vendredi 31 août 1990

Le mois d'Éloul

Rav Ovadia Yossef, chelita

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita écrit qu’Hachem a gratifié son peuple Israël d’une grande bonté en leur dévoilant la date du jour du jugement, le 1er Tichri. (Car en réalité, les nations sont elles aussi jugées ce jour-là, mais elles l’ignorent, et par conséquent, elles ne se préparent pas à affronter ce jugement, ce qu’il leur fait perdre beaucoup d’avantages). Comme il est dit : « Sonnez du Chofar durant le mois, au jour fixé pour notre fête. Car cette une loi pour Israël, un jugement par le D. de Ya’akov ».

Habituellement, une personne qui a enfreint la loi, et qui est attrapée par la police, lorsqu’elle est conduite devant un juge qui va la juger rapidement, il est plus que probable que la personne ne pourra pas se mesurer aux charges qui pèsent contre lui. Ce qui n’est pas le cas lorsqu’on donne à l’accusé la possibilité de savoir la date du jugement, dans ces conditions il pourra affronter son jugement et prendre conseil auprès d’un bon avocat afin de savoir ce qu’il faut plaider au jugement, et afin de choisir celui qui le défendra. Dans de telles conditions, il est certain qu’il pourra sortir acquitté de son jugement.

De même, depuis le jour de Roch H’odech Eloul nous faisons retentir la sonnerie du Chofar et nous nous levons pour dire les Sélih’ott en nous préparant pour le jour du jugement où nous disons : « C’est aujourd’hui que le monde a été crée, c’est aujourd’hui qu’Il convoque en jugement toutes les créatures de l’univers… » C’est également le jour du jugement où nous commençons à dire dans la prière quotidienne « Ha-Mélèh’ Ha-Kadoch » (le Roi qui est saint) ainsi que « Ha-Mélèh’ Ha-Michpatt » (le Roi du jugement).

Durant le mois d’Eloul, nous nous apprêtons à choisir correctement les meilleurs défenseurs devant Hachem. Les défenseurs de chaque individu ne sont que la Torah, les Mitsvot et les bonnes actions qu’il accomplit (Chabbat 32a).

On enseigne dans la Tossefta : la Tséddaka et la pratique du bien sont les meilleurs défenseurs d’Israël auprès de leur père qui est au ciel.

On enseigne aussi dans le traité Avott : celui qui accomplit une Mitsva, s’acquiert un défenseur. Si ce défenseur est aussi fort et redoutable que le fruit de l’étude d’un Talmid H’ah’am (érudit dans la Torah), il est certain que les accusateurs resteront insignifiants et se tairont à la moindre plaidoirie du défenseur. Comme nous le disons dans les Sélih’ott : « Ferme la bouche du Satann afin qu’il ne nous accuse plus. Qu’un ange défenseur vienne plaider notre cause, qu’il dise notre droiture… ».

Nous avons donc une large ouverture pour sortir acquitté devant Hachem, comme l’enseigne la Guémara Roch Ha-Chana sur le verset : « Quel est le grand peuple qui possède un D. aussi proche de lui, comme Hachem notre D. à chaque fois que nous l’implorons. »

Notre maître le ARI Zal écrit dans Cha’ar Ha-Péssoukim, sur le verset qui traite de la fuite du meurtrier non intentionnel vers l’une des villes de refuge prévues à cet effet afin qu’il ne lui arrive rien de la part de la famille de la victime, ce verset dit : « Si c’est seulement Hachem qui a guidé sa main (qu’il n’y a pas eu préméditation), alors je te procurerai (un endroit où se réfugier)… ». Les initiales en hébreu des mots de ce verset forment le mot Eloul, ce qui signifie que le mois d’Eloul est propice à la Téchouva. Chacun a l’obligation de se repentir.

On enseigne aussi sur le verset : « Hachem ton D. retranchera ton cœur et le cœur de ta descendance… ». Les initiales en hébreu des mots de ce verset forment aussi le mot Eloul, ce qui signifie que celui qui vient dans l’intention de se purifier bénéficie d’une aide d’Hachem.

En particulier dans le domaine de la TéchouvaHachem dit à Israël : « Faites-moi une ouverture comme celle du chas de l’aiguille, et moi je vous ferais une ouverture comme celle du Oulam (endroit très large dans le Temple de Jérusalem) ».

C’est donc cette aide d’Hachem qui aide à se repentir.

Il existe encore une autre allusion au mois d’Eloul dans un verset de la Méguila d’Esther : « …ainsi que l’envoi de cadeaux l’un à l’autre, et des dons aux pauvres. » Les initiales en hébreu de ces mots forment aux aussi le mot Eloul. Ce qui signifie que le mois d’Eloul est propice à la Mitsva de Tsédaka qui pardonne la faute. Comme le Midrach le dit : « Les sacrifices ne pardonnent que les fautes commises involontairement, mais la Tséddaka pardonne aussi bien les fautes commises volontairement qu’involontairement ». (Halacha Yomit)

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samedi 25 août 1990

Séli'hoth sans minyann

Rav Ovadia Yossef, chelita

Question :

Une personne qui ne peut pas dire les Séli'hoth avec l’assemblée à la synagogue, ou bien une femme qui désirent dire les Séli'hoth mais qui ne peuvent pas se rendre à la synagogue, peuvent-ils dire le texte des Séli'hoth en étant seuls, ou bien faut-il s’en abstenir dans ce cas ?

Réponse :

Il est certain que le fait de réciter les Séli'hoth en étant seul sans la présence d’une assemblée de 10 hommes est aussi considéré comme une bonne chose, car qui est comparable à Hachem, à chaque fois que nous L’implorons, et même une prière dite en étant seul, est écoutée par Hachem. Or, les Séli'hoth sont des supplications et des demandes auprès d’Hachem, afin qu’Il nous ramène à Lui dans un repentir sincère, qu’Il nous pardonne nos fautes, et qu’Il renouvelle pour nous une bonne année.

Cependant, il y a quelques passages des Séli'hoth qu’une personne ne peut pas dire lorsqu’elle est seule.

En effet, concernant la récitation des 13 Attributs de la Miséricorde Divine (« … Hachem, Hachem, E-l Rah’oum Véh’anounn … » qui sont inclus dans le passage de « Vaya’avor »), sans la présence d’un Minyann, le Seder Rav ‘Amram GAON (qui est le rituel de prières le plus ancien) rapporte au nom de Rabbénou Nathan GAON qu’un particulier ne dit pas les 13 Attributs de la Miséricorde Divine, sans la présence d’un Minyann.

En effet, Hachem a contracté un pacte d’alliance avec Moché Rabbénou et nos Ancêtres et selon ce pacte, la mention des 13 Attributs de la Miséricorde Divine ne peut pas rester sans éveiller la pitié d’Hachem. Lorsque l’assemblée se réunit et réclame la Miséricorde Divine en concentrant leurs cœurs vers leur Père qui est au ciel, en jeûnant et en donnant de la Tsédaka, Hachem les prend en pitié et ne dédaigne pas leur prière.

C’est pourquoi, lorsqu’on est seul sans la présence d’un Minyann, il ne faut pas faire mention des 13 Attributs de la Miséricorde Divine puisque dans de telles conditions, il n’est plus question du pacte d’alliance contracté entre Hachem et Israël.

C’est ce qu’écrivent également de nombreux autres décisionnaires. MARANN écrit lui aussi dans le Beth Yossef que l’usage répandu est de ne pas dire les 13 Attributs de la Miséricorde Divine sans la présence d’un Minyann.

Dans le Choulh’an Arouh’, MARANN tranche qu’un particulier peut les dire de la façon avec laquelle nous lisons la Tora, c’est à dire avec les Té’amim (les signes qui indiquent de quelle façon il faut chanter les versets de la Tora), puisque toute l’interdiction concerne uniquement le fait de les lire sans Minyann dans un esprit de prière et de supplication, car il est interdit d’utiliser les paroles de la Tora en tant que prière. Mais lorsqu’on les lit de la façon avec laquelle on lit la Tora, il n’y a pas la moindre interdiction.

MARANN tranche ce Din à partir d’une Tchouva du RACHBA qui écrit que le particulier ne peut pas dire 13 Attributs de la Miséricorde Divine dans un cadre de prière et de supplication, comme nous l’apprenons de la Guémara Roch Ha-Chana (17b) :

Hachem s’est enveloppé d’un Talitt, comme un officiant, et a dit à Moché Rabbénou : « Lorsqu’ Israël exécutera ce cérémonial devant moi (la récitation des 13 Attributs de la Miséricorde Divine), je leur pardonnerai immédiatement »

Par contre - conclu le RACHBA – on peut tout à fait les réciter comme on lirait n’importe quel autre texte de la Tora (en respectant les Té’amim – les signes liturgiques) ».

Telle est la décision de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita

Nous pouvons donc conclure que la récitation des 13 Attributs de la Miséricorde Divine mentionnés dans le Séli'hoth (comme dans le texte du Tah’anounn quotidien, ou dans les prières de Yom Kippour) est interdite pour une personne qui prie seule. Si elle désire malgré tout les dire, elle peut le faire en respectant les Té’amé Ha-Mikra, comme une personne qui lit la Tora, et de cette façon, il n’y a pas d’interdit, comme tranche notre maître le H’YDA dans son livre Birké Yossef.

Pour les passages des Séli'hoth qui sont composés en araméen, comme « Rah’amana », « Dé’ané La’aniyé », « Mah’é Ou-Massé », ou autre, il est également expliqué dans les Poskim que la personne seule n’est pas du tout autorisée à les dire.

C’est ainsi que tranche également notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita dans son livre H’azon Ovadia - Yamim Noraïm (page 11).

La raison réside dans le fait que lorsque les Bné Israël sont réunis en assemblée (Minyann), la Chéh’ina (Présence Divine) réside parmi eux, et ils n’ont pas besoin de l’aide des Anges du Service Divin pour que leur prière soit acceptée, mais lorsqu’une personne du peuple d’Israël est seule, la Chéh’ina ne l’accompagne pas, et cette personne a besoin de l’aide des Anges du Service Divin pour que sa prière soit acceptée, comme c’est expliqué dans la Guémara Chabbat (12b).

Or, étant donné que les Anges du Service Divin ne comprennent pas l’araméen, la personne qui se trouve seule ne doit pas exprimer ses demandes personnelles en araméen, mais plutôt utiliser le meilleur moyen dans cette situation, en exprimant ses demandes personnelles en hébreu.

Nous pouvons inclure en cela certains passages des Séli'hoth écrits en araméen qui ne doivent être dits qu’en présence d’un Minyann.

En conclusion :

Il est permis à un particulier (homme ou femme) de dire les Séli'hoth, même sans la présence d’un Minyann. Cependant, dans un tel cas, on ne doit dire ni les 13 Attributs de la Miséricorde Divine, ni les passages en araméen, comme « Dé’ané La’aniyé » ou autre.

Qu’Hachem entende nos prières, qu’Il réponde favorablement à nos demandes, et qu’Il exauce nos vœux pour le bien et pour Le servir.

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vendredi 24 août 1990

Le moment propice pour dire les Séli'hoth

Rav Ovadia Yossef, chelita

La tradition répandue dans la plupart des communautés est de réciter les Séli'hoth aux premières heures du matin, avant l’office de Chah’arit (l’office du matin).

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita explique que cette tradition de dire les Séli'hoth exclusivement aux premières heures du matin est relative à ce qui est mentionné dans le Zohar Ha-Kadoch selon lequel aux premières heures du matin, les H’assadim - les bontés (d’Hachem) - se propagent dans le monde, comme il est dit dans les Téhilim : « La journée, Hachem ordonne Sa bonté … », alors qu’à partir de l’heure de Minh’a, jusqu’à H’atsott (la moitié de la nuit), s’éveillent les Dinim – les rigueurs (d’Hachem) dans le monde.

Cependant, à partir de l’heure de H’atsott (la moitié de la nuit), réapparaissent les bontés d’Hachem, ainsi que les mesures de miséricordes.

C’est pour cela que notre maître le Roi David a dit (Téhilim): « Dès la moitié de la nuit, je me lève pour Te glorifier… ».

Par conséquent, il n’est pas souhaitable de réciter les Séli'hoth au début de la nuit, qui est un moment où règne la rigueur Divine. Nos maîtres les Kabbalistes se sont longuement étendus sur le fait de ne pas dire les Séli'hoth dans la première moitié de la nuit. C’est d’ailleurs ainsi que la tradition s’est répandue, de dire les Séli'hoth aux premières heures du matin.

Cependant, notre maître le Rav Chlita écrit que les personnes qui ne peuvent pas réciter les Séli'hoth aux premières heures du matin, avant la Téfila de Chah’arit, peuvent dire les Séli'hoth avant l’office de Minh’a (l’office de l’après-midi).

Effectivement, bien qu’il soit expliqué dans le Zohar Ha-Kadoch qu’à partir de l’heure où l’on peut prier Minh’a, règne la dure rigueur Divine dans le monde, et cela jusqu’à H’atsott (la moitié de la nuit), comme nous l’avons expliqué (excepté le jour de Chabbat, où au contraire, c’est à l’heure de Minh’a que s’éveillent les bontés d’Hachem dans le monde).

Malgré tout, il semble qu’il est permis de dire les Séli'hoth avant l’office de Minh’a, au même titre que nous disons toute l’année les 13 Attributs de la Miséricorde Divine ( « Vaya’avor »), ainsi que la Néfilatt ApaïmLé-David éléh’a Hachem … ») à l’office de Minh’a.

En effet, la véritable emprise de la Rigueur Divine n’apparaît réellement que la nuit, depuis la sortie des étoiles, jusqu’à H’atsott (la moitié de la nuit).

Toutefois, au début de la nuit, il est préférable de ne pas du tout réciter les Séli'hoth, puisque nos maîtres les Kabbalistes écrivent, que celui qui dit les Séli'hoth dans la première moitié de la nuit, « provoque un dégât au lieu d’une réparation », il est donc préférable de s’en abstenir.

Par contre, les habitants de H’outs La-Arets (les habitants de l’extérieur d’Israël) qui désirent réciter les Séli'hoth avant que n’arrive l’heure de H’atsott dans leur pays, comme les pays d’Europe par exemple, mais qu’en Israël l’heure de H’atsott est déjà arrivé, certains disent qu’ils sont autorisés à le faire, puisque sur ce point, tout est tributaire d’Erets Israël.

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jeudi 23 août 1990

Règles et traditions des Séli'hoth

Rav Ovadia Yossef, chelita

Ce mercredi (11.08.10) tombe Roch H’odech Eloul.

Le mois d’Eloul représente le début des jours de miséricorde et de supplications.

Il est enseigné dans Pirké Dé-Rabbi Eli’ezer (chap.45) : Moché Rabbénou est resté 40 jours sur la montagne. La journée, il apprenait le Mikra (la Loi écrite), et le soir, il apprenait la Michna (la Loi orale).

Au bout de 40 jours, il prit les Tables de la Loi et redescendit vers le camp.

Constatant que les Béné Israël avaient conçu le ‘Eguel (le Veau d’Or), il brisa les Tables de la Loi. Il resta 40 jours dans le camp, jusqu‘à avoir brûlé le ‘Eguel (le Veau d’Or) et l’avoir pulvérisé comme la poussière de la terre. Il condamna à mort toutes les personnes qui aveint servi le ‘Eguel et il extirpa l’Idolâtrie du peuple d’Israël.

Il rétablit chaque tribu à sa place. Roch H’odech Eloul, Hachem dit à Moché Rabbénou : « Monte vers moi dans la montagne. » Hachem avait pardonné à Israël. On fit retentir le Chofar dans tout le camp, pour informer que Moché était de nouveau monté dans la montagne, pour ne pas qu’ils s’égarent de nouveau vers l’idolâtrie. Fin de citation.

Puisque c’est le jour de Roch H’odech Eloul qu’Hachem demanda à Moshé Rabbénou de remonter de nouveau dans la montagne pour recevoir les deuxièmes Tables de la Loi (signe du pardon Divin), les Séfarades et les originaires des communautés du moyen orient ont la tradition à partir de ce jour là, de se lever plus tôt que d’habitude et de se rendre à la synagogue chaque matin durant 40 jours pour dire les Séli'hoth (supplications) jusqu’à Yom KippourMoché Rabbénou est redescendu de la montagne avec les secondes Tables.

La nuit de Roch H’odech on ne dit pas les Séli'hoth.

Par conséquent, cette année (5770) où Roch H’odech tombe mardi et mercredi, les Séli'hoth débuteront pendant la nuit de mercredi à jeudi à partir de ’Hatsoth (moitié de la nuit).

Dans le temps, tout le monde avait l’usage de se lever avant l’aube pour réciter les Séli'hoth, on parvenait à s‘élever considérablement durant le mois d’Eloul, et on était motivé à se repentir sincèrement sur toutes les actions, jusqu’aux jours de Roch Ha-Chana et de Yom Kippour, où tout le monde atteignait un niveau spirituel supérieur, par la prière et le repentir.

Les communautés Achkénazes n’ont pas la tradition de dire les Séli'hoth depuis Roch H’odech Eloul, mais elles ont la tradition de sonner du Chofar chaque matin à partir de ce jour là, après la Téfila de Chah’arit (l’office du matin), afin de prévenir Israël pour qu’ils fassent Téchouva, comme il est dit : « Si le Chofar retentit dans la ville, le peuple n’aura-t-il pas peur ?! » (‘Amos 3). Cette tradition de sonner du Chofar pendant 40 jours, sert également à perturber le Satan.

Certains ont la tradition de sonner également à l’office de ‘Arvit (l’office du soir).

La tradition chez les Achkénazes est de débuter les Séli'hoth à partir du dimanche qui précède Roch Ha-Chana.

Si Roch Ha-Chana tombe un lundi ou un mardi, ils débutent du dimanche de la semaine d’avant.

Par conséquent, cette année (5770) où le 1er Yom Tov de Roch Ha-Chana (5771) tombe jeudi 9 septembre 2010, les Achkénazes débuteront les Séli'hoth à partir du dimanche 26 Eloul (5.09.10), ce qui correspond à 4 jours avant Roch Ha-Chana.

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