jeudi 27 janvier 2011

Des actes, de la pensée et de la tristesse

Burnt Umber Beard drawing

Qui pourrait penser sérieusement qu'une simple pensée puisse avoir des conséquences plus graves qu'un véritable acte ? Encore plus étrange, serait de croire que la tristesse est plus sérieuse qu'une action concrète. Si nous mettons de l'avant les actions, c'est que nous accordons beaucoup d'importance au monde physique et à ce que nos yeux voient. D'autre part, ce qui se trouve dans notre esprit ou notre cœur ne semble pas concerner les autres et partant, avoir un poids significatif. Pourtant, notre vision est tronquée et les ramifications de notre myopie sont chargées de sens.

Entre pensée et action

Certes, un acte revêt une importance indéniable, principalement lorsqu'il implique une tierce personne. Ainsi, il est ridicule de faire croire à votre voisin que d'avoir cassé sa belle table de salon style Louis XV est un acte bénin ! De fait, aussi longtemps que vous ne paierez pas la valeur de sa table à votre voisin, le repentir sera impossible.

C'est précisément pour cette raison qu'une pensée possède – le plus souvent – des conséquences plus graves qu'un acte. Toute personne dotée de bon sens sait pertinemment qu'elle doit réparer ses fautes envers autrui. Cependant, lorsque nous pensons – que D-ieu nous préserve – à une certaine chose interdite ou immorale, nous avons l'impression qu'en fin de compte, nous n'avons rien fait de si terrible. Ainsi, nous ne pensons pas toujours à nous repentir de cette mauvaise pensée et celle-ci risque de rester accrochée longtemps à notre “casier judiciaire spirituel.”

La vision qui nous manque est celle du Divin. Nous accordons beaucoup d'importance à paraître propres et honorables aux yeux de nos contemporains, mais nous oublions d'avoir la même rigueur envers D-ieu. Le Créateur ne connaît-Il pas toutes nos pensées ? Un écart – même par la pensée – représente une faute envers le Maître du monde et nous devons tout faire pour nous en excuser. Au même titre que nous ne ménagerions pas nos efforts pour nous excuser auprès de notre voisin si nous lui avions cassé sa table, nous devons nous efforcer de réparer nos fautes envers D-ieu.

La tristesse entre dans une logique similaire. En étant triste, une personne perd l'énergie nécessaire à fournir les efforts indispensables au rachat. “Je n'en vaux pas la peine”, dira-t-elle. Quelle erreur funeste ! Nous devons être capables de décerner la démarche sournoise du mauvais penchant : c'est lui qui désire nous voir affaiblis, tristes et sans espoir. C'est dans cette situation que nous considérons le repentir inaccessible et sans réel intérêt.

On le voit, la tristesse sert à nous faire tomber dans les griffes des forces du mal. Celles-ci ne désirent qu'une seule chose : nous éloigner de D-ieu. En étant tristes, nous sommes amorphes et l'idée même d'efforts nous semble lointaine.

Résumons-nous : faire un acte répréhensible est une chose grave, mais le plus souvent, nous pensons et pouvons réparer notre faute. D'autre part, il ne faut pas commettre l'erreur de croire que les pensées et la tristesse sont anodines. Au contraire, nous devons faire encore plus attention à nous détacher des mauvaises pensées et à les regretter sincèrement. Quant à la tristesse, nous devons la considérer comme un véritable poison et nous en éloigner immédiatement si nous la sentons nous attaquer.

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Chlomo ben Sylvie.

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jeudi 30 avril 2009

Les mauvaises pensées

Avoir des mauvaises pensées n'est pas l'exclusivité des mauvaises personnes. Cela nous arrive à tous et nous devons apprendre à vivre avec elles, plutôt que les nier ou les ignorer. Une mauvaise pensée pour untel n'en est pas forcément une pour un autre. Ainsi : penser manger un aliment interdit – sans passer à l'acte – est une preuve de régression pour un Juste. D'autre part, le fait de ne pas avoir mangé cet aliment – mais d'y avoir seulement pensé – est un accomplissement de taille pour une personne qui est habituée à consommer des aliments que la halakha (loi juive) interdit.

Les mauvaises pensées ont ceci de particulier : elles surgissent dans notre esprit sans y avoir été invitées et à notre plus grande surprise. Le plus souvent, nous souhaiterions bel et bien nous en débarrasser… sans beaucoup de succès. La présence de ces pensées semble devoir nous accompagner du matin au soir, dans toutes les situations de la vie, de notre plus tendre jeunesse à notre disparition de ce monde. Ces intrusions fréquentes peuvent nous énerver, nous rendre antipathiques ou encore découragés. Dans tous les cas, notre impuissance à mener à terme la lutte est des plus frustrantes.

Ne pas lutter… pour vaincre

Le plus fort n'est pas toujours celui qui s'affiche. Ainsi, il n'est pas toujours utile d'avoir les plus gros biceps pour remporter une victoire sur un adversaire. De fait, notre intelligence représente une garantie plus efficace qu'une inscription dans une salle de fitness.

C'est justement en utilisant notre cerveau qu'il est possible de découvrir un cadeau du Ciel : l'être humain n'est capable de penser qu'à une seule chose à la fois. Ce qui peut s'avérer un handicap dans certains cas est plutôt un avantage sublime dans la vie quotidienne et notre lutte contre les mauvaises pensées.

Plutôt que de vouloir être le plus fort en montrant nos muscles, soyons les plus fins : évitons la lutte, esquivons-nous discrètement, même si notre honneur en prendra un coup. Vouloir dominer nous mènera à une seule situation : la défaite. Les mauvaises pensées reviendront à la charge, sans prévenir et aussi longtemps que notre cœur bat.

L'esquive consiste à réagir dès que nous sentons la mauvaise pensée arriver. Immédiatement, nous devons penser à quelque chose de saint : une prière, un texte d'étude, un cours entendu récemment… Peu importe ce que nous choisissons dans la mesure où nous restons dans le cadre de la sainteté. Si nous concentrons notre pensée sur un sujet lié à notre racine sainte, les mauvaises pensées s'en iront de suite.

Sans les avoir chassées et sans avoir montré les armes, les idées funestes nous éviteront. À penser spirituel à leur arrivée, nous les lasserons vite !

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vendredi 8 août 2008

Penser à la vie

James Scudamore – L'homme pensant


Celui qui désire parvenir à mener à terme la tâche qu'il a entreprise doit rester concentré sur ce qu'il fait. Rien ne doit perturber son attention et aucune interférence extérieure ne doit attirer son attention.

Plus la tâche à réaliser est difficile, plus elle exige une grande attention. Balayer son jardin permet éventuellement de rester moyennement concentré sur son travail. À l'opposé, on attend d'un chirurgien qu'il ne pense pas à ce qu'il mangera le soir pendant qu'il opère un malade !

Y a-t-il quelque chose de plus sérieux que la vie ? Existe-t-il une activité plus importante que de bien mener à terme le nombre d'années que nous passons sur terre ? Partant, nous devrions réfléchir en utilisant le maximum de notre capacité intellectuelle sur la façon de mener notre barque à bon port. Pourtant, qu'en est-il ?

Nous passons beaucoup de temps à penser à des futilités, à des choses temporelles et aux différents moyens d'assouvir nos désirs (alimentaires, vestimentaires, sensuels…). En d'autres termes, nous oublions le principal, pour penser au secondaire. La conséquence de cet oubli est de laisser la porte ouverte à toutes les confusions, les doutes et autres désagréments de la vie.

Cependant, si nous ne perdions pas de vue que notre vie en vaut la peine, nous resterions concentrés sur l'objectif à atteindre. Cela nous permettrait d'ignorer les différentes “interruptions” et confusions qui se dressent dans notre rapprochement quotidien de D-ieu.

En étant concentré, rien ne peut nous perturber. Plutôt, nous faisons ce que nous devons faire dans notre service de D-ieu. Cette concentration – qui est une preuve d'émouna (de foi) – nous fait rejeter d'un revers de main les obstacles qui ne manquent pas de se dresser : dans nos prières, dans notre étude…

Si nous restons concentrés, nous nous tenons également éloignés de l'énervement, du stress et de la tristesse. Nous prenons les choses au rythme où elles arrivent, sans nous soucier du pourquoi et du comment.

Ce que nous venons de décrire est un aspect important de notre rapport avec le Divin. Heureuse est la personne qui ne l'oublie pas.

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