jeudi 2 juillet 2009

Le silence ? Pas toujours !

Le silence ? Pas toujours !

David-Yits'haq,

Dans un article paru le 22 juin (“La beauté du silence”), il était écrit que face aux insultes, notre silence est la réparation d’une erreur que nous aurions commise. Je ne suis pas de cet avis. Au vu du peu d’érudition que j’ai, je n’ai cependant pas noté dans la littérature biblique un tiqoun par le silence.

Il y a d’autres façons pour réparer nos erreurs : la tsédaqa, la prière, le jeûne, etc. En revanche, le silence est très recommandé pour d’autres vertus, comme l’expliquent nos sages :

En ce qui concerne la jalousie (Psaumes 37:7) : “Garde le silence devant l'Éternel, et espère en Lui ; ne t'irrite pas contre celui qui réussit dans ses voies, contre l'homme qui vient à bout de ses mauvais desseins.” Pour une forme de sagesse (Pirqé Avoth 3.17) : “Le silence est le bouclier de la sagesse.”

En revanche, le silence peut être difficile à appréhender et représenter un piège (Proverbes 17:28) : “Même le sot, s'il sait se taire, passe pour un sage” et “Le silence équivaut à un aveu” (Yévamoth 87 b) (i.e. “qui ne dit rien consent”).

Dans les rues de Paris

En guise d'exemple, je vous propose une scène de vie :

Je me suis engouffré avec mon scooter dans cette rue à sens unique, la voie était libre. Ha, tiens la voiture de devant ralentis, ha, elle met son clignotant, elle s’arrête. Je stoppe donc, j’attends. À gauche, une camionnette me bouche le passage, je ne peux pas me dégager.

Quand même, cette voiture devant, si elle avait collé un peu plus la file de voiture en stationnement, bah cette voiture m’aurait laissé largement la place.

Et on attend, on attend. Que se passe t-il ? Je klaxonne ? Je rouspète ?

Non, tais-toi, c’est une épreuve pour toi … “D’ailleurs, tu l’as lu il n’y a pas si longtemps dans un texte qui t’a été envoyé, alors attends.”

La voiture de devant avance, pour se positionner à coté de celle en stationnement qui avait le moteur qui commençait à tourner. Alors j’avance … et j’attends derrière le voiture de devant qui finit brusquement par faire marche arrière … et me cogne, me fait perdre l’équilibre, je me renverse sur la camionnette en stationnement … Ah, si j’avais manifesté initialement ma présence ou mon léger agacement, la voiture de devant m’aurait remarqué avant de faire arrière …

Alors en finissant par me redresser, je crie au conducteur : “Déjà que tu ne te ranges pas un peu plus sur la droite, voilà maintenant que tu recules sans regarder derrière ! Fais donc attention !”

Au final, suis-je si fier de moi : 1) pourquoi ai-je crié ? 2) pourquoi ai-je tutoyé cet individu ? J’ai commis des abus, excédé par ma colère, certes. Mais me taire ne m’aurait pas donné raison en tous cas, non ?

Yossef Muller

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lundi 22 juin 2009

La beauté du silence

La beauté du silence

Nous n'avons pas été créés-es pour fauter. À chaque transgression que nous commettons – que D-ieu nous préserve – nous perdons en quelque sorte notre statut d'être humain. Cela n'est pas difficile à comprendre : si D-ieu nous a créés-es pour Le servir, en bafouant Sa volonté, nous ne pouvons plus prétendre à tenir notre rang. C'est pour cela que lorsque nous fautons – que D-ieu nous préserve – nous ne sommes plus considérés-es comme homme ou femme, mais comme de simples animaux.

La différence entre l'être humain et l'animal est celle du discours. A-t-on déjà entendu parler un poisson ou un chat ? C'est l'usage de la parole qui nous rend unique et qui est donc notre caractéristique principale.

Après la faute, nous devons nous repentir, le plus vite possible de préférence. Afin de nous aider dans ce retour vers le Divin, Hachem met de l'avant notre caractéristique unique – la parole – afin de nous permettre d'utiliser ce trait spécifique pour nous rapprocher de Lui.

Retrouver ce qui a été perdu

Le repentir doit nous permettre de quitter notre statut nouvellement acquis d'animal, pour retrouver celui d'être humain. Dans la mesure où l'animal est caractérisé par son absence de la parole, c'est celle-ci qui détient le pouvoir de nous faire opérer ce changement salutaire.

Ainsi, D-ieu nous met dans une situation où nous avons toutes les bonnes raisons de prononcer des paroles bien senties : celles où l'on nous fait ressentir un sentiment de gêne, celles où nous sommes insultés-es… Notre tiqoun (réparation spirituelle) consiste alors à rester silencieux-ses et à ne pas rétorquer aux paroles déplacées dont nous sommes les victimes.

Il est certain que la personne qui nous fait subir ce mauvais moment aura des comptes à régler avec le Ciel. Cela la concerne. Pour notre part, nous nous contenterons d'apprécier la réparation immense que nous pouvons acquérir en restant silencieux-ses : le pardon de nos nombreux péchés.

Nous avons amené nous-mêmes cette forme de repentir sur notre propre personne. En fautant, nous sommes devenus-es des animaux. À l'image d'une bête, nous avons perdu l'usage de la parole. Nous sommes donc punis-es par elle et nous devons rester silencieux-ses face aux situations délicates, ou aux injures reçues.

De la sorte, ce qui a été abîmé par notre faute et qui nous avait fait descendre au niveau de l'animal – qui est dépourvu de la parole – nous permet d'obtenir réparation et de redevenir un être humain.

Certes, nous ne devons pas chercher les situations délicates, ni les insultes. Cependant, lorsqu'elles se produisent, nous ne devons pas perdre de vue que la personne qui nous insulte nous rend un grand service… à ses dépends.

(Adapté de Rabbi Nathan de Breslev, Liqouté Halakhoth, Yoré Dé'a, Hilkhoth Che'hita, halakha 1)

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mardi 22 juillet 2008

Un mode d'emploi précieux (2)

(Réparations...)

Nous avons expliqué les raisons pour lesquelles il est de la première importance de connaître quelques règles de base si l'on désire mener sa vie avec plus de précision. Nous abordons aujourd'hui le concept de “réincarnation” de “réparations.”

Cela pourra surprendre certains, mais le concept de réincarnation existe bel et bien dans le judaïsme et il n'est pas particulièrement nouveau. Ainsi, la plupart d'entre nous sommes des réincarnations de personnes qui ont vécu avant nous, quelques fois peu de temps avant notre naissance, d'autres fois il y a très longtemps.

Lorsqu'un être humain est envoyé sur terre, il l'est dans le but de réparer ce qu'une personne n'a pas pu faire avant lui. Par exemple : le Saint Yossef Karo, l'auteur du Choul'han 'Aroukh, a dû être renvoyé sur terre car à son décès, il n'était pas entièrement parfait. Lorsqu'il était âgé de huit jours, on n'avait pas pu le circoncire à cause son état physique très faible. Dans la mesure où la circoncision doit se faire lorsque le nouveau-né a exactement huit jours, cela fut considéré comme un amoindrissement des mérites qu'il avait accumulés durant toute sa vie.

Nous ferions bien de ne pas prendre cet exemple pour l'appliquer à nos personnes. Nos fautes sont tellement nombreuses, qu'il y a bien longtemps que D-ieu ne considère plus une circoncision faite après huit jours comme un amoindrissement quelconque !

Toujours est-il que pour Yossef Karo, cela représentait un problème majeur. Son entré au Paradis en était remise en question ! La solution fut trouvée : il fallait que ce grand Sage soit renvoyé sur terre afin qu'il soit circoncis à exactement huit jours. C'est ce qui arriva. Dans une famille juive, un nouveau-né fut accueilli, circoncis à exactement huit jours, et... mourut le même jour. Sa mission ayant été accomplie, il n'avait aucune raison de continuer à vivre.

Cette histoire démontre que la personne qui ignore l'existence de “réparations” à effectuer en fonction d'une vie précédente, peut avoir énormément de difficultés à expliquer les évènements de la vie de tous les jours.

Il en va ainsi pour nous-mêmes. Certes, nous ne savons pas avec exactitude quelle est la nature des réparations que nous devons effectuer, mais nous pouvons prêter attention à ce que nous aimons faire et à ce que nous n'aimons pas faire ; à ce que nous faisons bien et à ce que nous faisons sans rencontrer de véritable succès.

Si nous éprouvons du plaisir à faire telle ou telle chose ou si nous réalisons que nous sommes plus doué(e)s dans un domaine plutôt que dans un autre, cela est peut-être une indication des réparations que nous devons effectuer. Dans la mesure où nous n'en sommes pas certains, nous ne devons jamais délaisser ce que nous n'aimons pas faire ou ce qui nous est difficile de faire. Plutôt, nous devons nous appliquer à faire tout cela avec attention.

Pour les choses que nous aimons faire ou pour lesquelles nous sommes doué(e)s, nous devons multiplier nos efforts, mettre tout notre cœur et nous appliquer du mieux que nous pouvons. C'est principalement dans ces choses que nous éprouverons le plus de joie.

Savoir tout cela est utile. Rien ne sert de se morfondre à propos des choses qui nous sont difficiles. Sans doute, elles n'entrent pas dans les réparations que nous devons faire de notre vivant !

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