samedi 19 août 2000

L’interdiction de s’asseoir à proximité d’une personne qui prie la ‘Amida

Rav Ovadia Yossef, chelita

La Guémara Bérah’ott (31a) tranche de nombreuses Halah’ot relatives à la prière quotidienne (la ‘Amida), à partir des versets qui décrivent la prière que H’anna a adressé à Hachem pour qu’Il la gratifie d’un enfant (voir livre de Chémouel Tome 1 chapitre 1). En priant, H’anna a formulé un voeu selon lequel, si Hachem lui donne un enfant, celui-ci sera entièrement consacré au service d’Hachem. Ensuite, ‘Eli Ha-Cohen – qui était le Grand Tsaddik de cette génération - bénit H’anna en lui souhaitant qu’Hachem exauce sa demande.

La suite des versets nous indique que H’anna fut effectivement exaucée. Elle mit au monde un fils qu’elle nomma Chémouel (qui fut le prophète Chémouel).

Quand l’enfant grandit, H’anna l’emmena au Michkann (le Sanctuaire) – qui se trouvait à cette époque dans la ville de Chilo – et le présenta à ‘Eli Ha-Cohen, afin de lui montrer que sa bénédiction et sa prophétie s’étaient réalisées.

H’anna dit à ‘Eli Ha-Cohen :

« Je suis la femme qui s’est tenue debout ici avec toi, afin de prier Hachem. C’est justement pour cet enfant que je priais, et Hachem a exaucé la demande que je lui ai adressée. » (Livre de Chémouel Tome 1 chap.1, verset 26)

Le fait que H’anna rappelle à ‘Eli Ha-Cohen que lorsqu’elle a prié pour avoir un enfant, elle s’est tenue debout ici « avec lui », vient nous apprendre une règle importante dans les Halah’ot de la Téfila :

Il est interdit de s’assoir dans les 4 Amott (4 coudées, environ 2 m) d’une personne qui prie la ‘Amida.

En effet, les termes « avec toi » indiquent que ‘Eli Ha-Cohen est resté lui aussi debout durant la prière de H’anna, puisqu’il est interdit de s’assoir dans les 4 Amott d’une personne qui prie. Ceci est l’explication de Rachi sur la Guémara Bérah’ott citée plus haut.

Mais les Tossafott expliquent différemment.
Selon eux, il faut constater la forme inhabituelle que le texte emploie pour exprimer le terme « avec toi »

En effet, le texte l’écrit avec un « » à la fin du mot alors qu’il est habituellement écrit avec les lettres « ‘Aïn » ; « Mèm » et « H’af » final.

Selon les Tossafott, cette anomalie apparente nous indique, non pas que ‘Eli Ha-Cohen est resté debout durant la prière de H’anna, mais plutôt qu’il était assis au-delà d’un périmètre de 4 Amott de H’anna. Plus précisément, dans la 5ème coudée, car la lettre « » anormalement ajoutée au mot ‘Imeh’a (« avec toi ») a pour valeur numérique le chiffre 5.

Le périmètre dans lequel il est interdit de s’assoir, correspond à 4 Amott (4 coudées, environ 2 m). La Guémara le déduit du terme employé par H’anna pour exprimer le mot « ici » qu’elle dit en hébreu « Bazé ». Or, le mot « » a pour valeur numérique le chiffre 12, pour indiquer qu’il est interdit de s’assoir aussi bien dans les 4 coudées à la droite de celui qui prie, aussi bien dans les 4 coudées à sa gauche, et aussi bien dans les 4 coudées devant lui. Ce qui fait au total 12.

C’est pour cela que selon le strict Din, il est permis de s’assoir dans les 4 coudées, derrière une personne qui prie.

Cependant, selon l’usage des Achkénazes, il faut s’en abstenir. Selon eux, le mot « » indique qu’il est interdit de s’assoir dans les 4 coudées devant la personne qui prie, ainsi que derrière elle, et également sur les côtés, mais sans préciser « 4 Amott pour la droite et 4 Amott pour la gauche », car il est évident que les 2 côtés ont le même statut.

Il est ramené dans le livre HALAH’A BEROURA du Gaon Rabbi David YOSSEF Chlita, que même pour les Séfarades, il est juste de s’abstenir de s’assoir derrière une personne qui prie. Il semble que c’est également l’opinion du Pricha, ainsi que d’autres Poskim (décisionnaires). (Halacha Yomit)

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lundi 31 décembre 1990

Quelques règles sur le Birkatt Ha-Mazone


Rav Ovadia Yossef, chelita

Lorsqu’on récite le Birkatt Ha-Mazone, on est tenu d’entendre ce que l’on dit, ce qui signifie qu’il faut réciter à voix légèrement levée afin d’entendre ce que l’on dit. A posteriori, si l’on a récité le Birkatt Ha-Mazone sans avoir entendu ce que l’on a dit, on est quitte.

Lors de la série des « Ha-Rah’amann » à la fin du Birkatt Ha-Mazone, nous avons l’usage de dire : Harah’amane Hou Yéfarnessenou Bé-H’avod Vélo Bé-Bizouï, « Bé-Hétère Vélo Bé-Issour » (Que le Miséricordieux nous nourrisse « par le permis et non par l’interdit »).

Le Gaon Rabbi Yossef H’AÏM zatsal – dans son livre Ben Ich H’aï – écrit que cette formulation n’est pas juste selon la Halah’a, car il est certain qu’Hachem va nous nourrir par le permis et non par l’interdit, comment pouvons-nous donc exprimer une telle demande à Hachem ?

Cependant, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita écrit qu’il est ramené dans la Guémara Souccah (52b) que le Yetser Ha-Ra’ (le mauvais penchant) se fortifie chaque jour sur l’individu, et si Hachem ne lui venait pas en aide, l’homme ne pourrait lui résister.

Nous voyons donc qu’il est tout à fait approprié de prier et de demander à Hachem de nous aider à nous sauver du Yetser Ha-Ra’ qui incite parfois l’homme à se nourrir par un moyen interdit, comme l’escroquerie ou autres procédés frauduleux que l’on trouve fréquemment et sur lesquels de nombreuses personnes trébuchent.

Nous trouvons une demande similaire dans les bénédictions de matin où nous disons : « Ne m’emmène pas à fauter, et force mon mauvais penchant à se soumettre à toi » (« Vé-Al Téviéni Lidé H’ète Vé-Lo Lidé ‘Avon, Vé-H’of Ete Yitsri Léhichta’bède Lah’ ») .

Il est vrai que certains ont contesté cette prière, et selon eux, il ne faut pas la dire. Mais le Gaon Yaa’bets écrit sur cela :

De telles critiques ne sont que des propos très étonnants, nuls et insignifiants, car quel est celui qui serait incité par son cœur à vouloir effacer les propres termes du Talmud où cette prière est ramenée ! Nous demandons à Hachem à diverses occasions de la miséricorde sur ce point, afin de ne jamais être incité à fauter, et la volonté d’Hachem est que nous prions pour cela, car si l’homme se stimule par la prière et demande de la miséricorde, on l’aidera, puisqu’il est impossible de se sauver de la faute sans l’aide d’Hachem, même si en définitive, la chose dépend du libre arbitre de l’individu qui choisira ou le bien ou – H’ass Véchalom – le mal.

C'est pourquoi il est juste de dire « Bé-Hétère Vélo Bé-Issour » (Que le Miséricordieux nous nourrisse « par le permis et non par l’interdit »), et celui qui vient pour se purifier, mérite de l’aide. (Halacha Yomit)

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samedi 29 décembre 1990

Une femme qui a oublié de réciter les bénédictions sur la Torah

Rav Ovadia Yossef, chelita

Dans la précédente Halah’a , nous avons expliqué que lorsqu’on a oublié de réciter les bénédictions sur la Torah et qu’on s’en rend compte après avoir terminé la prière du matin, on ne peut plus les réciter puisqu’on s’est acquitté de ces bénédictions par celle de Ahavatt ‘Olam que l’on dit avant le Chéma’, car elle traite du même sujet, l’étude de la Torah.

Nous avons écrit dans le passé que selon l’opinion de la majorité des Richonim, les femmes sont exemptes de la lecture du Chéma’, puisqu’il s’agit d’un commandement positif lié au temps (puisque la lecture du Chéma’ ne peut pas s’accomplir à tout moment, mais seulement le matin et le soir), et les femmes sont exemptes de la majorité des Mitsvot liées au temps.

C’est pour cette raison que les femmes sont exemptes de lire le Chéma’ (cependant, MARANN écrit qu’il est bon que les femmes s’imposent de lire au moins le premier verset du Chéma’ avec lequel elles acceptent sur elles le joug de la royauté divine).

Selon la tradition des Séfarades, une femme qui désire accomplir une Mitsva de laquelle elle est exempte, comme lire le Chéma’, n’est pas autorisée à réciter les bénédictions de cette Mitsva. Par conséquent, les femmes ne doivent pas réciter les bénédictions du Chéma’ (Yotser Or et, Ahavatt ‘Olam, et Gaal Israël) avec Chem Ou-Malh’out (avec le nom d’Hachem et Elohénou Mélèh’ Ha-‘Olam).

À partir de là, nous pouvons revenir à notre problème.

Une femme qui a récité les bénédictions du Chéma’ sans Chem Ou-Malh’out et qui se rend compte par la suite qu’elle a oublié de réciter les bénédictions sur la Torah, elle est encore autorisée à les réciter, car elle ne s’est pas acquittée de ces bénédictions par celle de Ahavatt ‘Olam puisqu’elle la récite sans Chem Ou-Malh’out, et toute bénédiction qui ne comporte pas Chem Ou-Malh’out n’est pas une bénédiction, comme nous l’avons expliqué dans les Halah’ot relatives à la vision de l’éclair et au retentissement du tonnerre.

Cette femme peut donc tout à fait réciter les bénédictions de la Torah là où elle se rend compte de son oubli, et cela, même après avoir complètement terminé la prière de Chah’aritt. (Halacha Yomit)

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Lorsqu’on a oublié de réciter les bénédictions du matin

Rav Ovadia Yossef, chelita

Les bénédictions du matin – depuis la bénédiction de Elo-haï Néchama jusqu’à la fin des bénédictions sur la Torah – sont une obligation pour tous, les hommes comme les femmes, comme nous l’avons déjà expliqué dans les Halah’ot relatives aux bénédictions du matin, ainsi que dans les Halah’ot relatives aux bénédictions sur la Torah.

Il faut réciter ces bénédictions avant de prier la prière de Chah’arit (la prière du matin). Si l’on a déjà prié Chah’arit et que l’on se rend compte que l’on a oublié de réciter les bénédictions du matin, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita tranche que l’on ne peut plus réciter la bénédiction de Elo-haï Néchama, car on s’est acquitté de cette bénédiction par celle de « Méh’ayé Ha-Métim » qui se trouve dans la ‘Amida. En effet, ces 2 bénédictions ont le même sujet – la résurrection des morts – puisque la bénédiction de Elo-haï Néchama se termine par les termes « Ha-Mah’azir Néchamott Lifgarim Métim » (« Qui restitue les âmes aux corps morts»).

De même, on ne peut plus réciter les bénédictions sur la Torah après avoir prié Chah’arit (les bénédictions sur la Torah sont les 3 dernières bénédictions après les bénédictions du matin : Acher Kiddéchanou Bémitsvotav Vétsivanou ‘Al Divré Torah ; Véha’arev Na ; Acher Bah’ar Banou), car on s’est déjà acquitté de ces bénédictions par celle de Ahavatt ‘Olam avant le Chéma’, puisqu’elles ont le même sujet, l’étude de la Torah, comme nous le disons dans Ahavatt ‘Olam « Vétenn Bélibénou Bina … Lilmod Oulélamède… » (« Place la compréhension dans notre cœur… Afin d’étudier et d’enseigner… »)

Mais les autres bénédictions peuvent être récitées tout au long de la journée, dès qu’on se souvient qu’on a oublié de les réciter.

Notre maître écrit encore que lorsqu’on a oublié de réciter les bénédictions du matin et qu’on s’en rend compte au milieu des Péssouké Dé-Zimra (pendant les psaumes que nous disons entre Barouh’ Chéamar et Yichtabah’), on ne doit pas s’interrompre pour les dire à ce moment-là, puisqu’on pourra encore les dire après la prière.

Excepté pour la bénédiction de Elo-haï Néchama que l’on dira entre Yichtabah’ et le Yotser, car si on ne la dit pas à ce moment-là, on perdra cette bénédiction puisqu’on en sera quitte par celle de Méh’ayé Ha-Métim de la ‘Amida comme nous l’avons expliqué.

Cependant concernant les bénédictions de la Torah le Din est différent et celui qui se rappelle avoir omis de les réciter au milieu des Péssouké Dézimra s’arrêtera immédiatement, car il est interdit de prononcer le moindre verset sans réciter les bénédictions de la Torah, et récitera uniquement la première bénédiction de la Torah qui est « Acher Bah’ar Banou etc. » et ensuite continuera sa prière jusqu’à Yichtabah’ et avant de commencer la bénédiction du Yotser, récitera les deux autres bénédictions de la Torah qui sont « A’l Divré Torah » et « Ha-mélamède Torah Léa’mo Israël »

Conclusion :

Si on a oublié de réciter les bénédictions du matin et qu’on s’en rend compte après avoir entamé le Yotser, on peut réciter celle de Elo-haï Néchama entre Yotser Ha-Méorott et Ahavatt ‘Olam ou entre les paragraphes du Chéma’.

Le Din est le même si l’on a oublié les bénédictions sur la Torah. On peut encore les dire avant d’entamer la bénédiction de Ahavatt ‘Olam.

Cependant, si l’on s’en rend compte pendant les Péssouké Dé-Zimra, il faut s’arrêter immédiatement et réciter la première bénédiction de la Torah, car il est interdit de prononcer le moindre verset sans réciter les bénédictions de la Torah. (Halacha Yomit)

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jeudi 27 décembre 1990

La prosternation à la fin de la ‘Amida et lors de la Kedoucha

Rav Ovadia Yossef, chelita

Question :

Puisqu’il a été expliqué dans une récente Halah’a Yomit que l’usage de certaines personnes de se tourner vers la droite puis vers la gauche lorsqu’elles disent la phrase « Yamine Ou-Smol Tifrotsi » dans le chant « Leh’a Dodi », est un usage sans fondement et qu’il faut donc abolir, je désirerai savoir si l’on doit se tourner et se courber vers la droite et vers la gauche lorsqu’on dit la phrase « ‘Ossé Chalom Bimromav » à la fin de la ‘Amida ?

De même, lors de la Kédoucha que l’on récite pendant la répétition de la ‘Amida par l’officiant, doit-on aussi se tourner vers la droite et vers la gauche lorsqu’on dit les mots « Vékara Zé El Zé Véamar » ?

Réponse :

Il est vrai qu’il existe certains usages qui ont été enracinés au fil du temps par des ignorants, qui ne sont pas des gens de Torah, et ces usages ne doivent absolument pas être adoptés.

Cependant, il faut clarifier chaque usage en vigueur et vérifier s’il a une source et s’il a été fondé par des Talmidé H’ah’amim (érudits dans la Torah), car si un usage a été fondé par des grands de la Torah, il faut l’encourager et l’adopter, car la tradition d’Israël a force de loi.

L’usage de se courber lorsqu’on recule en disant ‘Ossé Chalom Bimromav est cité explicitement dans la Guémara Yoma (53b), où il est précisé que lorsqu’on termine la ‘Amida en disant le dernier Yhyou Le-Ratson Imré Fi, il faut se courber (comme lorsqu’on dit Modim), et en étant courbé, on recule de 3 pas. C’est ainsi que tranche MARAN dans le Choulh’an ‘Arouh’ (chap.123).

Après avoir reculé de 3 pas, tout en étant courbé on dit « ‘Ossé Chalom Bimromav » en se tournant sur le côté gauche, puis en disant « Hou Bérah’amav Ya’assé Chalom ‘Alenou » on se tourne vers le côté droit. Ensuite, en disant « Ve’al Kol ‘Amo Israël Véimrou Amen » on se penche face à soi même, comme un serviteur qui prend congé de son maître.

Lorsqu’on dit « Véimrou Amen » on s’adresse aux anges qui accompagnent chaque individu en permanence pour le préserver et écoutent sa prière.

Il ne faut pas dire « ‘Ossé Chalom Bimromav » au moment où l’on recule, comme certaines personnes le font par erreur, mais il faut d’abord reculer tout en étant courbé, et au moment où l’on achève les 3 pas, on dit « ‘Ossé Chalom Bimromav ».

Concernant l’usage de se pencher sur la droite et sur la gauche lorsqu’on dit « Vékara Zé El Zé Véamar », même si de nombreuses grandes personnalités de la Torah n’ont pas adopté cet usage, malgré tout, il y a matière à le maintenir, même s’il n’apparaît ni dans les livres des Kabbalistes, ni dans les livres des décisionnaires, car il représente une sorte de symbolique à l’attitude des anges mentionnés dans le texte de la Kédoucha.

C’est pourquoi certaines personnes l’ont adopté, et se penchent légèrement vers la droite et vers la gauche lorsqu’ils disent « Vékara Zé El Zé Véamar ». C’est aussi l’usage de notre grand maître le Rav Chlita depuis quelques années.

Ceux qui adoptent cet usage doivent savoir qu’il y a une différence entre le fait de se courber lorsqu’on termine la Amida, où l’on doit se courber d’abord vers la gauche en raison du fait que la Chéh’ina (la présence divine) se trouve face à celui qui prie, et par conséquent, il faut d’abord se pencher d’abord vers le côté droit de la Chéh’ina (qui est le côté gauche de celui qui prie). Mais lors de la répétition de la ‘Amida par l’officiant où la Chéh’ina n’est pas face à celui qui prie, il faut se courber d’abord vers le côté droit, et ensuite vers le côté gauche.

En conclusion :

Lorsqu’on termine la ‘Amida, on doit se courber et reculer de 3 pas, puis avant de se redresser, on dit « ‘Ossé Chalom Bimromav » en se tournant sur le côté gauche, puis en disant « Hou Bérah’amav Ya’assé Chalom ‘Alenou » on se tourne vers le côté droit. Ensuite, en disant « Ve’al Kol ‘Amo Israël Véimrou Amen » on se penche face à soi même, comme un serviteur qui prend congé de son maître.Ceux qui ont l’usage de se pencher à droite et à gauche lorsqu’ils disent « Vékara Zé El Zé Véamar » dans la Kédoucha, doivent d’abord se pencher vers le côté droit, puis vers le côté gauche. (Halacha Yomit)

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lundi 29 octobre 1990

S’habituer à prononcer Barèh’ ‘Alénou

Rav Ovadia Yossef, chelita

Question : Existe-t-il une méthode permettant de s’habituer à prononcer Barèh’ ‘Alénou dans la ‘Amida ?

Réponse : Dans la précédente Halah’a nous avons mentionné les lois essentielles concernant la demande des pluies dans la ‘Amida.

Entre autres nous avons expliqué que celui qui omet de dire Barèh’ ‘Alénou, devra recommencer sa prière s’il s’en souvient à la fin de la ‘Amida et qu’en cas de doute, si l’on se trouve dans les 30 jours depuis le changement dans la prière, on doit recommencer la prière puisqu’il est fort probable que l’on n’a pas dit Barèh’ ‘Alénou. Mais si l’on se trouve après les 30 jours depuis le changement dans la prière et que 90 prières se sont déjà écoulées avec la mention de Barèh’ ‘Alénou, on ne recommence pas puisqu’il est fort probable dans ce cas que l’on se soit habitué au changement dans la prière.

Maintenant nous allons voir est-ce qu’il existe une possibilité d’habituer la personne a dire Barèh’ ‘Alénou de tel sorte qu’en en cas de doute s’il elle a dit Barèh’ ‘Alénou ou pas on pourra dire qu’il est fort probable que la personne a récité la ‘Amida comme il se doit comme si cela arrivait après 30 jours du changement bien qu’en fait il n’y ai pas 30 jours qui se soient écoulés?

La Guémara dans le traité de Baba Kama 24b nous enseigne à propos du « taureau averti » qui est un taureau qui a déjà encorné trois fois (dans ce cas, le maitre de l’animal doit redoubler d’attention quant à la garde de celui-ci, il y a aussi plusieurs conséquences concernant les dédommagements à payer à la personne endommagée.) que dans le cas où le taureau à encorné trois fois, cependant un grand laps de temps c’est écoulé entre chaque cas, ce taureau était tout de même considéré comme averti et la Guémara en déduit qu’à fortiori si les cas étaient rapprochés que ce taureau est considéré comme dangereux et il faudra redoubler d’effort quant à la garde de celui-ci.

Le MAHARAM DE ROTENBOURG prouve à partir de cette Guémara qu’après que nos sages nous ont enseigné que celui qui a prié 30 jours en mentionnant la demande des pluies, en cas de doute est-ce qu’il a mentionné la bonne formule dans la prière ou pas, tout laisse à pensé qu’il ne c’est pas trompé, le même raisonnement à fortiori qu’a fait la Guémara est valable ici aussi et celui qui récite la formule 90 fois de suite c'est-à-dire les mots « Rofé H’olé ‘Amo Israel Barèh’ ‘Alénou » peut être sûr en cas de doute, qu’il à bel et bien prononcé la bonne formule dans sa prière.

MARANN dans le Choulh’an ‘Arouh’ 114 tranche comme l’avis du MAHARAM DE ROTENBOURG que celui qui prononce 90 fois de suite les mots « Rofé H’olé ‘Amo Israel Barèh’ ‘Alénou » et qu’en suite il a un doute est ce qu’il a récité la bonne formule dans la prière, il n’a pas besoin de recommencer la ‘Amida, car il est sûr qu’il a récité la ‘Amida comme il se doit puisqu’en récitant la bonne formule 90 fois de suite il c’est habitué à réciter la bonne formule. (Halacha Yomit)

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dimanche 28 octobre 1990

Doute si l’on a dit Barèh’ ‘Alénou

Rav Ovadia Yossef, chelita

Lorsqu’on a le doute si l’on a dit Barèh’ ‘Alénou dans la prière

Dans les précédentes Halah’ot , nous avons expliqué le Din selon lequel nous devons demander la pluie dans la prière, dans la Birkat Ha-Chanim (Barèh’ ‘Alénou).

Nous avons également fait mention dans nos propos du cas de la personne qui achève sa prière et qui se souvient qu’elle n’a pas dit Barèh’ ‘Alénou. Cette personne doit recommencer sa ‘Amida puisqu’elle est considérée comme n’ayant pas prié, car elle a omis une bénédiction de la prière.

Nous allons à présent expliquer le Din pour une personne qui achève sa prière en ayant le doute si elle a dit Barèh’ ‘Alénou ou pas.

Nous apprenons des propos de nos maîtres dans le Talmud Yérouchalmi (Ta’anit) que toute personne qui a le doute si elle a oui ou non demandé les pluies dans sa prière, selon le Din, si cette personne se trouve encore dans les 30 jours depuis le jour où l’on a commencé à dire Barèh’ ‘Alénou, elle a plus que probablement omis de dire Barèh’ ‘Alénou et elle doit donc recommencer sa ‘Amida.

Explication : Jusqu’à 30 jours depuis le jour où l’on commence à dire Barèh’ ‘Alénou, l’homme est présumé avoir prié tel que sa langue était habituée à le faire jusqu’à présent. Or, puisqu’elle n’était pas habituée jusqu’à présent à dire Barèh’ ‘Alénou, par conséquent en cas de doute, nous devons considérer davantage que cette personne n’a pas dit Barèh’ ‘Alénou, et c’est pourquoi elle doit recommencer la ‘Amida.

C’est ainsi que tranchent les décisionnaires ainsi que MARANN dans le Choulh’an ‘Arouh’ (114).

Ce Din que l’on a cité au nom du Yérouchalmi concerne essentiellement la mention de Machiv Ha-Rouah’ Ou-Morid Ha-Guéchem et non Barèh’ ‘Alénou.

Cependant, de nombreux décisionnaires récents écrivent qu’il n’y a pas de différence entre les deux sur ce point.

Malgré tout, nos maîtres les décisionnaires sont en divergence d’opinions Halah’ique sur l’essentiel de ce principe.

Selon certains, le sens de cet enseignement signifie qu’après 30 jours, la langue s’habitue au changement dans la prière.

Mais selon d’autres, cet enseignement signifie que c’est au bout de 90 ‘Amidott (car nous avons 3 prières quotidiennes) que la langue s’habitue au changement dans la prière.

Cette nuance a des conséquences Halah’iques importantes sur le plan pratique, car la Birkat Ha-Chanim n’apparaît pas réellement 90 fois durant les 30 jours puisque le jour de Chabbat, nous ne disons pas Barèh’ ‘Alénou.

Que devrait donc faire une personne qui a le doute si elle a oui ou non dit Barèh’ ‘Alénou et qu’elle se trouve après 30 jours depuis le jour du changement dans la prière, mais que 90 prières ne se sont pas encore écoulées depuis ce jour là ? Doit-elle recommencer sa prière ou pas ?

De même, si les 30 jours se sont écoulés, mais que cette personne a – pour diverses raisons – négligé quelques prières durant ces 30 jours : doit-elle recommencer sa prière dans le doute puisqu’elle n’a pas prié 90 fois cette prière, ou bien étant donné que les 30 jours se sont écoulés, elle n’est pas tenue de prier de nouveau cette prière ?

Sur le plan pratique :

Puisque ceci fait l’objet d’une divergence d’opinions Halah’ique parmi les décisionnaires, si l’on a le doute si l’on a oui ou non dit Barèh’ ‘Alénou, et que l’on se trouve après les 30 jours depuis le changement dans la prière, mais sans que ne se soient écoulées 90 prières depuis ce jour-là, le plus juste dans ce cas est de recommencer la prière en formulant au préalable la condition verbale suivante :

« Si je suis tenu de recommencer ma prière que celle-ci soit considérée comme obligatoire. Le cas échéant, qu’elle soit considérée comme une prière offerte à mon initiative ».

De cette façon, on s’acquitte de façon formelle. Telle est la conclusion Halah’ique du livre Halah’a Béroura (à la fin du chap.114 parag.14).

En conclusion :

Lorsqu’on a le doute si l’on a dit Barèh’ ‘Alénou dans la prière ou pas, si l’on se trouve dans les 30 jours depuis le changement dans la prière, on doit recommencer la prière puisqu’il est fort probable que l’on n’a pas dit Barèh’ ‘Alénou. Si l’on se trouve après les 30 jours depuis le changement dans la prière et que 90 prières se sont déjà écoulées avec la mention de Barèh’ ‘Alénou, on ne recommence pas puisqu’il est fort probable dans ce cas que l’on se soit habitué au changement dans la prière.

Si l’on se trouve après les 30 jours, mais sans que se soient écoulées 90 prières avec la mention de Barèh’ ‘Alénou, on doit dans ce cas recommencer la prière en formulant une condition verbale de prière offerte, comme nous l’avons expliqué. (Halacha Yomit)

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samedi 27 octobre 1990

Lorsqu’on oublie de dire Barèh’ ‘Alénou

Rav Ovadia Yossef, chelita

Dans la précédente Halah’a, nous avons expliqué de façon générale le Din selon lequel nos maîtres ont instauré de demander les pluies dans la bénédiction de Birkatt Ha-Chanim de la prière quotidienne, depuis le 7 H’echvann.

Chacun doit donc être vigilant dans sa prière afin de ne pas oublier de mentionner la demande des pluies.

Nous allons à présent expliquer le statut de celui qui oublie de dire Barèh’ ‘Alénou dans sa prière.

Il est enseigné dans la Guémara Bérah’ot (29a) :

Lorsqu’on s’est trompé et que l’on n’a pas demandé les pluies dans la bénédiction de Birkat Ha-Chanim, on doit recommencer.

C'est-à-dire : une personne qui se trompe et qui ne dit pas Barèh’ ‘Alénou, a le statut de quelqu’un qui a omis une bénédiction de la prière, et qui est donc considéré comme quelqu’un qui n’a pas prié et qui doit recommencer sa prière s’il a achevé sa prière sans avoir dit Barèh’ ‘Alénou. Telle est la décision Halah’ique du RAMBAM (chap. 10 des Halah’ot relatives à la prière) ainsi que celle de MARANN l’auteur du Choulh’ann ‘Arouh’ (chap.117).

Mais plusieurs cas de figure se présentent :

On se rend compte de l’oublie de Barèh’ ‘Alénou lorsqu’on se trouve encore dans la Birkat Ha-Chanim (la 9ème bénédiction de la ‘Amida de la semaine, qui est Baréh’énou en été, et Barèh’ ‘Alénou en hiver), et que l’on n’a pas encore conclu cette bénédiction : dans ce cas, on retourne au début de Barèh’ ‘Alénou, puis on poursuit la ‘Amida.

On se rend compte de l’oublie de Barèh’ ‘Alénou lorsqu’on a déjà prononcé les mots de « Barou’h Ata A.D.O.N.A.Ï » de la conclusion de la bénédiction de Mévareh’ Ha-Chanim, mais sans avoir dit « Mévarè’h Hachanim » : dans ce cas, on dit les mots « Lamédéni H’oukéh’a », et on retourne au début de Barèh’ ‘Alénou, puis on poursuit la ‘Amida.

(EXPLICATION : Les mots « Barouh’ Ata A.D.O.N.A.Ï Lamédéni H’oukéh’a » forment un verset des Téhilim (119). De cette façon, on n’aura pas prononcé le Nom d’Hachem en vain.

On se rend compte de l’oublie de Barèh’ ‘Alénou lorsqu’on a déjà conclu la bénédiction de Mévareh’ Ha-Chanim par les mots « Mévareh’ Ha-Chanim », mais sans avoir entamé la prochaine bénédiction, qui est celle de « Téka’ Béchofar Gadol » : dans ce cas, on insert entre Mévareh’ Ha-Chanim et Téka’ Béchofar Gadol, la phrase suivante : « Vétene Tal Ou-Matar Livrah’a », puis on poursuit la ‘Amida. (Dans ce cas précis, il est bon de redire cette phrase une nouvelle fois dans la bénédiction de Chéma’ Kolénou, juste avant de conclure par « Ki Ata Chomé’a Téfilatt Kol Pé Barouh’ Ata… »)

On se rend compte de l’oublie de Bare’h ‘Alénou lorsqu’on a déjà entamé la bénédiction de Téka’ Béchofar Gadol : dans ce cas, on poursuit la ‘Amida, et lorsque l’on arrive à la bénédiction de Chéma’ Kolénou, juste avant de conclure cette bénédiction par la formule « Ki Ata Chomé’a Téfilatt Kol Pé », on insert la phrase « Véeten Tal Ou-Matar Livrah’a ‘Al Kol Péné Ha-Adama ».

On se rend compte de l’oublie de Barèh’ ‘Alénou lorsqu’on a déjà prononcé les mots de « Barouh’ Ata A.D.O.N.A.Ï » de la conclusion de la bénédiction de Chéma’ Kolénou, mais sans avoir dit « Chomé’a Téfila » : dans ce cas, on dit les mots « Lamédéni H’oukéh’a » (voir plus haut), puis on reprend au début de la bénédiction de Chéma’ Kolénou en insérant la phrase « Vétene Tal Ou-Matar Livrah’a ‘Al Kol Péné Ha-Adama ».

On se rend compte de l’oublie de Barèh’ ‘Alénou lorsqu’on a déjà conclu la bénédiction de Chéma’ Kolénou, en ayant déjà prononcé les mots « Barouh’ Ata A.D.O.N.A.Ï Choméa Téfila », mais sans avoir entamé la prochaine bénédiction, qui est celle de Rétsé : dans ce cas, on insert entre Choméa Téfila et Rétsé, la phrase suivante : « Vétene Tal Ou-Matar Livrah’a », puis on poursuit la ‘Amida.

On se rend compte de l’oublie de Barèh’ ‘Alénou lorsqu’on a déjà entamé la bénédiction de Rétsé, ou bien lorsqu’on se trouve dans les bénédictions suivantes, ou même lorsqu’on se trouve dans le paragraphe de « Elokaï Nétsor » : tant que l’on n’a pas encore dit le 2ème Yihyou Lératsone, on retourne à la bénédiction de Barèh’ ‘Alénou, puis on poursuit la ‘Amida.

On se rend compte de l’oublie de Barèh’ ‘Alénou lorsqu’on a déjà dit le 2ème Yihyou Lératsone, même si l’on n’a pas encore reculé (les 3 pas) : on recommence la ‘Amida depuis le début. (Halacha Yomit)

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vendredi 26 octobre 1990

La demande des pluies (Barèh’ ‘Alénou)

Rav Ovadia Yossef, chelita

Nos maîtresont instauré une bénédiction particulière dans la ‘Amida, la prière quotidienne, qui s’appelle Birkatt Ha-Chanim (9ème bénédiction de la ‘Amida de semaine), la bénédiction des années.

À travers cette bénédiction, nous demandons à Hachem de nous gratifier de pluies bénéfiques (Vétenn Tal Oumatar Livrah’a…).

En Erets Israël, on commence à dire cette bénédiction (Barèh’ ‘Alénou) dès le soir du 7 H’echvann (cette année 5770, depuis samedi soir 24 octobre).

Bien qu’il aurait fallu normalement commencer à demander les pluies depuis a sortie de la fête de Chémini ‘Atseret, puisque c’est là que débute réellement la saison des pluies (c’est d’ailleurs pour cela que nous commençons à dire Machiv Ha-Rouah’ Ou-Morid Ha-Guéchem depuis l’office de Moussaf de Chémini ‘Atseret), cependant, nos maîtres n’ont institué la demande des pluies qu’à partir du moment où le juif le plus éloigné d’Erets Israël, qui est venu en pèlerinage à Jérusalem lors de la fête de Souccott, soit rentré chez lui (les juifs les plus éloignés habitaient Bavel – Babylone ou l’Irak actuel).

Or, le temps pour attendre à pied, Bavel depuis Jérusalem, correspond précisément à 15 jours, ce qui reporte la demande des pluies au 7 H’echvan, depuis la fin de la fête de Souccott.

En dehors d’Israël, nous commençons à demander les pluies (en disant Barèh ‘Alénou) qu’à partir du soir du 4 décembre lors de la prière de ‘Arvit. Les années où le mois de février possède 29 jours, on commencera à dire Barèh’ ‘Alénou à partir du soir du 5 décembre. Tel est l’usage en Europe et aux États-Unis.

Les régions dont le climat est inversé à celui d’Israël ou d’Europe, comme les pays où l’été se situe entre Souccott et Pessah’, ne doivent pas demander les pluies dans la Birkatt Ha-Chanim. De même, ils ne diront pas Machiv ha-Rouah’ Ou-Morid Ha-Guéchem dans la bénédiction de Ata Guibor. Au moment de leur hiver, ils demanderont les pluies dans la bénédiction de Chéma’ Kolénou.

Il existe un statut particulier pour l’Argentine et le Brésil.

En effet, dans ces pays, les saisons sont inversées :

L’été se déroule entre Souccott et Pessah’, et l’hiver, entre Pessah’ et Souccott.

Durant leur été, à Buenos Aires en Argentine, ainsi qu’à São Paulo, au Brésil, des pluies diluviennes s’abattent sur les pays, alors que durant leur hiver, les pluies sont un peu moins importantes.

Une question se pose :

A quelle date les juifs de ces pays, doivent-ils dire Barèh’ ‘Alénou ?

Il y a quelques années, le Gaon Rabbi David YOSSEF Chlita s’est penché sur cette question, et après de longues recherches et analyses, aussi bien du point de vue de la Halah’a, aussi bien du point de vue de la réalité dans ces pays-là, est arrivé à la conclusion que les juifs de ces pays d’Amérique du Sud doivent commencer à dire Barèh’ ‘Alénou exactement comme les États-Unis et les pays d’Europe, c'est-à-dire, à partir du soir du 4 ou du 5 décembre comme expliqué plus haut.

Son vénéré père, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita se range également à cet avis, ainsi que le Gaon Rabbi Chalom COHEN Chlita, et de nombreux autres décisionnaires de notre temps. (Halacha Yomit)

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lundi 22 octobre 1990

« Poteah’ Ete Yadeh’a… »

Rav Ovadia Yossef, chelita

Question : Y a-t-il une explication à l’usage d’ouvrir largement les mains lorsqu’on dit le verset « Ouvre tes mains et rassasies chaque être vivant avec volonté » (« Poteah’ Ete Yadeh’a… » qui se trouve dans le psaume « Achré Yochevé Beteh’a »), ou bien cet usage n’est pas juste ?

De même, doit-on se lever lorsqu’on dit la bénédiction de « Ichtabah’ » dans la prière du matin, ou bien est-il permis de rester assis ?

Réponse : Il est vrai qu’il n’est pas juste de suivre tout usage adopté par la masse populaire, comme le fait de tourner la tête à droite puis à gauche lorsqu’on dit la phrase « Yamin Ou-Smol Tifrotsi… », ou d’autres exemples similaires, car ces usages n’ont pas été instaurés par des Talmidé H‘ah’amim (érudits en Torah) mais seulement par des ignorants qui ont par initiatives personnelles instauré des usages qui se sont par la suite enracinés au sein du peuple.

A fortiori pour les personnes qui font toutes sortes de sauts ou de mouvements divers pendant la prière, ces usages ne sont absolument pas justes selon la Halah’a.

Cependant, concernant l’usage d’ouvrir les mains lors du verset « Ouvre tes mains et rassasies chaque être vivant avec volonté » (« Poteah’ Ete Yadeh’a… »), cet usage est celui des Séfaradim et des originaires des communautés du moyen orient, et il s’agit d’un usage très juste, qui est mentionné dans les enseignements de nos plus grands maîtres Séfarades, Rabbi H’aïm PALLAG’I, Rabi Yossef H’AÏM auteur du Ben Ich H’aï et d’autres…

Le Gaon Rabbi Eli’ezer Yehouda WALLDINBERG z.ts.l soutient lui aussi cet usage dans son livre Chou’t Tsits Eli’ezer, car il représente une sorte de signe qui exprime la réception de l’abondance accordée par Hachem depuis le ciel. Similairement à ce que fit le prophète de l’idolâtrie Ba’al, Tsidkiya Ben Kena’ana lorsqu’il prit des cornes de fer en les montrant au roi Yehochafate et en lui disant : « C’est avec ces cornes que tu encorneras le pays d’Aram ».

Il ne fait aucun doute qu’il s’inspira de véritables prophètes d’Hachem, car lorsqu’on réalise une chose afin de concrétiser une idée, le geste physique stimule également l’attention du cœur, puisque nous sommes convainques que l’abondance provient totalement d’Hachem depuis le ciel. Nous trouvons également cette façon de faire – sans comparaison - auprès de Moché Rabbenou au sujet duquel il est dit : « Lorsque Moché levait les bras, Israël gagnait… » Nos maîtres disent sur ce verset : les bras de Moché faisaient-ils la guerre ?! En réalité, lorsqu’Israël levait les yeux vers le ciel, Israël gagnait la guerre.

Nous avons donc un comportement de Moché Rabbenou lui-même qui va dans ce sens, puisqu’il leva les bras vers le haut lors de sa prière devant Hachem, afin de stimuler aussi l’attention du cœur.

C’est à partir de là que le Gaon Rabbi Eli’ezer Yehouda WALLDINBERG z.ts.l apprend que l’ouverture des mains lors du verset « Ouvre tes mains et rassasies chaque être vivant avec volonté » (« Poteah’ Ete Yadeh’a… ») est un remède pour obtenir une bonne Parnassa (subsistance matérielle), et il cite d’autres sources à cela, car la Parnassa est essentiellement tributaire de l’attention du cœur dans ce verset. C’est pourquoi il est juste de tout faire afin de stimuler l’attention dans ce verset.

C’est donc pour nous un véritable mérite de soutenir notre usage d’ouvrir nos mains vers le ciel lorsqu’on dit ce verset, et cet usage est aussi adopté par notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita.

Pour ce qui est de la deuxième question, faut-il se lever lors de la bénédiction de « Ichtabah’ », ou bien est-il permis de rester assis, ceci fait l’objet d’une Mah’loket (divergence d’opinion Halah’ique) parmi les Richonim (décisionnaires de l’époque médiévale).

L’auteur du Hagahot Maïmoni écrit qu’il faut se lever durant toute la bénédiction de « Ichtabah’ ». MARAN cite ses propos dans le Beit Yossef (début du chap.53).

Cependant, selon l’opinion de l’ensemble des autres Richonim il n’y a d’obligation de se lever lors de la bénédiction de « Ichtabah’ » seulement pour l’officiant puisqu’il doit dire le Kaddich après avoir dit « Ichtabah’ », et c’est pourquoi il doit se lever, mais pour le reste de l’assemblée il n’y a absolument pas d’obligation de se lever.

Du point de vue de la Halah’a, notre maître le RAMA tranche sur ce point selon l’opinion du Hagahot Maïmoni selon qui il faut se lever lors de la bénédiction de « Ichtabah’ ». Tel est l’usage des Achkenazim qui tranchent généralement selon le RAMA. C’est ainsi que tranche le Gaon Ya’bets dans son Siddour « Amoudé Chamaïm ».

Cependant, les Séfaradim et les originaires des communautés du moyen orient tranchent selon l’opinion des autres Richonim, Rav ‘Amram GAON, le SAMAK et d’autres…, et ne se lèvent pas lors de la bénédiction de « Ichtabah’ ».

Le Maguen Avraham écrit que c’est aussi se qu’il faut déduire des propos de MARAN l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’.

En conclusion : Il faut avoir une concentration particulière lors du verset « Ouvre tes mains et rassasies chaque être vivant avec volonté » (« Poteah’ Ete Yadeh’a… »), car l’essentiel de la Parnassa dépend de ce verset. Notre usage est d’ouvrir les mains et de les élever comme le ferait un homme qui désire recevoir une chose de son ami, ceci en signe sur la réception de l’abondance accordée par Hachem à chacun, et afin de stimuler l’attention du cœur.

Lorsqu’on dit la bénédiction de « Ichtabah’ », les Achkenazim ont l’usage de se lever, mais les Séfaradim n’ont pas cet usage, excepté pour l’officiant qui doit dire ensuite le Kaddich. (Halacha Yomit)

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dimanche 21 octobre 1990

Acher Yatsar

Rav Ovadia Yossef, chelita

Question : Un homme qui ressent l’envie de se rendre aux toilettes alors qu’il se trouve au milieu des « Péssouké Dé-Zimra » (les psaumes récités chaque jour dans la prière du matin entre la bénédiction de « Barouh’ Shéamar » et la bénédiction de « Ichtabah’ »), quand doit-il réciter la bénédiction de « Acher Yatsar » ?

Réponse : Un homme qui ressent l’envie de se rendre aux toilettes lorsqu’il se trouve au milieu des « Péssouké Dé-Zimra », ne doit pas poursuivre sa prière, mais doit immédiatement s’arrêter de dire les psaumes et se rendre aux toilettes. Après être sorti des toilettes, il doit se laver les mains conformément au Din.

Nous devons maintenant débattre du moment où il récitera la bénédiction de « Acher Yatsar ».

En effet, s’il attend de terminer la récitation des « Péssouké Dé-Zimra », il prend le risque d’oublier de réciter la bénédiction de « Acher Yatsar ». Quoi qu’il en soit, il n’est pas correct de repousser la récitation de la bénédiction de « Acher Yatsar » inutilement.

Mais d’autre part, il est interdit de s’interrompre au milieu des « Péssouké Dé-Zimra » en parlant de choses étrangères, et apparemment la bénédiction de « Acher Yatsar » n’est pas en rapport avec les « Péssouké Dé-Zimra ». Il y a donc matière à dire qu’il serait plus juste de repousser la bénédiction de « Acher Yatsar » après avoir terminé la prière, ou au moins après avoir dit la bénédiction de « Ichtabah’ », avant d’entamer la bénédiction de « Yoster Or ».

Telle est l’opinion du H’ayé Adam, selon qui, il semble qu’il est préférable de repousser la récitation de la bénédiction de « Acher Yatsar » jusqu’après la bénédiction de « Ichtabah’ ».

Cependant, le Gaon Rabbi Yéchoua’ CHABABO écrit dans une Tchouva citée dans le livre Guinat Véradim qu’étant donné que la prière a été interrompue par le fait qu’il s’est rendu aux toilettes, par conséquent, cet homme pourra réciter la bénédiction de « Acher Yatsar ».

Il écrit que cette personne pourra même réciter la bénédiction de « Acher Yatsar » entre les « Péssouké Dé-Zimra » et la bénédiction de « Ichtabah’ », bien que la bénédiction de « Ichtabah’ » a été instaurée dans le but d’être dite après avoir récité les « Péssouké Dé-Zimra ». Le Gaon auteur du Guinat Véradim approuve lui aussi cette opinion.

Du point de vue de la Halah’a, le Gaon Rabbi David YOSSEF Chlita écrit qu’étant donné qu’il y a matière à dire que la bénédiction de « Acher Yatsar » est elle aussi en rapport avec les « Péssouké Dé-Zimra » puisqu’elle contient elle aussi des louanges et l’expression de reconnaissance envers Hachem, et si l’on tient compte de l’opinion du Gaon Rabbi Yechoua’ CHABABO selon qui la prière a - de toute façon - été interrompue, il faut donc enseigner dans ce cas que l’on doit réciter la bénédiction de « Acher Yatsar » immédiatement après s’être lavé les mains, même au milieu des « Péssouké Dé-Zimra ».

Cependant, si l’on a terminé les « Péssouké Dé-Zimra » mais que l’on n’a pas encore dit la bénédiction de « Ichtabah’ », il est préférable de dire d’abord cette bénédiction et ensuite celle de « Acher Yatsar ». De même, si l’on se trouve au milieu d’un psaume, on terminera d’abord le psaume et l’on récitera ensuite la bénédiction de « Acher Yatsar ».

En conclusion : Un homme qui doit réciter la bénédiction de « Acher Yatsar » au milieu des « Péssouké Dé-Zimra », doit d’abord terminer de dire le psaume dans lequel il se trouve, puis réciter la bénédiction de « Péssouké Dé-Zimra ». S’il a déjà achevé les « Péssouké Dé-Zimra » et qu’il ne lui reste qu’à dire la bénédiction de « Ichtabah’ », il doit d’abord terminer la bénédiction de « Ichtabah’ » et ensuite il récitera la bénédiction de « Acher Yatsar ». (Halacha Yomit)

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jeudi 30 août 1990

Ne fais pas de ta prière un fardeau

Rav Ovadia Yossef, chelita

Nous sommes dans une période de Miséricorde et de supplications, pendant laquelle il incombe tout individu de faire une introspection et de revenir vers son Créateur.

Il incombe la plupart des gens de se renforcer dans le domaine de la prière, et faire en sorte de la dire correctement, pour qu’Hachem écoute notre prière et nous ramène à Lui, afin d’accepter notre Téchouva (repentir), et pour qu’Il nous gratifie d’une année bonne et remplie de bénédictions.

Il est enseigné dans la Guémara, traité de Mo’ed Katann (28a) :

Les enfants, la vie et la subsistance matérielle ne dépendent pas du mérite, mais du destin.

C'est-à-dire, un homme qui sert Hachem correctement, peut malgré tout, être pauvre, ou bien ne pas avoir d’enfants, ou qu’il n’ait pas le mérite de vivre longtemps.

Tout ceci en raison du fait que le destin de cet homme en est ainsi, qu’il n’ait pas d’enfants, ou autre.

Apparemment, il est expliqué que les prières de l’homme n’ont aucune efficacité sur ces choses là, car si le destin de cet homme – dans sa conception naturelle – le veut ainsi qu’il soit pauvre, en quoi la prière peut-elle être efficace pour modifier son mauvais destin ?!

Mais notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita écrit à ce sujet que malgré tout, il ne fait aucun doute que par le moyen de la prière, l’individu peut tout changer, et même son destin.

Il y a un fondement à cela dans les versets, « Vous servirez Hachem votre D » ceci indique la prière (comme il est enseigné dans la Guémara Ta’anit 2a : « Quel est le culte que l’on exerce avec le cœur ? C’est la prière.). A la suite de cela, il est dit : « Il bénira ton pain et ton eau… ». Ceci indique la subsistance matérielle. « Il n’y a aura pas de femme avorteuse, ni de femme stérile chez toi… ». Ceci indique les enfants. « J’augmenterai le nombre de tes jours… ». Ceci indique la longévité de la vie.

L’individu peut donc changer son mauvais destin, par le moyen de la prière.

Mais tout ceci, à la condition que la prière soit dite avec une totale concentration, en particulier lorsqu’il s’agit de la prière qui est dite après l’étude, comme il est écrit dans le Zohar Ha-Kadoch (Paracha de Pinh’ass), dont voici les termes :

« Viens et constate, toutes les créatures du monde – avant que la Torah ne soit donnée – dépendaient du destin, et parmi ces créatures, nous trouvons les enfants, la vie et la subsistance matérielle. Mais après le Don de la Torah à Israël, Hachem les a sortis de la domination des étoiles et des astres. Nous avons appris cette méthode d’Avraham Avinou qui avait vu dans son destin qu’il n’aurait pas d’enfants. Hachem lui demande : « Sort de la domination des astres », c'est-à-dire, ne tiens pas compte des ces choses là, car grâce à la Torah et à la prière, le mauvais destin d’un homme change. » (Halacha Yomit)

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samedi 4 août 1990

Quand doit-on répondre "Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo" ?

Rav Ovadia Yossef, chelita

Question : Quand doit-on répondre "Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo" ?

Réponse : Moché Rabbénou dit dans un verset de la Torah :

« Lorsque j’invoque le Nom d’Hachem, rendez hommage à notre D. »

Le Targoum Ounkéloss (traduction araméenne de la Torah) traduit :

« Je prie en utilisant le Nom d’Hachem, donnez de la grandeur à notre D. »

C'est-à-dire : lorsque je mentionne le Nom d’Hachem dans la prière, donnez de la louange à notre D.

Notre maître le TOUR (chap.124) écrit qu’il a entendu son père notre maître le ROCH zatsal répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » à toute bénédiction qu’il entendait, afin d’accomplir ce qui est dit « Lorsque j’invoque le Nom d’Hachem, rendez hommage à notre D. », car à chaque fois que l’on invoque le Nom d’Hachem dans une bénédiction, nous donnons de la grandeur et de la gloire à Hachem en disant « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo ».

C’est ce que nous faisons lorsque l’officiant récite la répétition de la ‘Amida ou bien lors de bénédictions diverses, le public répond « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » et à la fin de la bénédiction on répond « AMEN ».

C’est ainsi que tranche MARANN dans le Choulh’an ‘Arouh’ (chap.124) en ces termes :

A toute bénédiction que l‘on entend en toute situation, on dit « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo ».

Cependant, puisque le fait de répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » n’est pas une totale obligation selon le Din, lorsqu’on se trouve au milieu des Péssouké Dé-Zimra (entre « Barouh’ Chéamar » et « Yichtabah’ ») même si l’on répond « Amen » (puisque le fait de répondre « Amen » est une totale obligation), malgré tout on ne doit pas répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » à ce moment-là, car il est interdit de s’interrompre durant les Péssouké Dé-Zimra pour une chose qui n’est pas une totale obligation. C’est ainsi que tranchent de nombreux décisionnaires récents et contemporains.

C’est ainsi que tranche le Gaon Rabbi Moché FEINCHTEIN zatsal dans son livre Chou’t Igrott Moché (tome 2 chap.98) en disant qu’étant donné qu’il n’y a pas de réelle obligation de répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo », il ne faut donc pas s’interrompre pour cela au milieu des Péssouké Dé-Zimra. Il ajoute que puisque ce n’est pas une totale obligation, les gens n’ont pas l’usage de veiller particulièrement à répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » de façon systématique à toute bénédiction qu’ils entendent, mais seulement aux bénédictions dites en public, comme les bénédictions de la répétition de la ‘Amida. Fin de citation.

Quoi qu’il en soit, même s’il est juste de répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » même aux bénédictions dites par un particulier, malgré tout, il ne faut pas pour autant s’interrompre au milieu des Péssouké De-Zimra. C’est ainsi que tranche notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita dans son livre Chou’t Yabi’a’ Omer (tome 2).

Dans la prochaine Halah’a, nous expliquerons – avec l’aide d’Hachem – s’il faut répondre « Barouh’ Hou Ou-Barouh’ Chémo » à toute bénédiction, ou bien s’il existe certaines bénédictions auxquelles il ne faut pas répondre. (Halakha Yomit)

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mercredi 18 avril 1990

Téhilim la nuit

Rav Ovadia Yossef, chelita

Est-il permis de lire les Téhilim ou des versets du TANAH’ (Torah, livres des prophètes et hagiographes) la nuit, ou y a-t-il un interdit selon la Kabbala ? Peut-on autoriser lorsque cette lecture est faite pour la guérison d’un malade ou pour une femme sur le point d’accoucher ?

Dans son livre Chou’t Yossef Omets (chap.54), notre maître le H’YDA cite les propos de notre maître le ARI Zal selon lesquels il n’est pas convenable de lire des versets du TANAH’ lorsqu’il fait nuit. Ceci, pour des raisons mystiques. Le H’YDA précise que même si à Jérusalem et à H’evron on veille à ne pas lire des versets du TANA’H lorsqu’il fait nuit, malgré cela, il y a un usage ancien selon lequel on lit les Téhilim chaque nuit avant le lever du jour.

Le H’YDA ajoute qu’il a entendu de la bouche de l’un des plus grands Kabbalistes de sa génération (le RACHACH, Rabbi Chalom CHARABI chez qui le H’YDA a étudié avec son compagnon d’étude le Gaon Rabbi Yom Tov EL GAZI z.ts.l) que le Téhilim n’est pas inclus dans la mis en garde exprimée par le ARI Zal. Un argument vient justifier cette opinion puisqu’il est enseigné dans le Midrach (Béréchit Rabba Paracha 68 chap.14) que Ya’akov Avinou lisait les Téhilim la nuit.

De plus, notre maître le Roi David a rédigé et chanté la plupart de ses louanges pendant la nuit. Le H’YDA conclut en disant : « Je dois admettre que si l’on me demande s’il est permis de lire les Téhilim la nuit, je réponds que la personne qui les lit la nuit a un fondement Halah’ique. Mais personnellement, je m’abstiens de les lire pendant la nuit, excepté le vendredi soir. »

Apparemment, notre maître le H’YDA prend en considération l’hypothèse selon laquelle les propos du ARI Zal concernent également les Téhilim, et c’est pourquoi il s’abstenait de lire les Téhilim pendant la nuit. Telle est également l’opinion de Rabbénou Yossef H’AÏM de Bavel dans son livre Chou’t Rav Pé’alim (tome 2 chap.2) où il atteste lui aussi qu’il s’abstient de les lire pendant la nuit, conformément à l’opinion de notre maître le H’YDA, mais s’il voit quelqu’un les lire pendant la nuit avant le lever du jour, il ne lui fait aucune remarque.

Cependant, si on vient lui demander son avis, il répond qu’il est préférable de ne pas lire les Téhilim pendant la nuit, et qu’il vaut mieux lire des extraits de la Torah Orale, comme la Michna, la Guémara ou autre. (Mais il est totalement permis de lire les Téhilim le vendredi soir).

Cependant, le Kabbaliste Rabbi Ya’akov NINYO écrit dans son livre Emet Lé-Ya’akov (page 107c) que l’usage s’est répandu de lire les Téhilim la nuit après H’atsot (la moitié de la nuit) (puisqu’à ce moment précis, la raison d’interdire la lecture des Téhilim la nuit perd de son poids selon tous les avis). Selon le Gaon auteur du Chou’t Yaskil ‘Avdi, le H’YDA serait revenu sur son avis précédent. Par conséquent, il tranche lui aussi que l’on peut autoriser la lecture des Téhilim au moins après H‘atsot.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita conclut que l’on peut autoriser la lecture des Téhilim après H’atsot, car il est certain que notre maître le H’YDA est revenu sur son avis exprimé dans son livre Chou’t Yossef Omets précédemment cité. En effet, le H’YDA écrit dans son journal personnel datant de l’année 5563 (1803) : « 3 Tevet. J’ai été malade toute la nuit et je suis resté sans dormir. J’ai lu tous les Téhilim, et au matin je me suis rendu à la prière, avec l’aide d’Hachem. »

Nous pouvons constater que le H’YDA pense lui aussi que l’on peut autoriser, et que les Téhilim ne sont pas inclus dans l’interdiction. Par conséquent, les personnes qui lisent les Téhilim après H’atsot, ont de façon certaine sur quoi s’appuyer Halah’iquement. Cependant, cette décision Halah’ique fut tranchée par notre maître le Rav Chlita il y a plusieurs années, et c’est également ce que nous avions diffusé dans le cadre de la Halah’a Yomit.

Mais tout ceci ne concerne que la personne qui lit des versets de la Torah, des livres des prophètes ou des Téhilim pendant la nuit uniquement dans le but de les lire, comme lorsqu’on étudie un texte quelconque. Mais dernièrement, notre maître le Rav Chlita a traité du cas de la personne qui lit des Téhilim dans un but de prières et de supplications pour la guérison d’un malade ou pour une femme sur le point d’accoucher.

Dans un tel cas, il y a davantage matière à autoriser, comme l’écrit le Gaon auteur du livre Chou’t Mé Yéhouda, et il n’y a pas de lien entre l’interdiction de lire du TANAH’ la nuit et une lecture dans un but de prières et de supplications, car nous disons nous même plusieurs versets de Téhilim lors de la lecture du Chém’a avant de dormir.

C’est pourquoi, notre maître le Rav Chlita conclut qu’il n’y a pas d’interdiction de lire des Téhilim la nuit même avant H’atsot, lorsqu’on les lit pour la guérison d’un malade ou pour une femme sur le point d’accoucher. De nombreux autres décisionnaires tranchent dans ce sens, et parmi eux : le Gaon de KLOÏZENBOURG (l’Admor de Tsanz, fondateur du quartier Kiryat Tsanz à Natanya), le Gaon auteur du livre Chou’t Bétsel Ha-H’oh’ma, le Gaon auteur du livre Chou’t Béera Moché et de nombreux autres.

C’est pourquoi, selon la Halah’a, lorsqu’on désire lire des Téhilim ou du TANAH’ pendant la nuit, il est juste de le lire après H’atsot et non en début de la nuit. Mais si la lecture est pour la guérison d’un malade ou pour une femme sur le point d’accoucher, il est permis de lire les Téhilim même avant H’atsot, puisque cette lecture n’est faite que dans un but de prières et de supplications, et ne fait donc pas partie de l’interdiction de lire du TANAH’ pendant la nuit.

Qu’Hachem écoute notre prière et qu’il envoie la guérison et la délivrance à toute la maison d’Israël. (Halacha Yomit)

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samedi 3 février 1990

Les femmes et le Zimoune

Rav Ovadia Yossef, chelita

Lors d’une précédente Halah’a, nous avons expliqué le principe du « Zimoune », selon lequel si 3 hommes ont pris un repas ensemble, ils sont tenus de procéder au Zimoune avant le Birkatt Ha-Mazone, c'est-à-dire : l’un d’entre eux dit : « Névareh’ Chéah’alnou Mi-Chélo » et les autres répondent « Barouh’ Chéah’alnou Mi-Chélo Ouvtouvo H’ayénou », comme nous l’avons expliqué.

Beaucoup de personnes demandent si 3 femmes qui ont pris leur repas ensemble doivent procéder au Zimoune comme les hommes ou non ? Il est enseigné dans une Béraïta du traité Bérah’ott (45b) : Les femmes font le Zimoune pour elles même. Il est donc explicite que 3 femmes qui prennent leur repas ensemble doivent procéder au Zimoune avant le Birkatt Ha-Mazone, et l’une d’entre elles dira : « Névareh’ Chéah’alnou Mi-Chélo » et les autres répondront « Barouh’ Chéah’alnou Mi-Chélo Ouvtouvo H’ayénou » comme les hommes.

Mais nos maîtres les Richonim (décisionnaires médiévaux) débattent afin de définir le sens de cet enseignement signifie qu’elles sont tenues de procéder au Zimoune avant le Birkatt Ha-Mazone, ou bien qu’elles sont seulement autorisées si elles le désirent à procéder au Zimoune.

Du point de vue de la Halah’a, les femmes ne sont pas tenues de procéder au Zimoune lorsqu’elles mangent ensembles, mais elles sont autorisées à le faire si elles le désirent. Telle est l’opinion de MARANN l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’ (chap.199). Cependant, de nombreux décisionnaires – le Gaon Rabbi Yossef H’AÏM de Bavel et d’autres – écrivent que même si dans de nombreux endroits les femmes ne procèdent pas au Zimoune pour elles même, malgré tout, il est bon que lorsque 3 femmes prennent leur repas ensemble, qu’elles procèdent au Zimoune car la valeur de cette Mitsva est très grande.

De plus, selon de nombreux décisionnaires Richonim, le Zimoune n’est pas facultatif, mais obligatoire même pour les femmes. C’est pourquoi, afin de s’acquitter de tous les avis, il est juste que les femmes elles aussi disent le texte du Zimoune lorsqu’elles prennent leur repas ensemble. Toutefois, lorsque des hommes et des femmes prennent leur repas ensemble, et qu’il y a au moins 3 hommes présents, il est certain qu’il est inutile que les hommes et les femmes procèdent au Zimoune de façon indépendante, puisque les femmes s’acquittent du Zimoune des hommes.

Si 10 femmes ont pris leur repas ensemble, les décisionnaires débattent afin de savoir si elles doivent procéder au Zimoune avec la mention du Nom d’Hachem, comme le font les hommes dans cette configuration en disant « Névareh’ élo-hénou Chéah’alnou Mi-Chélo », ou bien ne sont-elles pas autorisées à le faire avec la mention du Nom d’Hachem, c'est-à-dire sans la moindre différence entre le fait d’être 3 ou 10 femmes.

Selon la Halah’a, les femmes ne doivent pas mentionner le Nom d’Hachem lorsqu’elles procèdent au Zimoune entre elles, car certains décisionnaires pensent que la mention du Nom d’Hachem dans le Zimoune nécessite la présence de 10 hommes comme pour la prière en collectivité, et c’est pourquoi elles ne doivent pas mentionner le Nom d’Hachem dans le Zimoune. (Halacha Yomit)

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mercredi 31 janvier 1990

Une fille est-elle autorisée à dire le Kaddich ?

Rav Ovadia Yossef, chelita

Question :

Une personne est décédée sans laisser de garçons. Sa fille est-elle autorisée à dire le Kaddich pour l’élévation de son âme ?

Réponse :

La récitation du Kaddich est une chose d’un très haut niveau et d’une utilité incommensurable pour l’âme du père ou de la mère décédés. Si un châtiment a été décrété sur les parents décédés, le Kaddich a le pouvoir d’alléger et parfois d’annuler complètement ce châtiment. De même, s’il a été décrété que leur âme doit siéger au Gan ‘Eden, le Kaddich contribue à les élever dans le Gan ‘Eden de niveau en niveau.

Il est donc certain que nous avons le devoir de vérifier si lorsqu’une personne décède sans laisser de garçons, s’il est possible de laisser sa fille dire le Kaddich pour l’élévation de son âme, ou non.

Il est certain qu’il n’y a pas la moindre possibilité de laisser des filles dire le Kaddich en présence de 10 femmes juives, car le Kaddich fait partie des choses sacrées qui ne peuvent être dites qu’en présence de 10 hommes juifs, comme « Baréh’ou ».

Le sujet de notre question concerne seulement le cas où la fille dit le Kaddich en présence de 10 hommes, et nous allons définir s’il y a là un interdit.

Un des plus grands décisionnaires contemporains, le Rav auteur du Chévoutt Ya’akov, traite de ce sujet dans son livre, et il écrit que sur le plan pratique le Kaddich peut concerner également les filles, car il est certain que par le Kaddich elles peuvent apporter beaucoup d’utilité à l’âme de leurs parents. Cependant, il ajoute que l’on ne peut permettre à des filles de dire le Kaddich à la synagogue, mais seulement lorsque se rassemble un Minyann chez elles, et que l’on dit sur place des enseignements de Thora ou que l’on organise l’office sur place, dans ces conditions elles peuvent dire le Kaddich pour l’élévation de l’âme de leurs parents.

Le Gaonn auteur du Téchouva Mé-Ahava écrit que dans la vile d’Amsterdam s’est produite une chose pareille. Un homme est décédé sans laisser de garçons, et les filles ont dit le Kaddich (apparemment dans la synagogue), sans que les sages de la ville ne protestent à leur encontre. L’auteur du H’avott Yaïr (le Gaon Rabbi Yaïr BAKRAH’) écrit dans ses Téchouvott qu’en réalité il semble que le Kaddich concerne aussi les filles, et il est logique que sa récitation par une fille apporte de l’utilité et de l’apaisement à l’âme de ses parents, puisqu’elle fait partie de leur descendance.

Cependant, il précise que selon son opinion, il ne faut pas laisser une fille dire le Kaddich, car l’innovation d’un tel usage pourrait entraîner de graves débordements au sein du peuple d’Israël, comme nous l’avons constaté dans les usages des premiers juifs réformés qui commencèrent par des modifications qui ne contredisaient pas les principes de la religion, et en définitive, ils ont déraciné les principes fondamentaux de la Torah. Par conséquent, sur le plan pratique, il écrit qu’il ne faut pas permettre la récitation du Kaddich par une fille.

Mais le Gaon auteur du Téchouva Mé-Ahava conclut ses propos en attestant qu’il a personnellement vu un bel usage dans la ville de Prague, où se rassemblent dans la partie de la synagogue réservée aux femmes, des personnes âgées pour dire les Téhilim le matin après l’office, et après avoir terminé tout le livre des Téhilim, des filles orphelines disent le Kaddich. Mais cet usage était observé seulement dans la partie réservée aux femmes et non dans la synagogue elle-même, là où prient les hommes.

Par conséquent, il ressort des propos du Téchouva Mé-Ahava que sur le plan pratique, il ne faut pas laisser des filles dire le Kaddich dans la synagogue, puisque cela peut entraîner de graves conséquences, et les maîtres de la Thora se sont toujours opposés à un tel usage. Mais dans un autre lieu, comme la maison par exemple, ou bien de façon organisée dans la partie de la synagogue réservée aux femmes ou autre, on peut autoriser la récitation du Kaddich par les filles de personne décédées sans laisser de garçons. L’opinion essentielle sur ce point est celle du Téchouva Mé-Ahava. Telle est également l’avis de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita.

En conclusion :

Si une personne décède sans laisser de garçons et qu’elle a des filles pieuses et justes qui désirent dire le Kaddich pour l’élévation de son âme, il faut les laisser dire le Kaddich lorsque se réunit un Minyann à leur domicile pour dire des enseignements de Thora, ou bien après une lecture de Téhilim dans un quelconque endroit. Mais si cela se passe dans la synagogue elle-même là où les hommes prient de façon régulière, il faut empêcher une femme de dire le Kaddich. (Halacha Yomit)

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