mardi 26 juillet 2011

La vie quotidienne des Bnei Noa'h (2)

La vie quotidienne des Bnei Noa'h (2)

Après avoir expliqué de quelle façon un Ben Noa'h doit commencer sa journée, nous poursuivons la liste de bénédictions que celui-ci doit prononcer. Je vous rappelle que cette série d'articles suit les directives du Rav Yoël Schwartz, z.ts.l., Av Beith Din à Jérusalem.

Une âme pure

L'être humain possède une âme. C'est cette âme qui est la source de ses aspirations spirituelles et qui le différencie définitivement du monde animal. C'est parce qu'il a oublié cela que l'homme moderne adopte un comportement qui ressemble souvent à celui d'une bête.

L'âme ressemble à la petite boîte que nous mettons dans notre voiture pour qu'une odeur agréable s'y répande. De fait, c'est notre âme qui nous permet d'apporter un bol d'air frais et pur à notre corps. En son absence, ce sont les désirs physiques et les tentations de toutes sortes qui prennent notre contrôle.

Non seulement nous possédons une âme, mais celle-ci est d'une pureté parfaite. Chaque nuit, tandis que nous dormons, l'âme reprend le chemin de ses origines et se retrouve dans les sphères célestes. À cet endroit, elle se recharge d'une quantité nouvelle de Pureté divine. C'est sans doute ce parcours quotidien qui lui permet de rester pure, malgré les nombreuses épreuves que nous lui faisons subir chaque jour.

Cet attribut donné par le Ciel mérite une prière de remerciement. Que serions-nous sans notre âme ? De véritables animaux pourchassés par leur instinct, leur impulsion et leur nature incontrôlable. Ainsi, après s'être habillé, il faut réciter la prière suivante :

“O mon Dieu, l’âme que Tu as mise en moi est pure. Tu l’as créée, Tu l’as formée, Tu l’as insufflée en moi et Tu l’as préservée en moi. Un jour, Tu la prendras de moi pour me la rendre dans l’avenir. Aussi longtemps que l’âme est en moi, je Te remercie, Éternel mon Dieu, Maître de toutes les œuvres, Seigneur de toutes les âmes !”

Cette prière précède une liste de treize bénédictions dans lesquelles nous louons le Créateur pour la multitude de bienfaits qu'Il nous a accordés. Nous présentons aujourd'hui les deux premières :
“ Sois béni, ô Éternel, qui rend les âmes aux morts.”

La résurrection fait partie intégrante de l'émouna (la foi). Dans le Monde à venir, les morts seront ressuscités et leur âme retrouvera leur lieu naturel de résidence : leur corps. Cependant, la résurrection ne sera pas une chose acquise pour tout le monde. Les personnes qui auront suivi le chemin de la Volonté divine feront partie de ceux qui reviendront à la vie. Pour les autres, aucun individu ne désire partager leur destin. 

“ Sois béni, ô Éternel, notre Dieu, Roi de l’univers, qui a donné l’intelligence au cœur afin de distinguer entre le jour et la nuit.” 

Avec cette bénédiction, nous remercions Hachem pour nous avoir donné un atout irremplaçable de la nature humaine : le libre-arbitre. C'est parce que nous avons la possibilité de ne pas le faire que nous pouvons espérer une récompense après avoir fait le bien.

Il est important de noter la relation mentionnée dans cette bénédiction entre l'intelligence et le cœur. Souvent, nous pensons que l'intellect est lié seulement à notre cerveau. Même si cela n'est pas entièrement inexact, ce type d'intelligence n'est pas celui que le Ciel attend de nous. La sagesse qui n'est pas liée au cœur est sèche et elle peut être la cause des plus grandes horreurs.

D'autre part, l'intelligence liée au cœur est la garantie d'une véritable sagesse : celle qui nous permet de faire la Volonté divine et nous rapprocher de D-ieu. C'est uniquement cette sagesse qui mérite son nom ; les autres sont des paravents dont l'objectif est de nous éloigner de notre Racine sainte.

À suivre…

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mercredi 13 juillet 2011

Bnei Noa'h : je voudrais partager

Bnei Noa'h : j'aimerais partager

Une lectrice a eu la gentillesse de m’envoyer ce texte ; je le reproduis ici avec sa permission.

“J’aimerais faire savoir à tous les Juifs, pratiquants ou non, qu’ils ont entre leur main le plus beau des cadeaux : D-ieu. Pour ceux qui n’en sont pas convaincus, laissez-moi vous expliquer.

Je suis jeune, j’ai 20 ans, je ne suis pas juive et pourtant D-ieu est venu bouleverser ma vie il y a à peine quelques mois. Si on me l’avait dit quelques mois auparavant je n’y aurais sûrement pas cru.

Il y a un moment donné on a envie de “kiffer” sa vie, d’en profiter, parce qu’on a qu’une vie. On est jeune, on est beau, on a envie de découvrir la vie, de s’affirmer. Nous savons que les responsabilités d’adultes nous guettent bientôt, alors c’est le moment ou jamais !

Une vie bien remplie ?

J’ai passé tous mes samedis soirs pendant plusieurs années dans les boîtes branchées de ma ville. Avec mes amis nous y avons passées les plus grandes soirées ; le milieu de la nuit est merveilleux. On est avec ses amis, on rencontre des tas de gens, on danse, on boit, il y a de la bonne musique, vraiment très bonne ambiance. Des garçons comme des filles sont là pour essayer de repartir accompagnés. Personne ne se prend la tête, on est là pour en profiter, s’amuser et s’éclater.

Je les ai toutes faites les soirées, toutes écumées de minuit à cinq heures du matin. J’ai tout vu et j’en ai beaucoup fait. J’en ai eu des dimanches de grasse matinée à ne rien faire, à se lever avec un mal de tête, d’avoir des trous noirs de la veille, etc.

Et puis un jour, cet été, j’étais à une soirée et j’ai eu une espèce de flash. Dans mon esprit j’ai pris du recul et je me suis vue à la fois en tant qu’acteur de la scène mais à la fois spectateur. Et là j’ai été dégoûtée : je voyais des gens mal dans leur peau, des gens qui se donnent en spectacle, des filles qui ne représentent que des bouts de viande pour les garçons, des gens ridicules, soûls, qui disent n’importe quoi et ne tiennent plus debout, des gens qui vomissent, des gens qui se battent, des filles qui viennent s’agglutiner à des tables où les garçons ont de l’argent, et j’en passe et j’en passe.

Alors c’est ça que j’aime, je suis comme eux ? Est-ce que j’ai envie que les gens me voient comme ça ? Est-ce que ma mère serait fière de voir sa fille là-dedans ? Est-ce que je n’ai pas un peu d’estime pour moi-même ? C’est ça ma vie ? Ça m’apporte quelque chose ? Ça me rend heureuse ? Sûrement pas.

J’en ai bu des litres de Vodka, de Champagne, de Get, de Malibu, et de tout ce que vous voulez. J’en ai embrassé des garçons dont je n’avais rien à faire. J’ai dansé des heures entières sur des talons de 10cm. Ah oui pour en profiter, j’en ai profité. Mais au moment de rentrer, je me sentais toujours seule. Parce que tout passe, rien ne reste.

Tout ça n’est qu’illusion, c’est dans la tête, ce sont des confettis. Quand on les lance en l’air c’est très beau, mais tout retombe, et une fois par terre il n’y a plus rien.

On se jette dans le matérialisme et le superflu, parce que l’on pense que cela peut combler le manque que nous avons en nous. Par exemple : vous désirez quelque chose très profondément ; je ne sais pas quoi exactement : une voiture, un portable, des nouveaux habits, ce que vous voulez. Cependant, ne me dites pas que vous ne vous en lasserez pas au bout d’un moment. Alors comme on est lassé, on veut le changer et on désire plus. Mais nous ne serons jamais satisfaits.

Pour ceux à qui ce monde satisfait alors oui je vous dis tant mieux et je vous souhaite tout le bonheur possible, mais pour tout ceux qui ne trouvent pas, qui sentent toujours que quelque chose leur échappe, qu’il manque un petit élément mais qui serait tellement grand pour vous. Chercher autre part et plus prés, chercher en vous !

C’est bête à dire, mais cette petite chose minuscule qu’il nous manque est la foi en D-ieu. Je ne sais pas pourquoi cela paraît tellement fou à accepter. Mais j’en suis la preuve vivante.

C’est d’abord la tête qui fait un blocage, je ne sais pas pourquoi notre esprit veut s’obstiner à ne pas y croire. Peut-être parce que cela nous dépasse un peu et nous effraie de nous dire que nous ne sommes finalement que des petits êtres sur Terre.

Un petit mot pour mes amis juifs

Les Juifs vous n’imaginez pas ce don du Ciel que vous avez entre vos mains, cette foi et cette connaissance. Vous êtes nés avec ; alors peut-être que pour certains vous ne vous en rendez pas compte. Car souvent on se rend compte du manque lorsqu’on a plus la chose.

Je peux vous dire que j’ai connu le manque et une fois que l’on a trouvé à le combler, il est impossible de s’en défaire. Mais je ne suis pas née avec. C’est plus difficile pour y accéder, mais ma foi sincère en D-ieu me conduira là où il faut, car je sais que D-ieu est avec moi et avec vous tous.

Mon texte ne fait pas passer toute l’émotion dont j’aimerais vous faire part, parce que je ne suis pas écrivain. Mais j’aimerais vous montrer à tous Juifs et non-Juifs, que cela est Vrai. Il ne s’agit pas là d’une paracha ou d’un texte d’étude, mais d’une vraie expérience. Le “kiff ” de D-ieu existe réellement.

En écoutant le Rav Ron Chaya je m’étais toujours demandé de quoi il pouvait bien parler. Maintenant je sais et je vous souhaite à chacun de le ressentir un jour car c’est la chose la plus merveilleuse qui soit.”

M. P.

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mardi 5 juillet 2011

La vie quotidienne des Bnei Noa'h

La vie quotidienne des Bnei Noa'h

La question est souvent posée par les Bnei Noa'h : de quelle façon la décision de suivre les commandements bibliques qu'Hachem a donnés aux personnes non juives change-t-elle la façon de vivre ? De fait, un regard rapide sur les sept mitswoth que ces personnes doivent respecter ne semble pas modifier profondément le style de vie habituel d'une personne.

Je présente aujourd'hui le premier article d'une série dont l'objectif est de donner un aspect pratique à la foi des Bnei Noa'h. Certains passages de cette série sont extraits de l'ouvrage : “Le Service du cœur” qui est le premier livre de prières destiné aux Bnei Noa'h et qui devrait être publié – avec l'aide de D-ieu – l'année prochaine, aux Éditions de La Pause-Café.

Remercier D-ieu

La relation qu'une personne entretient avec le Créateur doit être basée sur les remerciements fréquents qui sont adressés à D-ieu. Ce concept est encore plus important pour les Bnei Noa'h que pour les personnes juives. De fait, le peuple juif ayant plusieurs centaines de commandements à réaliser, l'absence de remerciements est souvent remplacée par un commandement spécifique à réaliser.

D'autre part, les Bnei Noa'h ont un nombre plus restreint d'obligations bibliques et par conséquent, ils disposent de plus de temps pour formuler leurs remerciements.

Remercier Hachem est une notion vitale dans notre vie et il ne faut pas s'étonner qu'on doive remercier le Créateur dès notre réveil. Ainsi, lorsqu'une personne se réveille, elle doit diriger ses pensées vers le Ciel et prononcer :

“Je Te remercie, ô Roi vivant et éternel, d’avoir restitué mon âme en moi avec compassion ; grande est Ta fidélité.”

Commencer un nouveau jour est une opportunité unique de multiplier les actes qui révèleront la grandeur de D-ieu. Cette courte phrase – qui représente la première prière qu'un Ben Noa'h doit prononcer en se réveillant – ressemble à celle prononcée par les personnes juives. Nous apprenons de cela que c'est l'humanité entière qui doit remercier Hachem à l'aube de chaque jour.

Si nous parvenons à remercier D-ieu dès l'instant où nous ouvrons les yeux et que nous conservons cette attitude de gratitude pendant toute la journée, nous nous sentirons constamment proche de la Présence divine. Ce sentiment est notre principal allié pour faire face aux nombreux défis de la vie.

Le plus souvent, lorsqu'une personne s'est levée de son lit, elle ne tarde pas à aller aux toilettes ; notre corps a des besoins que nous ne pouvons ignorer. Vivre sa foi au quotidien, c'est ne laisser passer aucun instant pour remercier le Ciel. Ainsi, ce qui aurait pu être un détail insignifiant de notre journée, devient plutôt une nouvelle occasion de remercier le Créateur.

Qu'on y pense : une personne dont le système digestif ne fonctionne pas normalement doit être soignée le plus vite possible et dans la plus grande urgence. Si nous sommes heureux de pouvoir manger et de boire chaque jour, nous ne devons pas oublier l'importance d'avoir un corps dont les fonctions vitales jouent leur rôle.

C'est pour cela qu'après être allé aux toilettes et s'être lavé les mains, il faut prononcer :

“Sois béni, ô Éternel, notre D-ieu, Roi de l’univers, qui a façonné l’homme avec sagesse et l’a créé avec des orifices et des ouvertures. Il est révélé et connu devant le trône de Ta gloire que si l’un d’eux venait à se rompre ou l’un d’eux à se boucher, il serait impossible de survivre ou de se tenir devant Toi. Sois béni, ô Éternel, qui guérit toutes les chairs et qui réalise des merveilles.”

Ne soyons pas surpris de cette forme de remerciement : si notre corps rencontrait des difficultés à éliminer ce qui doit l'être, notre capacité à servir Hachem en serait grandement diminuée. En prononçant cette prière, nos pensées doivent se diriger vers les sphères célestes : c'est rempli de joie que nous possédons un corps qui nous permet de servir notre Créateur.

Cette prière est également récitée par les personnes juives. Elles aussi remercient le Maître du monde de leur donner la possibilité de faire de leur corps un véritable véhicule du Service divin.

Ces deux prières sont un exemple parfait de la mission de chaque être humain : trouver et mettre la Présence divine auprès de nous, dans les gestes les plus simples de notre vie.

À suivre…

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jeudi 16 juin 2011

Bnei Noa'h: L'Écoute de D-ieu


Nous sommes amenés parfois à être écoutés par des personnes particulièrement respectées : entrepreneurs, chefs de services hospitaliers, artistes reconnus, gradés militaires, représentants officiels des Nations…

Aussitôt, nous pesons nos mots, veillant à ne pas les interrompre, prenant garde à chaque parole qu’ils entendront de notre part.

Notre place dans la société, ainsi que l’écoute dont nous bénéficierons nous-mêmes (combien de fois ne racontera-t-on pas cet événement ?) dépendent peut-être de l’image que nous leur donnons…

Notre bonheur lui-même nous semble alors fonction de notre vie professionnelle, et celle-ci, de ces « relations » que nous afficherons inconsciemment comme autant de chances ou de mérites.

Retour à la réalité

Il y a plusieurs mois, j’ai été affecté par des problèmes de santé probablement liés au stress. Une gêne insignifiante en apparence, mais à laquelle aucun médecin ne semblait trouver ou seulement chercher d’explication.

Passaient-ils à côté d’un diagnostic plus grave ? Comment, en ressentant ces simples douleurs, mener avec toute l’énergie nécessaire mes activités professionnelles d’alors ?

Comment, surtout, avais-je pu ne pas remercier D-ieu auparavant pour ma capacité à me concentrer sur ce travail et à nourrir ses ambitions bienveillantes et accessibles ?

Chaque parcelle de notre être

Nous n’en prenons souvent pas pleinement conscience, mais chacune de nos cellules et chacun de nos vaisseaux dépendent d'Hachem qui à tout instant peut prolonger ou pas la place modeste que nous occupons pour la plupart dans Sa création.

Par la prière et par nos comportements, à travers ce que nous célébrons, défendons ou combattons, nous sommes cependant aussi « écoutés », « observés » en tant qu’êtres conscients de la création et, par-dessus tout, de la Présence divine.

Nous sommes les créatures capables d’entrevoir le sens de leur existence, de leur passé le plus lointain, de l’univers dans sa beauté et sa complexité.

Or, nos actes et nos paroles sont bien plus pour D-ieu que les mots hésitants prononcés devant une célébrité locale ou un chef de parti.

Tandis que ces derniers peuvent n’être reconnus que pour leur habileté, Hachem peut donner ou enlever tout ce que nous possédons où que nous nous trouvions. Sa justice règne sur nos passé, présent et avenir, mais aussi sur l’estime véritable que nous pouvons avoir pour ce monde ou envers nous-mêmes. Elle règnera sur le Monde futur.

Si nous avons reçu la bénédiction de pouvoir L’honorer, Le remercier et Le supplier, plus encore le Créateur peut-Il nous « écouter » et nous « observer » attentivement à chaque instant, nous soutenir ou nous abandonner selon l’attention que nous Lui manifestons.

Si nous sommes malmenés par les événements ou si l’action du médecin ou du secouriste ne peut être remplacée, le D-ieu unique reste au-dessus de nos buts comme de nos limites et puisse-t-Il avant tout protéger le bonheur et la capacité à Le servir de ceux que nous aimons et respectons.

Mais ce n’est qu’en prenant au mieux conscience de Sa volonté, dans nos jeunes années ou après bien des erreurs par la suite, que nous pourrons devenir davantage maîtres de nous-mêmes et réellement respectables.


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Jonathan ben Emmanuelle.  

Pour dédicacer un Dvar Tora, cliquez ici.

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jeudi 26 mai 2011

Lettre d'un Ben Noa'h


D-ieu de l’univers,

Il est présomptueux de T’adresser nos prières dans nos langues respectives altérées par les générations d’exil et de péché.

Nous ne sommes rien sans Toi et sans Israël, face aux générations de Saints et de Justes, d’enseignants et d’étudiants de Ta loi, de victoires ou de sacrifices, de bâtisseurs et de protecteurs de Ton peuple.

Mais tant de ’hessed se lit parfois dans nos vies, et combien cette manifestation de Ta présence pourrait rester à nos côtés.

Ta puissance s’est révélée à la création du monde, mais face à son simple reflet, nous sommes aveuglés et pitoyables.

Nos générations ont commis des fautes sans limites, mais nous n’en retirerons aucune fierté malsaine, plus raffermis encore par la crainte et l’amour du Créateur que par l’espoir du Monde futur.

Tu ne nous donneras paix intérieure et sécurité que lorsqu’elles seront sur Israël tout entier,

Quand le temps sera venu pour Toi de voir s’éclairer ou disparaître nos esprits tortueux prompts à enfreindre Tes commandements.

Seule Ta royauté peut tout changer dans nos vies sans la destruction et la souffrance dont nous sommes tributaires.

Si seulement notre émouna (foi) était éternelle, si elle progressait chez chacun jusqu’au sommet des pouvoirs dans ce monde à Ta merci…

Certains qui s’efforçaient de T’honorer sont à terre, pris entre le mal et Ta justice, tombés de l’Europe au Japon hier, du Maroc à la Judée-Samarie aujourd’hui, plongés dans le chaos des successeurs d’Ismaël et d’Esaü.

Or, dans l’épreuve, ils ont renforcé leur confiance et tenu leur place comme une forteresse.

Nous savons dès aujourd’hui qu’ils seront présents lorsque Ta création entrera – ainsi que l’enseigne la tradition de Ton peuple, héritage le plus respectueux de ce que tes créatures peuvent accomplir par Toi de juste, beau et complexe – en accord avec Ton œuvre et Ta volonté.


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de 'Haya bath Rivqa.  

Pour dédicacer un Dvar Tora, cliquez ici.

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mercredi 18 mai 2011

Bnei Noa'h : la bibliothèque idéale

Bnei Noa'h : la bibliothèque idéale

Lorsqu’une personne qui n’est pas juive décide de suivre les sept commandements bibliques que D-ieu a donnés à l’humanité, elle découvre un monde nouveau. Ce monde est celui de la véritable spiritualité, c'est-à-dire celui qui différencie définitivement l’être humain de l’espèce animale. Pour autant, le Ben Noa’h (s’il s’agit d’un homme) ou la Bath Noa’h (s’il s’agit d’une femme) fait face à un défi de taille : quelle littérature est accessible pour s’informer à propos de ces commandements et de la façon précise de les suivre. En d’autres mots, que lire pour s’informer de la véritable volonté de D-ieu ?

Des lectures fondamentales

La lecture la plus importante est celle de la Tora. Les cinq livres de Moïse (Genèse, Lévitique, Exode, Nombres et Deutéronome) représentent la Parole divine que l’humanité a reçue au Mont Sinaï. Il est indispensable d’étudier la Tora afin d’obtenir une connaissance satisfaisante des évènements qui ont entouré la naissance le peuple juif, ainsi que celui du don de la Tora par D-ieu.

La Tora a été donnée en la Langue sainte (l’hébreu biblique). La majorité des personnes ne lisant pas cette langue, il est habituel de lire sa traduction en français. Toutes les traductions ne se valent pas et certains traducteurs n’ont pas hésité à modifier le sens originel des mots afin de leur donner la signification qu’ils désirent ! Une règle absolue : il faut éviter les traductions faites par des représentants d’autres religions que le judaïsme.

Plusieurs traductions existent et je ne prétends pas les connaître toutes. Selon moi, la meilleure édition est celle des Éditions Samuel et Odette Lévy – publiée sous le titre de : “La voix de la Tora” – et dont la traduction a été faite par le rabbin Elie Munk. Cette édition possède deux avantages supplémentaires : 1) les commentaires du rabbin Munk permettent d’obtenir une excellente connaissance du texte biblique et de la signification de ses commandements ; 2) il s’agit d’une édition bilingue (français-hébreu biblique). Cela permet aux lecteurs qui le désirent d’apprendre les rudiments de la Langue sainte.

Chaque semaine, il est conseillé de lire un extrait spécifique (la paracha), ce qui permet de conclure la lecture entière de la Tora chaque année. On peut consulter sur le site “Le calendrier juif” pour connaître le nom de la paracha qui doit être lue chaque semaine.

Afin d'obtenir une connaissance pointue de l'origine biblique des Bnei Noa'h et des lois qui les gouvernent, l'ouvrage incontournable est celui du rabbin Elie Benamozegh : “Israël et l'Humanité.” Publié à titre posthume, ce livre est la véritable Bible du contexte historique dans lequel les Bnei Noa'h sont apparus. Également, les références qu'il inclut, ainsi que la perspective spirituelle qu'il donne aux Bnei Noa'h en font un ouvrage à lire sans faute. 

Une autre lecture importante est celle du “Traité des Pères”. Ce texte permet – en partie – de répondre à une difficulté d’ordre pratique : de quelle façon peut-on mettre en pratique l’enseignement biblique ? Le texte lui-même du Traité est un trésor de morale et si l’on possède une édition avec des commentaires de qualité, cet ouvrage devient le compagnon de notre vie. Je recommande l’ouvrage “Traité des Pères” paru aux Éditions Verdier, dans la collection “Les Dix Paroles.”

Afin de ne pas vous surcharger de lectures, je conclus avec le livre “'Hafets 'Haïm - Un Jour, Une Halakha” des Éditions Midrach. Ce livre traite d’un sujet primordial dans nos rapports avec nos contemporains : l’usage du discours et le danger de la médisance. Qu’on ne s’y méprenne pas : la médisance est un fléau qui a le pouvoir de détruire les rapports sociaux et de provoquer des véritables conflits entre les individus et même entre les pays. Cet ouvrage aborde le sujet d’une façon détaillée et abonde d’exemples de situations de la vie quotidienne. Il est une véritable mine de trésors !

Évidemment, le peuple juif étant celui du livre, ma liste n’est pas exhaustive. Plutôt, mon désir est de donner les deux ou trois titres que les Bnei Noa’h doivent littéralement dévorer afin de se rapprocher de la vision remplie de foi de la vie.

Un avertissement : la littérature est vaste et de qualité inégale. S’il existe des livres qui nous permettent sans le moindre doute de nous rapprocher de D-ieu, d’autres aboutissent au résultat inverse, que D-ieu nous préserve. Il est primordial de demander conseil à un rabbin orthodoxe avant de se lancer dans la lecture d’un livre qui nous semble intéressant. Si vous n’avez pas accès à une telle personne, je pourrais toujours vous aider, même si je ne suis pas rabbin.

L’autre alternative consiste à acheter vos livres d’une maison d’édition d’une réputation parfaite. J’en connais deux : ArtScroll et Feldheim.

Bonnes lectures !

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dimanche 8 mai 2011

Les enfants de Noé : présentation

Les enfants de Noé : présentation

Si l'on demande à un nombre important de personnes le lien qui existe entre la Tora (les cinq livres de Moïse : la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome) et les personnes qui ne sont pas juives, la réponse la plus fréquente est : “Aucun.”

Selon cette logique, les juifs possèdent la Tora, tandis que les chrétiens possèdent le Nouveau et l'Ancien Testaments et que les musulmans possèdent le Coran. La conséquence de cette situation est de laisser dans un no man's land spirituel toutes les personnes qui estiment croire en D-ieu, mai qui ne sont pas juives, qui ne se sentent pas proches du christianisme et encore moins de l'islam. Cela est d'autant plus regrettable que cette vision ne correspond pas à la réalité.

Une Tora pour le monde entier

La Tora – c'est-à-dire les cinq livres de Moïse – s'adresse au monde entier : juif et non juif. Si l'Église de Rome a commis un kidnapping spirituel en nous laissant croire que la Tora s'adresse seulement au peuple juif, c'est qu'elle poursuivait un objectif bien précis : dominer le monde à coup de Croisades et d'alliances avec les rois du monde dans le but d'asseoir son pouvoir sur la planète.

Quelques siècles plus tard, l'islam a joué la répétition de ce scénario et les horreurs islamiques que nous voyons se dérouler à notre époque sont l'écho de celles commises pas l'église chrétienne pendant plusieurs siècles, notamment pendant les Croisades.

Pourtant, une lecture attentive de la Tora révèle que D-ieu a ordonné certains commandements spécifiques au peuple juif et d'autres commandements – tout aussi spécifiques – aux autres nations du monde. Dès lors, il est faux de dire que la Tora ne concerne que les personnes de religion juive.

Dans la mesure où les commandements qui ne s'adressent pas au peuple juif ont été donnés à Noé et à ses enfants (lorsque ceux-ci sortirent de l'arche), on appelle les personnes qui suivent ces commandements des “Enfants de Noé”, ou en hébreu : les Bnei Noa'h.

La maison d'édition américaine “Oklahoma B'nai Noah Society” (“OKBNS”) m'a confié récemment la responsabilité de traduire en français le premier livre de prières pour les personnes qui croient en D-ieu, mais qui ne sont pas juives, chrétiennes ou musulmanes. En d'autres termes, je suis heureux de participer au projet de publication du premier sidour pour Bnei Noa'h.

Dans les semaines qui suivent, j'aurai l'occasion – si D-ieu veut – de décrire plus en détails qui sont les Bnei Noa'h et quelles sont les caractéristiques précises des mitswoth qu'ils doivent suivre. Aujourd'hui, il suffit de dire que les Bnei Noa'h ont sept commandements à respecter (les “Sept Lois de Noé”) :

1) Interdiction de l'idolâtrie ; 2) Interdiction de blasphémer ; 3) Interdiction de tuer ; 4) Interdiction de s'engager dans des unions illicites ; 5) Interdiction de voler ; 6) Interdiction de manger un membre d'un animal vivant et 7) Obligation d'instaurer des tribunaux.

Dès aujourd'hui, vous savez que les personnes qui ne sont pas juives ont tout intérêt à lire la même Tora que le peuple juif lit depuis des milliers d'années et à suivre les commandements qui y sont inscrits et qui leur sont destinés.

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jeudi 28 avril 2011

Les enfants de Noé : le respect des loi

Les enfants de Noé : le respect des loi

“Cher David-Yits’haq,

J'’ai été heureuse d’apprendre que les non-juifs étaient aussi considérés de D-ieu puisqu'ils sont impliqués dans les Sept Lois de Noé. Le fait d'avoir pris conscience de ces lois et de les appliquer renforce ma foi en D-ieu. Mais ce qui me “chiffonne” un peu c'est qu'en fait le respect de ces lois ne changent rien de concret dans mon quotidien. J’ai ce sentiment parce que je n'ai pas l'impression de changer d'attitude au niveau de mes actes.

Même sans ces lois, sans leur connaissance, je n'aurai jamais tué quelqu'un ou eu des rapports sexuels incestes, etc. Pourtant, maintenant que je crois fortement en D-ieu, j'aurais aimé pouvoir faire des actes concrets qui marquent réellement que j'ai changé.

Évidemment, ma façon de penser et de voir les choses ont beaucoup changé, mais mis à part le fait de lire plus sur le sujet, reprendre des livres comme la Tora ou prier deux fois par jour, je ne sais pas quoi faire de plus pour le moment. Je suppose qu'un de mes rôles est sûrement de faire prendre conscience à d'autres personnes comme on l'a fait pour moi ? Mais est-ce que la mission du non-juif s'arrête là ou y a-t-il d'autres choses que je puisse faire?” (M. P., France)

Madame,

Je vous remercie pour votre lettre et je vous encourage de tout cœur dans votre recherche spirituelle. Non seulement le Créateur s’intéresse aux personnes non juives, mais le destin du peuple juif atteindra son objectif final seulement lorsque les non juifs reconnaîtront Sa Royauté. Ainsi, l’expression selon laquelle “nous sommes tous dans le même bateau” s’applique à la perfection à votre destin, comme à celui de n’importe quelle personne juive.

C’est tous ensemble que nous désirons dire à D-ieu que nous l’aimons et c’est tous ensemble que nous désirons nous rapprocher de lui.

Je comprends votre frustration en apprenant la nature des Sept Lois qui s’appliquent Bnei Noa'h (en hébreu : enfants de Noé). Je suis évidemment heureux d’apprendre que vous n’avez pas tué, ni commis d’inceste. Également, je pense pouvoir assumer que vous ne volez pas et que vous n’avez pas l’habitude de manger un animal vivant. Ainsi, les apparences sembleraient indiquer que vous respectez déjà les Sept Lois… avant même d’avoir appris leur existence !

Une étude appliquée

Pourtant, la vérité est toute autre et c’est la beauté de l’étude de nous permettre de le découvrir. Pour commencer, il faut dire que les Sept Lois de Noé représentent sept catégories distinctes de lois dont chacune en inclut d’autres. De fait, lorsque nous prenons en considération les lois principales (les Sept Lois) et les lois secondaires, nous parvenons à un total bien plus important et dont nous expliquerons les détails dans un prochain article.

D’autre part, lorsque nous pensons aux différents aspects pratiques de ces Sept Lois, il n’est pas certains que leur respect soit aussi facile que nous pensons. Ce qui suit sont quelques questions à se poser – parmi beaucoup d’autres – pour prendre conscience du travail qu’il reste à faire :

- Interdiction de l’idolâtrie : si nous pensons que l’idolâtrie ne concerne que les religions, il est certain que de nos jours, peu de personnes sont idolâtres. Cependant, si nous savons que l’argent, le sport, la musique… peuvent devenir une forme d’idolâtrie, nous réalisons que le danger est réel de transgresser cette interdiction.

- Interdiction de tuer : Nos sociétés débattent régulièrement du droit à l’avortement ou à l’euthanasie. Selon la loi biblique, ces deux lois représentent une forme de crime et s’opposent à la Volonté divine. Lorsque le cas se présente, nous opposons-nous réellement à ces lois ou à ces projets de loi lorsqu’ils sont débattus dans le pays où nous vivons ?

- Interdiction de voler : Une déclaration d’impôts, un inventaire à faire suite à un vol sont autant d’occasions où nous pouvons être tentés de voler. De fait, c’est dans la vie quotidienne que ce commandement peut être transgressé si nous n’y prenons pas garde.

- Interdiction de manger un membre d’un animal vivant : Aux États-Unis, des études ont montré que les abattoirs n’attendaient pas toujours que les animaux soient morts pour commencer à les dépecer. Si cela arrive, nous transgressons ce commandement en mangeant de la viande d’un animal qui a été abattu dans ces conditions. Savons-nous ce qui se passe dans les abattoirs de notre pays ?

Il y a bien d’autres exemples que je pourrais citer. Ce qu’il faut retenir de notre exposé et que nous ne devons pas prendre pour acquis que les Sept Lois des Bnei Noa'h sont faciles à respecter si nous ne les étudions pas sérieusement. Si nous prenons conscience de cela, nous avons fait le premier pas pour commencer notre étude.

Lors de mon prochain article, je présenterai les trois fondements du Service divin : la prière, voir D-ieu dans notre vie quotidienne et le respect des Sept Lois.

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mercredi 13 avril 2011

Bnei Noa'h : mon histoire

Bnei Noa'h : mon histoire

Une lectrice m'a fait la gentillesse de m'envoyer ce texte. Je le publie aujourd'hui avec son autorisation.

“Cher David-Yits'haq,

Il ya quelques moi j’étais encore athée. Maintenant je suis Bath Noa’h.

Lorsque j’étais petite, ma mère a souhaité me donner une éducation religieuse – catholique - comme celle qu’elle avait reçue. Premièrement pour ne pas que je sois complètement ignorante mais aussi pour que je puisse un jour si j’ai des problèmes, ou si je ne me sente pas bien, me tourner vers quelqu’un, D-ieu.

Pour des personnes peu croyantes, c’est souvent quand tout va mal ou lorsqu’on se trouve dans une situation inextricable qu’on se tourne vers D-ieu pour trouver de l’aide et du soutien.

J’ai été baptisée, fait ma communion et suivi quelques cours de catéchisme. J’ai donc étudié rapidement la Bible catholique et la vie de Jésus. Je ne me souviens de rien précisément, à part le fait que je n’accrochais pas. Il y avait quelque chose dans ces histoires qui m’empêchait d’y croire, je ne m’en sentais pas proche.

Puis en grandissant j’ai oublié peu à peu Jésus et tous ces mystères.

Lors de mes études, j’ai suivi une voie scientifique, basée sur l’observation de faits réels pour pouvoir conclure de leur exactitude. J’avais besoin de voir et de savoir pour croire. La religion était alors pour moi très loin. Et puis après tout, pourquoi réfléchir des heures et se questionner sans arrêt sur l’existence de D-ieu, si de toute façon nous n’aurons jamais de preuves véridiques de son existence.

De plus, il y a tellement de mal, d’injustices, et d’horreurs partout dans le monde, D-ieu nous aurait-il oubliés ?

J’ai donc décidé de vivre ma vie comme ça pendant plusieurs années, de suivre mon instinct et ma petite vie. Mais au fur et à mesure mes pensées m’ont rattrapé. Pourquoi suis-je là ? Est-ce que je vais vivre ma vie, avoir un travail, des enfants et mourir ? Quel est le but de tout cela ? Pourquoi ai-je eu droit à cette vie privilégiée que je mène alors que d’autres meurent de faim ? Il y a quelque chose qui cloche.

Toutes ces questions devenaient de plus en plus fréquentes et elles me tourmentaient. Il fallait que je trouve une réponse, que je sache une bonne fois pour toute.

Cela faisait maintenant quelques années que je fréquentais des amis juifs, mais aucun de leur témoignage n’avait jusque là réussi à me faire changer d’opinion.

Puis cet été, nous somme sommes allés en Israël. C’est là que j’ai commencé à sentir D-ieu, le D-ieu d’Israël, Celui qui pour moi était le plus plausible à pouvoir exister. Je posais de plus en plus de questions à mes amis, surtout des questions pièges : “Où sont pour vous les dinosaures dans la Tora, puisqu’ils ont bien existé et que nous avons des preuves ?” Mais leurs réponses démontaient à chaque fois un peu plus toutes mes théories. J’étais alors perdue, je ne savais plus que croire et comment le croire.

J’en suis même venue à me poser des questions qui me paraissent maintenant presque outrageuses envers les rabbins.

Dans ma recherche de la vérité, j’en étais alors à : “c’est soit le judaïsme, soit rien.” J’avais définitivement écarté l’islam et le catholicisme.

Puis nous sommes arrivés à Jérusalem ; la grand-mère d’une de mes amies y était enterrée. Un rabbin a fait une prière, c’était très émouvant ; jamais de ma vie je ne m’étais sentie comme ça, puis il nous a béni. J’ai éclaté en sanglots. Je ne pourrais pas expliquer ce qu’il m’est arrivé, je n’en ai aucune idée.

Cette ville m’a bouleversée, elle est intemporelle. On était tellement loin du “monde de consommation” et de la folie humaine. C’était calme et apaisant et à la fois bouleversant. J’ai mis du temps à revenir mentalement de l’endroit où je me trouvais ; tant de choses s’étaient passés sur cette terre. Même pour les personnes non religieuses, on ressent quelque chose, il y a une force qui règne. Je n’ai vraiment pas les mots pour décrire tout cela.

En rentrant à Marseille, je n’avais toujours pas trouvé la réponse que j’attendais, jusqu’à ce que je tombe sur le site Internet Leava du rav Ron Chaya. En quelques cours, il arrive à nous démontrer l’existence de D-ieu et à nous expliquer la manière dont la terre a été créée, en réconciliant religion et sciences. Il arrive à vulgariser des notions que nous n’aurions peut-être jamais comprises.

Ainsi j’avais trouvé mes réponses, mais je n’étais pas proche de D-ieu. Puis le grand-père de mon amie est tombé très malade, que D-ieu le protège. J’ai été très émue ; pour moi c’était un grand homme, d’une bonté infinie que je respecte énormément. Il m’invitait à venir manger avec toute sa famille pour quasiment chaque repas de Chabath. C’est à partir de ce jour que j’ai commencé à prier.

Depuis, je prie chaque jour D-ieu pour qu’il continue à m’indiquer le droit chemin à suivre.

Aujourd’hui j’ai bien avancé : je suis Bath Noa’h.”

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mercredi 30 mars 2011

Enfants de Noé ou l'économie d'une conversion

Les enfants de Noé ou l'économie d'une conversion

“Cher David-Yits'haq,

Je désire me convertir au judaïsme, mais j'avoue avoir un peu peur de l'accueil que les rabbins me réservent. Pouvez-vous me rassurer et m'indiquer ce que je peux faire pour réussir ma conversion ?” (Myriam C. de France)

Chère Myriam,

Avant de penser à vous convertir, je vous propose de réfléchir sérieusement à votre motivation réelle. Le plus souvent, le désir de se convertir est la conséquence d'un aspect technique des lois du mariage juif : un tel mariage ne pouvant se dérouler qu'entre deux personnes juives, celle qui ne l'est pas doit se convertir avant de pouvoir vivre les joies du mariage. La réalité est que le plus souvent – dans ces conversions – la place réservée à D-ieu n'est pas la plus importante… si elle existe.

Se convertir… pour se rapprocher de D-ieu ?

Idéalement, l'envie de se convertir devrait provenir d'un sentiment d'amour qu'une personne ressent envers D-ieu. Même s'il peut s'avérer difficile de mettre des mots sur ce type de sentiments, la personne peut sentir au fond d'elle une envie de se rapprocher d'Hachem et de vouloir faire Sa volonté. Lorsque nous sommes dans ce genre de logique, la pureté des sentiments de chaque personne peut quelquefois atteindre une beauté que seul le Maître du monde peut apprécier à sa juste valeur.

L'ironie est qu'un sentiment d'amour et de volonté de se rapprocher du Divin ne demande aucune conversion de la part de l'heureux-se élu-e. Des générations entières d'individus ont vécues – et vivent encore de nos jours – avec l'idée que la Tora (Bible) s'adresse uniquement aux juifs, et aux chrétiens si on y ajoute la partie non divine que ces derniers ont rajoutée. Rien n'est plus faux.

L'Église de Rome a menti à tout le monde depuis sa création. Faire croire que la Parole de D-ieu ne s'adressait à l'origine qu'aux juifs est une insulte envers le Créateur. Je ne fais même pas référence aux musulmans qui ont déformé une déformation. Le résultat d'un tel mensonge se révèle tous les jours sous nos yeux avec son lot de violence barbare qui est devenu la marque déposée de l'islam.

La Parole divine est universelle

La Parole divine est universelle et la Tora (c'est-à-dire : la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome) s'adressent à tous les êtres vivants. Celle-ci les classe en deux catégories distinctes : un groupe de “prêtres” (le peuple juif) qui a la responsabilité de servir D-ieu d'une façon constante et avec un nombre de commandements importants (613 exactement). L'autre catégorie de personnes est le reste de l'humanité à laquelle D-ieu demande de suivre les sept lois de Noé. Ainsi, que l'on soit né juif ou pas, il n'y a aucune raison de vouloir changer le cours normal de la vie : il nous suffit de tenir le rôle que D-ieu nous a confié le jour de notre naissance.

C'est pour cette raison que la conversion ne doit pas être la voie choisie a priori – par une personne non juive – pour se rapprocher d'Hachem. Plutôt, cette personne doit apprendre la nature des lois de Noé (qui incluent également les lois adjacentes aux sept lois initiales) et la façon de les suivre du mieux qu'elle peut. De la sorte, elle accomplira exactement ce qu'elle désirait faire en se convertissant.

Voici mon conseil à toute personne qui pense à se convertir au judaïsme : commencez à vous documenter sur les lois de Noé (et pour cela, le site de Breslev Israël est sans doute le lieu idéal : il vous suffit de lire les articles de la rubrique “Bnei Noah”) et mettez vous à cœur de suivre la volonté de D-ieu telle que le statut de votre naissance vous le demande.

J'ai l'habitude de répondre à toutes les questions des personnes non juives qui ne désirent pas ignorer leur nature spirituelle, mais qui ne se sentent pas proches des autres religions (pour des raisons qui seraient trop longues à expliquer ici). Vivre sa vie d'“enfant de Noé” est une façon merveilleuse de satisfaire son besoin de spiritualité, tout en faisant ce qu'Hachem attend de nous.

Je vous souhaite beaucoup de succès dans votre nouvelle entreprise et attends avec impatience vos questions.

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dimanche 6 mars 2011

Bnei Noa'h : l'amour d'Hachem


Les rabbins Josy Eisenberg et Michael Azoulay ont récemment commenté, dans une émission religieuse bien connue, le commandement de la Tora : « vous ne vous tailladerez point » qui met en garde contre des coutumes idolâtres.

Aucune atteinte à sa vie ou à son intégrité physique n’est ainsi permise pendant le deuil.

Or, s’il est légitime d’agir face aux persécutions, aucun deuil réel ou figuré ne devrait nous conduire à blesser un autre être humain.

Une corps et une âme

Chacun d’entre nous est responsable d’une âme et d’un corps créés par D-ieu, mais aussi de toutes Ses créatures quels que soient les failles et les ressentiments réciproques (imaginons ne serait-ce que la réaction d’un père si deux de ses fils s’éloignaient de lui en même temps !)

Nous sommes les uns et les autres sans cesse confrontés à des choix, eux-mêmes conduisant à des actes qui, à leur tour, seront interprétés...

Comment alors juger par nous-mêmes un péché commis par une personne dont nous ne connaissons ni les mérites futurs ou passés, ni les motivations réelles ?

La perte d’un statut social voire celle d’un être aimé ne sauraient justifier les drames familiaux ou professionnels – comme la participation à certains mouvements sans autre mesure ou objectif que l’acquisition d’un pouvoir – qui alimentent chaque jour la presse.

Dans le Liqouté Moharan, Rabbi Na'hman insiste sur le fait que tout événement trouve sa source dans la volonté du Créateur et peut nous révéler ce qui sera le plus approprié à Son service.

De même, en « courant après nos propres fautes » tel le vrai fils du roi de Rabbi Na’hman de Breslev, nous faisons le mauvais choix : nous imaginons le mal à l’extérieur de nous-mêmes plutôt que d’entrevoir la possibilité de prier et de faire téchouva

Je me souviens de la phrase célèbre de l’auteur français de « Lettre à un otage »: « Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction.»

Ainsi, Juifs religieux et Bnei Noa’h ne se rejoignent-ils pas dans une fascination temporaire, mais dans un amour commun pour l’Eternel.

Or lorsque cet attachement parvient à un certain niveau, il en résulte aussi une compréhension plus grande de la justice et de la complexité de Sa création.


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Israël ben Sara.  

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jeudi 24 février 2011

Bnei Noa'h : des choix difficiles (3)



Une chose est certaine : Hachem ne désire pas nous voir vivre dans la tension, les conflits ou le stress. La personne proche du Créateur le sait très bien : la vie est belle, joyeuse et remplie de moments exquis. S'il nous arrive de voir les choses d'une façon différente, c'est que nous sommes éloignés du Divin et de la vérité absolue, c'est-à-dire celle souhaitée par D-ieu.

Une révolution tranquille

La personne qui possède l'émouna (foi) cherche à se rapprocher un peu plus chaque jour du Maître du monde. À cette fin, elle utilise les outils que lui a confiés Hachem : la prière, l'étude de la Tora et les mitswoth. Chaque personne possède ses qualités et ses défauts et il n'existe pas deux individus identiques. C'est pour cette raison que le Service divin de chaque âme est unique et qu'il ne sert à rien de comparer les uns par rapport aux autres. À chacun son chemin, son allure, son heure...

Pour autant, il existe des points communs qui nous font tous aller vers la même direction. Cela peut être comparé à plusieurs voyageurs qui habiteraient dans des villes différentes, mais se rendraient au même endroit : aucun trajet serait parfaitement identique à celui de son voisin, même si en fin de compte, l'intention de chacun serait la même : atteindre la même destination.

Le chemin qui nous permet de nous rapprocher de D-ieu est longé de balises qui ont été placées par le Créateur Lui-même. De fait, si nous n'avions pas ces balises, comment pourrions-nous savoir où aller ? Ainsi, ce que nous savons être interdit par la Volonté divine est une indication claire que nous sortons de notre chemin si nous franchissons tout de même le pas, qu'à D-ieu ne plaise. D'autre part, chaque mitswa que nous faisons représente un pas de plus en direction de la destination finale.

Au-delà de la distinction habituelle entre les âmes juives et celles des Bnei Noa'h, il existe suffisamment de points communs entre les deux pour que nous partagions vous et moi ce qui représente un aspect fondamental de notre vie : notre rapport quotidien avec Hachem. C'est à chaque instant que nous avons la possibilité de montrer au Créateur que nous L'aimons : en suivant Sa volonté plutôt que la nôtre. En définitive, voici l'objectif que nous devrions désirer atteindre : que Sa volonté devienne réellement la nôtre. Quel programme fantastique à réaliser !

Cependant, nous devons nous méfier du mauvais penchant dont le souhait est de nous voir chuter et nous éloigner du Divin, qu'à D-ieu ne plaise. Une de ses tactiques consiste à nous faire prendre des décisions qui sont censées nous élever spirituellement, alors qu'en réalité, elles nous éloignent de D-ieu. Afin de les déceler, nous devons prier abondamment et demander conseil à une personne plus sage que nous.

Découvrir l'existence d'Hachem en ce monde ne doit pas nécessairement aboutir à se convertir au judaïsme et encore moins à s'opposer aux membres de sa famille. En réalité, c'est exactement l'opposé que désire le Maître du monde ! Chaque individu doit réaliser qu'il est important d'être un honorable représentant en ce monde de la Volonté divine, même s'il n'est pas juif. Les Bnei Noa'h possèdent leurs propres commandements qui leur ont été donnés par le Ciel et il n'y a aucune raison de les rejeter d'un revers de main dans le but de poursuivre un objectif différent qu'on s'est fixé, sans même se demander s'il correspond à la Volonté divine.

Jazz, voici mon conseil : c'est dès aujourd'hui que vous pouvez faire le maximum d'efforts afin de servir D-ieu... en tant que Ben Noa'h. Apprenez ce qu'Il veut de vous et appliquez-le du mieux que vous pouvez. En même temps, montrez un visage souriant aux membres de votre famille. Plus la joie et le bonheur de servir le Créateur se liront sur votre visage, plus vous courez la chance de faire des adeptes ! C'est D-ieu qui a choisi de vous faire venir au monde comme Ben Noa'h et vous possédez toutes les raisons de Le servir de la sorte.

À suivre...

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de David ben Alison.

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jeudi 17 février 2011

Bnei Noa'h : des choix difficiles (2)


Cher Jazz,

Votre lettre m'a ému et profondément touché. En vous lisant, j'ai l'impression de déceler en vous une envie de vérité, de connaître le sens profond de chaque chose en ce monde ; en d'autres termes : le désir de connaître le véritable rôle que vous devez tenir en ce monde. Cette attitude vous honore car le monde matériel nous attire constamment vers l'opposé de ces réflexions : la société de consommation, les plaisirs rapides et faciles, l'absence de scrupule... Ainsi, rencontrer un individu qui prend du recul devant cette course effrénée vers le néant est une chose rare et tellement belle. Je vous remercie de m'y avoir convié.

Votre recherche du spirituel semble avoir été inscrite dans vos gênes ! Votre amour de la lecture est un signe important car elle démontre une force à aller chercher l'information, plutôt que d'attendre qu'on vous l'amène. Ce comportement volontaire est un cadeau du Ciel, nous qui devons tous lutter contre notre paresse chronique (physique et intellectuelle).

C'est notre esprit qui mène notre recherche de la vérité et l'individu qui est actif en ce domaine possède plus de possibilités de trouver ce qu'il cherche que les autres. Cela n'est pas difficile à comprendre : l'étude se base sur la lecture de livres et celui qui ne lit pas n'étudie pas. Logiquement, les chances de le voir découvrir-apprendre la vérité sont minimes. 

De faux leaders

Je ne désire pas m'attarder sur les contacts que vous avez eu avec des représentants de l'islam et du christianisme. Même si l'on peut être un excellent Ben Noa'h et musulman ou protestant à la fois (cela devient plus difficile si l'on est catholique), les réponses que vous avez obtenues sont la preuve navrante que ces personnes ne possèdent pas la moindre idée de la volonté du Créateur. Il est regrettable que ces personnes se prêtent au jeu de leader spirituel car avec elles, ce sont leurs fidèles qu'elles perdent dans le vide spirituel.

Un aspect que vous avez remarqué est la réaction négative de ces personnes lorsque vous avez commencé à poser vos questions. Quelle insulte à l'intelligence humaine de nous faire croire que D-ieu désire être adoré par des êtres sans cervelle et naïfs ! Il est tout à fait légitime de se poser des questions à propos de l'existence d'Hachem, de la façon idéale de Le servir, de ne pas tout prendre pour acquis et d'attendre d'être confrontés à des raisonnement puissants et profonds de la part de ceux qui désirent nous guider vers le Maître du monde.

Le vide auquel vous avez été exposé a fait naître en vous l'envie de vous convertir au judaïsme. Il est exact que cette possibilité existe et que dans certains cas, cela est faisable. Cependant, le plus souvent, l'envie de se convertir naît d'une incompréhension : le sentiment faux que pour servir pleinement D-ieu, il faut être juif. De fait, si l'on pense que le christianisme et l'islam n'ont pas les réponses adéquates à nos questions, que reste-t-il d'autre qu'à se convertir au judaïsme ?

La réalité est pourtant différente et c'est une des raisons d'être de ma présence sur internet : faire savoir à toutes les âmes non juives qui désirent se rapprocher du Créateur qu'elles peuvent le faire sans devoir devenir juives. Cela ne devrait pas vous surprendre : enfin de compte, n'est-ce pas D-ieu Lui-même qui vous a fait naître non juif ? Pour quelle raison devriez-vous penser qu'Il vous a écarté d'un groupe privilégié de personnes (le peuple juif) ?

Plutôt, c'est en votre qualité de Ben Noa'h que vous pouvez servir et vous rapprocher du Maître du monde. Croyez-moi : votre vie spirituelle peut être extrêmement riche en menant une vie de Ben Noa'h et ne pas vous convertir ouvre devant vous un chemin bien plus simple et agréable qu'une conversion à envisager.

Vous évoquez dans votre lettre les tensions que votre éventuelle conversion a fait naître au sein de votre famille. Également, s'engager dans une conversion signifie emprunter un parcours de plusieurs années pendant lesquelles il est presque impossible de se marier et où la personne se retrouve ente deux mondes : celui qu'elle quitte et celui qu'elle désire rejoindre. Cette situation n'est pas toujours facile à vivre et de plus, il n'est pas certain qu'elle soit toujours voulue par Hachem. Nous aborderons cet aspect de notre réflexion lors d'un prochain article.

À suivre...

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Valérie bath Noémie.

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mercredi 9 février 2011

Bnei Noa'h : des choix difficiles (1)


Cher David-Yitshaq,

Je suis originaire d'un pays catholique et je ne connais presque rien du judaïsme, à l'exception d'une ou deux choses. Depuis toujours, j'ai dévoré les livres et le nombre est infini des différents styles de livres que j'ai lu dans ma vie. Même si ma famille pratique la religion catholique d'une façon très stricte – et que j'ai été moi-même très pratiquant et membre de plusieurs organisations liées à l'Église – je n'avais jamais vraiment lu les textes saints.

Du vide, tout autour

Un certain jour, j'ai réalisé que même si j'étais plutôt fervent à l'encontre de l'enseignement catholique, je ressentais toujours un certain manque en moi ; à compté de ce jour-là, je suis parti à la recherche de la nature de ce manque. J'ai rencontré plusieurs prêtres, pasteurs et même des imams musulmans ; pourtant, malgré toutes ces rencontres, le vide en moi semblait prendre de plus en plus d'importance et s'affermir un peu plus chaque jour. J'ai dit plus haut que j'ai toujours été un lecteur avide. Pourtant, les écritures dites saintes m'avaient toujours semblé ennuyeuses.

Malgré tout, avec le vide en moi qui s'agrandissait, je décidai de lire le Coran. Je choisissais d'une façon délibérée de ne pas lire la Bible dans la mesure où je l'avais apprise à l'église et à mon école durant mes jeunes années.

Quelle ne fut pas ma surprise ! Le texte du Coran déforme les nombreuses histoires et enseignements bibliques. Je cite seulement un exemple : Ichmael est le soi-disant test du sacrifice pour Avraham [à la place d'Yits'haq] ! Je me suis adressé à un imam et je lui ai posé la question suivante : « Si l'on dit que les juifs et les chrétiens ont falsifié les Écriture, pour quelle raison a-t-il fallut attendre plusieurs milliers d'années pour que Mohamed répare cela ?»

L'imam me donna une réponse peu claire et termina son exposé en me disant que de toute façon, j'étais un ennemi de D-ieu car je n'acceptais pas le Coran. Après cet échange, je me suis dis : « Et ces personnes croient qu'elle pensent réellement !» Je crois que mes questions critiques méritent des réponses et je ne comprends pas la raison pour laquelle elles furent perçues comme des attaques.

Ainsi, le vide que je ressentais était encore en moi. C'est cela qui me poussa finalement à ouvrir la Bible et... à me retrouver absorbé par sa lecture. Je tournai les pages l'une après l'autre en lisant chaque mot avec attention. Je désirais tellement en savoir davantage lorsque j'eus terminé ce que les chrétiens nomment l'ancien testament! Le vide que je sentais en moi sembla retrouver de la force, mais cette fois-ci, il était rempli d'émouna. Pourtant, après chaque page, un nombre plus important de questions se présentait à mon esprit. Combien d'incohérences et de contradictions je relevais maintenant dans les habitudes chrétiennes ! De la sorte je me mis à lire encore plus...

Cependant, lorsque je terminai de lire « l'ancien testament » et la Bible dans sa totalité, j'étais consterné : j'avais encore plus de questions à poser ! De nouveau, je me tournais vers des prêtres et des pasteurs. Je leur demandai de m'expliquer la raison pour laquelle il est écrit que l'alliance avec D-ieu est éternelle, tandis que nous n'en respectons pas la majorité. On me répondit qu'une partie de cette alliance s'adresse aux juifs et pas aux chrétiens. Cette réponse me satisfit et je pouvais donc en poser d'autres ! Celles que je posaient maintenant furent : « Pour quelle raison est-il écrit que l'alliance est éternelle, tandis que vous dites que le nouveau testament la remplace ?»; « Si Jésus priait, priait-il à lui-même ou D-ieu ?» Etc.

Cependant, toutes ces questions reçurent des réponses qui ne satisfaisaient pas mon cœur. Je sais pertinemment que certaines questions ont des réponses qui satisfont l'esprit, tandis que d'autres ne satisfont sans doute pas l'esprit, mais l'âme. Dans leurs cas, les réponses qu'il me donnaient ne satisfaisaient ni l'un ni l'autre. C'est pour cette raison que j'ai commencé à aller rendre visite à des rabbins. Les réponses que je reçus furent merveilleuses. Certaines d'entre elles donnaient même des réponses à des questions que je ne m'étais jamais posées !

Face à cette situation, je me mis à réfléchir sérieusement et en fin de compte, je pris ma décision de me convertir au judaïsme. Avec cette décision, j'acceptais de devoir affronter tout ce que je devais rencontrer : peu importe si cela devait durer des jours, des semaines ou des mois.

Cependant, mes premières tentatives pour me convertir ne rencontrèrent pas le succès : ou bien on m'ignora ou bien on me demandait de vivre aux alentours d'un rabbin ou encore, on me demandait de payer une certaine somme d'argent. J'ai alors demandé leurs avis à quelques amis juifs ; eux aussi me découragèrent, ce que je comprends.

Faire en sorte de rester Saint n'est pas une mince affaire. Ce que je trouve le plus difficile est de respecter Chabath et manger kacher. Mes parents désapprouvent ma décision de me convertir et très rapidement, je me suis retrouvé exclu de ma « nation.» Je suis devenu un véritable étranger dans une terre sur laquelle je suis pourtant né. Pour la première fois, j'ai réalisé ce que les hébreux ont put ressentir en terre égyptienne. Un certain jour, un ami m'a conseillé de tenir compte de l'environnement dans lequel j'évolue et de devenir Ben Noa'h plutôt que de me convertir. C'est ce que j'ai fait jusqu'à ce jour.

Même si je suis un Ben Noa'h, je désire tout de même me convertir au judaïsme un jour ou l'autre. Je continue à manger kacher et à respecter le Chabath. Entre temps, ma propre famille m'a renié. Malgré tout, chaque fois que je rencontre des problèmes, le seul vers lequel je me tourne est Hachem.

David-Yis'haq, mon cher ami, je vous demande de me donner votre opinion à propos du chemin que je devrais poursuivre. Je me suis adressé à de nombreux rabbins et un seul m'a pris au sérieux ; cependant, tout cela ne m'arrêtera pas. Je continuerai à avoir le même feu qui brûle en moi et seulement des louanges pour Hachem. Cela sera le cas jusqu'à mon dernier souffle de vie.

Je vous remercie,

Sincèrement,

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Yoni ben Audrey.

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dimanche 2 janvier 2011

Bnei Noa'h : les pour et contre d'une conversion (2)

Jewish prayer in Georgia

(Yann Caro - lui-même un Ben Noa'h - a eu la gentillesse de partager avec nous ses réflexions à propos d'une éventuelle conversion au judaïsme. Dans le premier article, il présentait les arguments favorables à cette conversion. Dans ce second article, il présente les arguments défavorables.)

Bnei Noa’h et conversion : ne pas s’opposer à Hachem

De très beaux textes de Rabbi Na’hman de Breslev rappellent que chaque être humain peut élever, avec les éléments de la création qui l’entourent, son propre chant vers D-ieu.

Ainsi, tout Juif ou Ben Noa’h relie-t-il dans sa propre langue l’univers à sa source.

Or, reconnaître de lui-même le Créateur est le mérite du Ben Noa’h qui recherche une attitude exemplaire du fait de son émouna (foi).

Dans le judaïsme orthodoxe, le monde non-juif n’est d’ailleurs oublié ni par la tradition 'hassidique, ni pour sa contribution au parachèvement du monde.

On comprend dans ce contexte qu’une conversion, engagement définitif à respecter 613 mitswoth, ne puisse être envisagée qu’avec précaution...

Quand bien même il en retirera une satisfaction personnelle, quel sera, en effet, l’apport d’un Ben Noa’h auparavant respectueux des Sept lois dans toutes leurs implications ?

Mais surtout, comment sera-t-il jugé si, durant son parcours, il délaisse les commandements ? Or, pour qui a pris la responsabilité d’adhérer à la Tora, respecter le Chabbath et les lois alimentaires revêt, comme toute mitswa, une importance particulière…

Il faut aussi prendre garde à ce que de tels changements de mode de vie ne viennent ternir des sources de joie et de respect pour le Créateur : de nouvelles obligations familiales ou professionnelles ne laissent pas toujours de solution acceptable que l’on opte ou pas pour une sécurité matérielle toute relative…

Chaque Non-juif devrait servir D-ieu dès que possible, mais aussi faire preuve de ‘hessed (amour) envers lui-même pour être en mesure d’améliorer le monde dans lequel il vit.

Notons enfin que le Beth Din (Tribunal rabbinique) des Bnei Noa’h de Jérusalem autorise à chacun une célébration appropriée des Fêtes comme l’approfondissement de nombreux textes (certains articles de La pause-café font part de ses conclusions, mais il sera toujours possible, si nécessaire, de demander conseil à un rabbin.)

Quelle que soit sa démarche, il est en effet important de s’en tenir à des sources autorisées : étudier les lois du Chabbath équivaut par exemple pour un Non-juif à s’opposer à la volonté de Hachem, et la « sélection » d’une fraction seulement des enseignements de la Tora a en grande partie conduit aux rivalités sans lendemain ou aux haines que l’on sait…

Puisque le Créateur nous a fait naître ce que nous sommes, ne devrions-nous pas au contraire nous montrer reconnaissants et Le prier pour être orientés vers ce qu’Il attend de nous ?


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Dan ben Rivqa.

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mercredi 22 décembre 2010

Bnei Noa'h : les pour et contre d'une conversion (1)

Noah's Routemaster

(Yann Caro - lui-même un Ben Noa'h - a eu la gentillesse de partager avec nous ses réflexions à propos d'une éventuelle conversion au judaïsme. Dans ce premier article, il présente les arguments favorables à cette conversion. Dans un second, il présentera les arguments défavorables.)

Bnei Noa’h : ce qui peut conduire à une conversion

Le judaïsme ne prône pas la conversion afin d’empêcher toute décision irréfléchie qui engagerait des obligations nombreuses et définitives.

Celui qui parvient à « adhérer à la Tora » possède donc une foi en D-ieu élevée qui le rend à même de comprendre ces difficultés.

Ainsi Ruth, bien que découragée et incomprise, reste aux côtés de Naomi non en raison de ses sentiments mais parce qu’elle sait que vérité et bénédiction ne peuvent être issues que du D-ieu unique d’Israël.

Une attitude semblable à l’égard des candidats à la conversion, alliée à un respect pour les non-juifs suivant une voie juste, n’a cessé d’être prônée par les sages de la Tora… ce qui aura toujours été un bien.

Il suffit de se rappeler les actes qui ont accompagné ou accompagnent les tentations des églises et de l’islam d’imposer une religion uniformisée… et de permettre à certains d’exercer sans mesure le pouvoir correspondant. De même, les communautés juives médiévales, qui devaient fréquemment faire face à une majorité hostile, pouvaient souffrir d’une conversion demandée en leur sens.

Mon expérience m’a cependant amené à comprendre pourquoi d’autres non-juifs, qui pouvaient en tant que tels contribuer à l’avenir de l’humanité en honorant les Sept lois noa’hides, rejoignaient finalement le Klal Israël.

La capacité à percevoir la vérité de la Tora est ce qui unit, outre le respect des lois qu’elle leur impose, Juifs religieux et Bnei Noa’h.

Cependant, ce qui différenciera le converti pourra être, outre une affection sincère envers le Peuple juif et l’amour de l’étude, la possibilité réelle d’observer 613 Mitswoth.

La situation d’un Ben Noa’h peut en effet être vécue douloureusement : incompréhension de son entourage, propos manichéens concernant les origines, sentiment d’être « étranger » à des préoccupations plus superficielles, même valorisées culturellement…

Nous vivons une époque presque universellement permissive, au sens où beaucoup envisagent le développement des sciences et des techniques comme un simple moyen pour accéder à l’absence de limitations morales des « élites » du passé… ce qui ne peut faire de leur mode de vie également qu’une source de souffrances et d’indignité.

Or, en l’absence de suivi par un rabbin ou de liens avec d’autres Noa’hides, l’abandon de tout espoir de conversion ne comporte-t-il pas le risque de s'éloigner progressivement de D-ieu au point d'enfreindre certaines des Sept lois ?

Sans aller évidemment jusqu’au vol ou à des actes inhumains, quelles barrières subsistent-elles, dans un milieu athée (ou divers religieusement), contre l'adultère ou la participation à une cérémonie ayant une connotation idolâtre ?

Il peut s’avérer plus difficile ou moins important pour une personne cachant sa spiritualité de se justifier.

Mais D-ieu peut aussi rester présent, le respect que l’on s’accorde finissant alors par s’imposer autour de soi. C’est à ce niveau que se rejoignent Juifs et Bnei Noa’h qui ont renforcé leur émouna (foi).

Yann Caro

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