lundi 17 janvier 2011

Notre regard sur les autres

Cuba Gallery: Green eye / reflection / portrait

Nos écrits nous recommandent d'accorder le bénéfice du doute aux personnes qui nous entourent et – le plus souvent – de juger d'une façon favorable ce qui, autrement, aurait pu être considéré comme négatif. Pourtant, la réalité semble toute autre.

Le véritable amour

Les occasions sont nombreuses où nous avons tendance à trouver un aspect négatif dans l'attitude des autres personnes. Une parole mal comprise, un geste mal interprété et notre conclusion est faite : l'intention de l'individu n'était pas pure, un motif ultérieur et peu honorable cache certainement son apparence bon teint…

En agissant de la sorte, nous commettons plusieurs erreurs et fautes. Tout d'abord, il est presque toujours inutile de vouloir nous faire une idée précise des faits et gestes de tout le monde. À quoi cela sert-il vraiment ? Le plus souvent à rien, si ce n'est de satisfaire notre curiosité. Également, nous ne connaissons pas toutes les circonstances de chaque situation et il arrive souvent que ce qui semble suspect soit – en fin de compte – parfaitement dans l'ordre des choses.

Les erreurs que nous commettons vont de paire avec plusieurs fautes. La plus importante est celle qui consiste à transgresser le commandement de juger nos semblables d'une façon favorable. Cela est possible même dans les cas où ce qui a été fait n'est pas forcément positif. La raison en est que chaque personne possède un chemin spécifique pour servir D-ieu et ce qui est répréhensible pour un individu peut être honorable pour un autre.

Chaque personne se situe à un niveau précis et unique. D-ieu Seul connaît ce niveau et peut conséquemment appliquer la Justice divine avec précision sur chaque individu. Quant à nous, il peut nous arriver de penser que nous sommes à un niveau plus élevé que celui qui est réellement le nôtre. D'autre part, nous pouvons penser que nous sommes plus bas que ce qu'il en est vraiment. Dans tous les cas, c'est seulement le Créateur qui sait avec certitude la récompense – ou la punition – qui revient à chacun d'entre nous.

C'est la raison pour laquelle nous devons juger favorablement les autres personnes. Hormis les cas où nous avons un intérêt particulier à être pointilleux – comme dans les cas où nous désirons établir une relation commerciale avec une personne en particulier – nous devons penser que ce que nous avons vu ou entendu peut être interprété d'une façon positive.

Cette attitude correspond au concept d'aimer son prochain. Rien ne sert de devoir aimer la personne qui nous tend un chèque important : le plus souvent, la tâche ne sera pas trop difficile ! Cependant, lorsque nous avons toutes les raisons de penser du mal d'une certaine personne, le Maître du monde nous ordonne de penser autrement.

Les domaines ne manquent dans lesquels ce principe s'avère difficile à mettre en œuvre. Une dispute s'annonce entre deux individus ; si un est d'origine séfarade et que l'autre est achkénaze, une lumière rouge devrait s'éclairer immédiatement en notre esprit : ne jugeons pas la situation en fonction des origines des personnes.

Un autre domaine délicat : la politique. Certains sont pour ce camp, tandis que d'autres sont pour un autre. Le plus important consiste à savoir si chaque camp possède l'appui d'autorités rabbiniques compétentes. Si cela est le cas, les deux camps ont raison : chacun la sienne.

La halakha (loi juive) doit aussi être abordée avec délicatesse : un rabbin permet cela, tandis qu'un autre l'interdit…

La liste d'exemples est longue et les trappes à chaque coin de rue, chaque conversation. Il dépend de nous d'aimer réellement notre prochain et de trouver – constamment et surtout lorsque cela est difficile – un aspect positif à chaque créature de D-ieu. Si nous parvenons à cet exploit, nous aurons amener la construction du troisième et futur Temple de Jérusalem un peu plus proche de nous. Quel miracle !

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de David ben Lara.

Pour dédicacer un Dvar Torah, cliquez ici.

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jeudi 11 juin 2009

Servir D-ieu dans la joie !

Servir D-ieu dans la joie !

(Réponse à la lettre de Yossef Muller. Pour lire sa lettre, cliquez ici.)

Yossef,

C'est peu dire que l'impression qui se dégage de votre texte en est une où la joie et le bonheur de faire partie du Peuple d'Israël ne sautent pas aux yeux. Cela correspondait-il à un évènement malheureux passager particulier ou à un sentiment plus profond ?

Votre déclaration : “je suis guer (un converti) cette condition est une souffrance pour la vie” me semble tellement éloignée de ce qu'une âme qui retrouve sa famille doit ressentir ! Servir D-ieu doit se faire dans la joie, peu importe qui nous sommes et d'où nous venons. Le Maître du monde désire nous voir heureux, souriants et joyeux de Lui appartenir.

Retourner vers D-ieu

Vous avez entièrement raison de souligner qu'une des difficultés des guerim consiste à trouver leur chemin. Ceux qui n'ont pas reçu de tradition ont naturellement plus de difficultés de vivre avec que les autres. Cependant, tous les juifs ne sont pas “ pétris par la tradition et les chemins et conseils à suivre transmis par [leur] famille.”

Nous vivons une époque formidable. Le peuple juif se réveille et retrouve ses racines saintes. Dans le monde entier, ce sont des milliers d'individus qui redécouvrent le chemin de la Tora et l'importance de leur relation avec Hachem. Pour toutes ces personnes aussi, la tradition reste à imaginer. Elles aussi n'ont pas reçu d'héritage et contrairement à vous, elles peuvent sentir de l'amertume envers leurs parents pour ne pas leur avoir donné l'éducation qu'elles auraient dû recevoir. Vous avez cette chance de ne rien devoir rectifier, vous devez seulement construire !

Cette comparaison entre guerim et ba'alé téchouva peut vous aider à réaliser que vous n'êtes pas seul à faire face à ce type de difficultés. La comparaison s'applique également à l'éducation des enfants : quoi leur dire ? Comment leur transmettre ce qu'on n'a pas reçu ? Etc. En d'autres termes, le Service divin des guerim et des ba'alé téchouva se ressemble sur un nombre important d'aspects. C'est pour cela que Rabbi Na'hman de Breslev – dans son enseignement du Liqouté Moharan – a comparé souvent les guerim aux ba'alé téchouva.

Une direction claire

Vous avez également raison lorsque vous écrivez qu'“en tant que guer, [on] risque de suivre les chemins qui [nous] sont conseillés par ... tout le monde.” C'est pour éviter la confusion inhérente à cette situation qu'il est primordial d'avoir un Rav auquel nous adressons nos questions. Bien sûr, cela est important pour la halakha, mais aussi pour la hachqafa, c'est-à-dire toutes les questions relatives au style de vie, au choix quotidien que nous devons faire en ce qui concerne des choses qui ne sont pas couvertes pas les halakhoth.

Les conseils donnés pas un Rav sont réellement le souffle de vie de l'individu. Je souhaite de tout cœur que vous en ayez un, afin de pouvoir lui faire part de vos questions, interrogations, soucis…

Il y a tant à dire ! Si je devais partager une seule chose avec vous, cela serait d'essayer de vous communiquer la joie de servir notre Créateur. J'espère de tout cœur que nous pourrons continuer à correspondre.

Servez D-ieu dans la joie ! Parlez-lui avec le bonheur de savoir qu'Il vous écoute et que vous êtes unique !

Bonne journée.

David-Yits'haq Trauttman

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mardi 26 mai 2009

Vivre dans la naïveté

Pour lire l'extrait de la leçon “Azamra ” du Liqouté Moharan, cliquez ici.


Après avoir expliqué l'importance de juger notre entourage d'une façon positive, Rabbi Na'hman de Breslev nous apprend que cette attitude doit également s'appliquer à nous. L'objectif est clair : vivre dans la joie et nous tenir éloignés de la tristesse.

Cette volonté d'être joyeux ne correspond pas à un sentiment de besoin de notre part. Le plus souvent, les personnes sont joyeuses… si elles le désirent. Selon Rabbi Na'hman, c'est tous les jours qu'il faut l'être ! Même lorsque nous avons toutes les bonnes raisons du monde de nous sentir abattus ou accablés, il faut être joyeux.

Nous devons savoir que notre ennemi principal est la tristesse, qui nous ôte notre force et notre envie de nous rapprocher du Divin. C'est pour cela qu'être joyeux ne doit pas être un état qui dépend de ce que nous vivons ; plutôt, il doit s'agir d'une philosophie de vie : peu importe ce qui nous arrive, nous désirons vivre joyeux. Lorsque cela est facile, nous n'aurons pas beaucoup d'efforts à faire.

Cependant, dans les situations délicates, notre résolution à garder le moral et à vivre dans la joie ne doit pas nous quitter. Cela est possible si nous cherchons les aspects positifs en nous-mêmes. Ce sont eux qui nous permettent de nous éloigne d'une façon dangereuse de penser : “Je ne fais rien de bien de ma vie !” ; “Je ne fais que des erreurs !” ; “Je suis un père (ou une mère) abominable !” ; “Je détruis mes enfants !” Etc.

Peu importe ce que nous avons fait, nous devons nous sentir obligés de chercher la moindre parcelle de bien que nous avons réalisée dans notre vie. Au-delà des erreurs que nous avons faites, ce sont ces étincelles de bien qui nous permettent d'afficher le sourire et de penser : “Après tout, je ne suis pas si terrible ! N'ai-je pas fait telle ou telle chose de bien ? N'ai-je pas aidé telle ou telle personne ? N'ai-je pas prié aujourd'hui ?” Etc.

Ne pas vivre dans la naïveté

Ce conseil de Rabbi Na'hman nous apprend une chose supplémentaire : nous ne devons pas vivre dans la naïveté et croire que notre volonté de nous rapprocher de D-ieu dépend uniquement de nous. Si nous omettons d'accorder aux forces du mal l'importance qui leur revient, nous courrons le risque de tomber – que D-ieu nous préserve – sans nous apercevoir que nous ne sommes pas les principaux fautifs de cette chute.

Ignorer la seule raison d'être de ces forces du mal – c'est-à-dire nous éloigner de D-ieu – est leur rendre un grand service. Pour quelle raison serins-nous leurs aides ? N'avons-nous pas mieux à faire que de leur ouvrir les bras ? Ne pensons-nous pas que la lutte sera sévère, même si nous rassemblons toutes nos forces ? Ainsi, pourquoi leur rendre le combat plus facile ?

Vous pourrez sans doute entendre quelqu'un vous dire : “Qui a entendu parler de ces forces du mal ? Dans quel monde vis-tu pour y croire ? Ne pourrais-tu pas commencer à vivre comme un adulte ?” Sachez que cette personne joue le rôle des forces qui désirent vous éloigner de votre racine sainte. Vous éloigner d'elle est une question de survie. Nous ne gagnons rien à fréquenter les personnes qui désirent notre mort spirituelle.

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dimanche 24 mai 2009

Y'a d'la joie !

Pour lire l'extrait de la leçon “Azamra ” du Liqouté Moharan, cliquez ici.


Considérer la vie sous son aspect positif est un des fondements de la pensée breslev. La joie, le sourire, l'espoir, le verre demi plein – et non pas demi vide – sont les éléments essentiels de la vie d'un 'hassid breslev. Cependant, afin de comprendre les raisons pour lesquelles cette attitude n'est pas une vision superficielle de la vie, il est important de lire la traduction des extraits de la leçon 282 du Liqouté Moharan de Rabbi Na'hman de Breslev que nous vous proposons. C'est effectivement dans cette leçon que le père de la pensée breslev expose les détails de l'attitude de l'éternel optimisme.

Nous sommes tous des juges

Nous disons souvent que nous ne devons pas juger les autres. Cette remarque révèle d'une façon implicite la nature des jugements que nous formulons le plus souvent à l'encontre de nos contemporains et des autres : une appréciation négative. De fait, si nous avions l'habitude de juger notre entourage d'une façon positive, quel problème y aurait-il à juger les autres ? Plutôt, parce que nous savons pertinemment que lorsque nous jugeons les autres, la conclusion est négative dans la majorité du temps, nous sommes arrivés à la conclusion que nous ne devons pas juger les autres.

Rabbi Na'hman ne partage pas cette opinion. Selon le Rabbi, non seulement nous devons juger – les autres et également nous-mêmes – mais nous devons nous forcer de formuler un jugement positif. Ceci doit être le cas même pour les personnes qui sont forcément mauvaises et méchantes ; même pour elles, nous devons nous efforcer de trouver au moins un aspect positif – la néqouda tova – dans leur personnalité.

Ce conseil possède deux aspects : tout d'abord, il est réaliste. Si nous ne pouvions plus juger notre entourage, nous aurions vite faits d'être des menteurs. Juger semble être une activité dont personne ne peut se passer ! Le second aspect est de nous demander quelque chose qui ne fait pas partie de nos habitudes : voir une personne que nous savons être mauvaise sous un nouveau jour, celui du plus petit aspect positif que nous pouvons trouver en elle.

Le résultat de nos efforts est de transformer la personne méchante. Celle-ci ne devient pas nécessairement la plus gentille du monde, mais dans la mesure où nous trouvons en elle un aspect positif, elle n'est plus aussi méchante à nos yeux qu'elle le semblait auparavant.

Y'a d'la joie !

C'est l'explication donnée par Rabbi Na'hman du verset des Psaumes (37:10) : “Encore un peu, et le méchant ne sera plus ; tu observeras sa place, il en aura disparu.” “Encore un peu”, c'est-à-dire en trouvant “un peu” de bien en chaque personne, même la plus mauvaise ne l'est plus ; celle-ci acquiert un nouveau statut et de méchante, elle “aura disparue.”

Notre façon de voir doit être réelle et profonde. Il n'est pas question ici de prétendre que les autres sont bons, tandis que nous pensons au fond de nous qu'ils ne valent rien. Cela serait se mentir et n'aboutirait à rien. Si nous devons voir le monde sous son aspect positif, c'est que dans tous les cas, il existe bel et bien. À l'image de Charles Trenet et de sa chanson “Y'a d'la joie”, ce sentiment positif existe réellement. La différence entre Charles Trenet et Rabbi Na'hman est que l'un a rêvé, tandis que l'autre propose de vivre vraiment cette vision.

Dans cette première partie de la leçon, on applique ce raisonnement aux autres personnes. Notre entourage devient plus agréable, plus convivial. Plus tard dans la leçon, il s'agira d'appliquer le même raisonnement à nous-mêmes. Nous verrons pourquoi cela n'est pas toujours facile.


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mercredi 29 avril 2009

Le "mauvais juif" qui désirait aller danser (2)

(Pour lire la première partie de cet article, cliquez ici)

Tandis que Jacques se trouve dans l'endroit où il désirait être depuis le début de la semaine, il ressent un pincement de cœur. Affalé sur un cousin, il se détache de lui-même et a l'impression de se transformer en caméra qui le filmerait. Un énième verre d'alcool fort à la main, Jacques se trouve penaud, presque misérable.

Il a l'impression d'avoir tout raté. Les disques du Rav ne lui ont servi à rien ; ses bonnes résolutions ont été depuis longtemps oubliées. En d'autres termes, Jacques a honte.

Pourtant, il devrait savoir qu'à cet instant précis, c'est D-ieu qui lui tend la main. Se sentir misérable d'être tellement éloigné du Créateur révèle une grandeur d'âme hors du commun. Au Ciel, les anges regardent Jacques comme s'ils regardaient un Saint. Lui ne le sait pas. Plutôt, il pense être le dernier des mécréants. Il n'en est rien : D-ieu Lui-même verse une larme d'amour pour cette âme juive qui pense en ce moment à Lui.

Que Jacques ne baisse pas les bras ! Le mauvais penchant a tout fait pour le faire tomber et y est presque arrivé. Malgré tout, au plus profond du puits, le Satan n'a pas vu surgir l'attaque : une pensée du Divin.

Penser à D-ieu… au plus mauvais moment

Tandis que Jacques pense à sa soirée, les évènements célestes le laissent indifférent. Son regard se pose sur les personnes qui sont en train de danser sur la piste. Quel monde bizarre ! Il y a seulement quelques minutes, il faisait partie d'eux et maintenant il pense au Créateur du monde. Quelque chose d'anormal doit fonctionner dans sa tête.

Jacques s'en voudrait presque. S'il avait su que son plaisir serait en partie gâché par des pensées vertueuses, il aurait bien économisé le prix d'entrée du club de nuit ! Au moment précis où son plaisir était supposé atteindre son apogée, voilà qu'il sent les remords l'envahir. Quel imbécile est-il de ne pas savoir à quel clan il appartient : à celui des croyants ou à celui des fêtards.

Si Jacques avait des lunettes d'un autre type, il verrait qu'il est sur le point de briser les portes du Ciel. Encore quelques minutes d'une sensation désagréable au fond de lui et s'en est fait : il sera intronisé dans le Panthéon des Justes.

Même assis au beau milieu de cet endroit enfumé, Jacques se prépare une entrée royale dans la cour des grands. Certes, tout le monde là-haut aurait préféré qu'il écoute ce soir-là les disques du Rav plutôt que cette musique assourdissante. Cependant, dans la mesure où il a poussé la porte du club de nuit, les anges restent époustouflés en constatant qu'au milieu de la “faute”, Jacques a des pensées de repentir.

Jacques peut l'assurer : assis sur le canapé de club de nuit, entouré de corps qui se démènent et un verre à la main, son cœur a des pensées élevées et de repentir. Que Jacques sache que ces pensées le rendent cher aux yeux du Maître du monde. La prochaine fois, il essayera d'obtenir le grand chelem : avoir les mêmes pensées, sans se rendre dans une boîte de nuit. Pour l'instant, il peut être heureux : il a réussi l'exploit de penser à D-ieu tandis qu'il se croyait perdu. Le repentir a commencé pendant que la faute était faite. Grandiose ! Zidane en est jaloux !

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