vendredi 7 septembre 1990

Le Seder de Roch Ha-Chana

Rav Ovadia Yossef, chelita

Pendant les 2 soirs de Roch Ha-Chana, nous avons la tradition de consommer certains aliments en guise de bon signe pour toute l’année.

C’est pour cela que nous mangeons ces soirs-là, des haricots (Roubya en araméen ou Loubya en arabe), de la courge (Kr’a), du poireau (Karti), des blettes ou des épinards (Silka), des dattes (Témarim), des grenades (Rimonim), la pomme dans le miel (Tapouah’ Bidvach), et de la tête de mouton (Roch Kévess).

Nous avons déjà écrit dans une précédente Halah’a qu’une personne qui consomme des fruits ou des légumes avant le repas, s’introduit dans une situation douteuse :

À savoir, cette personne doit-elle d’abord réciter la Bérah’a finale sur ces aliments avant de débuter son repas, ou bien le Birkat Hamazon inclura non seulement le repas, mais également les aliments consommés juste avant ?

Or, puisque l’on ne doit pas s’introduire à priori dans une situation de doute sur une Bérah’a, il est recommandé de procéder au Seder de Roch Ha-Chana au milieu du repas, après le Motsi, après avoir consommé au moins une quantité de Kazaït (27g) de pain.

Lorsque nous consommons au milieu du repas, des légumes comme les haricots, la courge, le poireau, les épinards, ou la tête de mouton, nous ne récitons aucune Bérah’a alimentaire, c'est-à-dire Boré Péri Ha-adama ou Chéhakol, car la Bérah’a de Ha-Motsi les en acquitte, et cela, même si on les consomme sans pain, car l’usage est d’accompagner les plats de légumes avec du pain.

Par contre, les fruits comme la datte, la grenade, ou la pomme trempée dans le miel, nécessitent une Bérah’a, puisqu’en général, ils ne s’accompagnent pas de pain, la Bérah’a de Motsi ne peut donc pas les inclure.

Voici l’ordre dans lequel nous consommons les « Signes », les soirs de Roch Ha-Chana :

Pour commencer, il faut prendre une datte et réciter la Bérah’a de Boré Péri Ha’ets. Si les dattes sont nouvelles, on doit aussi réciter la Bérah’a de Chéhéhé’yanou (mais il faut veiller à ne pas les placer sur la table au moment du Kiddouch lorsqu’on récite Chéhéhé’yanou, afin de ne pas les acquitter par le Chéhéhé’yanou du Kiddouch et perdre par cela le Chéhéhé’yanou sur le fruit, il faudra donc les retirer de la table lors du Kiddouch, ou bien les recouvrir). 

Ensuite, on goûte un peu de la datte, et on dit : « Yéhi Ratson Milefanéh’a A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Véélo-hé Avoténou Cheyitamou Oyévénou Vésson’énou Véh’ol Mévakché Ra’atenou » (« …que nos ennemis disparaissent… »).

Ensuite, on prend de la grenade et on dit : « Yéhi Ratson Miléfanéh’a A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Véélo-hé Avoténou Chénihyé Méléim Mitsvot Karimon (« …que nous soyons remplis de Mitsvot comme la grenade), puis on consomme.

Ensuite, on prend la pomme dans le miel et on dit : « Yéhi Ratson Miléfanéh’a A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Véélo-hé Avoténou Chétith’adèch ‘Alénou Chana Tova Oumétouka (« …que se renouvelle pour nous une bonne et douce année)

(lorsqu’on récite la formule du « Yéhi Ratson… », il faut la dire avec mention du Nom d’Hachem, ainsi que sa Royauté (Chem OuMalh’out)

Après avoir goûter de la pomme dans le miel, on prend des haricots et on dit : « Yéhi Ratson Miléfanéh’a A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Véélo-hé Avoténou Chéyirbou Za’houyoténou… (« …que nos mérites se multiplient »)

Ensuite, on prend de la courge et on dit : « Yéhi Ratson Miléfanéh’a A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Véélo-hé Avoténou Chéyikara’ Roa’ Guézar Dinénou, Véyikaréou Léfanéh’a Zah’iyoténou (…que soit déchiré notre mauvais décret et que soient lus devant Toi nos mérites) (certains ont l’habitude de consommer de la carotte avec la courge car on prononce le mot « Guézar » dans le Yéhi Ratson, et il ressemble au mot Guézer qui veut dire « carotte »)

Ensuite, on prend du poireau et on dit : « Yéhi Ratson Miléfanéh’a A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Véélo-hé Avoténou Chéyikartou Oyévénou Vésson’énou Véh’ol Mévakché Ra’aténou (« …que soient retranchés nos ennemis »)

Ensuite, on prend des épinards et on dit : « Yéhi Ratson Miléfanéh’a A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Véélo-hé Avoténou Chéyistalékou Oyevénou Vésson’énou Véh’ol Mévakché Ra’aténou (« …que soient retranchés nos ennemis)

Ensuite, on prend de la tête de mouton et on dit : « Yéhi Ratson Miléfanéh’a A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Véélo-hé Avoténou Chénihyé Léroch Vélo Lézanav. En souvenir du bélier d’Itsh’ak Avinou, le fils d’Avraham Avinou (« …Que nous soyons à la tête, et non à la queue et ceci est en souvenir du bélier qui fut sacrifié à la place d’Itsh’ak Avinou)

Il faut être très vigilant sur la Cacherout de la viande ou de la tête de mouton, de ne l’acheter seulement lorsqu’on sait explicitement qu’elle est Cacher, que le mouton a été abattu par un Choh’et compétent, qui craint Hachem, et que l’on a vérifié que la viande est H’alak. Si l’on ne trouve pas de la tête de mouton sous ces conditions, il est préférable de prendre une tête de poulet ou de poisson, ou de tout autre animal.

Certains ont l’habitude de consommer du poisson pour Roch Ha-Chana, par allusion au fait que nous souhaitons nous multiplier comme les poissons.

Cette tradition est rapportée par Rabbi David ABOUDERHEIM.

Cependant, notre maître le H’YDA rapporte qu’il ne faut pas consommer de poisson pour Roch Ha-Chana, puisque le mot DAG (poisson) ressemble au mot DAAG (avoir des soucis). Il fonde cette explication à partir du Tikouné Ha-Zohar Ha-Kadoch.

Cependant, lorsque Roch Ha-Chana tombe un Chabbat, il ne faut pas annuler la coutume de manger du poisson le Chabbat.

La rédaction de la « Halacha Yomit » souhaite Chana Tova à tous ses chers lecteurs et à toutes les personnes qui étudient chaque jour la Halah’a Yomit. Qu’Hachem exauce toutes vos demandes pour le bien, et que soient acceptées toutes nos prières, que l’on soit inscrits et scellés pour une longue vie et pour la paix, que l’on ait le mérite de voir la rédemption finale, rapidement et de nos jours. AMEN.

Nous demandons à tous nos chers abonnés qui étudient la Torah de notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF Ben Gourgiyé Chlita (c’est le nom complet de notre maître), de mentionner dans les prières des Yamim Noraïm qu’Hachem nous donne le mérite de marcher à la lueur de la Torah de notre grand maître de nombreuses années. Que nous ayons le mérite qu’il nous rédige de nombreux autres ouvrages si utiles, dans une parfaite santé, Amen. (Halacha Yomit)

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Le ‘Erouv Tavchiline

Rav Ovadia Yossef, chelita

Dans la Halah’a précédente, nous avons expliqué le Din de l’allumage des Nérott de Roch Ha-Chana. Nous avons aussi mentionné le Din de ‘Erouv Tavchiline pour le Yom Tov qui tombe un vendredi, comme nous allons l’expliquer.

Cette année (5771), le 2ème jour de Roch Ha-Chana tombera un vendredi veille de Chabbat. (10.09.10)

Nos maîtres interdisent de cuisiner pendant un jour de Yom Tov pour les besoins de Chabbat, et ne l’autorisent qu’au moyen du ‘Erouv Tavchiline.

Le ‘Erouv Tavchiline consiste à prévoir un pain et un plat cuit, depuis la veille du 1er Yom Tov (depuis mercredi 08.09.10), pour les repas de Chabbat, afin d’exprimer que l’on ne commence pas nos préparatifs culinaires de Chabbat pendant Yom Tov (vendredi), mais nous nous contentons seulement de les finir.

(Explication : Vis-à-vis de l’honneur de Yom Tov, nos maîtres ont interdit de cuisiner pendant Yom Tov, même pour les besoins de Chabbat, mais si l’on entame nos préparatifs de Chabbat avant même que Yom Tov n’entre, et que nous ne faisons seulement qu’achever nos préparatifs de Chabbat pendant Yom Tov, il n’y a là aucune atteinte à l’honneur du Yom Tov. C’est la raison pour laquelle nous prévoyons un pain et un plat cuisiné avant l’entrée du 1er Yom Tov pour les besoins des repas de Chabbat, afin de montrer que nous entamons les préparatifs de Chabbat dès à présent, avant l’entrée de Yom Tov, et que pendant le Yom Tov lui-même, nous ne ferons que les achever.)

Si quelqu’un n’a pas procédé à ce ‘Erouv Tavchiline, il ne peut effectuer aucun préparatif de Chabbat pendant Yom Tov.

Le pain et le plat cuisiné que nous devons prévoir pour le ‘Erouv Tavchiline, possèdent différents détails Halah’ic.

La tradition est de prévoir un pain d’un poids d’environ 30g (Kazaît), et un œuf dur.

La veille de Yom Tov (mercredi), lorsque nous prenons le pain et l’œuf dur pour le placer en tant que ‘Erouv Tavchiline, nous devons réciter la Bérah’a suivante :

BAROUH’ ATA A.D.O.N.A.Ï ELO-HENOU MELEH’ HA’OLAM ACHER KIDDECHANOU BEMITSVOTAV VETSIVANOU ‘AL MITSVAT ‘EROUV.

Ensuite nous devons faire la déclaration suivante dans la langue que nous comprenons :

« Grâce à ce ‘Erouv, il nous sera permis d’enfourner, de cuisiner, d’allumer le feu (par une flamme déjà existante avant la fête), et d’exécuter tous nos préparatifs pendant Yom Tov pour les besoins de Shabbat. »

Ensuite, nous plaçons ce ‘Erouv à un endroit où il sera préservé, et nous devons le consommer pendant Chabbat (vendredi soir).

Dans la plupart des communautés, le Rav de la ville pense à acquitter par son ‘Erouv, toutes les personnes qui auraient éventuellement oublié de procéder au ‘Erouv avant la fête.

Par conséquent, si une personne se rend compte pendant Yom Tov qu’elle a oublié de procéder au ‘Erouv Tavchiline avant la fête, et qu’elle sait que le Rav de la ville a pensé à acquitter toutes les personnes qui oublieraient de procéder au ‘Erouv, cette personne peut quand même cuisiner pendant Yom Tov pour Chabbat.

Mais Leh’ateh’ila (à priori) toute personne a le devoir de procéder à son propre ‘Erouv Tavchiline avant la fête.

Même si l’on a procédé au ‘Erouv Tavchiline avant la fête, conformément à la Halah’a, il faut avoir terminé les préparatifs de Chabbat le 2ème Yom Tov (vendredi) quand il fait encore grand jour, et ne pas tarder jusqu’à l’entrée de Chabbat.

Cependant, si Bedi’avad (a posteriori), une personne a été retardée pour une raison quelconque, elle peut poursuivre ses préparatifs de Chabbat pendant Yom Tov, jusqu’à avant la Chki’a (le coucher du soleil) du 2ème Yom Tov (vendredi).

Tout ceci, à la condition que l’on a procédé au ‘Erouv Tavchiline avant la fête.

L’allumage des Nerot du 2ème Yom Tov (vendredi) doit se faire au plus tard 20mn avant l’heure de la Chki’a (le coucher du soleil), et nous pouvons préparer les Nerot pendant la journée de Yom Tov. (Halacha Yomit)

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lundi 3 septembre 1990

La veille de Roch Ha-Chana

Rav Ovadia Yossef, chelita

Il est enseigné dans le Midrash sur le verset :

« Quel grand peuple possède-t-il un D. qui lui est si proche, comme Hachem notre Dieu, à chaque fois que nous l’appelons » (Dévarim 7)

Rabbi H’anina et Rabbi Yehoshou’a disent : « Quelle nation est elle comparable à cette nation qui connaît les usages et la justice de son D. ?! »

En effet, l’usage en vigueur sur terre est, que lorsqu’un homme est convoqué au tribunal pour des accusations sur lesquelles il risque la condamnation à mort ou la perte de tout ce qu’il possède, cet homme se trouve dans un tel état de tristesse et de dépression, qu’il ne lui vient pas à l’esprit de soigner son apparence extérieure, il s’habille donc de vêtements sombres, et il est certain qu’il ne pense pas à revêtir des habits de fête, ni même à se raser ou se couper les cheveux.

Mais le peuple d’Israël ne réagit pas ainsi !

Ils s’habillent de blanc, se rasent et se coupent les cheveux, coupent leurs ongles, mangent et boivent, et se réjouissent le jour de Roch Ha-Chana, car ils savent qu’Hachem les gratifiera d’un miracle.

Par conséquent, nous avons la tradition de nous couper les cheveux, de laver le linge la veille de Roch Ha-Chana, et cette tradition est très grande !

Certains ont la tradition de s’immerger dans un Mikvé (Bain Rituel) la veille de Roch Ha-Chana. Celui qui n’en a pas la possibilité peut se contenter de verser sur son corps la quantité de 12 litres ½ d’eau (9 Kabine), et il peut le faire même au moyen de la douche, en se tenant sous la douche, et en laissant l’eau couler sur sa tête et son corps jusqu’à ce qu’il estime que la quantité de 12 litres ½ a coulé.

Attention !!!

Il est évident que cette purification au moyen de la douche ne se substitue pas du tout à la purification du Mikvé, et il est encore plus évident que ce moyen ne peut être toléré que pour un homme, et qui ne peut se rendre au Mikvé.

Mais ce procédé est totalement inefficace et sans aucun poids Halah’ique pour une femme qui doit se rendre tous les mois au Mikvé !!!

Il est évident que la femme reste impure tant qu’elle ne s’est pas immergée dans un Mikvé, conformément à la Halah’a.

Lorsque le Midrach cité plus haut fait mention de la confiance d’Israël en Hachem qui les gratifiera d’un miracle, et c’est pour cela qu’ils s’habillent avec des habits de fête ce jour-là, cela ne veut certainement pas dire qu’Hachem renoncera à prendre en compte leurs fautes, bien au contraire, puisqu’il est enseigné qu’il est interdit de dire qu’Hachem est Vatrane (qu’il renonce à juger les fautes d’Israël), mais le véritable sens de ce Midrach est que nous plaçons notre confiance dans l’attention d’Hachem sur notre Téchouva (notre repentir sincère), notre prière et notre Tsédaka, et que grâce à cela, Hachem leur pardonnera leurs fautes, écoutera leurs prières, et les inscrira dans le livre des Justes, pour la vie.

Certains ont la tradition de se rendre au cimetière la veille de Roch Ha-Chana.

La Guémara Ta’anit (16a) explique que le fait de se rendre au cimetière le jour d’un jeûne, a pour signification de se considérer ce jour là comme mort. On demande donc aux autres morts de prier et d’intercéder en notre faveur auprès d’Hachem.

La Guémara poursuit en disant que la raison pour laquelle la tombe de Moché Rabbenou nous a été cachée, réside dans le fait que le décret de la destruction du Temple de Jérusalem et de l’exil d’Israël était déjà scellé par Hachem, et si Israël venait prier sur la tombe de Moché Rabbenou en lui demandant d’intercéder auprès d’Hachem pour annuler le décret, Hachem aurait exaucé sa demande puisque les Tsaddikim sont plus chers à Hachem après leur disparition que durant leur existence sur terre.

Nous pouvons constater de cet enseignement la force que peut avoir la prière que l’on adresse à Hachem par l’intermédiaire de nos disparus.

De là, provient la tradition de se rendre au cimetière à la veille du Jour du Jugement, afin de demander aux disparus de prier et d’intercéder pour tout le peuple d’Israël.

Cependant, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita écrit qu’il ne faut certainement pas diriger ses demandes vers le défunt, comme si c’était lui qui avait la possibilité de nous exaucer, mais seulement prier Hachem qu’il nous exauce par le mérite du défunt, ou demander au défunt de prier et d’intercéder pour nous auprès d’Hachem.

Il faut préciser que le fait de se rendre au cimetière la veille de Rosh Hashana, n’est rapporté dans le Choulh’an ‘Arouh’ qu’en tant que tradition et non en tant que Din.

Ce qui veut dire que si quelqu’un considère qu’il fournira beaucoup plus de Nah’at Rouah’ (d’apaisement) à la Nechama du défunt en ne s’y rendant pas, et en remplaçant cela par des Mitsvot, ou mieux encore, par un moment d’étude de la Torah consacré à l’élévation de sa Nechama, cette personne n’enfreint absolument aucun interdit. Nous savons par exemple que le célèbre Gaon de Vilna (Rabbi Eliyahou Ha-Cohen de Vilna) ne se rendait pas sur la tombe de sa mère le jour de sa Azkara (le jour anniversaire de sa disparition), alors que nous connaissons aussi tout l’honneur et le respect qu’il avait pour elle de son vivant.

Notre maître (qu’Hashem lui accorde une longue vie) le Rav Ovadia YOSSEF Chlita lui aussi ne se rend pas forcément sur la tombe de son père le jour de sa Azkara, en disant qu’il lui fournira beaucoup plus de Nah’at Rouah’ en restant chez lui et en lui consacrant son étude ce jour là.

(Cependant, pour la Azkara de son épouse, notre maître Chlita se rend sur sa tombe).

Mais attention !!

Concernant le jour de Roch Ha-Chana lui-même, l’opinion de notre maître Chlita est qu’il ne faut pas s’éloigner de sa maison afin de passer la fête à proximité de la tombe d’un Tsaddik, même si le fait de se rendre sur la tombe de ce Tsaddik ce jour là, représente une très grande Ségoula (un très grand remède), car le jour de Roch Ha-Chana est un Yom Tov pour lequel nous avons le devoir de se réjouir entouré des membres de son foyer, et de les réjouir, comme c’est le Din pour chaque Yom Tov.

Il est donc clair qu’il n’y a pas à « mettre de côté » de véritables obligations Halah’ic, au profit de « quelconques Segoulot », si importantes et si puissantes soient elles.

C’est ainsi que nous ont éduqué nos maîtres d’Erets Israël de toutes générations confondues.

(Nous savons que les personnes qui participent à ces voyages sur les tombes de Tsaddikim, agissent Léchem Chamaîm, et ne pensent qu’à accomplir quelque choses de très grand et de très important spirituellement, mais nous ne pouvons pas laisser sous silence certaines vérités Halah’ic.)

Tel est le tempérament et l’état d’esprit de notre maître le Rav Chlita. (Halacha Yomit)

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samedi 1 septembre 1990

Le Tachlih’

Rav Ovadia Yossef, chelita

Le 1er jour de Roch Ha-Chana, après l’office de Minh’a, nous avons la tradition d’aller au bord de la mer, ou au bord d’un fleuve, ou bien à côté d’une source d’eau vive, ou à côté d’un puits, afin de réciter le Tachlih’.

Cette tradition et son explication apparaissent déjà dans le livre Minhagué Maharyl en ces termes :

« Il existe la tradition de se rendre, le jour de Roch Ha-Chana, à côté de la mer, ou d’un fleuve, afin de « jeter » dans les profondeurs toutes nos fautes, et la raison à cela est en rapport avec ce qui est enseigné dans le Midrach, selon lequel, lorsqu’Avraham a reçu l’ordre d’Hachem de Lui offrir son fils Itsh’ak en sacrifice sur le mont Moriyah, le Satan le devança en chemin, et commença à l’inciter à ne pas obéir à l’ordre d’Hachem. Lorsqu’il vit qu’il ne parvenait pas à convaincre Avraham Avinou de ne pas offrir son fils Itsh’ak en sacrifice à Hachem, le Satan se transforma alors en grand fleuve, afin de les empêcher de poursuivre leur route. Avraham et Itsh’ak n’y portèrent aucune attention et pénétrèrent dans l’eau, jusqu’à ce qu’elle leur arrive au cou. À ce moment-là, Avraham leva les yeux vers le ciel et dit :

« Maître du monde ! Tu t’es dévoilé à moi en disant : Prends ton fils unique, que tu aimes, Itsh’ak, et rend toi vers la terre de Moriyah, et offre-le en sacrifice, et je n’ai ni réfléchi sur tes paroles, ni repoussé ton ordre, et maintenant, si nous nous noyons dans le fleuve, qui sanctifiera Ton Grand Nom ?! Sauve-moi, mon D., car les eaux arrivent jusqu’à mon âme !! »

Immédiatement, Hachem réprimanda le Satan qui s’en alla. »

D’autre part, il est ramené dans le Zohar Ha-Kadoch que la ‘Akédate Itsh’ak (le sacrifice d’Itsh’ak) eu lieu le jour de Roch Ha-Chana. C’est pour cette raison que nous lisons dans la Torah ce jour-là, le passage qui relate la ‘Akédate Itsh’ak.

C’est aussi pour cette raison que nous nous rendons ce jour-là, au bord de la mer ou d’un fleuve pour réciter le Tachlih’, afin de rappeler le mérite d’Avraham et d’Itsh’ak.

Une autre explication au Tachlih’ est rapportée dans le Siddour Aholé Yaakov :

Dans la Guémara Horayot (12a), on enseigne que lorsque l’on voulait donner l’onction au nouveau roi d’Israël, on se rendait au bord d’une source d’eau vive, et là on lui donnait l’onction royale, en signe que son règne « coule » et se prolonge comme l’eau qui ne s’arrête jamais. Comme disait Rav Mecharchya à ses enfants : « Lorsque vous étudiez la Torah, rendez-vous à proximité d’un fleuve ou de la mer, en guise de bon signe, puisque cette eau coule et se prolonge, de même, se prolongera votre étude et vous ne l’oublierez pas »

Et puisque nous faisons de nombreux « signes bienveillants» le jour de Roch Ha-Chana, nous avons également la tradition de nous rendre au bord d’un fleuve, en guise de bon signe, pour que se prolongent pour nous, les bontés d’Hachem et ses miséricordes, afin qu’Il nous inscrive pour une vie bonne et paisible, et afin qu’il nous pardonne nos fautes, comme le dit le verset : « Me voici ! Je me penche vers toi comme un fleuve paisible ».(Halacha Yomit)

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vendredi 31 août 1990

La sonnerie du Chofar

Rav Ovadia Yossef, chelita

Il est une Mitsvat ‘Assé (un commandement positif) ordonnée par la Torah d’écouter la sonnerie du Chofar le jour de Rosh Ha-Chana, comme il est dit : « Ce sera pour vous un jour de sonnerie ».

Il est interdit de parler entre les différentes sonneries, à fortiori pendent les sonneries elles même.

Les Poskim (les décisionnaires) discutent sur le fait de dire le Vidouï (se repentir de ses fautes) entre les différentes série de sonneries (comme c’est imprimé dans certains Mah’zorim – rituels de prières).

L’opinion de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita est qu’il est interdit de dire quoi que ce soit, même le Vidouï, entre les différentes séries de sonneries.

Notre maître le Rav Chlita pense que même si une personne avait cette tradition jusqu’à présent, elle doit s’en défaire, car en s’interrompant de n’importe quelle façon entre les différentes séries de sonneries, on s’introduit dans un risque de Bérah’a Lé-Vatala (avoir récité une Bénédiction en vain), ainsi que dans un doute s’il faut peut être redire la bénédiction sur le Chofar.

Cependant, Il est permis de penser le Vidouï entre les différentes séries de sonneries sans le prononcer, mais ceci uniquement par la penser et uniquement entre les différentes séries de sonneries, mais pendant les sonneries elles même, nous devons garder le silence et écouter attentivement les sonneries du Chofar.

Les femmes sont exemptes de la Mitsva du Chofar, puisque c’est une Mitsvat ‘Assé Ché-Hazéman Guérama (un commandement positif lié à une limite dans le temps), or, les femmes sont exemptes de toute Mitsvat ‘Assé Ché-Hazéman Guérama.

Cependant, les femmes ont la tradition de venir à la synagogue le jour de Roch Ha-Chana pour écouter le Chofar.

Une femme qui ne peut se rendre à la synagogue le jour de Roch Ha-Chana, peut entendre le Chofar chez elle en faisant venir quelqu’un qui lui sonnera (ou bien à la synagogue pendant l’après midi de Roch Ha-Chana, comme c’est l’usage dans diverses communautés).

Mais attention : il est interdit de réciter la Bérah’a sur le Chofar lorsqu’on sonne pour une femme, puisque les femmes sont exemptes de cette Mitsva selon Din.

Certaines femmes Achkénazes ont la tradition de réciter elles-mêmes la Bérah’a du Chofar lorsqu’on vient leur sonner, et elles ont un appui Halah’ic valable.

Cependant, chez les Séfaradim, même lorsqu’on sonne le Chofar pour des femmes, elles ne récitent pas la Bérah’a.

La Mitsva de Chofar peut être accomplie durant toute la journée de Roch Ha-Chana, du lever du soleil jusqu’au coucher. Par conséquent, lorsqu’on sonne pour des femmes, nous pouvons le faire tant que la Chki’a (le coucher du soleil) n’est pas arrivé.

Nous avons un grand principe selon lequel les Mitsvot nécessitent une concentration (Kavana), comme nous l’avons développé dans une Halah’a. Par conséquent, lorsqu’on entend le son du Chofar le jour de Roch Ha-Chana, il faut se concentrer et penser que l’on accomplit un commandement positif de la Torah. (Halacha Yomit)

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