mercredi 5 janvier 2011

La France est un beau pays

Douce France

La France est un beau pays. N'est-ce pas le pays des droits de l'homme ? Nos dirigeants politiques ne nous le répètent-ils pas à longueur d'année ? En France, chaque personne peu vivre comme elle l'entend, aussi longtemps qu'elle respecte les autres nous dit-on.

Le français moyen peut en témoigner : les rues des villes baignent dans une ambiance de calme profond et de respect mutuel. Se promener dans les centres villes est une activité réjouissante pour toute la famille, surtout pour les plus petits que nous pouvons laisser gambader sans aucune crainte. Enfin, chaque femme sait qu'elle peut sortir seule – de préférence après le coucher du soleil – et qu'elle sera ravie de constater que le regard admiratif de passants devant son collier en or et ses bagues serties de pierres précieuses.

Nous, juifs de France

Les juifs ont des raisons supplémentaires de se réjouir. Dès l'instant où ils peuvent être identifiés comme tel – par exemple grâce à une kippa placée nonchalamment sur le crâne – ils savent que les français se pousseront du coude pour venir à leur aide et que les mots de réconfort ne cesseront pas de pleuvoir. Particulièrement recommandé, est le chemin entre son domicile et la synagogue le vendredi soir, ou le samedi matin. Vêtu de ses plus beaux habits de Chabath, chaque juif sait l'expérience inoubliable que cela représente : les bénédictions lancées de la bouche des français resteront longtemps dans la mémoire de chaque juif.

D'autres individus sont moins chanceux. Ils vivent dans un pays où pour être acceptés, il faut paraître en tous points communs aux autres. En jeans, en mini-jupe ou la casquette à l'envers, “Il n'y a pas de racisme chez nous !” crient-ils. Souvent, les plus convaincus sont les juifs qui ont oublié qu'ils le sont.

Cependant, les juifs véritables, ceux qui vivent, s'habillent et pensent selon la Volonté divine partagent une autre vie. “Vite, cache ta kippa !” ; “Es-tu fou ? Rentre tes tsitsith !” ; “Ne penses-tu pas être provocateur avec ton chapeau noir ?” Etc. Ces phrases d'un autre âge sont prononcées tous les jours et sont le prix de notre exil.

La France des droits de l'homme n'existe pas pour les juifs. Sortir dans la rue en s'affichant comme juif est dangereux et certainement pas conseillé. D'un côté, il n'est pas dans la nature juive de provoquer nos hôtes ; d'un autre côté, ceux-ci portent la faute de ne pas nous laisser vivre à notre guise.

Savoir quels sont les plus virulents contre nous – les français de souche ou les musulmans – n'est pas un débat passionnant. Tous se tiendraient la main pour nous envoyer de nouveau dans des convois. Les musulmans possèdent au moins la franchise de nous le dire ouvertement.

Il est écrit dans nos textes de lois qu'il est bien de se rendre le matin à la synagogue avec les tefilines sur la tête et enveloppé de son talith. Quelle est le dernier jour où vous avez pu faire cela ?

Vivre en exil, c'est aussi ne pas se rendre compte que nous y sommes.

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Ya'aqov ben Rivqa Linda.

Pour dédicacer un Dvar Torah, cliquez ici.

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mercredi 9 décembre 2009

Transmettre la Shoah

Transmettre la Shoah

Ne pas donner en héritage le traumatisme de la Shoah

Pourquoi la psycho-généalogie est importante :

Le danger de transmettre en héritage à nos enfants et petits-enfants le traumatisme est réel. Héritière de la Shoah et de la fureur bolchevique, sans personne à interroger, le plus simple est de constater les faits.

Ensuite, lire des livres d’histoires et essayer de se situer. Le traumatisme laissé par cet héritage augmente avec le temps.

Un « Fantôme » est une absence de représentation des morts sans sépultures, trépassés dont le deuil se poursuit avec le temps. La notion de fantôme est un des concepts clés de l’analyse trans-générationnelles.

La psycho-généalogie parle de « fantôme » pour désigner un deuil non fait, soit que le corps ait disparu, soit que la mort ait suscité une trop grande souffrance, un choc paralysant, un sentiment d’injustice inacceptable. Dans le cas de la Shoah on peut parler de morts qui vivent en nous.

Les « Fantômes » sont des énergies du passé qui continuent à s’inscrire dans le présent sous la forme d’une représentation psychique inconsciente.

À ce traumatisme, il faut y ajouter l’exil. L’arbre perd ses racines.

Le traumatisme ne disparaît pas, bien au contraire. Les héritiers sont aux prises avec la mémoire collective et ne peuvent pas s’en débarrasser. Cela concerne les héritiers des victimes tout autant que des bourreaux.

Le Nazisme continue au XXI siècle à faire des ravages, des victimes. Lorsque des événements d’une extrême violence ont eu lieu, connaître les faits historiques du passé des ancêtres peuvent se révéler décisifs pour prendre la mesure du traumatisme.

Le mot « génocide ou Shoah » n’est qu'un mot. Il résume des faits, mais peut aussi les banaliser. Tant qu’on n’a pas pris contact avec l’émotion due à l’affrontement intérieur, la perte des repères, le basculement dans l’effroyable que cela a pu susciter pour des êtres humains, la douleur ne peut être remise dans le passé et continue à se matérialiser dans le corps et l’âme des descendants comme une plainte qui ne peut s’éteindre.

Rien ne pourra jamais anéantir la trace de cette appartenance que l’on porte en soi pour toujours. Reprendre contact avec ses racines, faire revivre la mémoire permet de se relier à une identité collective, dont on ne peut se couper sans risque pour soi et ses descendants. Un arbre sans racine ne peut continuer de grandir ?

La souffrance transmise à nos descendants tisse un véritable réseau dans l’arbre généalogique. Tous s’accordent pour reconnaître la nécessité d’agir contre le négationnisme. Comment transmettrons-nous la mémoire de la Shoah si nous sommes incapable de lutter contre ce traumatisme collectif ?

Depuis le 8 août 2006 une « maison juive » a été créée. Quel est le lieu le plus approprié pour affronter cet héritage, si ce n’est la ville d’Oswiecim ?

Le lieu existe, situé dans la vieille ville.

Un petit groupe de 3 personnes peut y séjourner. L’appartement a été aménagé afin de s’y sentir le mieux possible.

Après une étude approfondie de la société polonaise contemporaine, de la Shoah et de sa transmission, je cherche une fondation juive intéressée pour reprendre ce lieu. Il est essentiel dans cette ville symbole d’y avoir une présence juive. Peu importe qu’il y ait un changement régulier d’occupants. L’essentiel est cette présence juive.

Chantal Maas Oswiecim août 2010

jeudi 31 juillet 2008

Un joueur de tennis juif


Un joueur de tennis désirait se mesurer à un adversaire d'un autre pays. Les deux compères se mirent d'accord sur la date et le lieu de la rencontre. De nombreuses personnes désiraient assister à la rencontre. Les deux joueurs jouent tellement bien !

La situation se compliqua lorsqu'on apprit qu'un des joueurs était juif. Immédiatement, le nombre d'opposants grandit et on en vint à craindre pour la sécurité du joueur juif. Les groupes des droits de l'homme – qui sont toujours très rapides à montrer du doigt les États qui ne respectent pas les droits des palestiniens – restèrent silencieux. En fin de compte, de quoi s'agissait-il ? D'un joueur de tennis juif à qui on cherchait misère ? La belle affaire ! Il ne fait que payer l'attitude de ses compatriotes.

Nous sommes ébahis devant un tel regain de vertu. Que les droits de l'homme soient présents à ce point dans l'esprit de milliers d'individus est splendide. Nous sommes fiers d'appartenir à la race humaine. Celle-ci se distingue définitivement de la race animale par l'usage qu'elle fait de son intelligence.

Cependant…

Nous sommes perplexes devant l'absence de telles manifestations lorsque les joueurs de nombreux pays africains participent en toute quiétude à des rencontres internationales. N'a-t-on pas entendu l'état lamentable des droits de l'homme dans le continent africain ? Nous sommes tristes de constater que les représentants des pays arabes ne sont pas tenus responsables de l'absence de liberté dans leurs pays : absence de liberté de religion, de liberté d'expression, de mouvements politiques…

Il est vrai qu'aujourd'hui le monde n'est pas antisémite, mais anti-israélien. Nous serions prêts à accepter cette position si vivre en tant que juif ne devenait aussi dangereux. A-t-on déjà attaqué un français catholique pour une déclaration malvenue du pape ? L'idée est risible, mais appliquée dans toute sa rigueur envers les juifs.

Allons, un peu de bonne volonté !

Le voile de pudeur que la Shoah avait jeté sur l'antisémitisme se lève avec la disparition physique de ses survivants. La période de chasse s'ouvre un peu plus chaque jour et c'est à se demander où allons-nous.

D'un homme d'église qui a récemment fait la une des journaux à un inculte européen, tous sont liés par un point commun : la haine des juifs. En plus, ceux-ci ont maintenant leur pays ! Quel toupet !

La seule réaction possible des juifs consiste à se tourner vers leur Père au Ciel et de Lui crier : “Viens à notre aide ! Le sionisme nous a leurrait ! Nos chars d'assaut ne servent à rien contre les animaux qui nous attaquent à bulldozer. Nos gouvernants sont tous coupables de vantardise et de mensonges répétés ; ils ne pensent qu'à leur carrière ! Nous Te supplions : viens dès aujourd'hui à notre aide ! Notre vie dépend de Toi !

Pour les personnes qui ne sont pas convaincus, nous leur suggérons de suivre de près l'actualité prochaine, Elles ne devraient pas être déçues !


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