lundi 23 août 2010

Les prières des Séli'hoth (4)

Les prières des Séli'hoth (4)

(Ceci est le 4ième et dernier article de notre série à propos de Séli'hoth. Pour lire le 3ième article, cliquez ici.)

Un des moments importants de la récitation des Séli'hoth est lorsque nous déclarons à voix haute les treize attributs de clémence de D-ieu. Nous commençons cette liste en citant à deux reprises le Nom d'Hachem. Selon la Guémara Roch Hachana 17b, cette répétition du Nom divin nous apprend qu'Hachem fait preuve de clémence envers les personnes, avant qu'elles pèchent et après qu'elles aient péché.

S'il est facile de comprendre l'importance de la Clémence divine envers celui ou celle qui a fauté, on peut se demander pour qu'elle raison D-ieu a besoin d'être clément envers nous avant la faute : en fin de compte, nous n'avons encore rien fait ! Si nous comprenons la réponse à cette question, notre perception de la vie en sera grandement changée.

Rien n'est dû au hasard

Nous pensons souvent que le hasard a sa place dans les affaires du monde et également dans notre vie. Lorsque nous commettons une faute – alors que notre intention était pure – nous comprenons cela comme un manque de chance et en aucun cas, nous ne réfléchissons sur la nature de nos actions qui pourrait expliquer cette faute. Cette attitude possède un avantage : elle nous déculpabilise et garde notre moral intact. Pourtant, elle nous dissimule la vérité et ce qui devrait être l'objet d'une réflexion profonde de notre part.

Il est faux de croire que certaines choses arrivent par hasard ou sans raison apparente. Si nous apprécions pleinement le concept de Volonté divine – c'est-à-dire que rien n'arrive dans le monde sans qu'Hachem le veuille – nous devons arriver à la conclusion évidente : le hasard est une invention d'un esprit en manque d'émouna (de foi) et qui désire expliquer la gouverne du monde par les règles de la nature, de la logique ou du petit bonheur la chance.

En récitant les prières des Séli'hoth, nous déclarons à D-ieu que c'est Lui le Gouvernant suprême de l'univers, dans tous ses aspects. Ainsi, il n'y a absolument aucun hasard dans notre façon de faire et de vivre. Même dans les cas où il semble difficile de donner une raison précise à un geste ou à une action, nous devons avoir l'émouna qu'ainsi l'a voulu Hachem, pour une raison connue de Lui seul.

Si nous fautons d'une façon involontaire, il est de notre devoir d'en chercher la raison. Si nous ne parvenons pas à trouver l'origine de cette faute, nous devons implorer D-ieu pour qu'Il nous garde à l'avenir de fauter de la sorte. Si notre prière s'accompagne d'une volonté réelle de notre part de redoubler d'ardeur dans notre Service divin, nous avons de grandes chances d'être écoutés. Si ce n'était que pour cela – un rapprochement renouvelé du Divin – il nous devient possible de citer au moins une raison à la faute que nous avons commise !

Voici la leçon à retenir qui doit guider notre téchouva (repentir) en cette fin d'année et rester à nos côtés l'année à venir : vouloir nous renforcer dans notre relation avec Hachem – c'est-à-dire : essayer de faire Sa volonté le plus souvent que nous le pouvons – nous aidera de deux façons à commettre moins de fautes. Avant tout, si nous prenons sur nous de suivre une mitswa particulière – ou d'améliorer la façon dont nous la faisons – nous aurons accompli une grande chose dans ce domaine spécifique.

Cependant, il existe également un avantage indirect à cette résolution : c'est celui de diminuer le nombre de fautes involontaires qu'il nous arrive de commettre. Même si le plus souvent, nous ne parvenons pas à saisir la raison de ces fautes, nous savons qu'elle se trouve dans un comportement fautif de notre part. En ayant décidé de devenir une meilleure personne et de nous rapprocher d'Hachem, nous minimisons les occasions où le Ciel sera justifié de nous rappeler à l'ordre.

Puisse notre récitation des Séli'hoth nous ouvrir la porte céleste et celle de la Compassion divine. Amen !

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mercredi 18 août 2010

Les prières des Séli'hoth (3)

Les prières des Séli'hoth (3)

(Ceci est le 3ième article de notre série à propos de Séli'hoth. Pour lire le 2ième article, cliquez ici.)

La récitation des Séli’hoth est une préparation pour Roch Hachana (le jour de l’an juif). Cela ressemble à un sportif qui désire être prêt pour une course importante : l’aspect essentiel du travail se trouve dans les heures que celui-ci passe à s’entraîner et à s’améliorer. Sans cette préparation, les chances de réussite lors de la course sont nettement amoindries.

Il en est de même avec les Séli’hoth et Roch Hachana. Chaque jour où nous récitons ces prières, nous faisons un pas de plus vers Hachem et nous Lui déclarons – avec encore plus de force – notre amour. Lorsque Roch Hachana arrivera, nous aurons fait le maximum pour être le plus près possible de D-ieu.

Vouloir connaître D-ieu

Il existe plusieurs façons de suivre la Volonté divine. La première consiste à faire ce que le Maître du monde attend de nous… sans réel enthousiasme, mais avec application. La seconde est de mettre notre Service divin en notre cœur et de désirer faire la volonté de D-ieu. Le désir réel de servir Hachem est un niveau extrêmement élevé dans le Service divin et il doit toujours être notre objectif, même si nous éprouvons de la difficulté à l’atteindre.

L’exemple parfait de la personne qui désirait Hachem est Moché Rabbénou. C’est Moché qui a placé l’amour qu’un être humain peut avoir pour le Créateur à un niveau inégalé. Parce qu’il désirait connaître d’une façon parfaite les voies de D-ieu, le Maître du monde lui répondit que cela était impossible pour un être humain. Cependant, Hachem révéla à Moché un enseignement qui deviendrait l’essence même des Séli’hoth : les treize attributs de justice.

C’est enveloppé d’un talith (châle de prières) que D-ieu apparut à Moché. D-ieu apprit au leader du peuple juif que chaque fois que le peuple juif serait dans la détresse et qu’il réciterait ces treize attributs, il serait pardonné. Voici ces attributs :

“Éternel, Éternel, D-ieu miséricordieux, clément, patient, plein de bienveillance, vrai. Il réserve Son amour jusqu’à la millième génération, pardonne l’iniquité, le crime et la faute. Il absout.” (Exode 34 :6-7)

De ce passage, la Guémara déduit qu’en fait, c’est la façon de prier qu’Hachem enseigna à Moché. Le talith représente notre volonté de nous isoler du monde lorsque nous nous adressons à D-ieu. Cela est la première condition pour espérer prier d’une façon adéquate. La séparation dont il est question possède deux aspects : la séparation physique et la séparation mentale.

Si la première ne suffit pas à elle seule – nous pouvons nous couper physiquement du monde pour rêver à des futilités – elle est néanmoins indispensable. Également, la seconde condition n’est pas suffisante. Penser et s’adresser à D-ieu est certes une occupation élevée qui peut avoir lieu tout le temps et à n’importe quel endroit, mais on comprend aisément qu’idéalement, une place appropriée est préférable pour entrer en communication avec le Maître du monde.

Une fois isolés physiquement et mentalement de ce monde, en quoi doivent consister nos prières ? Les treize attributs de justice nous l’apprennent : à prendre exemple sur Hachem et Ses qualité et à prier pour améliorer nos propres traits de caractère. Être miséricordieux envers le peuple juif est la première chose à considérer.

C’est pour cette raison qu’il peut nous sembler avoir récité un millier de fois les treize attributs sans avoir reçu de réponse du Ciel. La raison en est que réciter les mots n’est pas suffisant. La question que nous devons nous poser est la suivante : de quelle façon faisons-nous réellement preuve de compassion envers les autres ?

N’avons-nous pas souvent pensé ou dit : “La misère du monde ne dépend pas de moi !” ; “Suis-je donc le banquier du monde pour que l’on me demande sans cesse la tsédaqa ?” ; “Ne suis-je pas déjà suffisamment occupé pour devoir rendre service à un tel ?” En récitant les Séli’hoth et le treize attributs de compassion, ce sont les yeux remplis de larmes que nous devons demander à D-ieu de nous aider à nous rapprocher de Lui.

À suivre…

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dimanche 15 août 2010

Les prières des Séli'hoth (2)

Les prières des Séli'hoth (2)

(Ceci est le 2ième article de notre série à propos de Séli'hoth. Pour lire le 1er article, cliquez ici.)

Chaque année – au début du mois d'éloul – les juifs d'origine séfarade prennent le train, tandis que leurs compatriotes d'origine achkénaze restent sur le quai de gare. De fait, dès le lendemain du premier jour d'éloul, les séfarades commencent à réciter les prières des Séli'hoth, tandis que les achkénazes attendent seulement la semaine qui précède Roch Hachana (le jour de l'an juif) pour commencer leur récitation.

Un repentir national

La raison pour laquelle les séfarades commencent au début du mois d'éloul est que la période entre cette date et le jour de Yom Kippour correspond aux quarante jours que Moché Rabbénou passa au sommet du Mont Sinaï afin d'y recevoir les deuxièmes Tables de la Loi.

Moché était déjà monté une première fois sur le Mont Sinaï ; il y avait reçu les premières Tables de la Loi. Cependant, pendant son absence, le peuple avait fauté en faisant le veau d'or et Moché avait brisé les Tables qu'Hachem lui avait données.

En remontant, le leader du peuple juif devait obtenir le Pardon divin pour le comportement inadmissible des juifs. Certes, ceux-ci avait regretté leur geste et s'étaient repentis. Cependant, rien ne garantissait que ce repentir soit accepté du Ciel. Pour cela, il fallait que Moché prie abondamment et que le peuple se joigne à lui pour espérer que D-ieu puisse “effacer” leur faute.

Ces quarante jours de prières furent une période exceptionnelle pendant laquelle le peuple entier désira se coller à Hachem, s'inclure littéralement en le Créateur. C'est pour se remémorer ce sentiment de dévéqouth (d'attachement) que les séfarades commencent à réciter les Séli'hoth quarante jours avant Yom Kippour, le jour où Moché Rabbénou redescendit du Mont Sinaï avec les nouvelles Tables de Loi.

À sa vue, le peuple comprit que son repentir avait été accepté. De la même manière, nous espérons que le nôtre soit accepté le jour du Grand Pardon.

Une nouvelle Création

Les achkénazes suivent une autre logique. Selon eux, la date importante est celle du 25ième jour du mois d'éloul, jour où le monde fut créé (selon Rabbi Eliezer). Lorsque D-ieu créa le monde, le doute n'avait pas sa place : chaque créature était la preuve concrète de la Puissance divine et le monde entier ne partageait qu'un seul but : louer la gloire du Seigneur.

Même si cette situation ne dura pas longtemps – le péché d'Adam y mettant fin après seulement six jours – elle représente un état de perfection inégalé dans l'émouna (la foi). C'est pour se lier à cet état spirituel exceptionnel que les achkénazes commencent à réciter les Séli'hoth une semaine avant Roch Hachana.

Cependant, même si les achkénazes commencent à réciter les Séli'hoth vers la fin du mois d'éloul, ils ne commencent pas toujours leur récitation le 25 de ce mois ; plutôt, ils commencent invariablement à réciter les Séli'hoth à motsé Chabath (la fin de Chabath). Pour en expliquer la raison, il nous faut connaître le second critère que les achkénazes prennent en considération.

Le jour du Chabath est le jour le plus saint de la semaine. Ce jour-là, chaque juif s'arrête de travailler et dévoue sa journée au service de D-ieu. Le Chabath, nous prions plus longtemps que d'habitude, nous étudions la Tora plus qu'à l'accoutumée, nous mangeons mieux que les autres jours de la semaine… Nous faisons tout cela pour rendre gloire à Hachem, notre Créateur.

C'est parce que le jour du Chabath nous consacrons plus de temps au spirituel – et moins au matériel – qu'il est bon de commencer la récitation des Séli'hoth ce jour-là. Le Chabath fut le point culminant de la Création ; à ce titre, il ressemble au 25ième jour du mois d'éloul qui est le premier critère sur lequel se base les achkénazes pour commencer la récitation des Séli'hoth.

À suivre...

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jeudi 12 août 2010

Les prières des Séli'hoth (1)

Les prières des Séli'hoth (1)

Avec l'aide de D-ieu, je présente aujourd'hui le premier article d'une série à propos des prières des Séli'hoth que nous commençons à réciter aujourd'hui (pour les séfarades) ou dans trois semaines (pour les achkénazes).

Hachem et nous

La relation que D-ieu entretient avec nous peut être comparée à celle d'un père qui apprend à marcher à son fils. Jamais très loin, il s'approche tantôt… pour mieux reculer ensuite. L'enfant – se sentant en sécurité – avance à petits pas, sans relâcher ses efforts.

Toute l'année, Hachem est à nos côtés. Tantôt nous sentons Sa présence, tantôt nous la sentons s'éloigner. Certes, le Créateur se trouve toujours près de nous, mais il existe une période de l'année où Sa présence est exceptionnellement proche. Cette période est celle des dix jours de Roch Hachana (le jour de l'an juif) à Yom Kippour (le jour du Grand Pardon).

Pendant cette période, le Maître du monde attend avec encore plus d'impatience que nous nous tournions vers Lui, que nous fassions appel à Lui. C'est pour cette raison que les prières que nous prononçons pendant ces dix jours peuvent atteindre ce que les autres prières ont plus de difficulté à faire pendant les autres jours de l'année.

Osons !

Si nous réalisons pleinement ce fait, nous pourrons en conséquence consacrer tous nos efforts aux demandes que nous formulons à Hachem. Ceci ressemble à un fils qui désire quelque chose d'important de la part son père : il a tout intérêt à formuler sa demande à un moment favorable ! Pendant les dix jours de repentir (la période entre Roch Hachana et Yom Kippour), nous pouvons demander ce que nous désirons à Hachem : Son attention est à son maximum.

C'est pour cela que nous ne devons pas hésiter à demander de grandes choses. Viendrait-il à l'idée d'un enfant qui peut obtenir de son père un cadeau important de lui demander seulement une sucette ? Nous commettons souvent cette erreur de limiter nos demandes au domaine matériel (un peu plus d'argent, une plus belle voiture…), alors que nous pouvons demander beaucoup plus (que D-ieu nous rapproche de Lui, qu'Il nous aide à sentir la Sainteté…)

Les dix jours de repentir doivent nous servir à une chose : rétablir le lien avec nos racines, nous souvenir du peuple auquel nous appartenons, remettre la Tora et la volonté de D-ieu au centre de notre vie. Nous pouvons demander à Hachem de nous aider à atteindre ces grands projets, plus qu'à aucun autre moment de l'année.

Si pendant toute l'année nous avons eu tendance à oublier qui nous sommes réellement, nous pouvons toujours frapper à la porte du Roi des rois pour lui indiquer notre volonté de réparer ce qui doit l'être. Cette porte ne demande qu'à s'ouvrir, grâce à notre appel.

S'il est bien une période de l'année où nous devons penser au spirituel, c'est celle des dix jours entre Roch Hachana et Yom Kippour. Le mois d'éloul nous sert à nous préparer à cette rencontre d'un autre type.

À suivre…

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