mardi 10 mai 2011

Compter le 'Omer (1)


Nous sommes dans la période où nous comptons le 'Omer. Quelle perception spirituelle pouvons-nous obtenir de ces jours uniques de l'année juive ?

Le Rav Lazer Brody répond :

“En vertu du 'Omer que j'ai compté aujourd'hui… puis-je être purifié et sanctifié avec la Sainteté supérieure et que ceci puisse permettre une influence de grande abondance dans tous les mondes.” (Seder Sfirath Ha'Omer, prière de conclusion).

Chaque soir, à la conclusion du décompte du 'Omer, nous demandons à Hachem d'être purifiés et sanctifiés. Nous disons également que notre purification et notre sanctification provoquent une influence d'abondance formidable dans tous les mondes : le matériel et le spirituel.

Avant d'essayer de comprendre les principes indiqués ci-dessus, nous devons réaliser qu'à Pessa'h (la Pâques juive), le peuple d'Israël est une nation d'esclaves qui viennent d'être libérés. Non seulement nous étions des esclaves nouvellement libérés lorsque l'exode d'Égypte a eu lieu, mais chaque année à Pessa'h, nous le sommes de nouveau.

Pessa'h est le moment de l'année qui est le plus éloigné des fêtes de Roch Hachana (le jour de l'an juif) et de Yom Kipour (le jour du Grand pardon), lorsque tout Israël fait téchouva (se repent) à cause de la peur de D-ieu que nous ressentons. Le fait que Pessa'h se situe à la fin de l'hiver n'est pas anodin : c'est lorsque les jours se réchauffent que nous baissons la garde et nous nous retrouvons les esclaves de nos désirs physiques et de nos appétits malsains.

À Pessa'h, nous complétons le processus qui consiste à nettoyer l'aspect physique de notre environnement du 'hametz (le levain). En même temps, nous commençons le processus spirituel qui nous permet de nettoyer notre cœur… afin de nous mener vers la liberté.

La téchouva est le nettoyage de cœur de toutes les sortes de mal

La véritable liberté – qui inclut la liberté face à la pression sociale et aux besoins physiques – vient de la Tora. Par conséquent, même si nous avions brisé les chaines de l'esclavage à Pessa'h, nous n'avons pas été réellement libres jusqu'au jour où nous avons reçu la Tora, cinquante jours plus tard, à Chavou'oth.

Pendant les 49 jours intermédiaires, nous comptons le 'Omer. Ceci est un processus afin de nous préparer à recevoir la Tora. Rabbi Nathan de Breslev a dit que chacun des 49 jours rectifie un attribut de caractère qui correspond aux 48 façons différentes pour atteindre la Tora (consulter le traité Avoth 6:6 pour la liste entière), tandis que le 49ième jour sert de correction à nos prières.

Rabbi Nathan a écrit (Abrégé du Liqouté Moharan 63:2) que les 49 jours du 'Omer correspondent également aux 49 portes de la téchouva (du repentir). En récitant les Téhilim (Psaumes) chaque jour, nous pouvons ouvrir la porte de la téchouva. Par conséquent – conclut Rabbi Nathan – dire les Téhilim chaque jour du 'Omer est extrêmement important.

Le principe de Rabbi Nathan qui mêle les Téhilim et la téchouva explique la façon dont la purification de notre âme pendant les jours du 'Omer invoque l'abondance dans tous les mondes. Nous pouvons mieux comprendre ce principe – avec l'aide de D-ieu – grâce à l'aide d'une parabole :

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mercredi 29 avril 2009

Le "mauvais juif" qui désirait aller danser (2)

(Pour lire la première partie de cet article, cliquez ici)

Tandis que Jacques se trouve dans l'endroit où il désirait être depuis le début de la semaine, il ressent un pincement de cœur. Affalé sur un cousin, il se détache de lui-même et a l'impression de se transformer en caméra qui le filmerait. Un énième verre d'alcool fort à la main, Jacques se trouve penaud, presque misérable.

Il a l'impression d'avoir tout raté. Les disques du Rav ne lui ont servi à rien ; ses bonnes résolutions ont été depuis longtemps oubliées. En d'autres termes, Jacques a honte.

Pourtant, il devrait savoir qu'à cet instant précis, c'est D-ieu qui lui tend la main. Se sentir misérable d'être tellement éloigné du Créateur révèle une grandeur d'âme hors du commun. Au Ciel, les anges regardent Jacques comme s'ils regardaient un Saint. Lui ne le sait pas. Plutôt, il pense être le dernier des mécréants. Il n'en est rien : D-ieu Lui-même verse une larme d'amour pour cette âme juive qui pense en ce moment à Lui.

Que Jacques ne baisse pas les bras ! Le mauvais penchant a tout fait pour le faire tomber et y est presque arrivé. Malgré tout, au plus profond du puits, le Satan n'a pas vu surgir l'attaque : une pensée du Divin.

Penser à D-ieu… au plus mauvais moment

Tandis que Jacques pense à sa soirée, les évènements célestes le laissent indifférent. Son regard se pose sur les personnes qui sont en train de danser sur la piste. Quel monde bizarre ! Il y a seulement quelques minutes, il faisait partie d'eux et maintenant il pense au Créateur du monde. Quelque chose d'anormal doit fonctionner dans sa tête.

Jacques s'en voudrait presque. S'il avait su que son plaisir serait en partie gâché par des pensées vertueuses, il aurait bien économisé le prix d'entrée du club de nuit ! Au moment précis où son plaisir était supposé atteindre son apogée, voilà qu'il sent les remords l'envahir. Quel imbécile est-il de ne pas savoir à quel clan il appartient : à celui des croyants ou à celui des fêtards.

Si Jacques avait des lunettes d'un autre type, il verrait qu'il est sur le point de briser les portes du Ciel. Encore quelques minutes d'une sensation désagréable au fond de lui et s'en est fait : il sera intronisé dans le Panthéon des Justes.

Même assis au beau milieu de cet endroit enfumé, Jacques se prépare une entrée royale dans la cour des grands. Certes, tout le monde là-haut aurait préféré qu'il écoute ce soir-là les disques du Rav plutôt que cette musique assourdissante. Cependant, dans la mesure où il a poussé la porte du club de nuit, les anges restent époustouflés en constatant qu'au milieu de la “faute”, Jacques a des pensées de repentir.

Jacques peut l'assurer : assis sur le canapé de club de nuit, entouré de corps qui se démènent et un verre à la main, son cœur a des pensées élevées et de repentir. Que Jacques sache que ces pensées le rendent cher aux yeux du Maître du monde. La prochaine fois, il essayera d'obtenir le grand chelem : avoir les mêmes pensées, sans se rendre dans une boîte de nuit. Pour l'instant, il peut être heureux : il a réussi l'exploit de penser à D-ieu tandis qu'il se croyait perdu. Le repentir a commencé pendant que la faute était faite. Grandiose ! Zidane en est jaloux !

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mardi 28 avril 2009

Le "mauvais juif" qui désirait aller danser (1)

Jacques a tout appris à propos de l'importance de ne pas poser ses yeux sur les femmes. Il sait également à quel point il faut fuir les lieux dans lesquels les rencontres faciles ont lieu : bars, boîtes de nuit et autres endroits de ce type. En fait, Jacques s'est procuré les disques d'un Rav qui décrit à merveille les nombreux dangers que font courir ces lieux à l'âme juive. Ainsi, personne ne sait mieux que lui les risques encourus à traîner dans ces places.

Malgré tout cela, la semaine passée au travail a été particulièrement difficile pour Jacques. En cette fin de semaine, il se sent saisi d'une envie irrésistible : aller danser toute la nuit au bruit assourdissant du dernier succès à la mode. Les yeux de Jacques font plusieurs fois l'aller-retour entre les disques du Rav posés sur sa table de salon et les clés de sa voiture posées à côté. Le débat qui a lieu est celui entre la raison et le cœur. Jacques essaie de se retenir, de se raisonner.

D'un coup, il se lève, saisit les clés de sa voiture et sort précipitamment de chez lui. La sagesse est remise au lendemain ; ce soir, Jacques a décidé d'aller s'amuser et d'aller traîner ses guêtres dans la nouvelle boîte de nuit qui vient d'ouvrir au centre ville et dont tout le monde parle. Les disques attendront.

Une danse épuisante

Au volant de sa voiture, Jacques sent au fond de lui une certaine tension, un sentiment d'insatisfaction. Certes, ce soir il s'est juré de “s'éclater”, mais il a l'impression qu'en agissant de la sorte, c'est à son corps qu'il fait plaisir, qu'il a rendu les armes. D'autre part, s'il écoutait un peu plus la petite voix de son âme, il serait prêt à parier qu'il l'entendrait crier : “Je t'en supplie ! Ne vas pas là-bas ! Il est encore temps : reprends-toi ! As-tu donc oublié les paroles du Rav ?”

Heureusement que le feu vient de passer au vert : encore quelques secondes et Jacques sentait qu'il allait se laisser séduire par cette petite voix intérieure !

Appuyant de plus belle sur l'accélérateur, la destination n'est pas longue à atteindre. Tel un pur-sang qui a décidé d'en découdre avec ses adversaires, Jacques descend en courant les quelques marches qui mènent à la porte d'entrés du club de nuit. Le portier le connaît bien : il lui ouvre la porte sans que ce dernier ait eu à prononcer une parole.

Soudainement, la musique se fait enivrante et étourdissante. Quelques minutes plus tard – un verre de whisky à la main – Jacques est heureux. Après toutes ces heures de travail, il peut enfin se décontracter et se régaler à remuer son corps d'athlète.

Chaque mouvement de hanche semble être un cri de guerre : “Je veux vivre ! Je désire m'exprimer ! Qui pourra m'entendre ? Je ne suis pas simplement un employé de bureau : j'ai vingt-cinq ans et il me semble que le monde m'appartient ! N'y a-t-il personne qui pense de la sorte ?”

Les battements de mains suivent le rythme affolant de la guitare électrique et Jacques a l'impression qu'il est seul sur la piste de danse. Après quelques verres de whisky, la musique semble ne faire qu'un avec lui. Quel plaisir !

Après une heure ou deux à danser de la sorte, Jacques a besoin de se reposer. À bout de souffle, il s'affale sur un des canapés disponibles afin de reprendre son souffle. Tandis que sa respiration revient petit à petit à un rythme normal, son esprit se remet également à fonctionner. Soudainement, une chose extraordinaire se produit.

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jeudi 6 septembre 1990

Ne pas parvenir à se repentir

Rav Ovadia Yossef, chelita

Question : Un homme qui commet des fautes et qui rencontre de grandes difficultés à se repentir au point de ne pas y parvenir, y a-t-il malgré cela une quelconque utilité aux Mitsvot qu’il accomplit, ou pas ?

Réponse :
En général, le procédé du repentir se déroule dans le contexte de « s’écarter du mal et faire le bien », ce qui signifie que l’homme doit d’abord se repentir de ses fautes devant Hachem, et seulement ensuite augmenter ses Mitsvot et ses bonnes actions qui intercèderont également en sa faveur.

Notre maître le RAMBAM écrit (chap.7 des Hal. relatives au repentir) :

Combien est grand le repentir ! Hier seulement, cet individu était isolé d’Hachem, comme il est dit : « Même si vous multipliez les prières, je ne les écouterai pas ! », il accomplissait des Mitsvot qu’on lui rejetait au visage, comme il est dit : « Qui a réclamé de vous de venir fouler le sol de mon sanctuaire… Je ne vous désire plus - ainsi parle Hachem - je ne veux plus de vos offrandes… ».

Mais aujourd’hui qu’il s’est repenti, ce même individu est attaché à la Chéh’ina (présence Divine), comme il est dit : « Vous êtes attachés à Hachem votre D…. », il n’a plus qu’à implorer et il est immédiatement écouté, comme il est dit : « Avant même qu’ils n’implorent, je leur répondrai », il accomplit des Mitsvot qui sont acceptées avec joie et tranquillité, comme il est dit : « Hachem a déjà accepté tes actes. » Fin de citation.

À partir des propos du RAMBAM, il est expliqué qu’Hachem n’a aucun désir des actes de Mitsvot accomplies par une personne qui réside encore dans sa faute, car cette personne n’est pas aimée par Hachem, et les Mitsvot que cette personne accomplit lui seront rejetées au visage. De ce fait, tous les efforts que cette personne fournit dans les Mitsvot qu’elle accomplit restent vains, tant qu’elle ne s’est pas repentie de ses fautes.

Mais en réalité, il n’en est rien, car il est expliqué dans le Yalkoutt sur Hoché’a (Remez 247-529) que toute personne qui commet encore des fautes et qui n’a pas la possibilité de se repentir doit les « échanger » contre des bonnes actions, et son repentir fera accepté ses efforts.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita explique cet enseignement de la façon suivante :

Un individu qui tente de se repentir, mais qui n’y parvient pas, puisqu’en définitive son intention est de se repentir, il ne doit pas rester oisif vis-à-vis des Mitsvot, mais au contraire, il doit investir toutes ses forces dans les Mitsvot et les bonnes actions, et ensuite, lorsqu’il réussira à se repentir, toutes les Mitsvot qu’il aura entre-temps accomplies seront rétroactivement acceptées devant Hachem.

Nous pouvons ajouté que l’accomplissement de Mitsvot pour une personne qui n’est pas encore parvenue à se repentir de ses fautes représente un moyen de parvenir par la suite à se repentir, car celui qui commet une faute et s’efforce de se repentir, en s’investissant en même temps dans l’étude de la Torah et dans l’accomplissement des Mitsvot, il ne fait aucun doute que cette étude attirera de la sainteté sur sa personnalité, et elle l’aidera à contenir son Yetser Ha-Ra’ (mauvais penchant) à l’avenir.

Lorsque cette personne se repentira des ses fautes, son repentir sera accepté, et il recevra même une récompense pour avoir aussi accompli des Mitsvot.

Notre maître le Rav Chlita explique grâce à cela (au nom des commentateurs) la célèbre histoire rapportée dans la Guémara ‘Avoda Zara (17a), au sujet de El’azar Ben Dordaya qui était un grand fauteur, et qui s’est repenti de ses fautes. Lorsqu’il prit conscience de l’ampleur de ses fautes, il plaça sa tête entre ses genoux et éclata en sanglots sur ses fautes, jusqu’à rendre son âme. À ce moment-là, une voix céleste retentit et déclara : « Rabbi El’azar Ben Dordaya est convié au monde futur ! » car son repentir avait été accepté. Rabbénou Ha-Kadoch pleura et dit : « Il y a des gens qui acquièrent leur part dans le monde futur en un seul instant ! »

On peut pourtant s’interroger :

Pourquoi Rabbénou Ha-Kadoch pleure-t-il sur le fait qu’un individu qui s’est repenti de ses fautes soit convié au monde futur ?

Les commentateurs répondent en disant que Rabbénou Ha-Kadoch pleure sur le fait que Rabbi El’azar Ben Dordaya n’a pas eu l’occasion d’amasser suffisamment de Mitsvot et de bonnes actions durant sa vie, et principalement dans le domaine de l’étude de la Torah, car dans le monde futur il ne pourra plus accomplir de Mitsvot. Si Rabbi El’azar ben Dordaya avait accomplit des Mitsvot même sans s’être encore repenti, grâce à son repentir il aurait mérité une récompense pour ses actes. (Halacha Yomit)

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lundi 3 septembre 1990

Demander pardon pour les fautes involontaires

Rav Ovadia Yossef, chelita

Question : Pourquoi l’homme doit-il demander pardon à Hachem sur ce qu’il a fait sans intention, c'est-à-dire de façon involontaire, alors qu’il n’existe pas d’homme juste sur terre qui ne fait que le bien sans commettre de faute, et il est impossible à l’homme de ne pas commettre quelques fautes sans y avoir porté attention. Pourquoi avons-nous donc le devoir de nous repentir même sur ce type de fautes ?

Réponse :

Il est enseigné dans la Guémara Yoma (36b) :

Rabbi Meïr dit : quel est l’ordre du Vidouï (aveux des fautes) ?

On doit dire : « J’ai fauté volontairement (‘Avon) ; j’ai fauté par rébellion envers Toi (Pecha’ ) ; j’ai fauté involontairement (H’ètt) », selon l’ordre respecté au sujet du bouc qui était envoyé du haut d’une falaise le jour de Yom Kippour, et qui servait d’expiatoire aux fautes d’Israël : « Il (le Cohen Gadol) avouera sur lui les « ‘Avonot » (fautes volontaires) des enfants d’Israël, ainsi que tous leurs « Pécha’im » (fautes par rébellion) et leurs « H’ataïm » (fautes involontaires)… »

C’est à partir de là que nous apprenons l’ordre du Vidouï.

Mais les H’ah’amim objectent et pensent que l’ordre du Vidouï est :

« J’ai fauté involontairement (H’ètt), j’ai fauté volontairement (‘Avon), j’ai fauté par rébellion envers Toi (Pecha’ ) ».

En effet, le terme « H’ètt » désigne les fautes involontaires, comme il est dit : « une personne qui fauterait (H’ètt) involontairement… ».

Le terme « ‘Avon » désigne la faute volontaire, comme il est dit : « Cette personne sera retranchée, sa faute (‘Avon) en elle ».

Le terme « Pécha’ » désigne la rébellion, c'est-à-dire, le niveau le plus grave de la faute, comme il est dit : « Le roi de Moav a fauté envers moi… ».

Or, puisqu’il n’est pas juste d’avouer des fautes commises de façon involontaire après avoir avoué des fautes volontaires et de la rébellion, par conséquent, le plus juste est de dire : « j’ai fauté involontairement (H’ètt), j’ai fauté volontairement (‘Avon), j’ai fauté par rébellion envers Toi (Pecha’ ) ».

Nous savons que la Halah’a est fixée selon l’opinion des H’ah’amim.

De même, le roi David dit : « Nous avons fauté (H’ètt) avec nos parents, nous avons fauté volontairement et nous avons fait preuve de mécréance. ».
Nous pouvons constater qu’il a placé le « H’ètt » (faute involontaire) devant le « ‘Avon » (faute volontaire).

Nous voyons à partir de tout cela que le « H’ètt » désigne la faute involontaire, et le « ‘Avon » la faute volontaire, et malgré cela, selon Rabbi Meïr, l’homme doit d’abord avouer ses fautes volontaires et ensuite ses fautes involontaires.

Nous devons donc comprendre la raison de Rabbi Meïr, puisque la logique voudrait d’abord placer la faute involontaire avant la faute volontaire, car il n’est pas correct de demander pardon d’abord sur la chose grave et ensuite sur la chose moins grave.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita explique cela en disant que la raison de Rabbi Meïr réside dans le fait qu’en réalité nous aurions pu dire que l’homme n’aurait pas à demander pardon pour des fautes commises involontairement puisque – comme le dit notre question – il n’existe pas d’homme sur terre qui accomplit le bien sans commettre la moindre faute, et il est inconcevable qu’un homme ne se heurte pas une seule fois dans sa vie à une quelconque faute par inattention.

Mais en réalité, si l’homme était un véritable Tsaddik, et qu’il se comportait dans le moindre de ses actes selon le chemin de la Torah, aucune forme de faute ne se présenterait devant lui, pas même une faute involontaire, car il est inconcevable qu’un juif qui possède en lui une âme sainte puisse commettre la moindre faute, même par inattention, excepté s’il a commis auparavant une faute de façon volontaire de son plein gré, car à ce moment-là, son âme est souillée et entachée, et de ce fait, il peut en arriver par la suite à commettre des fautes de façon involontaire.

Notre maître rapporte que le Gaon MAHARAM ALCHIH’ explique lui aussi dans ce sens en ajoutant que l’âme de l’homme ne peut normalement pas arriver à la moindre faute, et si l’homme commet malgré tout des fautes involontaires, c’est en raison des fautes volontaires qu’il a commises.

C’est pourquoi le roi David dit : « J’avoue mon ‘Avon (faite volontaire), mais je me soucis de mon H’ètt (faute involontaire) ». Car après s’être heurté à la faute volontaire, j’ai de quoi me faire du souci vis-à-vis de ma faute involontaire, puisque c’est le volontaire qui provoque l’involontaire.

C’est donc pour cette raison que Rabbi Meïr place la faute volontaire avant l’involontaire dans le Vidouï, car c’est la faute volontaire qui entraîne la faute involontaire.

Par conséquent, chacun est tenu d’avouer ses fautes et de se repentir sur tous ses actes, et il ne faut surtout pas se laisser convaincre par des mensonges comme les propos de certains qui affirment : « Après tout, notre situation est correcte… ».

Ou bien « Si tout le monde était comme moi, le Machiah’ serait déjà arrivé… ». Car il n’en est rien et qui peut imaginer la profondeur de la justice d'Hachem ?!

Chacun doit se repentir de façon sincère, en particulier des fautes commises de façon volontaire, et grâce à cela, Hachem le préservera de toute faute, même involontaire.

Qu’Hachem accepte favorablement notre repentir. (Halacha Yomit)

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dimanche 2 septembre 1990

Réparation des fautes

Rav Ovadia Yossef, chelita

Il est enseigné dans une Béraïta de Yoma (86a) :

Il existe 4 sortes de moyens d’expiation des fautes.

C'est-à-dire : il existe 4 niveaux de fautes, et à chacun de ses niveaux, correspond un moyen de réparation totale de la faute.

Une personne qui a transgressé un commandement positif (une obligation à accomplir) et qui s’est repentie (sincèrement) de sa faute se verra accorder obligatoirement le pardon.

Par exemple, une personne qui ne récitait pas le Kiddouch du vendredi soir, ou bien qui ne lisait pas le Chéma’ en son temps, si cette personne regrette sa faute et l’avoue explicitement en s’engageant solennellement à ne plus la récidiver, sa faute est immédiatement pardonnée, comme il est dit : « Revenez, enfants rebelles, je vous guérirais de votre rébellion. »

Une personne qui a transgressé un commandement négatif (qui a enfreint un interdit) - comme consommer un fruit qui nécessite vérification des vers, sans le vérifier au préalable, et ce fruit contenait des vers - et s’est repenti (sincèrement) de sa faute, son repentir reste en suspend (le statut de cette personne reste en suspend) et c’est Yom Kippour qui procurera le pardon absolu de cette faute, comme il est dit : « Car ce jour-là, Hachem vous pardonnera toutes vos fautes… »

Une personne qui a transgressé des interdits condamnés par la Torah par la peine de Karett (retranchement de ce monde et de l’autre, la personne meurt prématurément et sans laisser de descendance), ou bien par la peine de mort exécutée par le Beth Din (à l’époque du Temple de Jérusalem), par exemple, lorsqu’une personne n’observe pas les règles de la pureté familiale ou bien qui transgresse volontairement le Chabbat, dans de tels cas, le repentir de la personne et Yom Kippour maintiennent cette personne en suspend et les épreuves la laveront de ses fautes.

Ceci signifie que cette personne doit avant tout se repentir sincèrement de ses fautes, passer un Yom Kippour et traverser des épreuves qui lui feront obtenir une expiation totale de ses fautes, comme il est dit : « j’examinerai leur pêché avec le bâton, et leur faute avec l’épreuve. »

Le dernier niveau de faute est la profanation du Nom d’Hachem pour lequel il n’existe aucun moyen d’expiation excepté la mort de l’individu qui l’expie de sa faute.

Cependant, il existe d’autres nuances sur tout cela.

Par exemple, lorsque nous avons dit au sujet de celui qui a transgressé un commandement positif (ou même une obligation établie par nos maîtres, comme réciter une bénédiction alimentaire), cette personne obtiendra son pardon simplement par son repentir sincère, en réalité ceci n’est pas toujours le cas.

En effet, il est expliqué dans les décisionnaires qu’une personne qui récidive de nombreuses fois la même transgression d’un commandement positif, la multiplicité des fautes peut lui causer un défaut aussi important que celui qui a transgressé un interdit dont la peine est Karett (voir plus haut) ou la peine de mort exécutée par le Beth Din (à l’époque du Temple de Jérusalem), et même pour une telle faute la personne peut nécessiter Yom Kippour et des épreuves pour obtenir l’expiation de sa faute récidivée.

De même, lorsque nous avons dit que la faute de la profanation du Nom d’Hachem ne possède aucun moyen d’expiation excepté la mort, ceci n’est également pas si évident, car celui qui sanctifie le Nom d’Hachem après avoir transgressé l’interdiction de profaner le Nom d’Hachem, répare de façon certaine la gravité de la faute de profanation du Nom d’Hachem, et l’ampleur de cette faute se diminue. (Le livre Kaf Ha-H’aïmHal. relatives Roch H‘odech – cite la procédure d’expiation de la faute de la profanation du Nom d’Hachem).

Nous pouvons donc en déduire que de nombreuses personnes nécessitent des épreuves afin d’expier leurs fautes, et n’ont apparemment aucun moyen de se sauver excepté d’attendre la punition d’Hachem qui leur fera obtenir l’expiation de leur faute, comme il est dit : « J’examinerai leur pêché avec le bâton, et leur faute avec l’épreuve. »

En réalité, les livres de nos maîtres du Moussar, les véritables Kabbalistes, sont remplis de toutes sortes de moyens de réparation des fautes, afin de permettre à chacun de réparer sa faute totalement.

Pour exemple : le saint livre Réchitt H’oh’ma rédigé par notre maître Rabbi Eliyahou DI VIDACH zatsal, impose de lourdes choses à eux qui ont commis des fautes, et pour chaque faute il préconise un nombre de jours de jeûnes, ou bien de se tremper dans de la glace, etc…

Ceci, par leur grande connaissance et leur véritable maîtrise du repentir qui correspond à chaque faute.

Cependant, avec l’avancée des générations, le monde s’est affaibli physiquement, et il nous est impossible d’observer tous les jeûnes préconisés par les Kabbalistes pour réparer les fautes, c’est pourquoi il ne faut pas observer ces moyens d’expiation.

Mais notre grand maître Rabbénou Yossef H’AÏM de Bagdad zatsal rédigea son livre Lachonn H’ah’amim dans lequel il préconise lui aussi des moyens d’expiation pour diverses fautes. Il rédigea son livre lui aussi selon sa connaissance qui n’avait pas son pareil dans le domaine du repentir. Il allégea de façon considérable l’ordre du repentir. Mais malgré cela, il préconise lui aussi un certain nombre de jeûnes pour chaque faute commise, et selon cela, certaines personnes devraient jeûner des centaines de jeûnes pour obtenir l’expiation de leurs fautes, ce qui n’est pas donné à chacun.

Entre la génération précédente et la notre, nous ressentons un affaiblissement physique considérable, puisqu’il y a seulement une trentaine d’années, vivaient parmi nous des gens qui étaient en mesure de jeûner plusieurs jours consécutifs tout en continuant à vivre normalement, comme le Tsaddik Rabbi Réouven CHARABANI zatsal qui jeûnait du samedi soir au vendredi soir de façon consécutive, et durant toute la semaine il étudiait la Torah sans interruption.

De même, le Tsaddik Rabbi Israël ABOUH’ATSIRA (Baba Salé) zatsal agissait ainsi lui aussi sans que le moindre mal ne lui arrive, mais pour notre part, il est certain que nous ne sommes pas en mesure de supporter de tels jeûnes.

C’est pour cette raison que l’un de nos grands maîtres de Jérusalem – Rabbi Itsh’ak ELAFYA zatsal qui était un homme saint qui a accompli des miracles – a établi le programme du « jeûne de la parole » en diffusant le fait que celui qui observe un jeûne de la parole, c'est-à-dire, ne pas prononcer de paroles profanes durant une journée entière et consacrer toutes ses paroles à l’étude de la Torah et à la prière. Un tel jeûne de la parole équivaut - à lui seul - à de nombreux jours de jeûnes, et cela constitue une grande réparation des fautes.

Il est donc souhaitable et juste pour chacun de se trouver au moins un jour durant cette période et d’observer le jeûne de la parole durant un jour entier, en le consacrant à la Torah et à la prière, et mériter ainsi une grande expiation de ses fautes.

Le moyen le plus efficace pour se faire pardonner ses fautes reste l’étude de la Torah, car la Torah a pour propriété de sauver la personne des épreuves, et de plus, elle expie ses fautes. Nous avons pu constater de nous-mêmes que lorsque des gens viennent consulter notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita pour lui demander un moyen de réparer des fautes qu’ils ont commises, notre maître suggère très souvent à ces personnes d’étudier le sujet en rapport avec la faute qu’ils ont commise.

Par exemple, s’il s’agit d’une profanation de Chabbat, il leur suggère d’étudier les Halah’ot relatives à Chabbat et de se montrer désormais très méticuleux dans ces Halah’ot, et par cela, la personne obtiendra une réparation pour sa faute, elle se préservera également des épreuves, et elle sera acceptée devant Hachem. (Halacha Yomit)

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samedi 1 septembre 1990

"Repens-toi un jour avant ta mort !"

Rav Ovadia Yossef, chelita

Nos maîtres enseignent : « Repens-toi un jour avant ta mort ! »

C'est-à-dire : chaque individu a le devoir de se repentir un jour avant sa mort, afin que l’on arrive propre devant Hachem, et d’être épargné du châtiment du Guéhinam.

Les élèves de Rabbi Eli’ezer demandèrent à leur maître :

« Existe-t-il un individu qui connaît le jour de sa mort ? »

Rabbi Eli’ezer leur répondit :

« A fortiori, qu’il se repente aujourd’hui, par risque de mourir le lendemain, et grâce à ce procédé, sa vie aura été intégralement consacrée au repentir ».

En réalité, Rabbi Eli’ezer expliqua à ses élèves le véritable sens de l’enseignement « Repens-toi un jour avant ta mort », qui a pour vocation d’attirer notre attention et nous faire méditer sur le fait que la finalité de chacun est la mort, et que chaque individu sera appelé à rendre des comptes sur le moindre de ses actes devant le Roi des Rois.

Par conséquent, chacun doit penser que s’il poursuit ses actes détestables et qu’il meurt sans avoir eu le temps de se repentir, sa fin sera très amère. C’est pourquoi, il faut se stimuler immédiatement à se repentir et à se renforcer davantage dans le Service d’Hachem, comme nos maîtres nous l’enseignent : « Rappelle-lui (au mauvais penchant) le jour de la mort… », car lorsque l’individu se souvient qu’il est appelé à quitter ce monde, il désire savoir quelle sera sa fin, et de ce fait, son cœur est attiré par le repentir.

Similairement à cela, nous nous trouvons dans la période du mois d’Eloul, qui précède le jour du jugement, jour de Roch Ha-Chana, où chaque individu doit réfléchir et se dire que même si durant toute l’année il est occupé par sa Parnassa (subsistance matérielle) et par d’autres occupations matérielles, malgré tout, il doit veiller à ne pas perdre l’occasion qui lui est donnée lors de ces jours redoutables, qui sont réellement proches du jugement dernier de l’homme.

Qui incite l’individu à commettre le mal devant Hachem durant toute l’année ? N’est-ce pas le désir, qui fait partie intégrante de l’individu ! L’homme est donc maître de lui-même, comme le dit le sage (l’auteur du livre Totsaott H’aïm qui est un de nos maîtres les décisionnaires de l’époque médiévale) : « J’ai été vendu comme l’esclave des esclaves, mais seul mon désir m’a conquis ! »

En effet, le serviteur d’Hachem, qui gère son existence seulement par son esprit et qui maîtrise ses pulsions physiques et matérielles, est un véritable homme libre. Par contre, celui qui se laisse aller aux désirs de son cœur se laissera emporter durant toute son existence par le courant de la vie, sans prendre conscience qu’il est jugé chaque année devant Hachem, que l’on pèse son état dans le ciel, un état qui ne s’améliore absolument pas, puisque cet individu n’évolue pas comme il devrait le faire.

Malgré tout cela, Hachem contient sa colère et lui décrète encore et encore d’autres années de vie, mais en définitive, chaque être vivant a sa fin, et à ce moment-là, comment cet individu va-t-il se justifier devant Hachem, lorsqu’Hachem lui dira : « Je t’ai donné plus que ce que tu méritais, et ce n’est pas pour autant que tu t’es réveillé à te repentir - ne serai ce qu’un minimum – envers moi. J’ai pourtant dit : « Revenez vers moi et je reviendrais vers vous… ».

Hachem ne désire pas la mort du Racha’ (impie), mais seulement son repentir. Lorsque chacun médite sur tout cela, cela ne peut que le renforcer davantage dans le Service d’Hachem, et le stimuler à se repentir tant que possible, car en cette période, chacun doit se repentir, puisqu’il n’existe pas d’homme juste qui n’a accompli que le bien sans commettre la moindre faute.

Il faut savoir que nous n’occultons pas le fait que l’homme n’est pas en mesure de transformer toute sa personnalité en l’espace d’un mois, et il est inconcevable qu’un individu puisse réussir - grâce au travail d’un seul mois - à changer d’un extrême à l’autre, malgré le poids de ses nombreuses transgressions et de ses mauvaises qualités humaines.

Cependant, chacun doit examiner quels sont les éléments qui lui provoquent une si grande détérioration. S’il s’agit d’une mauvaise fréquentation, il doit s’engager à s’en éloigner. S’il s’agit d’une tendance à colporter ou à écouter du Lachonn Ha-Ra’ (médisance), il doit prendre sur lui-même des barrières afin de ne pas commettre cette faute, de même pour tous les autres types de fautes. Il doit également s’engager de façon plus générale à se repentir dans tous les domaines, et ainsi, il pourra se maintenir dans le Service d’Hachem, et évoluer progressivement.

Il méritera de sortir acquitté de son jugement le jour de Roch Ha-Chana, et Hachem exaucera les demandes de son cœur pour le bien. Hachem se réjouira de lui comme un père se réjouit d’un fils sage et intelligent, et l’individu lui-même se réjouira de son créateur. (Halacha Yomit)

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vendredi 31 août 1990

Le mois d'Éloul

Rav Ovadia Yossef, chelita

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita écrit qu’Hachem a gratifié son peuple Israël d’une grande bonté en leur dévoilant la date du jour du jugement, le 1er Tichri. (Car en réalité, les nations sont elles aussi jugées ce jour-là, mais elles l’ignorent, et par conséquent, elles ne se préparent pas à affronter ce jugement, ce qu’il leur fait perdre beaucoup d’avantages). Comme il est dit : « Sonnez du Chofar durant le mois, au jour fixé pour notre fête. Car cette une loi pour Israël, un jugement par le D. de Ya’akov ».

Habituellement, une personne qui a enfreint la loi, et qui est attrapée par la police, lorsqu’elle est conduite devant un juge qui va la juger rapidement, il est plus que probable que la personne ne pourra pas se mesurer aux charges qui pèsent contre lui. Ce qui n’est pas le cas lorsqu’on donne à l’accusé la possibilité de savoir la date du jugement, dans ces conditions il pourra affronter son jugement et prendre conseil auprès d’un bon avocat afin de savoir ce qu’il faut plaider au jugement, et afin de choisir celui qui le défendra. Dans de telles conditions, il est certain qu’il pourra sortir acquitté de son jugement.

De même, depuis le jour de Roch H’odech Eloul nous faisons retentir la sonnerie du Chofar et nous nous levons pour dire les Sélih’ott en nous préparant pour le jour du jugement où nous disons : « C’est aujourd’hui que le monde a été crée, c’est aujourd’hui qu’Il convoque en jugement toutes les créatures de l’univers… » C’est également le jour du jugement où nous commençons à dire dans la prière quotidienne « Ha-Mélèh’ Ha-Kadoch » (le Roi qui est saint) ainsi que « Ha-Mélèh’ Ha-Michpatt » (le Roi du jugement).

Durant le mois d’Eloul, nous nous apprêtons à choisir correctement les meilleurs défenseurs devant Hachem. Les défenseurs de chaque individu ne sont que la Torah, les Mitsvot et les bonnes actions qu’il accomplit (Chabbat 32a).

On enseigne dans la Tossefta : la Tséddaka et la pratique du bien sont les meilleurs défenseurs d’Israël auprès de leur père qui est au ciel.

On enseigne aussi dans le traité Avott : celui qui accomplit une Mitsva, s’acquiert un défenseur. Si ce défenseur est aussi fort et redoutable que le fruit de l’étude d’un Talmid H’ah’am (érudit dans la Torah), il est certain que les accusateurs resteront insignifiants et se tairont à la moindre plaidoirie du défenseur. Comme nous le disons dans les Sélih’ott : « Ferme la bouche du Satann afin qu’il ne nous accuse plus. Qu’un ange défenseur vienne plaider notre cause, qu’il dise notre droiture… ».

Nous avons donc une large ouverture pour sortir acquitté devant Hachem, comme l’enseigne la Guémara Roch Ha-Chana sur le verset : « Quel est le grand peuple qui possède un D. aussi proche de lui, comme Hachem notre D. à chaque fois que nous l’implorons. »

Notre maître le ARI Zal écrit dans Cha’ar Ha-Péssoukim, sur le verset qui traite de la fuite du meurtrier non intentionnel vers l’une des villes de refuge prévues à cet effet afin qu’il ne lui arrive rien de la part de la famille de la victime, ce verset dit : « Si c’est seulement Hachem qui a guidé sa main (qu’il n’y a pas eu préméditation), alors je te procurerai (un endroit où se réfugier)… ». Les initiales en hébreu des mots de ce verset forment le mot Eloul, ce qui signifie que le mois d’Eloul est propice à la Téchouva. Chacun a l’obligation de se repentir.

On enseigne aussi sur le verset : « Hachem ton D. retranchera ton cœur et le cœur de ta descendance… ». Les initiales en hébreu des mots de ce verset forment aussi le mot Eloul, ce qui signifie que celui qui vient dans l’intention de se purifier bénéficie d’une aide d’Hachem.

En particulier dans le domaine de la TéchouvaHachem dit à Israël : « Faites-moi une ouverture comme celle du chas de l’aiguille, et moi je vous ferais une ouverture comme celle du Oulam (endroit très large dans le Temple de Jérusalem) ».

C’est donc cette aide d’Hachem qui aide à se repentir.

Il existe encore une autre allusion au mois d’Eloul dans un verset de la Méguila d’Esther : « …ainsi que l’envoi de cadeaux l’un à l’autre, et des dons aux pauvres. » Les initiales en hébreu de ces mots forment aux aussi le mot Eloul. Ce qui signifie que le mois d’Eloul est propice à la Mitsva de Tsédaka qui pardonne la faute. Comme le Midrach le dit : « Les sacrifices ne pardonnent que les fautes commises involontairement, mais la Tséddaka pardonne aussi bien les fautes commises volontairement qu’involontairement ». (Halacha Yomit)

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jeudi 30 août 1990

Règles de la Téchouva (le repentir)

Rav Ovadia Yossef, chelita

Le mois d’Eloul est un mois marqué par la Miséricorde Divine et les supplications.

C’est la raison pour laquelle, il est un devoir sacré pour chaque individu du peuple d’Israël, homme et femme, de procéder pendant cette période, à une véritable introspection afin d’analyser nos actes, pour se repentir devant Hachem.

Ainsi, lorsque nous nous présenterons devant Hachem le jour du Jugement de Roch Ha-Chana, Il se remplira de Pitié et de Miséricorde envers nous, et il nous accordera une nouvelle année pleine de bien.

Il n’est pas concevable pour tout individu responsable de repousser le moment de son repentir et de sa prise de conscience, comme l’écrit le Gaon auteur du Méssilatt Yécharim : « …Le retard de la prise de conscience et du repentir n’est fréquent que chez les incultes… »

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita écrit au nom de notre maître le ARI zal, qu’il est souhaitable de se concentrer, particulièrement pendant cette période, dans la bénédiction de « Hachivénou Avinou Létoratéh’a… » de la ‘Amida (la prière quotidienne), qui est la bénédiction consacrée au repentir, et de prier Hachem pour ceux qui se sont écarté de la Torah, en particulier s’il s’agit de nos proches, car ces jours-là sont des jours d’acceptation et sont propices à cela, puisque « la Droite d’Hachem est tendue pour accueillir ceux qui reviennent vers Lui ».

Le RAMBAM écrit (au début des lois sur la Téchouva) :

Pour toutes les Mitsvot de la Torah, si un individu transgresse l’une d’entre elles, aussi bien volontairement qu’involontairement, lorsqu’il fait Téchouva, lorsqu’il se repent de sa faute, il est tenu de procéder au Vidouï (d’avouer ses fautes verbalement et de dire concrètement : « J’ai fauté devant Toi Hachem … ») devant Hachem, comme il est dit dans la Torah (Bamidbar 5) :

« … Un homme ou une femme qui commettra une des fautes de l’homme … Ils devront avouer la faute qu’ils auront commise… »

Il s’agit ici des aveux verbaux.

Nous apprenons de là qu’avouer ses fautes envers Hachem est un commandement de la Torah.

Comment avoue-t-on ses fautes ?

On doit dire :

« De grâce Hachem, j’ai fauté involontairement (H’et), j’ai fauté volontairement (‘Avon), j’ai fauté par rébellion envers Toi (Pécha’), devant Toi, et j’ai agi de telle et telle façon. Je regrette ce que j’ai fait et j’ai honte de mes actes, et je m’engage à tout jamais de ne plus revenir à de tels agissements (On s’engage à ne plus commettre cette faute de nouveau) ».

Ceci représente l’essentiel du Vidouï (les aveux).

Toute personne qui multiplie et s’étend longuement dans son Vidouï, est digne de louanges.

À l’époque où le Beth Ha-Mikdach (le Temple de Jérusalem) existait, lorsque l’on commettait certaines fautes, on apportait un sacrifice expiatoire (Korbann H’atatt ou Korbann Acham) pour expier sa faute.

Avant de procéder à ce sacrifice, on avouait sa faute, car toute personne qui ne se repent pas de ses fautes ne peut pas bénéficier d’une expiation, et cela, même s’il offrait des milliers de sacrifices !

Le Vidouï (les aveux) étant l’une des conditions essentielles de la Téchouva (le repentir), celui qui n’avoue pas ses fautes, n’accomplit pas du tout son devoir de se repentir !

De notre époque, où nous n’avons malheureusement ni le Beth Ha-Mikdach, ni le Mizbéah’ (l’autel sur lequel on faisait les Sacrifices, et qui avait, de par lui-même, la capacité d’expier les fautes d’Israël), nous n’avons plus que la Téchouva.

Celui qui effectue une Téchouva sincère ne se verra rappeler aucune de ses fautes (lorsqu’il aura à rendre des comptes sur ses actes).

Il existe une condition supplémentaire à la Téchouva :

S’engager à ne plus jamais récidiver sa faute.

Ex : Si une personne a transgressé un interdit de la Torah, comme profaner Chabbat ou consommer des aliments interdits, ou s’il s’agit d’une femme, porter des vêtements qui ne sont pas dignes d’une fille d’Israël, du fait de leur indécence…

Tous ces comportements, nécessitent un engagement à ne plus les récidiver.

De même lorsqu’on a négligé l’accomplissement de commandements positifs, comme quelqu’un qui ne récitait pas le Kiddouch les jours de Chabbat ou de fêtes, ou qu’il n’honorait pas ses parents comme il se doit …

Ses négligences nécessitent également un engagement à ne plus les récidiver.

Tandis que celui qui se dit : « Je peux fauter puisque je me repentirais », Hachem l’empêchera de faire Téchouva.

L’individu doit également regretter ses fautes, en prenant conscience à quel point il a provoqué du mal en fautant, et à quel point il a provoqué la colère de son Créateur, qui lui prodigue tellement de bien !!

Mais celui qui ne regrette pas ses fautes, même s’il les a abandonnés et qu’il ne les recommence plus, et même s’il les a avoués, il n’a pas accompli son devoir de repentir, et ses fautes ne lui seront pas pardonnées !!

Nous avons donc appris que la Téchouva se divise en 3 points principaux :

Vidouï – Avouer concrètement et verbalement ses fautes.

Kabbala – Engagement sincère à ne pas récidiver ses fautes.

H’arata – Regrets sincères de ses fautes et de leurs conséquences.

Celui qui respecte ses 3 points a accompli véritablement le commandement de la Téchouva, il est aimé par son Créateur, et l’on peut attribuer à cette personne l’enseignement de Rabbi ‘Akiva dans la Guémara Yoma (85b) :

« Soyez heureux, Israël ! Constatez devant qui vous vous purifiez, et Qui vous purifie ?Votre père qui est dans le ciel, comme il est dit : « Le Mikwé d’Israël, c’est Hachem ! ». Comme un Mikwé a la capacité de purifier ceux qui sont impurs, de même, Hachem purifie Israël (de ses fautes) ».

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vendredi 27 juillet 1990

Augmenter l’étude de la Torah, à partir du 15 AV (Tou Bé-Av)

Rav Ovadia Yossef, chelita

Dans la précédente Halah’a , nous avons expliqué l’importance de la date du 15 Av, qui est un grand jour pour Israël, au point où nous ne disons pas les Tah’anounim (supplications quotidiennes, voir Siddour) ce jour là. Nous pouvons ajouter une explication supplémentaire, rapportée par le Midrash

La 1ère des 5 raisons pour lesquelles nous jeûnons le jour de Tish’a Bé-Av (le 9 Av), est le décret d’Hachem, selon lequel les Béné Israël devront rester 40 ans supplémentaires dans le désert, suite à la faute des explorateurs, le temps nécessaire pour que périsse toute cette génération, et qu’elle ne pénètre pas en Erets Israël

À partir de ce moment-là et durant 40 ans, tous les ans au soir du 9 Av, on proclamait dans le camp d’Israël : « Que tous les hommes âgés entre 20 et 60 ans, creusent leur tombe et qu’ils s’y couche ! » Au matin, on proclamait : « Que ceux qui sont vivant, se lèvent ! » Certains se relevaient, et d’autres étaient morts. La 40ème année, ils se couchèrent dans leurs tombes le soir du 9 Av, mais au matin lorsqu’on proclama « Que ceux qui sont vivant, se lèvent ! », tout le monde se releva !

Ils pensèrent d’abord qu’ils s’étaient trompé de date et que l’on n’était peut être pas le 9 du mois. Ils recommencèrent le soir suivant, mais se relevèrent également le lendemain matin. Ils recommencèrent encore plusieurs fois, jusqu’à la nuit du 15 Av, où ils virent la pleine lune. À ce moment-là, ils surent qu’ils ne s’étaient pas trompé, et comprirent que la Guézera (le décret) avait pris fin. Tout Israël se réjouit ce jour du 15 Av. 

On enseigne dans la Guémara Ta’anit (31a) : Rabbi Eli’ezer Le Grand dit : « À partir du 15 Av et au-delà, la chaleur du soleil perd de son intensité. Cela signifie que la journée commence à raccourcir, et la nuit commence à augmenter, et par conséquent, on arrêtait de couper du bois pour le Mizbéah’ (l’autel des sacrifices dans le Temple), puisqu’à partir de cette date, le bois n’est plus sec, et l’on craignait que du fait de son humidité, il soit infesté de vers, et un tel bois est Passoul (inutilisable pour le Mizbea’h) ».

Rabbi Ménashya dit : « A partir de ce jour (le 15 Av), celui qui ajoute (celui qui ajoute de l’étude de la Torah), on lui rajoutera de la vie, comme il est dit : « Car en moi, tes jours se multiplieront, et te seront ajoutées des années de vie. » Celui qui n’ajoute pas (celui qui n’ajoute pas dans son étude de la Torah), sera « repris » (Qu’Hashem nous en préserve, il quittera ce monde prématurément). 

C’est pour cela que note maître le Rav Ovadia YOSEF Chlita écrit, qu’à partir du 15 Av, il faut veiller à augmenter notre temps d’étude de la Torah de la nuit, comme il est enseigné dans la Guémara Erouvin (65) : « La nuit n’a été crée que pour l’étude » Comme il est également enseigné dans le Midrach Rabba : Rabbi Yoh’anan dit : « Le chant de la Torah n’existe que la nuit, comme il est dit : Lève toi et chante pendant la nuit… » 

Voici les propos du RAMBAM (chap.3 des règles relatives à l’étude de la Torah, Hal.13) : « L’homme n’acquiert la majeure partie de son savoir, que la nuit. C’est pour cela que celui qui désire acquérir la Couronne de la connaissance de la Torah, veillera à ne pas gaspiller son temps pendant la nuit, à des occupation telles que manger, boire ou autre, mais il doit le consacrer seulement à l’étude de la Torah, comme l’enseigne les nos maîtres : « Le chant de la Torah n’existe que pendant la nuit ». 

Nous avons pu constater - lorsque notre maître le Rav Chlita se déplaçait de ville en ville, pendant les soirées du mois d’Elloul, afin d’augmenter la Torah et la crainte du Ciel à travers Israël – nous l’avons vu rentré chez lui à des heures tardives, et malgré cela il se dépêchait de se mettre à étudier afin de rattraper le temps qu’il lui est nécessaire dans son programme d’étude quotidien, et tout ceci en prenant sur son temps de sommeil. Par conséquent, il est un devoir sacré pour chacun de s’organiser de façon à pouvoir étudier davantage pendant les soirs d’hiver, afin de ne pas s’exposer à la malédiction de nos maîtres (‘Hass Veshalom ! Qu’Hachem nous en préserve). 

Les femmes ont également le devoir sacré d’insister auprès de leurs maris, avec du tact et de la diplomatie, pour qu’ils augmentent l’étude de la Torah et la crainte d’Hachem, et elles en retireront une grande récompense. Cependant, elles devraient elles aussi consacrer du temps pendants les soirs d’hiver, à étudier les lois pratiques desquelles elles sont concernées (lois de Shabbat, de la Casherout, des bénédictions, de la prière … etc …) 

Nous citerons simplement ce qu’écrit notre maître le Rav Chlita, dans l’introduction de son livre TAHARAT HABAÏT (sur les lois de NIDA), qui fut rédigé avec beaucoup de sacrifices, à une époque où le poids des occupations de la collectivité pesait énormément sur notre maître. Voici ses propos : 

« Un souvenir me revient en mémoire, lorsque j’envisageais de diminuer mes apparitions en public, dans le but de me consacrer davantage à la rédaction de mes ouvrages. Un soir, je m’endormi avec cette pensée, lorsqu’ apparut dans mon rêve, le Gaon Rabbi Yossef H’AIM z.ts.l (l’auteur du BEN ICH H’AÏ), qui venait me rendre visite chez moi. Son visage était illuminé comme le soleil. Il entra dans la bibliothèque, et s’assis à côté de la table. Il vit l’un de mes ouvrages (certainement un tome du Yabi’a Omer), et commença à le feuilleter. Lorsqu’il finit, il le reposa et dit : « C’est très bien ».

Il me demanda si je continuai toujours à donner mes différents cours de Torah, et je répondis qu’effectivement, je continuai toujours à donner mes cours et mes différentes Drachot dans divers endroits, généralement accompagné par mon collègue et ami le Gaon Rabbi Yehouda TSADKA Chlita (z.ts.l. Il est à noter que Rabbi Yehouda Tsadka était un parent du Gaon Rabbi Yossef H’AIM z.ts.l). Mais j’exprimai devant Rabbi Yossef H’AÏM que cela commençait à me perturber dans la rédaction de mes ouvrages.

Le Gaon Rabbi Yossef H’AÏM me répondit : « Il est bon que tu attrapes l’un, sans délaisser l’autre (continue la rédaction de tes ouvrages, mais poursuis également les cours de Torah que tu donnes), car la plus grande satisfaction d’Hachem c’est de voir les gens aller entendre des paroles de la Torah, qui les motivent à faire Téchouva (le repentir), et chaque personne qui fait Téchouva, représente un monde rempli ! Je me réveillais et ce fut un rêve » (Halacha Yomit)

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