mardi 14 juin 2011

Les 19 lettres (1) : reproches

Les 19 lettres (1)

Si certaines personnes placent D-ieu au centre de leur vie, d'autres mènent encore la vie des nations du monde. Entre la volonté du Ciel et notre désir de vivre entièrement comme nous le souhaitons, le cœur de chacun d'entre nous balance le plus souvent. Ce qui suit est la première lettre d'un échange fictif de courrier entre deux amis : Naftali et Benyamin. Si l'un de ces amis a fait téchouva, l'autre reste éloigné du mode de vie juif. Cet échange s'inspire de l'ouvrage : « Dix-neuf lettres » écrit par le Rav S.R. Hirsch, sans prétendre correspondre à la pensée du Rav Hirsch.

Cher Naftali,

Quel plaisir de t'avoir vu et parlé ! Cela faisait plusieurs années que je n'avais pas eu de tes nouvelles et la vision de ton visage m'a réellement rempli de joie. Même si l'heure à laquelle je devais me rendre à l'aéroport a interrompu rapidement notre conversation, tu ne peux pas imaginer à quel point le sujet de notre discussion a soulevé mon intérêt et tout l'espoir que je mets en ta promesse de rester en contact avec moi, malgré nos différences.

Un ami nouvellement religieux !

Je t'ai fait part de mon étonnement devant ta nouvelle façon de vivre. Deux amis ne doivent-ils pas être francs l'un envers l'autre ? Tu a mis ma tendance naturelle à la tolérance à rude épreuve. Je ne m'attendais pas à te voir habillé en juif religieux ! Tes vêtements noir et blanc, ta barbe d'un autre âge, les bénédictions que tu fais sans compter... que de changements avec le Naftali que je connaissais il y a quelques années !

Est-ce la même personne avec laquelle j'avais fait le tour d'Europe en camping et en autostop ? Je n'ai eu le temps que de poser les questions qui brûlaient mes lèvres : « Depuis quand as-tu fait téchouva ? » ; « Pourquoi un tel changement dans ta vie ? » ; « Qu'en pensent tes parents ? » Etc.

Tu n'avais pas le temps de me répondre et c'est pour cela que je suis impatient de recevoir ta réponse. Dans ta gentillesse, tu m'as laissé porter les nombreuses accusations que je formule régulièrement à l'encontre du judaïsme et que mes lectures universitaires m'ont permis de développer avec encore plus de précision. Quelle est ma surprise de constater une telle différence entre ce que j'ai lu – et lis encore – et tes idées sur la vie ! Tu ne me sembles pas avoir bénéficié des avantages de la culture générale et de l'érudition des plus grands intellectuels de ce monde.

Tu n'as pas eu le temps de dire grand chose. Après m'avoir écouté, tu as simplement dit : « Crois-tu sincèrement que tu comprends tout ce que tu dis ? Penses-tu réellement connaître le judaïsme et la profondeur de ses concepts ? As-tu étudié honnêtement ce que j'ai étudié avant de te faire une telle opinion de ce sujet ? » J'ai senti que tu avais de nombreuses autres questions, mais le temps pressait.

Tu as pu m'expliquer que ma connaissance de la religion de nos parents puisait sa source dans les écrits d'auteurs qui s'y opposent. « Que peux-tu attendre d'eux ? » t'es-tu exclamé ! Tu a également relevé l'attitude généralement négative à l'encontre des religions de la part des médias. Tu m'as rappelé combien l'attitude violente de certains musulmans – au nom de l'islam – porte une ombre épaisse sur les notions spirituelles. Je suis le premier à penser que les religions sont la cause des guerres, conflits et luttes de notre époque. Le conflit israélo-palestinien n'en est-il pas une preuve irréfutable ?

Certes, j'ai été obligé d'admettre que je possédais peu de connaissance du judaïsme. Je t'ai demandé sans honte de m'enseigner ce que tu sais. Je sais que si tu es resté mon ami, tu te feras un devoir de m'aider à aiguiser mes idées, si cela est possible sur un sujet qui me paraît tellement démodé. C'est avec enthousiasme que j'attends tes conseils, tes idées et ton avis sur le sujet.

C'est à cet instant – et tandis que je t'ouvrais mon cœur – qu'il a fallut que je te quitte. « Je t'écrirai ! » fut tout ce que je pus te dire. Ainsi, mon cher Naftali, tu as instillé le doute sur mon propre choix de vie, mais sans l'implanter suffisamment pour que je pense véritablement devoir changer mon style de vie. Tes questions ont peut-être touché un point sensible de ma pensée, j'imagine avec difficulté les réponses que tu pourras me donner pour me faire changer d'avis.

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mercredi 4 août 2010

Les 19 lettres (6b) : histoire

Les 19 lettres (6b) : histoire

Voici la suite de la correspondance fictive entre deux amis, dont un a fait téchouva.

Benyamin,

La vie est notre école et notre Maître est le Créateur. Dans cette école, les frais scolaires n'existent pas et toutes les chances sont données à chaque élève. Si nous le désirons réellement, c'est chacune de nos journées qui peut devenir une occasion fabuleuse d'apprendre. Découvrons-nous, découvrons les Autres, découvrons Celui qui nous a donné la vie ! Que la vie est remplie de défis excitants!

À l'école... chaque jour

Comprends-tu maintenant la nature élevée de la mission de l'homme sur terre ? Si certains se laissent diriger par leurs désirs physiques (y compris les plus abjects), ne vois-tu donc pas que notre destin consiste à nous efforcer à redevenir les maîtres de notre propre vie ? À cette fin, chaque jour et chaque situation de vie nous aident à trouver nos imperfections, nos défauts... Ceci doit nous permettre de redoubler d'envie de travailler sur nous afin de devenir une meilleure personne, faire moins de bêtises...

Seigneur, Tu as été notre abri d’âge en âge !
Avant que les montagnes fussent nées,
Avant que fussent créés la terre et le monde,
De toute éternité, Tu étais le D-ieu puissant.

Tu réduis le faible mortel en poussière, et Tu dis :
« Rentrez dans la terre, fils de l’homme.»

Aussi bien, mille ans sont à Tes yeux comme la journée d’hier quand elle est passée, comme une veille dans la nuit.
Tu les fais s’écouler, [les hommes], comme un torrent ; ils entrent dans le sommeil;
Le matin, ils sont comme l’herbe qui pousse,
Le matin, ils fleurissent et poussent, le soir, ils sont fauchés et desséchés. (Téhilim 90:1-7)

Si nous vivons dans des pays riches, remercions Hachem qui l'a désiré ainsi. Cependant, ne faisons pas l'erreur de nous noyer dans le matérialisme et d'en faire le seul – ou même le principal – objectif de notre passage en ce monde. Tâchons de ne jamais oublier notre statut d'être humain et ce qu'attend de nous le Créateur.

Que D-ieu me prenne en grâce et me bénisse !
Qu’Il fasse luire Sa face sur nous !
Pour que, par toute la terre, on connaisse Tes voies,
Parmi tous les peuples, Ton secours sauveur.

Que les nations, ô D-ieu, Te rendent hommage !
Oui, qu’elles Te rendent hommage, toutes les nations !
Que les peuples se réjouissent et entonnent des chants !
 Puisque Tu juges les nations avec équité, et diriges les peuples sur la terre !

Que les nations, ô D-ieu, Te rendent hommage !
Qu’elles Te rendent hommage, toutes les nations ! La terre prodigue ses dons.
Que D-ieu, notre D-ieu, nous bénisse!
Que D-ieu nous bénisse, et que toutes les extrémités de la terre Le vénèrent! (Téhilim 67)

La Providence divine nous guide et nous dirige dans les méandres de la vie. Ni trop à droite, ni trop à gauche : les excès ne sont jamais bons conseillers. Si untel ne pense qu'à accumuler les biens matériels, laissons-le faire ! Nous préférons vivre dans la Sainteté et la pratique des mitswoth. Certes, nous devons travailler pour manger. Autrement, qui pourrait mettre le pain sur la table ? Cependant, en restant peu exigeant dans notre relation avec les biens matériels, nous nous libérons de leur emprise dans notre vie.

C'est cette école qui doit être la nôtre : celle qui nous permet de nous distances des futilités et d'accorder notre force à ce qui est éternel : le Divin.

Parole de David, fils de Jessé,
Parole de l'homme haut placé,
De l'élu du D-ieu de Ya'aqov,
Du chantre aimable d'Israël.

L'esprit du Seigneur a parlé par ma bouche, Son verbe repose sur ma langue.
Il a dit, le D-ieu d'Israël, Il a prononcé à mon sujet, le Rocher d'Israël :

« Qui domine sur les hommes doit être juste,
Gouverner dans la crainte de D-ieu.
Quand le soleil brille,
Éclairant le matin, un matin sans nuages par ses rayons
Et par la pluie la verdure sort de la terre.»

Ma maison n'est-elle pas ainsi avec D-ieu ?
Aussi m'a-t-Il assuré une alliance perpétuelle,
Alliance bien ordonnée et bien gardée ;

Ne fait-Il pas germer mon salut et l'objet de tous mes désirs ?

« Les pervers sont tous comme des épines qu'on évite,
Qu'on ne saisit point avec la main ;
Si quelqu'un y touche, il s'arme de fer ou du bois d'une lance :
C'est par le feu qu'il faut les détruire sur place.» (Chmouel II, 23:1-7)

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lundi 2 août 2010

Les 19 lettres (6a) : histoire

Les 19 lettres (6a) : histoire

Voici la suite de la correspondance fictive entre deux amis, dont un a fait téchouva.

Benyamin,

Notre génération est celle qui pense tout savoir, tout connaître et ne rien devoir apprendre du lendemain. Pour le plus grand nombre d'individus, l'idée de l'existence d'un D-ieu, Juge suprême de l'humanité, Créateur et dont tout dépend est trop dérangeante pour être analysée à sa juste valeur. Il est tellement plus facile de continuer à vivre comme nous l'entendons en prétendant que D-ieu n'existe pas !

Les leçons de l'histoire

La colère de D-ieu à notre égard serait amplement justifiée. Que de distance mettons-nous en Lui et nous ! Cependant, la Promesse divine sera respectée : plus de Déluge. Ainsi, l'espoir du Créateur est d'éduquer l'humanité. À cette fin Il envoie du Ciel les messages qui doivent nous servir à mieux Le connaître, ainsi qu'à mieux connaître notre propre personne. Ces signaux sont répertoriés dans les livres d'histoire des peuples de l'univers.

Benyamin, je t'entends déjà poser la question évidente : si Hachem désire que l'être humain se rapproche de Lui, pour quelle raison a-t-Il dispersé les nations aux quatre coins du monde ? De fait, n'aurait-il pas été plus facile de Le chercher si tous les peuples avaient été réunis au même endroit de la planète ? À quoi servent les nombreuses cultures qu'il est possible de répertorier à travers le monde ? Pourquoi autant de différences d'un peuple à l'autre ?

Ceci peut être comparé à un marchand de fruits qui présente ses fruits. Plutôt que de les rassembler tous au même endroit, il les étale avec précaution et en laissant de l'espace entre chaque espèce. De la sorte, il est plus facile de remarquer les qualités de chaque fruit. Également, dans le cas où un fruit deviendrait mauvais, il serait immédiatement remarqué et pourrait être mis de côté sans attendre.

De nos jours, qui ne voit pas les différences évidentes entre les peuples de la terre ? Si certains semblent faire des efforts pour suivre une certaine morale et une ligne de conduite qui essaie de les honorer, d'autres se vautrent dans la violence, l'appel au crime et les pires atrocités. Un jour ou l'autre, le décret céleste s'abattra sur les plus mauvais élèves de notre monde. Ce jour-là, la Gloire de D-ieu sera révélée à la face de tous et nous pleurerons de joie d'avoir poursuivit notre vie de mitswoth, de prières et d'étude de la Tora... tandis que les autres peuples vivaient sans se soucier de la Présence divine.

Il arrivera, à la fin des temps, que la montagne de la maison du Seigneur sera affermie sur la cime des montagnes,
Et se dressera au-dessus des collines, et toutes les nations y afflueront.
Et nombre de peuples iront en disant :

« Or çà, gravissons la montagne de l'Éternel pour gagner la maison du D-ieu de Ya'aqov,
Afin qu'Il nous enseigne Ses voies et que nous puissions suivre Ses sentiers,
Car c'est de Sion que sort la doctrine et de Jérusalem la parole du Seigneur.»

Il sera un arbitre entre les nations et le précepteur de peuples nombreux ;
Ceux-ci alors de leurs glaives forgeront des socs de charrue,
Et de leurs lances des serpettes ;
Un peuple ne tirera plus l'épée contre un autre peuple,
Et on n'apprendra plus l'art des combats.
Maison de Ya'aqov, allons, marchons à la lumière de l'Éternel !

Certes, tu avais délaissé ton peuple, la maison de Ya'aqov,
Car ils étaient envahis de superstitions venues de l'Orient,
De pratiques de sorcellerie comme les Philistins,
Ils se complaisaient aux produits des étrangers.

Leur pays est gorgé d'argent et d'or, point de limites à leurs trésors;
Il abonde en chevaux, et ses chars ne se comptent point.
Leur pays est rempli aussi d'idoles,
Ils se prosternent devant l'œuvre de leurs mains,
Devant les créations de leurs doigts.
Toute personne s'est abaissée, tout homme s'est dégradé : Tu ne peux leur pardonner.

« Qu'on se retire dans les rochers, qu'on cherche un abri dans la poussière,
Devant la terreur qu'inspire D-ieu et l'éclat de sa majesté !»

Les yeux hautains seront abaissés, l'orgueil humain sera humilié,
D-ieu seul sera grand en ce jour.

Oui, l'Éternel-Cebaot fixera un jour contre l'orgueilleux et le superbe,
Contre quiconque s'élève : ils seront abaissés !
Contre tous les cèdres élancés et majestueux du Liban et les chênes du Basan ;
Contre toutes les hautes montagnes et les collines altières ;
Contre les tours élevées et les remparts puissants ;
Et contre les navires de Tarsis et les édifices somptueux.
L'orgueil contre les navires de Tarsis et les édifices somptueux.
L'orgueil des hommes sera humilié, leur arrogance sera abattue ;
Seul l'Éternel sera grand en ce jour.

Quant aux idoles, elles s'évanouiront toutes.
On se réfugiera alors dans les cavités des rochers et dans les grottes souterraines,
Devant la terreur répandue par l'Éternel et l'éclat de Sa majesté,
Quand Il se lèvera pour épouvanter la terre.
En ce jour, ils jetteront aux taupes et aux chauves-souris leurs idoles d'argent et d'or,
Qu'ils avaient fabriquées pour leur rendre hommage,
Et ils iront dans le creux des rochers, dans les crevasses des côtes pierreuses,
Terrifiés par la crainte de l'Éternel et l'éclat de Sa majesté,
Quand il se lèvera pour épouvanter la terre.

« Cessez de vous appuyer sur l'homme, dont la vie n'est qu'un souffle.
Quelle peut être sa valeur?» (Isaïe 2)

Cette éducation de la vie permettra à tous de comprendre – en temps voulu – que l'essentiel ne réside pas en l'aspect matériel de ce monde, mais plutôt en notre rapprochement avec le Maître du monde. N'est-ce pas là l'objectif d'une éducation exemplaire : transformer d'une façon importante ce qui était brut afin de l'affiner et de le purifier ?

Vanité des vanités ! Tout est vanité !
Quel profit tire l'homme de tout le mal qu'il se donne sous le soleil ?

Une génération s'en va, une autre génération lui succède, et la terre subsiste perpétuellement.
Le soleil se lève, le soleil se couche : il se hâte vers son point de départ, où il se lèvera encore,
Pour s'avancer vers le sud et décrire sa courbe vers le nord ;

Le vent progresse en évoluant toujours et repasse par les mêmes circuits.
Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'en est pas remplie.
Vers l'endroit qui est assigné aux fleuves, ils dirigent invariablement leur cours.
Toutes choses sont toujours en mouvement ; personne n'est capable d'en rendre compte.

L'œil n'en a jamais assez de voir, ni l'oreille ne se lasse d'entendre.
Ce qui a été c'est ce qui sera ; ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera,
Il n'y a rien de nouveau sous le soleil !
Il est telle chose dont on dirait volontiers : « Voyez, ceci est nouveau !»
Eh bien ! Cette chose a déjà existé dans les temps qui nous ont précédés.

Nul souvenir ne subsiste des anciens,
De même de leurs plus récents successeurs il ne demeurera aucun souvenir.
La conclusion de tout le discours, écoutons-la :
« Crains D-ieu et observe Ses commandements ; car c'est là tout l'homme.» (Ecclésiaste 1:2-15 et 12:13)

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jeudi 22 juillet 2010

Les 19 lettres (5b) : l'éducation

Les 19 lettres (5b) : l'éducation

Voici la suite de la correspondance fictive entre deux amis, dont un a fait téchouva.

L'éducation idéale est celle qui trouve le juste équilibre entre la raison et le cœur. Ceci s'applique à nos enfants, autant qu'à nous. Si le cœur doit être le conducteur, il ne doit jamais être seul. En même temps, si nous donnons les clés à notre intelligence – tout en laissant notre cœur de côté – nous pouvons devenir la personne la plus abjecte qu'il est possible de rencontrer dans toute une vie, que D-ieu nous préserve. L'équilibre, voilà le secret de la vie juive.

Une éducation pour la vie

Avec cette approche, notre éducation de la vie possède toutes les chances de réussite. À chaque occasion où notre cœur nous tentera (« Quel plat de viande appétissant ! » ; « Quel endroit attirant ! » ; etc.), notre raison nous permettra de nous souvenir que c'est la volonté de D-ieu qui doit nous guider, plutôt que notre cœur. Également, lorsque notre raison essaiera de nous jouer des tours (« Pour quelle raison doit-on manger kacher ? » ; « Pourquoi ne pas profiter des soldes du samedi après-midi ? » ; etc.), notre cœur ravivera l'amour que nous devons porter au Créateur. Avec ces deux gardiens, notre vie n'aura qu'un seul objectif : nous élever vers des hauteurs toujours plus belles.

Ce style de vie nous permettra de faire face – un jour ou l'autre – au Juge suprême avec plus de sérénité. D-ieu n'est-Il pas celui qui nous jugera après notre bref passage en ce monde ? Que dirons-nous à cet instant si nous avons mal utilisé les ressources dont nous disposions de notre vivant ? Comment pourrons-nous prétendre que nous ignorions la Volonté divine, tandis que celle-ci a été définie d'une façon claire par nos Sages ?

Voici pourquoi D-ieu nous a donné la Tora : pour nous former à la vie ! Notre apprentissage aurait été autrement plus ardu si nous n'avions pas eu ce guide irremplaçable. Qu'on y pense : il suffit d'ouvrir nos Livres saints – ainsi que nous adresser à nos érudits – pour connaître où se trouve le plaisir d'Hachem. Que la vie est facile dans ces conditions ! L'étude n'est pas une obligation que nous assumons la tête baissée. Plutôt, elle est notre chance de nous rapprocher du Ciel!

Le Maître du monde nous ayant formés, Il connait mieux que personne notre spécificité. Qui sait mieux que Lui qu'aucune personne ne ressemble entièrement à une autre ? C'est pour cette raison que l'éducation de chaque individu est unique. De fait, ce sont à travers les évènements qui font notre vie que nous apprenons à nous rapprocher de D-ieu. Tu comprends maintenant pourquoi ma vie est différente de la tienne, qui est elle-même différente de celle de ton voisin...

À l'autre extrémité de ce monde, se situe la personne qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Celle-ci n'accorde aucune profondeur ni sens caché à la vie. Pour elle, tout est à prendre au premier niveau : celui que ses yeux lui offrent. Cette personne ne pense qu'à s'enrichir et à se faire plaisir : de suite et même si cela ne doit durer qu'un instant. Quelle différence y a-t-il entre cet individu et un jeune enfant ? Les deux ne réfléchissent pas au lendemain. Pourtant, l'enfant possède l'excuse de son jeune âge. Quant à l'adulte, que dira-t-il à la fin de sa vie ? Comment pourra-t-il justifier l'utilisation défaillante qu'il aura faite de son intelligence ?

Le recul par rapport à ce monde que nous propose Hachem n'est pas seulement un moyen de nous rapprocher de Lui. Il est également un formidable moyen de nous libérer de l'aspect matériel de ce monde. Si nous savons mettre des limites à notre poursuite de l'accumulation de biens matériels, c'est autant de liberté que nous acquérons par rapport aux personnes victimes de la mode, des tendances et du qu'en dira-t-on !

Regarde donc autour de toi ! Combien de personnes peux-tu voir inquiètes à propos du lendemain : peur du chômage, frustration de ne pas pouvoir acheter le dernier gadget du jour, le stress des dettes grandissantes... Les souffrances sont sans fin pour les esclaves de ce monde. Pauvres individus enchainés qui se croient libres ! Leur vie en n'est pas une. Quelles sont nombreuses les prières que nous devons prononcer pour remercier Hachem de Sa générosité infinie.

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lundi 12 juillet 2010

Les 19 lettres (5a) : l'éducation

Les 19 lettres (5a) : l'éducation

Voici la suite de la correspondance fictive entre deux amis, dont un a fait téchouva.

Benyamin,

Quel plaisir d'avoir reçu de tes nouvelles ! Tu ne peux pas imaginer le plaisir que je ressens à m'apercevoir que toi aussi commence à réaliser que devenir plus riche n'est pas une fin en soi et qu'il faut réellement être détaché de la réalité pour en faire son but ultime dans la vie.

De fait, si la richesse financière n'est pas forcément à rejeter, c'est en tout cas notre richesse intérieure que nous devons poursuivre. Plus celle-ci augmente, plus nous acquérons de moyens pour nous rapprocher du Créateur et plus notre satisfaction grandit. N'est pas cela notre véritable raison d'être en ce monde : avancer vers Hachem à chaque occasion que nous avons ?

Le cœur et la raison

Tu as bien défini les deux aspects importants de l'homme : son intellect et son cœur. Si le premier lui permet de comprendre la véritable nature de son environnement, le deuxième représente la source de de ces faits et gestes et c'est également le cœur qui lui permet de s'élever d'une façon illimitée. Le cœur, voilà l'essentiel de l'homme ! Puissions-nous mettre l'amour de D-ieu en notre cœur d'une façon constante et profonde.

Benyamin, ta récente lettre me permet de penser que tu t'approches de la perception juste de la raison d'être de ce monde : celle d'être un outil que nous devons utiliser afin de rendre gloire à D-ieu. C'est le Créateur qui est la source de tous les pouvoirs et de toutes les forces, et c'est Lui qui nous a confié les clés de l'univers : à nous de les utiliser avec intelligence et certainement pas d'une façon puérile, égoïste et sans hauteur !

Tu dois maintenant être d'accord avec moi pour proclamer que le « bon » est ce que désire Hachem, tandis que le « mauvais » est ce à quoi Il s'oppose. En aucun cas, le « bon » doit être ce qui nous attire naturellement et le « mauvais » ce qui nous repousse. En d'autres termes, nous devons nous régler sur une seule fréquence : celle de la Volonté divine, afin de devenir des serviteurs exemplaires d'Hachem.

Il n'est donc pas difficile de relever l'idiotie à chercher les honneurs, les richesses matérielles ou les autres vanités de ce monde. Si je pouvais te confier un million d'euros pour quelques secondes, en serais-tu heureux ? Bien sûr que non ! Peux-tu m'expliquer la différence entre quelques secondes et les quelques années que nous passons en ce monde ? Pour quelle raison devrions-nous être heureux en nous sachant riches ? Le jour final, tout nous sera repris !

Voici l'aspect unique de l'homme : celui de pouvoir choisir la voie sur laquelle il avance, à la différence des autres créatures qui suivent la voie qui leur est destinée. Notre faculté de choix – c'est-à-dire notre libre-arbitre – est notre trésor le plus précieux. Nous devons tout faire pour dominer notre aspect animal (caractérisé par les demandes de notre corps) et nous attacher à notre intelligence. Cependant, le danger de celle-ci est de notre rendre orgueilleux.

C'est pour éviter cela que nous devons accorder une place importante à notre cœur. Si notre intellect nous porte à oublier D-ieu, c'est dans notre cœur que l'appel à la raison se fera entendre. Si nos idées nous poussent à emprunter un chemin dangereux – qu'à D-ieu ne plaise – c'est de notre cœur que retentiront les cris de la souffrance.

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mercredi 30 juin 2010

Les 19 lettres (4b) : l'être humain

Les 19 lettres (4b) : l'être humain

Voici la suite de la correspondance fictive entre deux amis, dont un a fait téchouva.

La terre n'a pas été créé pour être utilisée et abusée à notre seul avantage. Plutôt, elle doit nous servir pour une seule chose : nous rapprocher du Créateur et retrouver nos Racines saintes et élevées. C'est à cette fin que nos pensées sont nos meilleures alliées : grâce à elles, nous pouvons déclarer à D-ieu notre amour infini d'avoir vu le jour et de nous avoir confié la responsabilité de Le servir.

C'est parce que le Ciel attend de nous une telle déclaration qu'il nous a donné la possibilité de la refuser. De fait, qu'elle aurait la signification de nous placer dans une situation où nous aurions été obligés d'être des serviteurs d'Hachem ? C'est parce que nous pouvons choisir de garder la bouche fermée et un cœur de pierre que notre récompense sera immense d'avoir choisi de l'ouvrir pour Le louer et de pousser des gémissements pour avoir si souvent fauté !

Sans doute, tu comprends maintenant que notre propos sur terre n'est pas d'accumuler des biens matériels. Pour quelle raison la personne qui possède un million d'euros devrait-elle être plus heureuse que celle qui en possède seulement 10 000 ? Si la première est plus éloignée de D-ieu que la seconde, à quoi peut bien lui servir sa fortune ?! Plutôt, une seule chose doit rester en notre esprit : quelle personne devenons-nous, chaque jour de notre vie ? Également, nous devons nous soucier de ce que nous donnons à ce monde, plutôt que de ce que nous en recevons. Ceci est notre véritable mission dans la vie !

Ceci ne devrait faire l'objet d'aucun doute : nos actes en ce monde sont jugés en fonction de la Volonté divine. Aussi longtemps qu'une personne fait – ou essaie sincèrement de faire – la volonté du Ciel, elle est l'adorée des sphères célestes. Rien n'est plus important que cela et rien d'autre ne devrait nous intéresser ici-bas. Le Monde futur sera ouvert à ceux et à celles qui s'en soucient pendant leur passage sur terre, mais pas aux autres.

Voici le critère absolu auquel personne n'échappe à la fin de ses jours : qu'a fait la personne de son potentiel à servir D-ieu ? Plus une personne a utilisé ce potentiel, plus elle est grande. Après sa mort, il ne sera jamais demandé à un individu le montant de son compte en banque ! Cependant, on lui demandera d'expliquer ses actions : celles qui l'ont rapproché du Créateur, ainsi que les autres. À cet instant, qui éprouvera du plaisir en sachant qu'il détenait des biens matériels sur terre ? Ceux-ci lui auront été enlevés depuis longtemps !

La terre n'a pas été créé pour être utilisée et abusée à notre seul avantage. Plutôt, elle doit nous servir pour une seule chose : nous rapprocher du Créateur et retrouver nos Racines saintes et élevées. C'est à cette fin que nos pensées sont nos meilleures alliées : grâce à elles, nous pouvons déclarer à D-ieu notre amour infini d'avoir vu le jour et de nous avoir confié la responsabilité de Le servir.

Le libre-arbitre

C'est parce que le Ciel attend de nous une telle déclaration qu'il nous a donné la possibilité de la refuser. De fait, quel aurait été l'intérêt de nous placer dans une situation où nous aurions été obligés d'être des serviteurs d'Hachem ? C'est parce que nous pouvons choisir de garder la bouche fermée et un cœur de pierre que notre récompense sera immense d'avoir choisi de l'ouvrir pour Le louer et de pousser des gémissements pour avoir si souvent fauté !

Sans doute, tu comprends maintenant que notre propos sur terre n'est pas d'accumuler des biens matériels. Pour quelle raison la personne qui possède un million d'euros devrait-elle être plus heureuse que celle qui en possède seulement 10 000 ? Si la première est plus éloignée de D-ieu que la seconde, à quoi peut bien lui servir sa fortune ?! Plutôt, une seule chose doit rester en notre esprit : quelle personne devenons-nous, chaque jour de notre vie ? Également, nous devons nous soucier de ce que nous donnons à ce monde, plutôt que de ce que nous en recevons. Ceci est notre véritable mission dans la vie !

Ceci ne devrait faire l'objet d'aucun doute : nos actes en ce monde sont jugés en fonction de la Volonté divine. Aussi longtemps qu'une personne fait – ou essaie sincèrement de faire – la volonté du Ciel, elle est l'adorée des sphères célestes. Rien n'est plus important que cela et rien d'autre ne devrait nous intéresser ici-bas. Le Monde futur sera ouvert à ceux et à celles qui s'en soucient pendant leur passage sur terre, mais pas aux autres.

Voici le critère absolu auquel personne n'échappe à la fin de ses jours : qu'a fait la personne de son potentiel à servir D-ieu ? Plus une personne a utilisé ce potentiel, plus elle est grande. Après sa mort, que peut lui apporter une accumulation de biens matériels ? Cependant, on lui demandera d'expliquer ses actions : celles qui l'ont rapproché du Créateur, ainsi que les autres. À cet instant, qui éprouvera du plaisir en sachant qu'il détenait des biens matériels sur terre ? Ceux-ci lui auront été enlevés depuis longtemps !

Bénis l'Éternel, Ô mon âme !
Que tout mon être bénisse Son Saint Nom !
Bénis l'Éternel, Ô mon âme,
Et n’oublie aucun de Ses bienfaits.

C’est Lui qui pardonne toutes tes fautes,
Guérit toutes tes souffrances;
Délivre ta vie de l’abîme,
Te ceint comme d’une couronne de Sa grâce et de sa clémence;
Prodigue le bonheur à ton âge florissant,
Fait se renouveler ta jeunesse comme celle de l’aigle.
Psaumes 103: 1-6

Le faible mortel, ses jours sont comme l’herbe;
Comme la fleur des champs, ainsi il fleurit.
Dès qu’un souffle passe sur lui, il n’est plus;
La place qu’il occupait ne le reconnaît plus.

Mais la grâce du Seigneur dure d’éternité en éternité,
En faveur de ceux qui Le craignent;
Sa bienveillance s’étend aux enfants des enfants,
De ceux qui respectent Son alliance,
Et se souviennent de Ses préceptes pour les observer.
L’Éternel a établi Son Trône dans les Cieux,
Et Sa Royauté domine sur toutes choses.

Bénissez l’Éternel, vous, Ses anges,
Héros puissants, qui exécutez Ses ordres,
Attentifs au son de Sa parole.

Bénissez l’Éternel, vous, toutes Ses armées !
Ses serviteurs, qui accomplissez Sa volonté.

Bénissez l’Éternel, vous, toutes Ses créatures, dans tous les lieux où s’étend Son Empire.
Ô mon âme, bénis l’Éternel!

Psaumes 103: 15-22

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jeudi 24 juin 2010

Les 19 lettres (4a) : l'être humain

Les 19 lettres (4a) : l'être humain

Voici la suite de la correspondance fictive entre deux amis, dont un a fait téchouva.

Benyamin,

As-tu déjà réfléchi au rôle de l'être humain dans ce monde rempli de la Gloire de D-ieu ? Parmi le nombre infini de Ses créatures, que fait l'homme dans ce chœur des serviteurs de D-ieu ? Même si la Tora n'en faisait pas mention, le rôle de l'être humain sur terre se révèlerait d'une façon évidente à tes yeux si tu t'attardais à penser à la Création de l'univers.

Un rôle pour chacun

La première évidence à relever est que nous aussi sommes divins ! De fait, si Hachem a créé le monde et toutes les créatures qu'il inclut, nous devons donc être comptés parmi les Créatures divines. La conséquence de cette réalité est de nous inclure dans ceux qui doivent servir du Maître du monde. À cette fin, nous devons Le servir avant tout avec ce qui se trouve à notre disposition : notre corps.

Pense à cela : le corps de l'homme est un ensemble complexe de membres, muscles, nerfs... et dont les capacités sont multiples. Chaque fibre de notre corps a été pensée, voulue et ordonnée selon un ordre supérieur. Partant, n'est-ce pas avec chacune de ces parties que nous devons essayer de Lui rendre hommage ?

D'autre part, au-dessus de l'aspect physique de l'être humain, se situe son intellect. Si une simple main ou un simple bras doit servir le Créateur, n'est-il pas encore plus logique de déduire que notre esprit doit être encore plus proche de Celui qui nous a donné la vie ? S'il est certain que notre corps doit suivre la Volonté divine, que dire de nos pensées ? Ne devraient-elles pas toutes être dirigées vers le Ciel ?

Nos pensées ont une point commun avec D-ieu : comme Lui, elles sont invisibles. Nos pensées contrôlent en grande partie notre corps et la nature du chemin sur lequel évolue notre esprit. Voici une pensée élevée que nous pouvons décider d'avoir : essayer d'utiliser le monde – considéré sous son aspect d'Émanation divine – pour la raison pour laquelle il a été créé. Perdus au milieu de plusieurs milliards de créatures d'Hachem, nous devons apprendre à respecter notre propre Sainteté et à tenir notre rôle d'une façon joyeuse, résolue et sans compromis.

Existe-t-il une seule créature dans l'univers qui ne possède pas une mission spécifique à remplir ? Les scientifiques eux-mêmes l'admettent : chaque minéral, végétal et animal tient une place unique et irremplaçable sur terre. Aucun individu est suffisamment dépourvu d'intelligence pour prétendre qu'une plante ou qu'une bête ne sert à rien et que sa disparition ne serait pas une perte certaine pour nous tous.

Dans la mesure où chaque créature doit tenir la place qui lui est destinée – celle qui lui a été ordonnée par D-ieu – se pourrait-il que l'homme soit une exception à cette règle ? N'est-il pas dérisoire de penser que toutes les créatures servent le monde en faisant ce que le Ciel attend d'elles, mais que l'être humain peut se conduire comme il l'entend ? Ne serait-ce pas là le plus grand égoïsme ? Le plus petit animal – dans son rapport avec l'univers – est dans une position de donneur-preneur : s'il peut prendre ce qui lui est indispensable pour vivre, il sait également qu'il doit donner pour permettre à d'autres créatures de vivre.

Ne disons pas nous-mêmes à nos enfants que s'il est agréable de recevoir, il faut également apprendre à donner ? Cependant, qu'elle est la logique de ce discours si nous considérons notre vie entière comme un passage provisoire pendant lequel nous pouvons prendre à loisir tout ce que nous désirons, sans jamais nous poser la question de ce que nous devons donner ? Cette logique est intenable et dépourvue de bon sens, même selon la personne qui ne possède pas une grande intelligence.

C'est pour éviter cette grande erreur que la Tora nous apprend que nous avons été créés « Tselem Éloqim », c'est-à-dire : à l'image de D-ieu. Cela n'est pas le cas pour les autres créatures. Ainsi, n'est-il pas certain que nous devons faire le maximum pour remplir à la perfection le Désir divin ? Agir avec amour envers les autres créatures du Maître du monde et appliquer la justice dans nos rapports avec nos semblables : n'est pas une vision plus élevée que celle qui consiste à penser qu'à soit et le plus souvent au détriment des autres ?

Si nous parvenons à comprendre cela, c'est tout ce qui est à notre disposition que nous devons utiliser pour une seule raison : rendre Gloire au Créateur, dans la plus grande joie et avec la reconnaissance de pouvoir jouer ce rôle si précieux ! Benyamin, ne vois-tu pas là la raison essentielle des louanges que nous pouvons formuler envers Hachem ? Quel bonheur de ne pas être une créature anonyme dont le seul rôle consiste à brouter des champs d'herbe avant de finir dans l'assiette d'un être humain !

À suivre...

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mardi 22 juin 2010

Les 19 lettres (3b) : D-ieu et le monde

Les 19 lettres (3b)

Voici la suite de la correspondance fictive entre deux amis, dont un a fait téchouva.

Benyamin,

Prends-tu souvent le temps de regarder le ciel et les étoiles ? Sors-donc de la ville et va faire un tour dans les champs ! Promène-toi dans la campagne et examine ce que tu vois. De l'étoile la plus élevée au grain de sable le plus petit, tout n'a-t-il pas été créé par Hachem ? Crois-tu véritablement que tout ce qui remplit l'univers a pu apparaître « par hasard » ? Admire le soleil, la lune. Apprécie leur course régulière et inchangée depuis des millénaires.

Qu'en est-il des animaux ? Leur diversité n'est pas fortuite : chacun joue son rôle à la perfection et bien fou est l'individu qui pourrait croire qu'un seul d'entre eux est inutile ! Combien d'espèces existe-t-il ? Pense également aux plantes et à leur façon admirable de purifier l'air et de nous donner l'oxygène dont nous ne pouvons pas nous passer. Si un simple appareil électroménager a besoin de mains expertes pour être fabriqué, ne réalises-tu pas qu'il faille un Créateur génial pour avoir fait surgir l'univers de nulle part et pour lui permettre de continuer d'exister chaque seconde ?

Plus nous regardons le monde qui nous entoure, plus il devient facile de parvenir à la seule conclusion qui s'impose : une « main » est derrière tout cela et chaque détail a été programmé à la perfection. Si nous regardons les faits et que nous sommes prêts à accepter toutes les conséquences que cette observation peut nous amener à formuler, n'est-il pas certain que nous devons rendre un hommage formidable à D-ieu ?

Rendre hommage au Créateur

Célébrez l’Éternel, ô fils de D-ieu !
Célébrez Sa gloire et Sa puissance.
Rendez hommage au nom glorieux de l’Éternel,
Adorez l’Éternel dans Son superbe Sanctuaire !
La voix de l’Éternel retentit sur les eaux,
le D-ieu de gloire tonne,
l’Éternel, sur les grandes eaux.

La voix de l’Éternel [éclate] avec force,
La voix de l’Éternel, avec majesté.
La voix de l’Éternel brise les cèdres,
C’est l’Éternel qui met en pièces les cèdres du Liban,
Il les fait bondir comme de jeunes taureaux,
Le Liban et le Sirion comme de jeunes buffles.

La voix de l’Éternel fait jaillir des flammes ardentes ;
La voix de l’Éternel fait trembler le désert de Kadech.
La voix de l’Éternel fait enfanter les biches,
Elle dépouille les forêts ;
Dans Son Palais tous de s’écrier: « Gloire ! »

C'est aussi ce qui jette la frayeur dans mon cœur et le fait vivement tressauter ;
Écoutez attentivement ! Le grondement de Sa voix et le roulement qui sort de sa bouche !
Il le prolonge sous toute la voûte des cieux,
Et Ses éclairs brillent jusqu'aux extrémités de la terre.
À leur suite, c'est un bruit qui rugit ;
Il tonne de Sa voix majestueuse,
Quand cette voix se fait entendre, Il ne les retient plus.

D-ieu fait retentir merveilleusement la voix de Son tonnerre ;
Il accomplit de grandes choses qui dépassent notre connaissance.
Il dit à la neige : « Apparais sur la terre ! »
II envoie la pluie abondante, Ses puissantes averses.
Alors Il paralyse les bras de tous les hommes,
Afin que ces hommes, Son œuvre à Lui, apprennent à Le connaître.
Les fauves rentrent dans leur tanière et se terrent dans leur gîte.
L'ouragan surgit de ses retraites, le froid est amené par les vents d'aquilon.
Au souffle de D-ieu se forme la glace
Se contractent les nappes d'eau.

Il charge aussi la nue de vapeurs humides,
Dissémine les nuages que traversent les éclairs.
Et ces nuages se déplacent en tourbillonnant sous Son impulsion,
En vue de leur besogne, pour exécuter Ses ordres sur la surface du globe terrestre.
Il les suscite tantôt comme un fléau pour la terre,
Tantôt comme une source de bienfaits.
Job 37

Voici ce qu'il est possible de comprendre : il existe un Créateur et seulement Un ! Tout ce qui nous entoure est la manifestation de Sa volonté et la preuve de Son existence. C'est Lui qui a attribué sa place à chaque chose, ainsi que ses attributs et le rôle qu'elle doit tenir. Benyamin, voici l'unique vérité qu'il est possible de défendre : nous vivons dans un monde qui appartient à Hachem !

Si nous comprenons cela, il devient évident que chaque créature possède un seul objectif : celui de révéler la gloire de D-ieu. La raison est que chacun d'entre nous est le messager de D-ieu et que nous avons été placés en ce monde pour cette noble raison. Est-il vraiment impossible d'admettre que nous devons – nous aussi – contribuer à cette tâche particulière : remercier le Maître du monde en lui rendant le plus bel hommage que nous pouvons ?

Tu T’enveloppes de lumière comme d’un manteau,
Tu déploies les cieux comme une tenture.
Sur les eaux Tu as posé les voûtes de Ta demeure sublime,
Les nuages Te servent de char,
Tu T’avances sur les ailes du vent.
Des vents Tu fais Tes messagers ;
Des flammes ardentes, tes ministres.
Psaumes 104:2-4

Lors de la prochaine tempête, vas-donc te promener dans un champ ou une forêt ! Chaque éclair, chaque tonnerre n'est là que pour servir Celui qui l'a créé. Écoute les feuilles des arbres bouger au gré du vent ; regarde les nuages filer à vivre allure dans le ciel ; observe les animaux qui courent pour se protéger de la foudre... Tout ce monde est celui d'Hachem est seuls les insensés ne peuvent pas le reconnaître !

Oui, comme la neige et la pluie, une fois descendues du ciel,
N'y retournent pas avant d'avoir humecté la terre,
De l'avoir fécondée et fait produire,
D'avoir assuré la semence au semeur
Et le pain au consommateur,
Telle est Ma parole : une fois sortie de Ma bouche,
Elle ne Me revient pas à vide,
Sans avoir accompli Mon vouloir
Et mené à bonne fin la mission que je lui ai confiée.
Isaïe 55:10-11

Benyamin, ouvre les yeux ! Rien n'existe pour lui seul et chaque personne est liée à celles qui l'ont précédées, à celles qui vivent à son époque et à celles qui verront le jour. Le peuple d'Israël a été mis sur terre pour servir le Créateur et remplir Sa volonté, du mieux que nous pouvons. Qu'il est fou de croire que nous sommes détachés de tout et que notre vie ressemble à celle d'un bateau perdu au milieu de l'océan !

C'est attachés à une tradition que nous sommes nés. C'est en apprenant la nature de cette tradition que nous avançons sur le chemin qui est le nôtre. Le plus grand égoïsme est celui qui consiste à nier tout cela. La plus grande humilité est d'accepter avec joie notre mission en ce monde. De cette humilité, nous tirerons une force incroyable et qui nous permettra d'abattre tous les obstacles que les forces négatives ne manquent pas de mettre sur notre voie.

Le cœur de chair et l'esprit ouvert : voilà les atouts d'un juif et du serviteur de D-ieu ! Qu'elle est belle la personne qui cherche à se connaître et à découvrir sa véritable vocation. Nous avons été placés dans un champ fertile et les conditions sont idéales pour que nous croissions à pleine vitesse. Tout ce que cela exige est que nous tenions compte de la réalité qui nous entoure. Benyamin, est-ce trop nous demander d'agir de la sorte ?

Je t'embrasse et j'attends ta lettre avec impatience.

Naftali.

Suite...

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jeudi 17 juin 2010

Les 19 lettres (3a) : D-ieu et le monde

Les 19 lettres (3a)

Si certaines personnes placent D-ieu au centre de leur vie, d'autres mènent encore la vie des nations du monde. Entre la volonté du Ciel et notre désir de vivre entièrement comme nous le souhaitons, le cœur de chacun d'entre nous balance le plus souvent. Ce qui suit est la troisième lettre d'un échange fictif de courrier entre deux amis : Naftali et Benyamin. Si l'un de ces amis a fait téchouva, l'autre reste éloigné du mode de vie juif. Cet échange s'inspire de l'ouvrage : « Dix-neuf lettres » écrit par le Rav S.R. Hirsch, sans prétendre correspondre à la pensée du Rav Hirsch.

Benyamin,

Si j'ai laissé plusieurs semaines s'écouler depuis ma dernière lettre, c'est que je désirais t'accorder le temps nécessaire pour faire prendre racine en toi les idées auxquelles je faisais référence. Suis-je trop optimiste si j'espère que ces idées t'ont déjà permis de te munir du Livre de la vie et de commencer à le lire ? Aujourd'hui, c'est avec toi que je veux consulter la Tora, notre Tora !

Sommes-nous d'accord, Benyamin, pour dire que c'est le peuple d'Israël que nous désirons découvrir ? Ce que nous désirons est clair : mieux connaître le contenu et le sens véritable de son nom – le nôtre – et découvrir ce que le porter veut réellement dire et les conséquences pratiques pour nous. Ne penses-tu pas que cette démarche est celle des personnes responsables et qui ne ferment pas les yeux devant la réalité ? De la même façon qu'une personne dont la peau est noire ne peut pas vivre en l'ignorant, nous ne pouvons pas vivre comme si nous n'étions pas juifs : nous le sommes !

Un fait historique

Avant toute chose, le peuple d'Israël est un réalité historique. De fait, connais-tu de nombreux peuples qui peuvent faire remonter leurs histoire aussi loin dans le temps que le nôtre ? L'histoire tient une place tellement importante dans la formation de chaque peuple – y compris le nôtre – que nous devons absolument savoir ce qu'elle est réellement.

Seras-tu d'accord avec moi si j'écris que l'histoire est la voie qui permet à la destinée humaine d'atteindre son but ultime ? Considérée sous cet aspect, l'histoire est faite par une multitude d'individus dont nous faisons partie. Nous pouvons sans doute penser que telle personne a eu un poids plus important qu'une autre dans l'histoire. Cependant, n'est-il pas indéniable que nous possédons tous un certain rôle à jouer et à tenir ? Ne serait-ce pas – encore une fois – se fermer les yeux que d'affirmer le contraire ?

Si nous parvenons à comprendre que chacun d'entre nous possède un rôle unique et spécifique à tenir, nous devons également saisir dans sa juste mesure la signification de la nature de l'être humain. N'est-il pas l'acteur principal de la Création ? Ainsi : qu'est-ce l'homme et que devrait-il être ? Permets-moi de te mettre en garde : mes questions ne sont nullement des interrogations théoriques et fumeuses dont le seul objectif serait de nous faire obtenir une chaire dans une université prestigieuse !

Plutôt, ces questions sont les fondements d'une démarche qui nous permet de nous distinguer de la gente animale. A-t-on déjà entendu parler d'une vache qui s'interroge sur le sens profond de la vie ? Pour autant, nous posons-nous la question régulièrement dans notre vie et nous munissons-nous des outils nécessaires pour y répondre d'une façon convenable, c'est-à-dire honnête ?

La première évidence est que l'être humain n'est pas isolé. Il est une créature – parmi tant d'autres – et s'il peut avoir une certaine influence sur les autres créatures, elles en ont également sur lui. C'est afin de mieux comprendre cette interaction que la Tora nous a été donnée. Ces conseils nous guident et nous font comprendre la signification du peuple d'Israël et la tâche qui est la sienne. Si seulement nous admettions l'existence et le rôle de D-ieu dans notre vie, combien de choses s'éclairciraient dans notre réflexion ! Pour cela, nous devons nous enquérir de ce que nous dit la Tora.


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lundi 14 juin 2010

Les 19 lettres (2b) : l'approche adéquate

Les 19 lettres (4)

Voici la suite de la correspondance fictive entre deux amis, dont un a fait téchouva.

Benyamin,

Je te disais en début de lettre que notre passé commun dans les universités ne doit pas être oublié. C'est un peu grâce à lui que j'ai fait téchouva ! Je continue ci-dessous ma lettre.

Juger le judaïsme

Selon toi, le but ultime de l'être humain est d'être heureux et joyeux et c'est sous cette perspective que tu juges durement le judaïsme. « Que de lois, d'obligations, d'interdictions » t'écrie-tu ! Permets-moi de te demander ce qui t'a amené à penser que le bonheur est la notion ultime que l'homme doit atteindre ici-bas ? Si cela est réellement le cas, nous devons admettre la diversité de définitions du bonheur. Quoi : tout le monde devrait-il penser la même chose ?

Ainsi, que dirais-tu à celui qui se fait plaisir à battre sa femme ? De même, sur quelle base t'opposeras-tu à celui qui s'enivre tous les jours ou qui se drogue ? Un autre ne vivra que pour le sexe et ruinera sa vie – financièrement et physiquement – pour satisfaire ses plaisirs malsains. Aurait-il tort ? Selon toi, certainement pas dans la mesure où tel serait son plaisir ! Pourtant, tous ces objectifs sont-ils ce que l'homme peut faire de mieux sur terre ? Serions-nous donc que des animaux ?

Voici ta définition du plaisir : celle donnée par chaque individu. Autrement, tu acquiesceras avec moi qu'il est impossible d'imposer un plaisir à une tierce personne. En même temps, ne crois-tu pas qu'il est important – pour chaque personne – d'essayer de devenir meilleure, chaque jour un peu plus et de vouloir amoindrir ses traits négatifs et parfaire ceux qui sont positifs ? Cependant, selon ta définition du plaisir, nous ne devrions rien avoir à reprocher à une personne qui s'enfonce dans les excès, les produits toxiques, les abus physiques...

Également, tu sembles ignorer toutes les personnes de ton entourage qui ne sont pas heureuses. Si elles ont fait de ce concept l'objectif principal de leur vie, que leur est-il arrivé ? Regarde-donc autour de toi ! Combien de personnes stressées, inquiètes et tristes connais-tu ? Les fabricants de tranquillisant font fortune grâce à elles ! Comment cela est-il possible si tout le monde poursuit du matin au soir le bonheur ?

Benyamin, tu es né juif, comme moi. Si tu désires véritablement savoir ce que dis le judaïsme à propos du bonheur, de la joie et du but ultime de l'homme en ce monde, ne penses-tu donc pas qu'il faille se relever les manches et commencer à étudier la source même du judaïsme, c'est-à-dire la Tora ? Voici au moins un principe commun que partagent l'université et notre tradition : aller aux sources est une démarche indispensable afin d'avoir une vision juste et honnête d'un sujet. Sans étudier sérieusement la Tora, comment peux-tu la juger ?

Ne me dis pas qu'en voyant quelques juifs religieux, tu peux connaître la Tora. Cela serait aussi illusoire que de se promener sur les Champs-Élysées et vouloir découvrir la complexité de la société française ! Dans les deux cas, ce sont des années d'étude qu'il faut consacrer. Dans le premier cas dans les yéchivoth et dans le second cas dans les département de sociologie des meilleures universités.

Maintenant, permets-moi de te poser une question : de quelle façon lis-tu un livre qu'un de tes professeurs à l'université te demande de lire ? Certainement, avec envie et plaisir. C'est avec la même envie et le même plaisir que nous devons étudier et lire la Tora ! Tu sais aussi bien que moi combien il est facile de contredire un auteur que l'on n'aime pas : on lui trouve tous les défauts et aucun de ses arguments peut nous convaincre. Il en va de même avec la Tora ; si c'est avec appréhension qu'on l'étudie, on ne pourra pas s'y identifier et commencer à apprécier à sa juste valeur ce qu'elle nous enseigne.

Voici la réflexion qui a été la mienne ces dernières années et qui m'a amené là où je suis aujourd'hui. Curiosité et honnêteté intellectuelles, ouverture d'esprit et absence de la peur de l'inconnu. Est-ce trop te demander ? Je ne pense pas, te connaissant. Voici ce que je te propose : ouvre la Tora – notre Tora – et commence à la lire avec toute la fraîcheur et le dynamisme qui sont les tiens lorsque tu étudies pour l'université.

Si tu suis mon conseil, je suis déjà certain que notre courrier prendra rapidement une nouvelle direction : celle des interrogations profondes et des propositions modestes qui nous permettront d'avancer à notre allure.


Naftali.

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jeudi 10 juin 2010

Les 19 lettres (2a) : l'approche adéquate

Les 19 lettres (3)

Si certaines personnes placent D-ieu au centre de leur vie, d'autres mènent encore la vie des nations du monde. Entre la volonté du Ciel et notre désir de vivre entièrement comme nous le souhaitons, le cœur de chacun d'entre nous balance le plus souvent. Ce qui suit est la deuxième lettre d'un échange fictif de courrier entre deux amis : Naftali et Benyamin. Si l'un de ces amis a fait téchouva, l'autre reste éloigné du mode de vie juif. Cet échange s'inspire de l'ouvrage : « Dix-neuf lettres » écrit par le Rav S.R. Hirsch, sans prétendre correspondre à la pensée du Rav Hirsch.

Cher Benyamin,

Je te remercie pour ta lettre. Je suis très excité à l'idée d'être en contact avec toi par l'intermédiaire de ces quelques feuilles écrites à la main. De nos jours, tout le monde communique par email, téléphone, texto... et les lettres sont devenues des objets de l'antiquité ! Ainsi, j'apprécie le temps que tu prends pour partager avec moi tes idées ; surtout, ne crois pas qu'elles m'aient choquées, même si je ne les partage pas.

Un passé commun

Avant tout, je te rappelle que nous avons le même passé et que nous avons fréquenté les même écoles. Aussi, le chemin que j'ai pris depuis quelques années est sans doute très différent du tien – et de celui de la majorité de nos amis de lycée – mais sache qu'il est ouvert à tous et à toutes. La condition essentielle pour envisager de l'emprunter est la réflexion et un minimum de recul par rapport au monde dans lequel nous vivons.

La réflexion à laquelle je fais référence a été le fruit de mes constations à l'époque où je partageais avec toi les amphithéâtres de l'université. Voilà ce qui m'avait étonné : chaque personne choisissait son avenir professionnel en fonction des statistiques (à propos du taux de chômage), des salaires envisagés (dans telle ou telle profession), des chances d'admission (dans les programmes universitaires)... Où se trouvait les grands idéaux et les grandes questions que l'homme est censé se poser sur son existence et sur son passage en ce monde ?

C'est pour cette raison que je fréquentais à cette époque – comme tu me le faisais souvent remarquer – un nombre important d'élèves du département de philosophie. Voici les personnes qui se posaient les questions dignes d'intérêt. Cependant, j'étais insatisfait avec leur attitude face au fait religieux et la quasi totale opposition qui était la leur face à tout ce qui touchait au spirituel. « Pour quelle raison » me demandais-je, « s'opposer aussi fortement à quelque chose que nous ne connaissons pas vraiment ? »

C'est avec une grande naïveté que j'avais fait la suggestion à un professeur de nous enseigner les rudiments des religions de ce monde. Quelle ne fut pas son étonnement, qu'il ne pouvait d'ailleurs pas cacher sur son visage ! Pourtant, je persiste à penser qu'il eut tort de refuser ma proposition. Pour quelle raison devrions-nous apprendre un tas de choses, à l'exception des religions ? Cela ne concerne-t-il pas l'espèce humaine et ce, depuis la nuit des temps ?

Je dois te dire une chose importante. Si je parle de la façon dont je parle et si je pense de la façon dont je pense, cela n'est pas dû au fait que je sois religieux. Plutôt, je suis devenu religieux parce que je me suis mis à penser de la sorte, chaque jour un peu plus. Voici ce que j'attends de toi : que tu accordes à la personne qui vit dans l'émouna (foi) la même force et puissance intellectuelle que celle qui vit en dehors de l'émouna.

Trop souvent, les gens pensent qu'être croyant revient à être stupide, simplet, peu éduqué... Quelle insulte à l'intelligence des gens de foi et quel orgueil de leur part ! J'espère que tu ne fais pas partie de ces individus infréquentables et détestables. Le respect de l'Autre est le minimum que l'on est en droit d'attendre pour établir une relation saine entre deux personnes.


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mardi 8 juin 2010

Les 19 lettres (1b)

Les 19 lettres (2)

Voici la suite de la correspondance fictive entre deux amis, dont un a fait téchouva.

Naftali,

En quelques mots, je te rappelle ce que je reproche aux religions en général et au judaïsme en particulier. Selon moi, l'homme doit être une créature heureuse sur terre et à cette fin, il doit pouvoir faire ce qui lui plaît. Sous cette perspective, que dire des religions et surtout de la nôtre ? Combien d'interdictions et d'obligations ? Que d'obstacles au bonheur et à la liberté ! Comment une personne normalement constituée peut-elle arriver à être heureuse et joyeuse si elle doit suivre toutes ces règles détaillées et pointilleuses ? Ne peut-on pas tout simplement vivre sans toutes ces règles d'un autre âge ?

Ne sois pas choqué par ma sincérité, mais il me semble que toutes les formes de plaisirs sont interdites par la Tora ! Si je désire aller à la plage le samedi ; si je souhaite partager un repas dans le premier restaurant venu ; si un concert entrainant se tient dans mon quartier... Tous ces plaisirs ne sont-ils pas interdits pas la religion ? Pourtant, ne s'agit-il pas de plaisirs de notre époque et dont notre jeunesse a besoin pour vivre d'une façon saine ?

De plus, depuis les temps anciens, les juifs sont dénoncés, accusés et jetés en prison. N'est-il pas logique de vouloir oublier ce que nous sommes afin de nous fondre dans les masses ? N'est-ce pas là notre seul espoir de vivre un plaisir sans limites ? Le sionisme n'est-il pas la preuve de l'échec de ces juifs qui pensaient vivre comme les nations du monde, mais « entre eux » ? Peu importe ce qu'ils font : on les dénonce du matin au soir ! Je te le dis sans détour : oublions que nous sommes juifs et nous vivrons heureux parmi les peuples en ce monde. Même si cela peut t'énerver, je partage le dicton : « Pour vivre heureux, vivons cachés ! »

L'étude : pour quoi faire ?

Tu m'a dis que tu étudie chaque jour la Tora, le Talmud et les autres Écrits saints de notre peuple. Mais à quelle fin ? Pour savoir combien de grammes de sel il faut mettre pour rendre une viande consommable ? Afin de découvrir si tu peux utiliser un ascenseur le samedi ? Ouvre-donc les yeux ! Nous vivons dans un monde moderne et tous ces détails seraient risibles s'ils ne ruinaient pas ta vie et celle de ceux qui les étudient.

Lorsque je pense à toi, je ne peux m'empêcher de regretter ton manque d'ouverture sur le monde dans lequel tu vis. Que connais-tu de la culture générale, de l'histoire de ton pays, de sa littérature... ?

Avoue que sous bien des angles, tu peux passer pour ignare. Est-ce cela la joie de vivre : mourir bête ? Ne penses-tu donc pas que tu pourrais utiliser ton esprit à des fins plus élevées et plus nobles ? Penses-tu sincèrement que le monde manque d'intellectuels pour exciter ton esprit ? Entre un vieux Sage de deux milles ans et un prix Nobel de littérature, peut-on réellement hésiter ? Ne comprends-tu donc pas que le premier parle d'un sujet d'un autre âge, tandis que le second s'adresse directement à nous et aux défis que nous devons relever chaque jour ?

Excuse-moi si je t'ai peiné en t'écrivant de la sorte car telle n'est pas mon intention. C'est toi qui m'a demandé d'être honnête et de te dire ce que j'avais sur le cœur. Je sais que tu es une personne intelligente, malgré le style de vie étonnant que tu as fait. C'est pour cela que je t'écris et que j'attends avec impatience ta réponse. Mon ami, je désire avant tout te comprendre, moi qui suis tellement éloigné de ce que tu vis !

Je t'embrasse très fort en espérant recevoir bientôt de tes nouvelles.

Benyamin.


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