vendredi 26 novembre 2010

Caves à vin réfrigérées (1)

10-Eurocave 318

Dans la mesure où la qualité des vins que nous buvons devient de plus en plus sophistiquée, nombreuses sont les personnes qui s'intéressent de près aux meilleures façons de conserver et de faire vieillir les bouteilles de vin qu'elles conservent chez elles.

Les endroits propices... et les autres

Dans des pays comme l'Angleterre, conserver son vin n'est pas un réel problème. De fait, la plupart des logements possèdent un sous-sol ou une cave : ces endroits sont frais, sombres et suffisamment tranquilles pour être utilisés comme des caves à vin. Cependant, dans de nombreux pays, la température à l'intérieur des logements atteint souvent les 30 Cº et la conservation du vin devient alors problématique.

Il va sans dire que nous ne sommes pas nombreux à posséder assez de place ou d'argent afin de réserver une pièce spécifique à cet usage et qu'il faudrait isoler et équiper d'une façon adéquate pour conserver des niveaux corrects de température et d'humidité. Cependant, la bonne nouvelle est qu'il existe de plus en plus de caves à vin réfrigérées dont le prix est relativement abordable. Même si le prix de certaines de ces caves est encore extrêmement élevé, il est possible d'en trouver à des prix plus bas.

Le concept de ces caves réfrigérées – qu'il est possible de comparer à de véritables caves naturelles – est brillant, mais pas récent. De fait, les premières de ces caves furent vendues en Angleterre et aux États-Unis au milieu des années 1930. Les premiers modèles étaient faits à la main et ils étaient tellement onéreux que seules les personnes très riches pouvaient les acheter.

Le milliardaire Cornelius Vanderbilt possédait cinq de ces caves : une dans sa maison de New York, une dans sa résidence d'hiver en Caroline du sud, une dans sa résidence d'été et deux sur son bateau (une pour la salle-à-manger et une pour sa propre chambre.) Winston Churchill en avait acheté deux : une pour le vin et une autre pour ses cigares !

Heureusement, les caves réfrigérées ne sont plus aussi chères qu'auparavant. La vérité est que leur coût est beaucoup moins élevé que la construction d'une cave à vin ; de plus, elles sont faciles à entretenir et – le plus souvent – agréables à regarder. Ces caves satisfont deux types de consommateurs : 1) les amoureux de vin qui désirent monter une cave avec un nombre important de bouteilles, mais qui ne possèdent ni l'espace, l'argent ou la volonté de transformer une des pièces de leur logement en cave à vin ; 2) les restaurateurs et les hôteliers qui les utilisent afin de conserver leurs bouteilles ou pour montrer leur réserve à leur clients... et les encourager à acheter leurs meilleurs produits.

Peu importe la fonction qu'on lui réserve – commerciale ou privée – une cave à vin réfrigérée doit posséder certains critères de base. Notamment, il est très important que ces caves soient silencieuses, sans odeur et qu'elles produisent aussi peu de vibrations que possible. De plus, elles doivent être suffisamment bien isolées pour qu'en cas de panne d'électricité, la température à l'intérieur reste constante le plus longtemps possible.

Il existe également d'autres aspects qu'il ne faut pas ignorer. Avant tout, il faut savoir si l'on désire que la cave soit exposée dans notre salon – et offrir une vue agréable de bouteilles qu'elle contient – ou dans une pièce annexe. Au point de vue esthétique, les caves qu'on réserve seulement à la conservation des bouteilles ont le plus souvent des portes inox ou en bois ; d'autre part, les caves qui doivent montrer leur intérieur sont le plus souvent équipées de portes en verre.

Dans la mesure où le contrôle de la température est un aspect crucial de la conservation du vin, les acheteurs potentiels doivent s'assurer que non seulement l'isolation de la porte, mais également des murs d'une cave soit de bonne qualité. Cela signifie – entre autres choses – qu'une porte en verre doit inclure un isolant thermique ; cela est fait en injectant du gaz inerte entre les deux couches de verre de la porte. Bien sûr, l'isolation doit être parfaitement hermétique. Si on choisit une porte de verre et qu'on envisage de conserver pendant de longues années nos bouteilles, il faut s'assurer que le verre soit teinté : plus il sera sombre, meilleur cela sera. Il ne faut pas ignorer que la lumière éclatante est un véritable ennemi de vin, au même titre que les températures élevées.

À suivre...

Daniel Rogov

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vendredi 19 novembre 2010

Le macho et le dégustateur de vin

Wine tasting

Il existe deux croyances liées au monde du vin qui sont très populaires, mais que j'aimerais néanmoins démentir aujourd'hui. De fait, ces deux idées ne sont rien moins que de pures et simples absurdités. Selon la première croyance, nous devrions croire que les hommes sont plus qualifiés que les femmes afin de goûter les vins ; selon la seconde, certains vins sont plus approprié pour les hommes, tandis que d'autres le seraient pour les femmes.

Et le gagnant est...

Depuis de nombreuses années – disons au moins soixante – il a été démontré que la capacité de goûter les vins (ou toute autre sorte d'aliments ou de boissons) est déterminé presque entièrement par les papilles gustatives et la densité des organes sensibles à l'odeur qui se trouvent dans les narines.

Pendant une trentaine d'années après ces premières découvertes, la recherche fut relativement calme dans ce domaine. Cependant, depuis le milieu des années 1990, l'intérêt sur le sujet a repris le devant de la scène en Europe et en Amérique du nord ; la raison de cet engouement nouveau est l'intérêt qu'accordent les producteurs d'aliments à la cible idéale que devraient viser leurs campagnes publicitaires. À cette fin, plusieurs rechercher importantes furent entreprises et notamment dans les universités de Cornell, de John Hopkins et de Grenoble. Dans tous ces cas, les biologistes sont parvenus à des conclusions similaires.

La première était plus ou moins connue depuis plus d'un siècle par les personnes impliquées dans l'industrie des aliments et du vin. Le public peut être classer en trois catégories : les non-dégustateurs, les dégustateurs normaux et les super-dégustateurs. Ces trois catégories correspondent respectivement aux personnes dont les capacités sont limitées, normales et au-delà de la normale en ce qui concerne leurs facultés à discerner les goûts et les odeurs dans les aliments et les boissons.

Ce qui étonna les chercheurs (dont la majorité était des hommes) et le public des dégustateurs (et plus particulièrement les plus machos des hommes de ce groupe) fut la seconde conclusion selon laquelle près de 80% des super-dégustateurs sont des femmes plutôt que des hommes ! Dit simplement, les femmes possèdent une propension génétique à avoir un plus grand nombre de papilles gustatives et une plus grande concentration d'organes sensibles à l'odeur. Tout cela rend les femmes plus aptes à goûter les vins que la majorité des hommes.

Par conséquent, il est possible de conclure que ce n'est pas le fruit du hasard si les femmes qui écrivent à propos de la nourriture et des vins font partie des professionnels les plus estimés de leur champ d'activité.

D'autre part, en ce qui concerne les vins qui seraient plus « appropriés » pour les femmes, cela me fait bien rire. Certes, il existe des vins qui sont décris comme étant « virils », tandis que d'autre sont décrits comme étant « féminins. » Cependant, si on y prête le moindre d'attention, on peut s'apercevoir que cette terminologie se sert de croyances peu judicieuses et de stéréotypes en ce qui concerne ce que les hommes et les femmes sont censés être.

Les vins qui sont décrits comme « virils » le sont car on estime qu'ils sont agressifs, musclés, intenses, au goût de pierre à fusil, puissants, effrontés, manquant d'élégance et même vulgaires. D'autre part, les vins dits « féminins » sont décrits comme souples, doux, subtils, sensuels, câlins, chaleureux ou même « sexy.»

D'un côté, il est certain que ces termes (à l'exception sans doute du dernier) peuvent être utilisés honnêtement afin de décrire des vins. Cependant, cela est différent que de dire que les hommes préfèrent les vins dits « virils », tandis que les femmes préfèreraient ceux décrits comme « féminins. » Selon moi, dire cela est une erreur évidente. De nombreuses analyses de marché récentes faites en France et aux États-Unis ont démontré que les femmes et les hommes ont le même penchant pour les vins intenses, jeunes et agressifs comme pour le vins blancs qui sont souples, subtils et câlins.

Daniel Rogov

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vendredi 12 novembre 2010

Le macho et le dégustateur

Wine tasting

Il existe deux croyances liées au monde du vin qui sont très populaires, mais que j'aimerais néanmoins démentir aujourd'hui. De fait, ces deux idées ne sont rien moins que de pures et simples absurdités. Selon la première croyance, nous devrions croire que les hommes sont plus qualifiés que les femmes afin de goûter les vins ; selon la seconde, certains vins sont plus appropriés pour les hommes, tandis que d'autres le seraient pour les femmes.

Et le gagnant est...

Depuis de nombreuses années – disons au moins soixante – il a été démontré que la capacité de goûter les vins (ou toute autre sorte d'aliments ou de boissons) est déterminé presque entièrement par les papilles gustatives et la densité des organes sensibles à l'odeur qui se trouvent dans les narines.

Pendant une trentaine d'années après ces premières découvertes, la recherche fut relativement calme dans ce domaine. Cependant, depuis le milieu des années 1990, l'intérêt sur le sujet a repris le devant de la scène en Europe et en Amérique du nord ; la raison de cet engouement nouveau est l'intérêt qu'accordent les producteurs d'aliments à la cible idéale que devraient viser leurs campagnes publicitaires. À cette fin, plusieurs recherches importantes furent entreprises notamment dans les universités de Cornell, de John Hopkins et de Grenoble. Dans tous ces cas, les biologistes sont parvenus à des conclusions similaires.

La première était plus ou moins connue depuis plus d'un siècle par les personnes impliquées dans l'industrie des aliments et du vin. Le public peut être classé en trois catégories : les non-dégustateurs, les dégustateurs normaux et les super-dégustateurs. Ces trois catégories correspondent respectivement aux personnes dont les capacités sont limitées, normales et au-delà de la normale en ce qui concerne leurs facultés à discerner les goûts et les odeurs dans les aliments et les boissons.

Ce qui étonna les chercheurs (dont la majorité était des hommes) et le public des dégustateurs (et plus particulièrement les plus machos de ce groupe) fut la seconde conclusion selon laquelle près de 80% des super-dégustateurs sont des femmes plutôt que des hommes ! Dit simplement, les femmes possèdent une propension génétique à avoir un plus grand nombre de papilles gustatives et une plus grande concentration d'organes sensibles à l'odeur. Tout cela rend les femmes plus aptes à goûter les vins que la majorité des hommes.

Par conséquent, il est possible de conclure que ce n'est sans doute pas le fruit du hasard si les femmes qui écrivent à propos de la nourriture et des vins font partie des professionnels les plus estimés de leur champ d'activité.

D'autre part, en ce qui concerne les vins qui seraient plus « appropriés » pour les femmes, cela me fait bien rire. Certes, il existe des vins qui sont décrits comme étant « virils », tandis que d'autre sont décrits comme étant « féminins. » Cependant, si on y prête la moindre d'attention, on peut s'apercevoir que cette terminologie se sert de croyances peu judicieuses et de stéréotypes en ce qui concerne ce que les hommes et les femmes sont censés être.

Les vins qui sont décrits comme « virils » le sont car on estime qu'ils sont agressifs, musclés, intenses, au goût de pierre à fusil, puissants, effrontés, manquant d'élégance et même vulgaires. D'autre part, les vins dits « féminins » sont décrits comme souples, doux, subtils, sensuels, câlins, chaleureux ou même « sexy.»

D'un côté, il est certain que ces termes (à l'exception sans doute du dernier) peuvent être utilisés honnêtement afin de décrire des vins. Cependant, cela est différent que de dire que les hommes préfèrent les vins dits « virils », tandis que les femmes préfèreraient ceux décrits comme « féminins. » Selon moi, dire cela est une erreur évidente. De nombreuses analyses de marché récentes faites en France et aux États-Unis ont démontré que les femmes et les hommes ont le même penchant pour les vins intenses, jeunes et agressifs comme pour les vins blancs qui sont souples, subtils et câlins.

Daniel Rogov

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vendredi 5 novembre 2010

Quel culot !

Sweet Wine?

"Daniel,

Ma femme et moi-même avons reçu une invitation pour Chabath et ma femme a répondu – par email – que nous serions heureux d'apporter une bouteille de vin. Voici un extrait de la réponse que nous avons reçue : “Pour être honnêtes, nous préférons de loin un vin doux que sec ; ainsi, si vous n'avez que du vin sec, gardez le plutôt pour des personnes qui l'apprécieront!”

Cela ne me dérange pas de faire des efforts pour faire plaisirs aux personnes qui nous ont invités ; cependant, je ne désire pas leur amener un vin de mauvaise qualité, même si c'est ce qu'elles aiment ! En ce qui concerne les vins doux, j'avoue ne rien y connaître. Avez-vous une suggestion à me faire ou dois-je me présenter chez ces personnes avec les biscuits faits par me femme ?” (Eliyahou S.)

Eliyahou...

En lisant la réponse que vous avez reçue, une chose me dérangeait, mais je ne savais pas vraiment quoi. En relisant cette réponse pour la troisième fois, j'ai finalement découvert la raison de ma gêne : le culot ! Franchement, je ne peux pas m'empêcher de penser que préciser dans un e-mail « Pour être honnêtes, nous préférons de loin un vin doux que sec ; ainsi, si vous n'avez que du vin sec, gardez le plutôt pour des personnes qui l'apprécieront » est faire preuve d'un culot évident.

Lorsque nous invitons des personnes chez nous, il est parfaitement dans l'ordre des choses de suggérer d'amener une bouteille de vin ; cependant, je pense qu'il n'est pas poli de préciser quels sont nos goûts. Après tout, pour quelle raison ne dirions-nous pas qu'il ne sert à rien d'amener une bouteille de moins de 50€ ?

De plus, il est de la responsabilité des personnes qui en invitent d'autres de faire leur possible pour que leurs invités se sentent à l'aise chez eux. Il va sans dire qu'en étant invités, nous devons être polis, courtois et contribuer de notre mieux à rendre la soirée agréable. Cependant, il n'est pas de la responsabilité des invités d'assurer le confort des propriétaires des lieux ou des autres invités présents.

À vrai dire, je trouverais que l'attitude de la personne qui a envoyé le e-mail aurait été plus acceptable si l'échange avait été oral : par téléphone ou lors d'une rencontre. En discutant à vive voix, il est possible d'être plus simple qu'en écrivant une lettre et de formuler une demande amicale dans le style : « Si vous pouviez amener un vin doux plutôt que sec, cela nous ferait énormément plaisir. » En d'autres termes, il faut faire attention à ne pas donner l'impression qu'on demande quelque chose de précis à nos invités, même si l'on peut faire une suggestion.

Les appels téléphoniques possèdent souvent un aspect plus personnel et permettent une réaction immédiate si l'on s'aperçoit qu'on a fauté. Si j'avais été dans votre situation, voilà ce que j'aurais répondu : « Parfait ! Nous amènerons deux bouteilles : une de vin doux et une de vin sec afin de contenter tout le monde ! »

Pour répondre à votre question :

Vous faites face à un dilemme. En fait, tout dépend du degré de sophistication des personnes qui vous ont invités. Préférer « seulement » un vin doux peut indiquer un niveau relativement peu élevé de sophistication. Cela signifie qu'il est sans doute regrettable de dépenser un montant significatif d'argent pour une bouteille qui ne sera pas appréciée à sa juste valeur. Évidement, vous pouvez toujours acheter un vin qu'on sert avec les desserts, mais ces vins ne conviennent pas pour le repas. Cela est sans doute problématique car je suis certain que vous désirez apprécier non seulement le moment du dessert, mais tout le repas !

En ayant tout cela à l'esprit, voici quelques suggestions qui me viennent à l'esprit :

(a) Si vous pouvez convaincre votre hôte que le vin devrait être servi uniquement pour le dessert :

  • Maison Golan Heights, Heightswine, Yarden, 2008, 2007 ou 2006
  • Maison Golan Heights, Noble Semillon, Botrytis, 2005
  • Carmel, Gewurztraminer, Late Harvest, Single Vineyard, Sha'al, 2009, 2008 ou 2007

(b) Si le vin sera servi pendant le repas :

  • Maison Golan Heights, Gewurztraminer, 2010 ou 2009
  • Maison Golan Heights, Muscat, 2010 ou 2009

(c) Autres vins que votre hôte pourra sans doute apprécier, même si cela ne sera pas forcément votre cas :

  • Carmel, Muscat, Young Selected, 2010
  • Carmel, Carignano, Young Selected, 2010

Ma suggestion : achetez un vin de la catégorie (a) et amenez les biscuits de votre femme. Ensuite, dites (l'air de rien) que le vin serait le plus apprécié s'il était servi avec les biscuits !

Bonne chance et dites-moi comment c'est passé la soirée.

Daniel Rogov

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vendredi 29 octobre 2010

Le Beaujolais Nouveau 2010 : je n'écrirai rien !

Nouveau Beaujolais 2010: Why I Will Not Be Writing

À vrai dire, je pensais que je ne me fatiguerai jamais des festivités qui entourent chaque année le lancement du Beaujolais Nouveau et qui ont lieu d'une façon invariable, le troisième jeudi du mois de novembre.

Je me souviens qu'à l'époque où je vivais en France, j'attendais ce jour-là avec impatience et à la date prévue, je me rendais soit au Bistro 28 ou dans un autre de mes établissements favoris où l'on servait le nouveau vin tant attendu. Je le commandais en pichet – plutôt qu'en bouteille – et il était servi très frais. De plus, les morceaux de foie gras, de merguez ou d'autres pièces de choix de charcuterie ne rendaient le vin que meilleur ! Je me souviens également du nombre infini de tranches d'un pain succulent que je mangeais...

En addition de ce qui se trouvait dans le verre et dans l'assiette, l'ambiance environnante prêtait à passer du bon temps. Les personnes qui se trouvaient avec moi étaient agréables et d'une simplicité étonnante. L'atmosphère, l'humeur, la compagnie et le plaisir que le vin me donnait me permettait d'ignorer le côté commercial de ce lancement annuel.

En Israël, le lancement du Beaujolais Nouveau est un événement relativement récent : voilà seulement une dizaine d'années que des soirées sont organisées aux quatre coins du pays. Au début, mon enthousiasme était presque égal à celui que j'avais pour celui de Paris. Les premières années, je faisais le tour de plusieurs places – 7 ou 8 environ – afin de goûter le nouveau vin. Au fils des années, j'avais pris l'habitude de ne rendre visite qu'à un établissement, ou deux au maximum. Cette année – et pour la première fois – je n'irai à aucun.

Dit simplement, je pense que les évènements liés au lancement du Beaujolais Nouveau sont devenus trop commerciaux et qu'avec la foule qu'ils attirent ils ne possèdent plus grand intérêt. De plus, il existe un minimum d'une demi-douzaine de producteurs de vins locaux qui programment la sortie d'un de leurs vins à la même date que celle du Beaujolais Nouveau. À ma connaissance, un seul d'entre eux est produit avec le raisin Gamay – celui dont on se sert pour produire le Beaujolais Nouveau – et utilise le processus de la macération carbonique. En d'autres termes, je me pose la question suivante : à quoi tout cela rime-t-il ?

À vrai dire, j'ai déjà goûté quatre des Beaujolais Nouveau de cette année (cela n'est sans doute pas permis, mais que voulez-vous ? Ainsi vont les choses avec les critiques de vin) et ils sont simplement corrects, sans plus : simples, pas sophistiqués et agréables, tels qu'ils doivent l'être. J'ai également goûté cinq des productions locales. Le Gamay Nouveau de la maison Golan Heights est un vin agréable et il serait facile de croire qu'on boit du Beaujolais Nouveau ! Les autres vins sont – malheureusement – trop acides ou trop rudes. Un de ces vins possédait même une telle odeur qu'en ouvrant a bouteille, j'ai cru que les égouts étaient bouchés ! Enfin, un vin m'a fait penser à une confiture de fraises plutôt qu'à du vin.

Ainsi... je n'écrirai aucun article à propos du Beaujolais Nouveau cette année. Les chances sont grandes que mon prochain article sur ce sujet sera écrit le troisième jeudi de novembre... l'année prochaine. Ce jour-là, j'espère bien me trouver à Paris.

Daniel Rogov.

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jeudi 28 octobre 2010

Cinq nouveaux crus de la maison Recanati

Cinq nouveaux crus de la maison Recanati

(Afin de connaître les raisons d'une rubrique à propos des vins sur La Pause-Café, cliquez ici.)

Après quelques expresso du matin, m'être rasé et avoir profité d'une bonne douche, j'ai pris récemment la direction de la boutique de vin Derekh HaYain. Dans cette boutique, et en présence de Lenny Recanati, Uri Shaked, du PDG Noam Jacobi, du vice-président Gil Shatzberg et du viticulteur Ido Lewinsohn (dont chacun partage la qualité et le charme de la brièveté et de ne pas perdre de temps à parler pour ne rien dire), j'ai goûté cinq nouveaux crus de la maison Recanati.

L'aspect particulier de ces vins - quatre du millésime 2008 et un de 2009 - est qu'ils sont les premiers à avoir été faits entièrement sous la direction de Shabtzberg et de Lewinson, depuis leur arrivée de l'étranger, il y a maintenant environ deux années. Tel que cela se révèlera dans mes notes, cette équipe dynamique a permis à leurs vins de faire un pas de géant en direction de l'élégance. 

Une chose m'a fait sourire : lorsque Shatzberg m'a dit qu'avec ses collègues de travail, une entente générale régnait entre eux, même s'ils ne partagent pas tous le même avis. !En fin de compte, n'est-ce pas ce que doit être l'équipe idéale ? De fait, nous savons tous que lorsque les membres d'une équipe s'entendent toujours sur tout, le fruit de leur travail est le plus souvent médiocre. D'autre part, des désaccords intelligents permettent l'innovation et une qualité toujours plus élevée.

Ce qui suit sont mes notes pour les vins que j'ai goûtés aujourd'hui : 

Recanati, Rosé, 2009: S'est montré encore plus agréable que mes précédents essais. Mélange de 70% Barbera et de 30% Merlot ; l'apport du Merlot est fait selon la méthode de la saignée. Couleur proche de la cerise rouge vif, légèrement à moyennement corsé, avec un équilibre excellent d'acidité afin de le conserver vif et rafraìchissant. Premières impressions : framboise, cerise et pastèque, avec une touche séduisante de tanins extrêmement légers pour ajouter à la complexité. Réellement très agréable. À boire maintenant et jusqu'en 2013. Note : 89 (goûté de nouveau le 8 nov. 2010).

Recanati, Merlot, Reserve, 2008: Fait à base de raisins à faible rendement, non irrigés du vignoble Manara en Haute Galilée. Vin corsé avec des tanins doux qui s'intègrent parfaitement. Grenat foncé, montre une gamme alléchante de baies sauvage, cerises noires et raisins de Corinthe. Le tout s'accorde très bien avec des notes douces de bois de cédar épicé. Profond, généreux et tenace, avec des tannins presque doux sont la saveur apparaît à la longue. Sera meilleur entre 2012 et 2018. Note : 91 (goûté de nouveau le 8 nov. 2010).

Recanati, Cabernet Franc, Reserve, 2008 : En fûts de chêne (40% chêne nouveau) pendant 18 mois. Homogène, velouté, avec des tanins doux et avec un goût léger de bois grillé. Odeurs d'ouverture de pétales de roses, de cerises noires et de framboises qui laissent ensuite place à celles de raisins de Corinthe et de pain de seigle grillé. Vin corsé avec un équilibre parfait entre tanins et bois d'une part et fruits d'autre part. Le tout mène à un goût persistant dans lequel le chêne prend un charmant aspect douceâtre. À boire maintenant. Note : 90 (goûté de nouveau le 8 nov. 2010).  

Recanati, Cabernet Sauvignon, Reserve, 2008 : S'est révélé encore meilleur que lors de la dégustation lorsqu'il était encore en fût. Un goût de grenat foncé, fruité et chocolat. Conservé en fûts nouveaux 20% et âgés de un à deux années (80%). Notes légères de chêne épicé ; s'ouvre sur une odeur et un goût de framboises qui laissent ensuite la place aux raisins de Corinthe, mûres et réglisse. Le tout teinté d'une notre d'épices sèches et écrasées. Concentré et durable, musclé ; le tout rend le vin élégant et agréable. Buvable et appréciable maintenant, mais sera meilleur entre 2012-2016. Note : 91 (goûté de nouveau le 8 nov. 2010). 

Recanati, Special Reserve, 2008 (première dégustation) : le produit vedette de la maison Recanati. Cette année, un mélange de 70% Cabernet Sauvignon et Merlot, le reste étant composé de Petite Sirah, Syrah et Cabernet Franc ; les différents composants sont mélangés seulement lorsque le vin est prêt à être mis en bouteille. Élaboré dans des barriques de chêne de Bourgogne. Un vin souple et élégant qui affiche un équilibre et une structure parfaits qui son de bonne augure pour son futur. À l'ouverture, une odeur de raisins de Corinthe, myrtille et mûres. Le tout sur un fond de chocolat amer-doux, cigare fraîchement confectionné et d'épices douces ; avec des tanins qui s'intègrent parfaitement. Un vin sans annicroche, adroitement équilibré et élégant. Buvable et appréciable maintenant, mais sera meilleur entre 2012-2018 et peut-être même plus tard. Note : 94 (goûté de nouveau le 8 nov. 2010).

Une dégustation extrêmement agréable, avec mes remerciements pour les personnes qui étaient présentes. De la boutique Derekh HaYain, je suis ensuite allé assiter au premier jour de la ''Sommelier wine exhibition'', où j'ai pu goûter un minimum d'une centaine de vins. Cela me demandera un peu de temps afin de rédiger toutes mes notes de dégustation. J'espère cependant les publier dans un avenir proche.

Daniel Rogov

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mercredi 27 octobre 2010

Et le gagnant est...

Et le gagnant est...

Certaines choses me fatiguent. En fait, certaines choses me fatiguent tellement qu'en y pensant, je sens la colère monter en moi. Ce qui me fatigue est de recevoir, plusieurs fois par semaine, les nouvelles de vins israéliens qui ont remporté des médailles à ce que les consommateurs sont censés croire être des concours prestigieux, tandis que le nombre de ces concours internationaux augmente sans cesse.

L'élément déclencheur de mon début de colère a pris la forme d'un communiqué de presse que j'ai reçu et qui annonçait que le producteur israélien de vin Adir vennait de remporter deux médailles à La Muher Elige : une médaille pour le Adir 2007 et une autre pour le Shiraz 2008.

Un petit tour vers l'Argentine

Ce concours a eu lieu dans la ville de Mendoza en Argentine et le nom officiel de la compétition est « Concours international de vins et de spiritueux – Sélection féminine.» La question est la suivante : pour quelle raison tout ceci me dérange et m'amuse en même temps ? À vrai, il y a plusieurs raisons.

Pour commencer, je souris en apprenant que l'organisateur et directeur exécutif de ce festival semi-annuel est Raul Castellani. Je suis persuadé que, comme Brutus, M. Castellani est un homme honorable et ma seule objection, c'est qu'il a construit une industrie de concours de vin. De fait, c'est lui qui organise le concours de Terravino [concours international annuel qui a lieu en Israël], mais également un nombre de compétitions qui dépasse largement le nombre avec lequel je pourrais rester informé.

Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais je ne peux pas m'empêcher de penser que ces concours ne sont pas tellement en faveur du monde du vin, mais plutôt qu'ils possèdent une vue bien spécifique sur les profits qu'ils peuvent en retirer. Après tout, il est beaucoup plus facile de parrainer et d'organiser des concours que d'ouvrir un établissement vinicole !

Deuxièmement, je me demande pourquoi tant de vignobles israéliens estiment nécessaire de se constituer une véritable collection de médailles. Après tout, combien de petits autocollants représentant une médaille d'or peut-on placer sur une bouteille avant que le vin ne commence à ressembler à une parodie de lui-même ? De plus, certains établissements vinicoles participent chaque année à deux, cinq, six ou même plus de ces compétitions.

Pour les fabricants de vins, participer à ces compétitions n'est pas toujours bon marché. À La Muher Elige par exemple, les fabricants de vins qui n'étaient pas argentins devaient soumettre quatre bouteilles de chaque vin inscrit dans la compétition. Cela signifie que si vous aviez six vins en compétition, vous deviez envoyer vingt-quatre bouteilles. De plus, l'expédition internationale n'est pas bon marché et envoyer ces bouteilles représente un véritable budget.

Comme si cela ne suffisait pas, pour chaque vin inscrit il fallait payer une taxe de 115 euros. Si vous parveniez à gagner une médaille d'or ou d'argent (les médailles de bronze ont à peu près disparu ; la raison en est sans doute que l'or et l'argent sont considérés comme plus précieux), vous deviez payer pour obtenir les petits autocollants que vous pouvez maintenant poser sur vos bouteilles de vin.

Troisièmement, je trouve plutôt surprenante la nouveauté d'avoir une compétition dans laquelle tous les juges sont des femmes. Comprenez-moi bien : il n'y a rien de mal à voir des femmes siéger en tant que juges. En fait, il se pourrait qu'elles soient de meilleurs dégustateurs que les hommes! Ce qui m'amuse, c'est ce que je considère un peu comme un « gadget », c'est-à-dire un élément de nouveauté qui pourrait être comparé à un grand restaurant chic qui déciderait de mettre comme plat principal à son menu du... pop-corn !

Dans la mesure où le secondaire semble devoir prendre la place du principal dans un avenir pas trop lointain, nous verrons sans doute dans les compétitions des juges qui portent tous un pantalon rouge ou qui ont une taille minimale de 1m90. Si on réfléchit un peu, les possibilités sont sans limite. En ce qui concerne les sites potentiels pour de telles compétitions, je suis également certain que les possibilités sont nombreuses : Brindisi, Ulan Bator, Jersey City ou Tachkent.

Quatrièmement, en allant sur le site internet de la compétition précédemment citée, j'ai été un peu surpris de constater que même si la compétition s'est terminée le 22 octobre et que le site affirme que les résultats complets seront affichés avant le 1er novembre, les résultats ne sont pas encore affichés. En fait, les résultats des concours de 2006 et de 2008 ne le sont pas non plus ! Lorsqu'on essaie d'afficher ces résultats, un simple message saute aux yeux : « Nous sommes désolés, nous travaillons sur la page.» Tant qu'à être complet je ne veux pas oublier de dire que la liste des juges et leurs titres de compétence n'étaient pas encore affichés.

Revenons à nos moutons (israéliens) et je n'oublie pas que notre propre compétition internationale de grande classe, notre « Terravino » approche à grands pas (elle aura lieu du 17 au 27 novembre 2010). J'avoue avoir un minimum de curiosité et attendre avec impatience la conclusion et les gagnants.

Daniel Rogov

P.S. : Je ne voudrais pas oublier les deux vins Arir qui ont remporté des médailles (je ne sais pas encore précisément laquelle). Ces deux vins méritent sans l'ombre d'un doute des commentaires positifs. Quant à savoir s'ils sont dignes de deux médailles d'or, je laisse le soin aux lecteurs d'en décider.

Adir, Platon, 2007: Un mélange de fûts de chêne, Cabernet Sauvignon, avec environ 8% de Shiraz. Entre moyennement corsé et corsé, avec des tanins doux et caressants. Lors de l'ouverture de la bouteille, une forte odeur de framboise et de cassis ; l'odeur laisse rapidement la place à une autre : celle de myrtilles, sur un fond légèrement épicé. Riche et long. À boire maintenant. Note : 87.

Adir, Shiraz, 2008: Moyennement corsé, avec de généreux tanins et des notes de cèdre épicé. À l'ouverture, une forte odeur de baies rouges et de prunes, qui laisse ensuite la place à des notes de mûres et d'écorces d'agrumes sur un fond de cuir. Les tanins prennent plus d'importance à moyen et court terme de la dégustation. Peut être bu maintenant, mais sera meilleur entre le milieu de 2010 et jusqu'en 2015. Note 89.

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mardi 26 octobre 2010

Goûter et noter les vins

Spring Wine Festival

Il y a de nombreuses années, lorsque je suis arrivé pour la première fois à Paris, je suis tombé amoureux avec la langue française, les vins français, la nourriture française et bien sûr... avec une française ! Depuis cette époque lointaine, je gagne ma vie d'une façon confortable en écrivant des articles à propos de la nourriture et des vins. Le plus fabuleux de tout cela est que je suis toujours amoureux de toutes les choses qui m'enchantaient tellement lorsque j'étais jeune.

Je vis maintenant - et depuis plusieurs dizaines d'années - en Israël. J'ai eu la chance d'être le témoin de ce que je considère la révolution du vin en Israël. D'une certaine façon, j'ai même partcipé à cette révolution. La vérité m'oblige à dire que lorsque je suis arrivé pour la première fois en Israël, les vins n'étaient pas d'une très bonne qualité ; la majorité était des vins rouges doux et d'un goût plutôt commun. De nos jours, de nombreux vins israéliens peuvent entrer en compétition sans aucun scrupule face à des vins de réputation mondiale. Tout cela est arrivé  princialement grâce aux efforts combinés des fabricants de vins d'Israël qui sont allé apprendre leur métier en France, en Italie et aux États-Unis.

De plus, il est maintenant évident pour tout le monde qu'il n'existe pas de contradiction entre les lois de la kachroute et la fabrication de vins excellents. La révolution israélienne à laquelle je faisais référence se déroule également dans ce domaine. De  plus, de nombreux exemples peuvent être cités d'excellents vins kachers dans presque toutes les productions de chaque pays. 

Goûter et noter les vins

Comme la plupart des lecteurs le savent, lorsque je publie mes commentaires à propos des vins que j'ai goûtés, j'accorde une note à chaque vin. À cette fin, j'utilise une échelle de 0 à 100 points. Malgré cette habitude, j'avoue préférer les commentaires dans lesquels aucune note n'est donnée !

Ma logique est relativement simple à comprendre, Lorsque j'ai commencé à utiliser un système de points (à l'époque, la meilleure note était seulement de 50 ), les notes que je donnais m'étaient destinées et je ne pensais pas devoir les publier. Une remarque : mon système de notes est plus ancien - d'environ une vingtaine d'années - que celui de Robert Parker. Cependant, dans la mesure où il a été le premier à publier des commentaires accompagnés de notes, je suis heureux pour lui de savoir qu'il s'estime être le ''père'' de ce système de notation. De fait, c'est seulement lorsque les lecteurs commencèrent à réclamer des notes pour les vins que j'ai commencé à publier les miennes. En cela, j'ai été ''encouragé'' par les patrons de presse qui tiennent compte de l'avis de leurs lecteurs !

Je ne prétend pas qu'un système de notes soit parfait, ni l'idéal. Même si une note peut donner l'impression d'un contrôle et d'une objectivité entiers de la part de la personne qui goûte les vins, tous les individus qui s'intéressent un peu aux vins savent très bien qu'une note n'est rien de plus que le résumé spécifique de la part d'un critique à propos de la qualité d'un vin particulier. Ceci fait partie de la nature huamaine : tout mettre dans une balance.

Lorsque nous écoutons un concert, nous évaluons sa qualité : était-elle extraordinaire, excellente, très bonne, bonne, médiocre, faible, catastrophique... Lorsque nous voyons une personne, nous décidons si elle est très belle, belle, pas très belle ou même repoussante. La liste est longue de tels exemples. La pensée humaine n'est pas en manque d'évaluation. Même si le plus souvent nous n'allons pas jusqu'à donner une note précise à ce que nous entendons, voyons... les notes existent tout de même et je m'en sert pour le bénéfice de mes lecteurs. À ce titre, peu importe si l'échelle va de 1 à 5, de 1 à 10, de 1 à 20 ou de 1 à 100 : le principe reste le même.

Selon moi, chaque critique qui utilise un système de notation doit faire attention à rappeller régulièremet aux lecteurs - surtout ceux qui ne sont pas encore des spécialistes - que les notes ne sont rien de plus qu'un nombre à deux ou trois chiffres qui conclut un commentaire. Même si ce nombre résume l'opinion du critique à propos de la qualité du vin goûté, il ne donne aucune indication à propos du plaisir que le lecteur aura à le boire ! Ce plaisir dépend de chaque personne. En d'autres termes, la note en est une de goût, plutôt que de plaisir.

Je ne serais pas surpris que le débat entre bouchon en liège et bouchon à vis tombe dans l'oubli. Cependant et selon moi, le débat à propos des notes accordées aux vins a des chances de durer bien après que moi-même et la plupart de mes collègues ne soyons plus de ce monde. À ce moment-là, ce que nous penserons de la boîte dans laquelle nous serons - est-elle belle, comfortable, bien équipée - sera sans doute notre sujet de discussion !  

Salutations,
Daniel Rogov

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lundi 25 octobre 2010

Les 6 meilleurs vins d'Israël de 2010



Vin avec une note de 96


Maison Golan Heights, Rom, Yarden, 2006: un mélange de Syrah, Cabernet Sauvignon et Merlot (37%, 34% et 29% respectivement). Les raisins ont été choisis dans 8 vignobles différents : sept dans le Golan et un en Haute Galilée. Les vins ont été mélangés neuf mois après les vendanges. Vieilli en fût de chêne dans des tonneaux français pour un total de 21 mois et mis en bouteille sans épuration.


Il s'agit d'un vin à suivre dans son évolution dans la mesure où en l'ouvrant actuellement on sent une forte odeur de fruits : myrtilles mûres, cerises et groseilles. Cette forte odeur peut faire penser – à tort – qu'il s'agit d'un vin doux.


D'autre part, même si on l'ouvre maintenant, cette odeur s'évapore rapidement et révèle un vin ample, bien extrait et remarquablement intense. Ses arômes envahissent littéralement le palais. Au fur et à mesure que le vin continuera à se développer et que l'ensemble de ses éléments se combineront d'une façon harmonieuse, il faut s'attendre à des touches d'herbes fraîches, de café express, ainsi qu'à une touche d'anis et de cannelle. Meilleur en 2014-2020 et même peut-être après. Parfaitement recommandé pour maintenant, mais sera encore meilleur entre 2014-2020 et même peut-être après. Note : 96.


Vins avec une note de 94


Maison Golan Heights, Rom, Yarden, 2007: de couleur grenat opaque avec un arôme subtil. Mélange de 50% Cabernet Sauvignon, 25% de Syrah et 25% de Merlot. Vin ample avec encore une présence solide de tannins et de bois généreux. Montre cependant un équilibre réglé avec précision qui est de bonne augure pour l'avenir. À l'ouverture, une première impression de myrtilles et épices, suivie par des notes de groseilles noires et rouges, prunes rouges, peau de citrons et chocolat noir. En fin de bouche extrême, une impression de tannins et de fruits, avec des impressions de framboises et de réglisse rouge. Agréable à boire maintenant, mais sera meilleur entre 2012-2020. Note : 94


Maison Golan Heights, Syrah, Vignoble Yonatan, Yarden 2007: à ce jour, un candidat pour le meilleur Syrah d'Israël. De couleur grenat opaque, il s'agit d'un vin très concentré et intense. On relève une présence encore solide de tannins et de bois généreusement épicé mais dont les caractéristiques s'intègrent d'une façon agréable ; de plus, ce vin affiche un excellent équilibre, ainsi qu'une structure subtile.


À l'ouverture, on relève une odeur de prunes rouges, de cerises et une note de liqueur de cassis. Par la suite, cela laisse la place à l'odeur de groseilles et de baie, le tout sur un fond d'odeur minérale. Légères impressions de gibier et une note de cuir qui s'attarde agréablement et d'une façon tenante. Meilleur entre 2012-2024. Note : 94


Maison Golan Heights, Syrah, Vignoble Ortal, Yarden, 2007: un vin intense, sombre et concentré avec des tannins doux et une note de bois de cèdre. Vin ample et aromatisé. À l'ouverture, montre une odeur généreuse de prunes violettes, de mûres et de cerises noires. Ceci laisse ensuite la place à une impression agréable de crème de cassis. Laisse un goût minéral, ainsi qu'une légère marque appétissante d'amertume. Peut être bu maintenant, mais sera meilleur entre 2013-2022. Note : 93


Maison Golan Heights, Chardonnay, Vignoble organique Odem, Yarden, 2008: tient entièrement ses promesses d'avant lancement. Légers reflets de couleur or ; vin intense avec une odeur de caramel lorsqu'on ouvre la bouteille. Première impression de fruits d'été et de poires qui laissent ensuite la place à des notes de citron et de crème brûlée. Léger goût de bois, ainsi qu'une texture qui ressemble à celle du beurre ; l'ensemble représente un équilibre intéressant doté d'une certaine acidité. Même s'il ne s'agit pas d'un vin très vif, il est destiné à être complexe, ample et – à défaut d'un qualificatif plus approprié – délicieux. Peut être bu maintenant avec un plaisir certain, mais ce vin devrait culminer seulement en 2012 et se conserver facilement en cave jusqu'en 2018 et même peut-être plus longtemps. Note : 94.


Maison Recanati, Réserve Spéciale, 2008: il s'agit du vin vedette de la Maison Recanati. Cette année, le vin est fait d'un mélange de 70% Cabernet Sauvignon et Merlot, tandis que le reste est une combinaison de Petite Sirah, Syrah, et Cabernet Franc. Les différents composants de ce vin ont été mélangés seulement lorsque celui-ci était prêt à mettre en bouteille. Le vin a séjourné dans des tonneaux en chêne de Bourgogne ; il est souple et élégant. De plus, il affiche un très bon équilibre et une structure fine qui promettent pour son avenir. Goût évident de groseilles, myrtilles et mûres ; arrière-goût de chocolat aigre-doux, de cigare nouvellement confectionné et d'épices douces. Ses tannins s'intègrent d'une façon agréable. Vin sans heurts, adroitement équilibré et élégant. Peut être bu maintenant, mais sera meilleur entre 2012-2018. Note : 94


Daniel Rogov.


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Vin et falafel ?

Falafel Sandwich

« Cher Daniel,

J'adore les falafels ! Après un séjour récent en Israël, j'ai décidé d'essayer de faire mes propres falafels kachers dans la mesure où ceux que je trouve à Melbourne (Australie) ne sont pas à la hauteur. J'ai trouvé une recette dans un merveilleux livre israélien de cuisine que ma mère possède et je me suis lancé pour la première fois la semaine dernière. Le goût état très agréable, même si mes falafels étaient sans doute un peu « mous.» J'ai fait une nouvelle tentative hier soir et cette fois-ci, j'ai presque atteint la perfection ! La prochaine fois, j'allongerai un peu le temps de cuisson et cela leur permettra d'être mieux cuits à l'intérieur.

Dans tous les cas, mon excitation à faire des falafels m'a amené à penser à quelque chose qui me préoccupe depuis plusieurs années : quel vin est-il possible de boire avec des falafels ? Depuis 24 heures, cette question ne me quitte pas et je pense qu'en fin de compte, j'ai trouvé la réponse : il faut boire un bon Riesling du sud de l'Australie !

Je désire savoir si en Israël on sert du citron pressé avec les falafels. Je ne me souviens pas en avoir vu, mais le goût du Riesling du sud de l'Australie est tellement proche de celui du citron que je commence à penser que les deux – le citron avec les falafels – vont réellement très bien ensemble.

Est-ce que vous pouvez me dire ce que vous en pensez ?» (Mark Sztar, Australie)

Réponse de Daniel Rogov :

« Mark, réfléchissez un instant à ces couples éventuels :
  • Des ailes sur un lapin ;
  • Un poulet avec des gants en cuir ;
  • La Reine Élisabeth d'Angleterre avec un tatou sur lequel il serait écrit : 'À la mort !' ;
  • Le Grand Rabbin d'Israël et un sandwich au jambon ;
  • Le Titanic et un immense iceberg...
Arrêtez-vous un instant et réfléchissez.

Vin et falafels

Nous savons tous que les falafels peuvent être mangés tout seul, sans avoir besoin d'être accompagnés par quoi que ce soit. On peut également les servir avec de la té'hina dans laquelle on trempe les boules de falafel. Évidemment, une des façons les plus habituelles de les servir consiste à mettre les boules de falafel dans une pita avec un mélange de concombres et de tomates finement hachés. On y ajoute ensuite du persil, du 'houmous, de la té'hina, une sauce piquante de votre choix (surtout si vous êtes d'origine séfarade !)...

Il est possible de manger un falafel au petit-déjeuner, au repas de midi ou du soir. On peut même en apprécier un entre deux repas ! De fait, je ne vois aucun problème à manger un falafel à 3 heures du matin, à midi ou à 20 heures. Cependant (et il s'agit d'un grand 'cependant'), peu importe la façon et l'heure à laquelle vous mangez un falafel, il ne convient jamais de boire du vin avec ! J'avoue que le falafel est un des rares plats qui ne s'accompagne même pas agréablement avec de la bière.

Disons le simplement : la boisson idéale avec un falafel est selon moi un jus d'orange fraîchement pressées. On peut également le manger avec un jus de citron bien frais. Je vous accorde même – du bout des lèvres – qu'il est possible de boire un Coca-Cola ou un Pepsi Cola avec. Cependant, boire du vin avec un falafel ? Cela serait une pure perte pour le falafel et pour le vin !

Je suis conscient que certaines personnes seront en désaccord avec moi. Je leur suggère même de me faire des propositions de boissons qui leur convient avec un falafel. Cependant, je leur dis d'avance qu'en ce domaine, j'ai raison et qu'elles ont tort !

Daniel Rogov, l'éternel obtus...»

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Bienvenue à Daniel Rogov !

Bienvenue à Daniel Rogov

« Le vin réjouit le cœur » (Psaumes 104:15). Si le Roi David ne l'avait pas écrit, je n'oserais pas le dire. Cela me permet de partager avec vous une de mes faiblesses (et selon ma femme, il en existe de nombreuses autres) : à la vue d'une bouteille de vin de qualité, mon cœur se réjouit véritablement et mes doigts sentent soudainement une envie irrésistible de saisir du premier tire-bouchon disponible afin de pouvoir goûter ce liquide merveilleux que les raisins savent nous donner.

Tirer vers le haut ce qui nous tire vers le bas

Il y a encore quelques années, il m'était impossible de poser une bouteille d'eau sur ma table aux heures des repas. De fait, ce liquide insipide – idéal pour se laver – possédait le pouvoir de me couper l'appétit ! Le temps a passé et j'ai appris à mettre un certain ordre dans ma liste de priorités. Dans cette liste, un grand ménage reste à faire, mais une chose semble avoir été comprise : les plaisirs de la table (des bons plats et des bonnes boissons) doivent être maîtrisés, plutôt qu'ils nous maîtrisent.

Ceci est une des beautés de l'étude de la Tora : nous transformer, pour le mieux. Les changements ne sont pas toujours rapides et ne se situent pas forcément dans les domaines que nous souhaitons en priorité, mais le fait est indéniable : le Maître du monde nous prend par la main et nous montre la direction à suivre pour se rapprocher de Lui. Quel plaisir de vivre ces instants d'intimité spirituelle !

N'étant pas un ange, je ne cherche pas vraiment à me débarrasser de toutes mes envies. Cela serait trop frustrant et me donnerait l'impression de devoir m'attaquer à un chantier d'une envergure bien trop importante pour ma personne. Plutôt, j'essaie d'apprendre à diriger dans la bonne direction ce qui aurait tendance à m'éloigner du chemin que je souhaite emprunter le plus souvent : celui de l'enseignement et des conseils de nos Sages.

Ainsi, même si je suis toujours heureux à la vue d'un bon vin, j'ai appris à patienter et à attendre un moment opportun pour le déguster. Ces moments nous ont été donnés par le Créateur : le Chabath, les jours de fête... À ces occasions, faire Qidouch sur un bon cru possède encore le pouvoir de réchauffer mon cœur d'une façon qu'aucun jus de raisins ne saurait le faire ! Le vendredi soir à la synagogue, la pensée d'une bonne bouteille pour le repas du soir fait bouger mes pieds sans que je m'en aperçoive et ces soirs-là, je ne suis pas le dernier à danser parmi les fidèles de communauté.

Ce que je ressens pour le vin, un autre peut le sentir pour un plat en particulier ou pour toute autre chose. Peu importe nos désirs et nos envies : nous devons faire de notre mieux pour les diriger vers Hachem et nous en servir pour mieux Le servir. Ceci correspond au concept connu selon lequel il faut servir D-ieu avec nos deux penchants : le bon et le mauvais. Si mon bon penchant me pousse à me lever de mon lit pour être à l'heure à la prière, tant mieux ! Cependant, si mon mauvais penchant me tente à faire des bêtises, j'ai l'obligation de faire ce qui est en mon pouvoir pour modifier ses mauvais projets et les changer en quelques chose de positif et de souhaité par le Créateur.

Je vis en Israël et les vins de qualité y abondent. Si la France possède le Guide Michelin pour les restaurants, Israël compte parmi ses habitants Daniel Rogov qui nous conseille afin de choisir les meilleurs de la Terre sainte. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de vous annoncer de la naissance d'une nouvelle rubrique hebdomadaire sur le blog de La Pause-Café : « Les vins d'Israël.» Daniel Rogov a eu la gentillesse d'accepter mon invitation et c'est avec excitation que je lirai chaque semaine – avec vous – ses nombreux conseils. Entre ses mains, je sais que mes Qidouch m'aideront encore plus qu'auparavant à sentir la joie en mon cœur.

À compter de la semaine prochaine, les lecteurs de La Pause-Café pourront lire chaque lundi les recommandations de Daniel Rogov. De plus, chaque personne aura la possibilité de lui poser directement les questions qu'elle désire : Daniel parle également français et il sera ravi de vous aider dans vos choix! C'est avec son aide que vous pourrez poser sur votre table de Chabath ou de Yom Tov une bouteille d'un vin excellent. Réunir le Service divin et les plaisirs de la table : voici notre objectif.

Daniel Rogov

(Daniel Rogov)

Même si la majorité des vins dont il sera question sont produits en Israël, Daniel nous conseillera également à l'occasion à propos des vins d'autres pays (dont ceux de la France, évidemment). Tous ces vins possèdent un point commun : ils sont kachers et peuvent être bus en louant l'Éternel. Même si je déconseille de boire de l'alcool les jours de semaine, le jour de Chabath et les jours de fête sont là pour nous permettre de nous réjouir le cœur et ainsi que l'a dit le Roi David : le vin nous y aide énormément !

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