuple juif se réveille et retrouve ses racines saintes. Dans le monde entier, ce sont des milliers d'individus qui redécouvrent le chemin de la Tora et l'importance de leur relation avec Hachem. Pour toutes ces personnes aussi, la tradition reste à imaginer. Elles aussi n'ont pas reçu d'héritage et contrairement à vous, elles peuvent sentir de l'amertume envers leurs parents pour ne pas leur avoir donné l'éducation qu'elles auraient dû recevoir. Vous avez cette chance de ne rien devoir rectifier, vous devez seulement construire !

Cette comparaison entre guerim et ba'alé téchouva peut vous aider à réaliser que vous n'êtes pas seul à faire face à ce type de difficultés. La comparaison s'applique également à l'éducation des enfants : quoi leur dire ? Comment leur transmettre ce qu'on n'a pas reçu ? Etc. En d'autres termes, le Service divin des guerim et des ba'alé téchouva se ressemble sur un nombre important d'aspects. C'est pour cela que Rabbi Na'hman de Breslev – dans son enseignement du Liqouté Moharan – a comparé souvent les guerim aux ba'alé téchouva.

Une direction claire

Vous avez également raison lorsque vous écrivez qu'“en tant que guer, [on] risque de suivre les chemins qui [nous] sont conseillés par ... tout le monde.” C'est pour éviter la confusion inhérente à cette situation qu'il est primordial d'avoir un Rav auquel nous adressons nos questions. Bien sûr, cela est important pour la halakha, mais aussi pour la hachqafa, c'est-à-dire toutes les questions relatives au style de vie, au choix quotidien que nous devons faire en ce qui concerne des choses qui ne sont pas couvertes pas les halakhoth.

Les conseils donnés pas un Rav sont réellement le souffle de vie de l'individu. Je souhaite de tout cœur que vous en ayez un, afin de pouvoir lui faire part de vos questions, interrogations, soucis…

Il y a tant à dire ! Si je devais partager une seule chose avec vous, cela serait d'essayer de vous communiquer la joie de servir notre Créateur. J'espère de tout cœur que nous pourrons continuer à correspondre.

Servez D-ieu dans la joie ! Parlez-lui avec le bonheur de savoir qu'Il vous écoute et que vous êtes unique !

Bonne journée.

David-Yits'haq Trauttman

Bookmark and Share

mardi 2 juin 2009

Un train à ne pas manquer


En servant D-ieu, nous devons savoir qui nous servons. Cela semble un peu simpliste, mais pourtant, il y a des fois où nous pouvons l'oublier. Ainsi, peut-on dire de la personne qui est malade – que D-ieu nous préserve – et qui est restée couchée tout le samedi qu'elle a respecté le Chabath ? D'un côté, si elle n'a réalisé aucune action interdite – même par la force des choses – elle n'a certainement pas transgressé d'interdiction. D'autre part, on ne peut pas considérer son respect du Chabath comme faisant partie de son Service divin.

Servir D-ieu, c'est se sacrifier

L'expression hébreu “'Avodath Hachem” (traduite le plus souvent par “Service divin”), signifie exactement “le Travail de D-ieu”. Travailler implique une certaine dose d'abnégation et d'efforts de notre part. La personne qui sert Hachem parce qu'elle trouve cela logique ne Le sert pas vraiment.

Prenons l'exemple d'une personne dont la compassion est le trait marquant. Si elle donne la charité uniquement par compassion – en sachant également que D-ieu nous le demande – elle ne sert pas réellement le Créateur, même si elle fait bénéficier un indigent de sa générosité.

C'est uniquement lorsque nous brisons notre tendance à ne pas donner (“Croit-il qu'il est le seul sur la terre à avoir faim ?” ; “Je ne suis même pas certain-e qu'il n'ira pas acheter un litre de vin avec mon argent !”…) que nous servons réellement D-ieu. En d'autres termes, c'est lorsque nous nous oublions que nous rendons gloire à D-ieu.

Cette réalité s'explique par l'objectif principal qui doit guider notre vie : reconnaître et révéler que tout ce qui se passe dans ce monde correspond à la volonté d'Hachem. Ainsi, si je donne la charité, ce n'est pas par compassion, mais parce que D-ieu me le demande. Si je prie, ce n'est pas parce que cela me décontracte, mais parce que le Maître du monde le désire. Si je mange kacher, ce n'est pas parce cela est diététique, mais parce qu'Hachem me l'a ordonné.

Ce sont les petites attentions qui comptent

Cette vision doit nous encourager. De fait, si le moindre geste lié à D-ieu entre dans l''Avodath Hachem (le Service divin), cela me donne un nombre infini d'opportunité de Le servir, chaque jour. Un simple verre d'eau pour épancher notre soif devient l'occasion de formuler une courte prière à la gloire du Créateur. Un besoin pressant ? En sortant des toilettes, nous remercierons le Maître du monde de nous avoir accorder un corps qui fonctionne d'une façon plaisante et régulière…

Qu'on fasse le compte : en fin de journée, combien d'opportunités aurons-nous eues pour révéler le règne de D-ieu dans ce monde ? C'est de cette façon que nous devons Le servir : des petits gestes de la vie quotidienne qui transforment celle-ci en un hommage continu et sans fin.

Si nous désirons réellement nous rapprocher d'Hachem, il nous suffit de ne pas rater les départs fréquents du train de notre Service divin. À chaque coup de sifflet, c'est avec joie que nous pouvons y monter.

Bookmark and Share

dimanche 31 mai 2009

Servir D-ieu : de quelle façon ?

Chavou'oth est à peine fini que nous devons nous demander de quelle façon nous pouvons utiliser la Tora que nous avons reçue à cette occasion. À quoi aurait servi le don de la Tora si nous ne pouvons pas en tirer une conclusion pratique et une motivation supplémentaire pour nous rapprocher de D-ieu ?

Voir grand

Si l'on me demandait quelle est la plus grande et belle façon de servir Hachem, je pourrais répondre que le Créateur attend de nous des gestes et des actions à la taille de Sa Grandeur. Partant, il me semblerait approprié de donner une somme colossale à l'école juive de mon quartier ou à la synagogue où je prie quelques fois.

Une autre façon de montrer mon amour au Maître du monde pourrait être de consacrer ma vie entière à Son service. Dans ce cas, chaque heure, minute et seconde de ma vie serait dédiée au Ciel et je n'aurais plus aucune notion de l'aspect physique de la vie.

Une autre possibilité : celle de mourir pour le Nom de D-ieu. Après tout, tellement d'imbéciles le font tous les jours à travers le monde que moi aussi, je pourrais sauter dans le train du : “Tout pour D-ieu !”. Il me suffirait de trouver une cause qui en vaille la peine et le tour serait joué.

Avec un peu plus de temps devant moi, je pourrais ainsi continuer à penser à toutes les formes que mon Service divin pourrait prendre. Je ne penserais qu'à servir le Ciel et toutes mes pensées seraient hors de ce monde. Je serais un être différent de ce que je suis aujourd'hui et je pourrais enfin espérer passer avec succès l'examen final de ma vie.

Une question de mesure

Rabbi Na'hman de Breslev nous fournit une question intéressante. Selon le père de la pensée breslev, la révélation de la gloire de D-ieu est grande lorsque “les individus qui en sont extrêmement éloignés s'approchent également de Son service. C'est de cette façon que Son nom est honoré ici-bas et au Ciel.”

Quelle révélation ! Moi qui pense le plus souvent qu'il est sans doute plus rapide de parcourir à pied la distance qui me sépare de la lune que celle qui me sépare d'Hachem, je sais enfin ce que je dois faire. Lorsque je me rapproche de Lui – même que de quelques centimètres – j'accorde à mon Créateur l'honneur qui Lui revient.

Je vous l'avoue : il m'arrive à l'occasion de désespérer de pouvoir servir d'une façon convenable Hachem. Tout ce que je fais, tout ce que je dis et tout ce que j'entends dire à propos de moi me semble tellement négatif (je ne fais pas allusion forcément à la récente discussion que j'ai eu avec ma belle-mère !).

Rabbi Na'hman me redonne vie ! Grâce à lui, je sais que la prochaine bénédiction que je ferai avant de manger ou de boire sera une opportunité unique de montrer mon amour à Hachem. Il est certain que je prendrai le temps de bien la prononcer ! De même, la prochaine fois que je pourrai faire une bonne action, je remercierai le Maître du monde pour accorder cet honneur.

En fait, c'est de cette façon que nous devons recevoir la Tora : avec des pensées positives et qui peuvent aboutir à des changements concrets dans notre vie et notre façon de servir D-ieu. Ainsi, nous aurons réellement reçu la Tora lors de la récente fête de Chavou'oth !

Bookmark and Share

lundi 11 mai 2009

La joie, toujours la joie (1)

La joie, toujours la joie !

“Cher David,
a
Je vous demande de m'apprendre comment devenir et rester plus spirituel que ce que je suis. Je veux aussi que vous me disiez comment reconnaître les fausses valeurs juives. Merci.
a
Sincèrement, E. au Royaume-Uni.”

Cher E.,

Ce soir – lundi 11 mai 2009 – commenceront les festivités de Lag Ba'Omer. C'est ce jour-là que chaque année, le plus grand nombre de juifs visitent un lieu unique : la tombe de Rabbi Chim'on Bar Yo'haï, dans la ville de Méron. À cette occasion, la joie, les danses et la musique se prolongent toute la nuit, ainsi que le lendemain, jusqu'au coucher du soleil. Le jour de l'anniversaire du décès de Rabbi Chim'on Bar Yo'haï, le peuple juif se réjouit.

Quel rapport avec votre demande de plus de spiritualité, de recherche des vraies valeurs juives et la fête de Lag Ba'Omer ?

La spiritualité se trouve dans la joie

La joie débordante de Lag Ba'Omer est le prototype parfait de la spiritualité que D-ieu désire nous voir vivre. Servir le Créateur doit se faire dans la joie. Cela n'est pas si étonnant quand on y pense. Que penserions-nous d'un mari qui “aimerait” sa femme en l'absence totale de joie ? Hachem est notre Père et nous devons l'aimer avec un sentiment adéquat de bonheur et de joie.

Devenir plus spirituel, c'est désirer se rapprocher un peu plus de D-ieu et Lui demander de combler nos manques.

Vouloir faire un pas vers le Divin signifie désirer faire la Volonté divine. Prenons de nouveau l'exemple d'un mari. Si celui-ci désire se rapprocher de sa femme, c'est en faisant ce qu'elle désire qu'il peut espérer y arriver. S'il continue à faire ce qui comble son propre plaisir, les risques sont grands que cela ne corresponde pas à ce qu'attend sa femme.

En servant Hachem dans la joie, ce n'est pas seulement notre vie qui prend un aspect agréable, c'est également D-ieu qui relèvera notre enthousiasme et notre bonne humeur à tenir le rôle qu'Il attend de nous.

Cependant, la joie seule ne suffit pas à servir D-ieu. La personne extrêmement joyeuse qui ne suit pas le chemin de la Tora n'est pas sur la voie du rapprochement avec le Maître du monde.

L'étude pour devenir spirituel

Devenir plus spirituel, c'est se remplir de Savoir divin. Nous obtenons ce savoir en étudiant (la Tora, les lois juives, l'éthique…) chaque jour un peu plus. À chaque personne son chemin : celle-ci peut étudier une heure, tandis que l'autre passe quatre heures dans les livres. En la matière, nous devons faire le maximum selon notre temps disponible. Peu importe le niveau que nous atteignons, le plus important est d'étudier.

Il est important de dire que chaque moment d'étude nous transforme en personne spirituelle, sans que nous le sentions forcément et sans que notre entourage puisse toujours percevoir le changement qui a eu lieu en nous.

Pour conclure ma réponse, voue deviendrez plus spirituel aussi longtemps que vous désirerez vous rapprocher de D-ieu. Dans la mesure où vous semblez vouloir avancer à vive allure, j'aurais tendance à vous définir déjà comme une personne spirituelle.

Je répondrai prochainement à la seconde partie de votre lettre.

Amicalement, David-Yits'haq

(Pour lire des articles à propos de Lag ba'Omer, cliquez ici.)

Bookmark and Share

LinkWithin

Blog Widget by LinkWithin