jeudi 18 novembre 2010

La prière en groupe


L'essence de la prière consiste à prier au sein d'un groupe et s'oppose à la prière que l'on peut faire en étant seul. Ceci permet de symboliser l'absence de divisions entre le peuple d'Israël. Il suffit de rassembler les membres de la communauté et de former un seul groupe.

D'autre part, la prière doit avoir lieu dans l'enceinte d'une synagogue. De fait, c'est spécifiquement dans cet endroit que les âmes du peuple d'Israël entrent et s'unissent. Ceci est l'accomplissement de la perfection de la prière.

C'est la raison pour laquelle la loi juive permet d'obliger une personne de la communauté à participer aux frais relatifs à la construction d'une synagogue. Le mot “unité” est formé du mot “un”. Cela signifie que chaque personne doit participer à cet effort.

Le cas est semblable à celui d'une personne qui oblige son ami à agir d'une certaine façon pour le bénéfice de ce dernier. Même si cet ami ne se rend pas compte de ce qu'il lui manque, si la première personne s'en aperçoit, elle a raison d'insister pour lui venir en aide.

Il en va de même lorsqu'on désire construire une synagogue.

Traduit et adapté du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Hilkhoth Beith HaKnesseth, halakha 1

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lundi 28 mai 1990

Suite des règles de la prière de rattrapage (תפילת התשלומין)

Rav Ovadia Yossef, chelita

Lors des dernières Halah’ot , nous avons traité du cas de la personne qui a oublié l’une des prières journalières, et nous avons établi que cette personne est tenue de rattraper la prière manquée, en priant 2 fois la ‘Amida lors de la prière suivante, en considérant la première comme étant celle qu’il doit prier à ce moment, et la deuxième comme étant la prière manquée. 

Les décisionnaires débattent afin de définir si la prière de rattrapage doit impérativement suivre la prière d’obligation. Selon certains, il faut faire suivre la prière de rattrapage immédiatement après avoir achevé la ‘Amida. Selon d’autres, ce n’est pas nécessaire.

Selon ce dernier avis, il serait tout à fait possible à une personne qui a oublié de prier ‘Arvit, ou qui a oublié de mentionner « Ya’alé Véyavo » dans la ‘Amida de ‘Arvit de H’ol Ha-Mo’ed ou autre, de prier Chah’arit le lendemain matin avec l’assemblée, et après avoir prié la ‘Amida, cette personne pourra dire « Achré » et « Ouva Lé-Tsion », terminer toute la prière avec l’assemblée, et ensuite prier la ‘Amida supplémentaire en rattrapage de ‘Arvit

Le Gaon Rabbi David YOSSEF Chlita écrit qu’à priori il est préférable de prier la ‘Amida de rattrapage immédiatement après avoir achevé la prière d’obligation, sans s’interrompre entre les deux. Il est donc préférable d’enchaîner véritablement la ‘Amida de rattrapage à la ‘Amida d’obligation, sans poursuivre en disant « Achré » et « Ouva Lé-Tsion » et le reste de la prière, entre les deux prières, et encore moins en mangeant ou en buvant entre les deux prières. Il faut au contraire s’empresser de prier la ‘Amida de rattrapage. 

Cependant, si à posteriori on s’est interrompu entre les deux prières, aussi bien en disant « Achré » et « Ouva Lé-Tsion », aussi bien par le fait d’avoir consommer, il faut malgré tout arrêter ce que l’on est en train de faire et prier immédiatement la ‘Amida de rattrapage, en émettant au préalable une condition verbale en disant : « Si je suis tenu de prier de nouveau la ‘Amida, qu’elle soit considérée comme une ‘Amida obligatoire, sinon, qu’elle soit considérée comme une ‘Amida offerte à titre personnel. »Cependant, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita écrit qu’il est permis d’écouter d’abord la répétition de la ‘Amida avant de prier la ‘Amida de rattrapage, car la répétition n’est pas considérée comme une interruption. 

Nos maîtres ont instauré la prière de rattrapage seulement pour la personne qui n’a pas prié, de façon involontaire. Mais s’il s’agit d’une personne qui a volontairement négligé la prière, cette personne fait partie de la catégorie des gens « dont les actes ne peuvent être corrigés ». (Halacha Yomit)

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vendredi 25 mai 1990

Cas pratiques de prières de rattrapage (תפילת תשלומין)

Rav Ovadia Yossef, chelita

Dans la précédente Halah’a, nous avons expliqué de façon générale le principe de rattraper une prière manquée (תפילת תשלומין) selon lequel, lorsqu’on a oublié de prier l’une de prières quotidiennes, ou bien que l’on n’était pas en mesure de le faire, nous devons rattraper cette prière immédiatement après avoir prié la prière suivante.

Par conséquent, si l’on a oublié de prier Chah’arit, on doit prier Minh’a, et immédiatement après avoir terminé, on prie de nouveau une ‘Amida en rattrapage de la prière de Chah’arit manquée. Nous allons à présent traiter du cas d’une personne qui fait une erreur dans sa prière, de sorte qu’elle est maintenant tenue de prier de nouveau. 

Par exemple, un jour de Roch H’odech, quelqu’un prie et oublie de dire le passage de « Ya’alé Vé-Yavo » dans la ‘Amida de Chah’arit. Selon le Din, on est tenu de prier de nouveau la ‘Amida dans un tel cas. Mais cette personne ne fait pas attention et oublie de recommencer la ‘Amida jusqu’après l’heure limite de la prière de Chah’arit

En oubliant de mentionner « Ya’alé Vé-Yavo » dans la ‘Amida, cette personne a le même statut que quelqu’un qui n’a absolument pas prier puisqu’elle est tenue de prier de nouveau la ‘Amida. En oubliant aussi de recommencer la ‘Amida, cette personne est également tenue à présent de rattraper cette prière manquée. Par conséquent, si l’on a oublié de mentionner « Ya’alé Vé-Yavo » dans la prière de Chah’arit (et que l’on n’a pas recommencé la ‘Amida avant l’heure limite de prière du matin), on doit dire 2 fois la ‘Amida de Minh’a (en mentionnant « Ya’alé Vé-Yavo » dans les 2 prières). 

Il en est de même lorsqu’on a oublié de demander la pluie (en hiver Bareh’ ‘Alenou), ou bien qu’on a mentionné la demande des pluies en été, sans se rendre compte de l’erreur jusqu’au delà de l’heure limite de la prière, dans tous ces cas, nous sommes tenus de rattraper cette prière manquée, au même titre que la personne qui a fait une erreur dans la ‘Amida et qui a donc le même statut qu’une personne qui n’a absolument pas prié. 

Nous allons maintenant traiter du statut des femmes sur ce sujet. 

Nous avons déjà expliqué dans le passé que selon le strict Din, l’usage des Séfarades n’impose pas aux femmes de prier 3 prières par jour mais seulement une seule. Selon cela, si une femme à l’usage de prier chaque jour Chah’arit, et qu’elle oublie de mentionner « Ya’alé Vé-Yavo » un jour de Roch H’odech sans se rendre compte de son oublie jusqu’après l’heure limite de la ‘Amida, cette femme est tenue de rattraper sa prière manquée en priant Minh’a l’après midi, en ajoutant ensuite une ‘Amida supplémentaire en rattrapage de Chah’arit où elle n’a pas mentionné « Ya’alé Vé-Yavo ». 

Elle est donc tenue de prier exceptionnellement Minh’a, et une ‘Amida de plus en rattrapage de Chah’arit où elle n’a pas mentionné « Ya’alé Vé-Yavo ». Mais il reste matière à débattre dans le cas où une femme serait déjà quitte de son devoir de prier, par exemple s’il s’agit d’une femme qui a prié correctement un matin de Roch H’odesh en mentionnant « Ya’alé Vé-Yavo », mais qui s’est exceptionnellement imposée de prier également Minh’a. Mais voilà qu’elle oublie « Ya’alé Vé-Yavo » dans la prière de Minh’a dont elle était exempte et qu’elle s’est imposée à titre personnel, et ne se rend compte de son oublie qu’au-delà de l’heure limite de Minh’a

Du fait que cette femme était en réalité quitte de son obligation de prier ce jour là, doit-elle malgré tout prier ‘Arvit et une ‘Amida supplémentaire pour rattraper Minh’a où elle n’a pas mentionné « Ya’alé Vé-Yavo », ou bien est-elle exempte de cela ? Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita écrit que cette femme est tenue de recommencer sa prière selon l’institution de nos maîtres, car au sujet de la prière, le statut d’une femme est le même que celui d’un homme sur tout point. 

Même si cette femme a prié correctement Chah’arit et s’est acquittée de son obligation de prier une seule prière par jour, puisqu’elle s’est imposée de prier Minh’a en oubliant de mentionner « Ya’alé Vé-Yavo » ou la demande de la pluie, si elle se rend compte de son oublie en terminant sa prière, elle est tenue de recommencer sa prière de Minh’a. De même, si elle se rend compte de son oublie au-delà de l’heure limite de cette prière, elle est tenue de prier la prière suivante et une ‘Amida supplémentaire pour rattraper Minh’a où elle n’a pas mentionné « Ya’alé Vé-Yavo » ou la demande des pluies. 

Par exemple, lorsqu’elle a prié Chah’arit en oubliant d’y mentionner « Ya’alé Vé-Yavo », et se rend compte de son oublie après H’atsot (la moitié de la journée), elle est tenue de prier Minh’a au même titre qu’un homme, et ensuite une ‘Amida supplémentaire en rattrapage de Chah’arit où elle a oublié de mentionner « Ya’alé Vé-Yavo ». 

En conclusion : Lorsqu’on a oublié de mentionner « Ya’alé Vé-Yavo » dans la ‘Amida du matin ou de l’après midi de Roch H’odech, ou bien que l’on a mentionné la demande des pluies en été, ou autre exemple similaire, selon le Din on est tenu de recommencer la ‘Amida. Si l’on se rend compte de l’oubli ou de l’erreur au-delà de l’heure limite de la prière, on est tenu de rattraper cette prière manquée. 

Par exemple, si l’on a oublié de mentionner « Ya’alé Vé-Yavo » lors de la prière de Chah’arit, et que l’heure limite passe, on doit prier Minh’a, et ensuite ajouter une ‘Amida supplémentaire pour rattraper Chah’arit qui n’a pas été priée correctement. Il n’y a aucune différence entre les hommes et les femmes sur ce point. (Halacha Yomit)

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jeudi 24 mai 1990

La prière de rattrapage (תפילת תשלומין)

Rav Ovadia Yossef, chelita

Quel est le statut d’une personne ayant oublié de prier l’une des 3 prières journalières, dont le temps limite est passé ?

Nos maîtres enseignent (traité Bérah’ot 23a) : 

Si par erreur on n’a pas prié Chah’arit (prière du matin), on doit prier Minh’a 2 fois. Cela signifie que lorsqu’on n’a pas prié l’une des prières journalières, ou bien que l’on ne pouvait pas prier pour raison de force majeure (une raison indépendante de la volonté de la personne), il faut combler cette obligation manquée, immédiatement après avoir prié la prochaine prière journalière, ceci par institution de nos maîtres. 

Par conséquent, si l’on a oublié de prier Chah’arit, on doit prier Minh’a, et immédiatement après avoir terminé, on prie de nouveau la ‘Amida en rattrapage de la prière de Chah’arit manquée. 

La notion de rattrapage ne concerne que la ‘Amida et non le reste de la prière, comme la lecture du Chéma’ accompagnée de ses bénédiction, ou bien les Péssouké Dé-Zimra ou autre, car ces parties ne sont pas rattrapables, et dès lors où leur temps limite est passé, on ne peut plus les rattraper. 

Par conséquent, lorsqu’une personne a oublié de prier Chah’arit, immédiatement après avoir prié celle de Minh’a elle doit de nouveau prier la ‘Amida en rattrapage de Chah’arit qu’elle n’a pas prié. 

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita écrit qu’une femme qui a l’usage de prier quotidiennement les 3 prières journalières (même si selon le Din une femme n’est tenue de prier qu’une seule prière par jour, comme nous l’avons expliqué dans le passé), si cette femme a un jour oublié de prier, elle peut se rattraper lors de la prochaine prière, exactement comme un homme. 

Dans la prochaine Halah’a, nous traiterons d’autres situations dans lesquelles le statut de la femme est le même que celui de l’homme concernant l’obligation de rattrapage de la prière. 

Lorsqu’on s’apprête à rattraper une prière, il faut avant tout prier celle qui correspond au moment où l’on se trouve, et seulement ensuite celle du rattrapage. Exemple : 

Une personne n’a pas prié Chah’arit, l’après midi elle priera d’abord une ‘Amida pour Minh’a et seulement ensuite une ‘Amida pour rattraper Chah’arit. Cela signifie qu’il faut avoir la pensée de dédier la première à Minh’a et la deuxième à Chah’arit manqué. 

Si l’on a inversé cet ordre, même par simple pensée, même de façon involontaire, et que l’on a dédié la première au rattrapage de Chah’arit et la deuxième à Minh’a, on n’est pas quitte de l’obligation de rattrapage et l’on doit prier une 3ème fois pour rattraper Chah’arit

Cependant, si l’inversement s’est fait uniquement par la pensée et non par la parole, il est bon avant de recommencer la 3ème fois, d’exprimer une condition de Nédava (prière offerte) en disant : « Si je suis réellement tenu de recommencer, que cette prière soit considérée comme obligatoire. Si je ne suis pas tenu de recommencer, qu’elle soit considérée comme une prière offerte de ma propre initiative. » Si la personne a prié les 2 ‘Amidot sans pensée particulière, sans dédier aucune des 2 à Minh’a ou au rattrapage, cette personne est quitte de son devoir de rattrapage. 

En conclusion : Une personne qui a oublié de prier l’une des 3 prières quotidiennes, ou qui se trouvait dans une situation de force majeure qui ne lui permettait pas de prier, a le devoir de rattraper la prière manquée. De quelle façon doit-on procéder ? 

S’il s’agit de la prière de Chah’arit, après avoir prié celle de Minh’a on doit de nouveau prier la ‘Amida pour rattraper Chah’arit. Il faut toujours dédier la première ‘Amida à la prière du moment où l’on se trouve, et c’est seulement la deuxième qui est dédiée à celle du rattrapage. C’est ainsi que l’on fait également lorsqu’on a oublié de prier Minh’a, immédiatement après avoir prié celle de ‘Arvit, on prie de nouveau la ‘Amida pour rattraper Minh’a, et ainsi de suite. (Halacha Yomit)

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dimanche 13 mai 1990

Les louanges d'Hachem

Rav Ovadia Yossef, chelita

Est-ce que tout individu est habilité à glorifier Hachem par la prière ou par des chants et des louanges ?

Dans la bénédiction des ancêtres, la première des bénédictions de la ‘Amida, les sages de la Grande Assemblée ont instauré de dire « Ha-E-l Ha-Gadol Ha-Guibor Vé-Hanora » (« Le D. grand, puissant, et redoutable ») qui sont des louanges adressées à Hachem

Nos maîtres enseignent (traité Bérah’ot 33b) : Si Moché Rabbénou n’avait pas lui-même employé ces termes précis pour glorifier Hachem, nous ne serions pas en mesure de les prononcer, car toutes les louanges adressées à Hachem restent insignifiantes devant son infinie grandeur. Mais puisque Moché Rabbénou lui-même a employé ces termes pour glorifier Hachem, et de façon certaine, sous la dictée d’Hachem, nous sommes donc autorisés nous aussi à employer ces mêmes termes pour glorifier Hachem

Il est également expliqué dans la Guémara (traité Méguila 18a) qu’il est humiliant de s’étendre dans les louanges d’Hachem, comme il est dit : « Qui prononcera les puissances d’Hachem ? Qui fera entendre toute sa gloire ? » Quel est celui qui est apte à prononcer les puissances d’Hachem ? Celui qui peut faire entendre toute sa gloire. Or, il n’est pas dans les possibilités de l’homme de faire entendre toute la gloire d’Hachem. C’est pourquoi nos maîtres enseignent que celui qui s’étend exagérément dans les louanges d’Hachem, peut disparaître du monde, comme il est dit : « Ce que je dis doit-il lui être rapporté ? Si un homme parle ne sera-t-il pas anéanti ? » 

(Selon l’interprétation de nos maîtres, le sens de ce verset vient nous indiquer que toutes les louanges que l’on pourrait adresser à Hachem, sont déjà connues de Lui avant même qu’elles soient prononcées, et de ce fait, la chose est mal perçue et risque d’entrainer l’anéantissement de la personne, qu’Hachem nous en préserve.). Fin de citation. 

Il est également raconté dans la Guémara qu’un homme dirigeait un jour l’office en tant qu’officiant, en présence de Rabbi H’anina. Cet homme dit : « Le D. grand, puissant, redoutable, souverain, vigoureux, courageux, fort… » Rabbi H’anina lui dit : « As-tu terminé les louanges d’Hachem ?! » C'est-à-dire : Quoi qu’il en soit, tu ne pourras jamais dire toutes les louanges d’Hachem, il est donc humiliant que tu ajoutes des louanges supplémentaires sur celles instaurées par les sages. 

Toute la formulation des bénédictions instaurées par les sages de la Grande Assemblée leur a été entièrement inspirée d’Hachem, par la connaissance de l’origine de chaque élément de la prière et l’influence de chaque mot dans les mondes supérieurs. Comme la Guémara explique, de quelle façon nos maîtres ont appris à partir des versets l’ordre des bénédictions. 

D’où sait-on qu’il faut d’abord mentionner les patriarches ? Car il est dit : « Célébrez Hachem, vous les fils des patriarches ! » D’où sait-on qu’il faut y mentionner ses puissances ? Car il est dit : « Célébrez la gloire de Son Nom ». Le Nom d’Hachem indique ses puissances visibles par nos yeux dans sa gestion de l’univers. Et de même pour les autres bénédictions, comme la Guémara l’explique sur place. 

Par conséquent, il est strictement interdit de modifier la formulation instaurée par nos maîtres dans les termes des bénédictions. C’est pourquoi, il est interdit de modifier le moindre mot des bénédictions, il faut seulement les dire tel que nos maîtres les ont composées. 

À partir de tout cela, nous pouvons déduire qu’il est interdit d’ajouter la moindre louange sur celles mentionnées dans la prière, car hormis le fait que l’on ajoute de façon injustifiée aux louanges d’Hachem, ce qui représente une chose humiliante comme nous l’avons expliqué, mais de plus, on modifie ainsi la formulation composée par nos maîtres dans les termes des bénédictions. 

Dans la prochaine Halah’a, nous traiterons du fait d’ajouter des louanges d’Hachem dans les chants et louanges qui ne sont pas écrits dans les termes de la prière. (Halacha Yomit)

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vendredi 11 mai 1990

Suites des règles pour les moments où l’on doit se courber dans la ‘Amida

Rav Ovadia Yossef, chelita

Dans la précédente Halah’a, nous avons expliqué les principales règles des moments précis où l’on doit se courber dans la ‘Amida. Nous avons indiqué qu’il faut se courber au début et à la fin de la bénédiction des ancêtres, ainsi qu’au début et à la fin de la bénédiction de « Modim ». Nous aussi expliqué de quelle façon il faut se courber. 

À présent, nous allons traiter du fait de fléchir les genoux lorsqu’on se courbe dans la ‘Amida, comme le font certains. Nous allons déterminer si cet usage est obligatoire ou non. Nous allons aussi décrire de façon précise les moments où l’on doit se courber. 

MARAN écrit dans le Choulh’an ‘Arouh’ (O.H chap.113) : Lorsqu’on se courbe, il faut le faire avec rapidité et en une seule fois. Lorsqu’on se redresse, il faut le faire lentement, en redressant d’abord la tête et ensuite le corps. Fin de citation. On constate de ses propos que lorsqu’on se courbe, il faut courber le corps et la tête en même temps, mais lorsqu’on se redresse, on redresse d’abord la tête. 

Cependant, selon de nombreux décisionnaires, et notre maître le ARI Zal à leur tête, on ne doit pas se courber en une seule fois. Selon leur opinion, lorsqu’on dit le mot « Barouh’ », il faut courber d’abord le corps, et lorsqu’on dit le mot « Ata », on abaisse la tête. Toujours selon cette opinion, lorsqu’on se redresse, on redresse d’abord le corps et ensuite la tête. Sur ce point, certains adoptent l’usage du Choulh’an ‘Arouh’, et d’autres adoptent celui du ARI Zal. Les raisons sont assez longues à expliquer, et nous ne pourrons les détailler dans le cadre de cette rubrique. 

De façon unanime, lorsqu’on prononce le Nom d’Hachem, il faut être redressé, comme il est dit : « Hachem redresse ceux qui sont courbés ». Les Richonim (décisionnaires médiévaux) expliquent ce verset en disant qu’il s’agit d’une indication pour le fait d’être redressé lorsqu’on prononce le Nom d’Hachem, et ne pas se redresser en le prononçant. Nous constatons à travers tout ceci qu’il n’y a pas de nécessité de fléchir les genoux lorsqu’on se courbe, et qu’il est suffisant d’abaisser la tête et le corps. 

Cependant, selon l’usage Achkénaze, lorsqu’on dit le mot « Barouh’ », on fléchit les genoux, et lorsqu’on dit le mot « Ata », on se courbe jusqu’à ce que les vertèbres de la colonne vertébrale se déploient (comme nous l’avons expliqué dans la Halah’a précédente). Mais selon l’usage de la plupart des Séfarades, on ne fléchit absolument pas les genoux, et on se contente de courber le corps en disant « Barouh’ », jusqu’au déploiement des vertèbres de la colonne vertébrale. Lorsqu’on arrive à la bénédiction de « Modim », on se courbe en disant le mot « Modim », et on se redresse avant de prononcer le nom d’HachemModim Anah’nou Lah’ Ché-Ata Hou Hachem… »). 

En conclusion : Dans les bénédictions où l’on doit se courber, il faut le faire de façon rapide en inclinant le corps et la tête (selon notre maître le ARI Zal, il faut d’abord incliner le corps et ensuite la tête en disant le mot « Ata »). Selon l’usage Achkénaze, lorsqu’on dit le mot « Barouh’ », on fléchit les genoux, et lorsqu’on dit le mot « Ata », on incline le corps et la tête, en se redressant immédiatement avant de prononcer le Nom d’Hachem, en redressant d’abord la tête et ensuite le corps. Selon notre maître le ARI Zal, il faut redresser d’abord le corps et ensuite la tête, aussi bien pour l’usage Séfarade que pour l’usage Achkénaze. (Halacha Yomit)

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Les moments où l’on doit se courber dans la ‘Amida

Rav Ovadia Yossef, chelita

Quels sont les moments précis où l’on doit se courber dans la ‘Amida, et de quelle façon exacte, doit-on se courber ?

Réponse : Nos maîtres ont instauré de se courber à plusieurs occasions dans la ‘Amida. Voici les bénédictions pour lesquelles il faut se courber : 

La bénédiction des ancêtres (celle qui se termine par « Maguen Avraham », la 1ère des bénédictions de la ‘Amida), au début et à la fin de la bénédiction. · 

La bénédiction de la reconnaissance (celle qui commence par « Modim » et qui se termine par « Ha-Tov Chimh’a Oulh’a Naé Lé-hodot »), au début et à la fin de la bénédiction. Pour les autres bénédictions, on ne se courbe pas, ni au début de la bénédiction, ni à la fin de la bénédiction. De quelle façon doit-on se courber ? 

On doit se courber au point de déployer tous les vertèbres de la colonne vertébrale. Cela signifie qu’il ne faut pas se contenter de se courber légèrement en avant, mais il faut véritablement se courber de sorte que les vertèbres de la colonne se déploient. De même, on ne doit pas garder la tête dressée lorsqu’on se courbe, mais il faut au contraire l’abaisser au moment où l’on se courbe, tel que l’indique le sens des propos de notre maître le RAMBAM (chap.5 des Hal. de la prière), qu’il faut ressembler à un arc lorsqu’on se courbe dans la ‘Amida

Cela signifie que mis à part le fait de se courber au point de déployer les vertèbres de la colonne vertébrale, il faut aussi baisser la tête, afin de ressembler à un arc. Cependant, il n’est absolument pas juste de se courber de façon exagérée, au point de placer la bouche au niveau de la ceinture qui tient le pantalon. Il faut seulement se courber tel que l’oblige le Din, c'est-à-dire au point de déployer tous les vertèbres de la colonne vertébrale. 

Une personne âgée ou malade qui ne peut pas se courber au point de déployer tous les vertèbres de la colonne vertébrale n’est pas tenue de se courber de cette façon. Cette personne peut se contenter de baisser légèrement la tête, de sorte qu’elle montre qu’elle désire se courber tel que l’exige le Din, mais que son état l’en empêche. Certains ont l’usage de plier également les genoux lorsqu’ils se courbent, comme on l’expliquera dans la prochaine Halah’a.

(Halacha Yomit)

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