vendredi 27 mai 2011

Paracha Bamidbar : Rabbi Nathan de Breslev


"J'ai sanctifié pour moi chaque premier-né d'Israël, de l'homme jusqu'à la bête ils seront à Moi. Je suis l'Éternel." (Bamidbar 3:13) 

L'importance du premier-né

Pourquoi doit-on racheter son premier-né au Cohen ? Pourquoi les premier-nés de notre troupeau sont-ils consacrés à Hachem, ainsi que le premier fruit de nos récoltes ? Pourquoi donner 10% de ses gains (Ma'asser) pour la Tsédaqa. De fait, le Créateur n'est-Il pas Celui qui nous a donné ? À quoi sert de Lui rendre une partie et en outre la première qui est souvent la plus chère à nos yeux, en-a-t-il besoin ?

À tout cela on peut répondre oui ; Hachem désire que nous Lui manifestions notre amour et notre reconnaissance ainsi que nos Sages l'ont enseigné dans le Talmud : "Ra'hamana liba baé - D-ieu désire le coeur." Consacrer à D-ieu le premier-né, qu'il soit humain, animal ou végétal (récoltes) est une manifestation de notre reconnaissance, mais ce n'est pas tout. Cette consécration comporte aussi un message qui nous touche personnellement.

Rabbi Nathan explique pourquoi le premier-né (Békhor) humain a la particularité de recevoir une double part de l'héritage par rapport à ses autres frères. Cette double part est une allusion aux deux dimensions présentes dans chaque objet de la création : l'intériorité et l'extériorité, le matériel et le spirituel.

Dans chaque chose est contenue une Pensée divine initiale qui est la raison pour laquelle cette chose a été créée. Le rôle du juif est de retrouver et dévoiler D-ieu dans sa propre vie et celle de ceux qui l'entourent. Cette recherche ne peut se faire que grace à la Tora qui est le plan de la création. La Tora a pour but de nous faire connaitre le Créateur et comprendre comment Il dirige le monde, c'est à dire d'aller plus loin que le simple aspect extérieur des choses (le comment) pour nous faire accéder à la raison profonde de leur existence (le pourquoi).

Ainsi cette démarche nous permet de rassembler les deux composantes innhérentes à chaque élément de la création : l'intériorité et l'extériorité, l'esprit et le corps. On peut alors connecter tout à D-ieu car il représente l'esprit de chaque chose. En recherchant et en s'attachant à la Pensée divine initiale, la première pensée (Ma'hchava té'hila), on associe l'intériorité à son extériorité et on transcende le monde matèriel avec le spirituel, c'est à dire qu'on dévoile que D-ieu est présent dans chaque recoin de la création.

Le premier-né est donc le plus rapproché de la pensée initiale, c'est pourquoi il reçoit deux parts, symbole de l'union entre le matèriel et le spirituel. Nous devons donc le consacrer à D-ieu ou le racheter (Pydion haben) pour toujours nous souvenir que D-ieu est omniprésent et que c'est Lui qui nous donne tout ce que nous possédons. Ceci dans le seul but de nous rapprocher de lui grace aux messages enfouis dans le monde matèriel.

Posons-nous cependant la question : étant donné que mon rôle est de retrouver pourquoi Hachem a créé afin de me rapprocher de Lui et de me connecter à Sa présence, quelle doit être la première chose où je me dois de rechercher D-ieu ? La réponse est simple : c'est en moi.

Moi aussi j'ai été créé par Hachem et ma création n'est pas sans raison. Derrière ce corps qui n'est finalement qu'un instrument je dois rechercher en moi la vraie raison de mon existence, trouver quelle est la mission que D-ieu m'a assignée et que moi seul peut remplir, personne d'autre. Car si quelqu'un d'autre pouvait faire ce que je dois faire je n'aurais pas eu besoin d'être créé. Or Hachem ne fait rien pour rien, j'ai en moi des forces spéciales et une tâche à accomplir.

Cette tâche est la raison de mon existence et elle est cachée en moi. Accéder à cette connaissance ne peut être réussi que si l'on décide de sanctifier sa vie grace à la Tora, aux Mitswoth et surtout en priant D-ieu de nous montrer notre vrai chemin.

Les habits

• Les habits sont une indication sur les défauts et qualités de l'être humain.

• Celui qui va pieds-nus est probablement un fauteur.

• À cause de l'insolence et des serments non tenus on est puni sur les habits.

• Celui qui mange avant la prière est puni sur ses habits.

• L'orgueilleux aussi.

• Celui qui détourne son ami du droit chemin n'aura pas de quoi s'habiller.

• Celui qui porte des habits déchirés à cause de la pauvreté, sa réparation consiste à pleurer devant Hachem Itbarakh.

• Celui qui méprise ses vêtements n'en profitera pas.

• Donner des vêtements à un pauvre protège de l'humiliation.

• Ne pas maudire permet d'avoir des beaux habits.

Halakha

Il est permis de laver la vaisselle à Chabath, après le repas, à condition qu'on ait besoin de la réutiliser à Chabath par la suite. Mais s'il y a des objets qu'on ne réutilisera plus (marmites vides, etc) ou si on a terminé notre dernier repas (Séouda Chelichit) après lequel on ne mangera plus, il est alors interdit de laver la vaisselle car c'est comme si on préparait la semaine pendant le Chabath. Néanmoins, on peut toujours laver les verres, même après le troisième repas car il est toujours possible de boire.(Yalkout Yossef)


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vendredi 20 mai 2011

Paracha Bechoukotaï - Rabbi Nathan de Breslev


"Si vous allez avec moi KERI, alors Moi aussi j'irai avec vous KERI." (Bé'houkotaï, Vayikra 26: 27-28) 

Le mot "Kéri" est traduit en araméen par Onkélos: "Kachiou" qui signifie durement. D-ieu nous fait comprendre dans ce verset que selon la manière dont nous nous conduisons avec Lui, Il se comportera avec nous. Si nous agissons durement, Hachem agira avec nous de la même manière. Pour mieux comprendre cette notion de dureté, il faut analyser plus en profondeur le mot utilisé par le verset: "Kéri". 

Quand un individu se pervertit et émet en vain sa substance séminale, il est appelé par nos Sages un "Ba'al Kéri". Par conséquent, la notion de Kéri fait allusion au manque de pureté dans le comportement intime. Et à ce sujet, Rabbi Natan explique que la faute principale qui attire la malédiction sur le peuple juif est la perversion des moeurs. 

En effet, notre sainteté est déterminée essentiellement par notre pureté intime et quand nous abimons cette dernière, nous retirons de notre sein la bénédiction. Néanmoins, il faut comprendre que la débauche n'est que la résultante et l'expression animale d'une erreur plus spirituelle, une erreur de base qui détermine la suite. Cette erreur est aussi allusionnée dans le mot Kéri, en effet ce dernier est grammaticalement lié au mot "Mikré" qui signifie "évènement" ou "hasard" (et aussi "perte séminale").

Il y a environ 250 ans, le saint Ba'al Chem Tov est venu révolutionner et réveiller le monde juif qui se divisait en une élite de gens érudits qui s'adonnaient totalement au service de D-ieu grace à l'étude et une masse de pauvres travailleurs, tellement accablés par leur servitude qu'ils n'arrivaient plus à s'attacher au Créateur.

Il dévoila alors que la présence de D-ieu et Son action dans le monde s'étendait jusqu'aux moindres détails de la création et que D-ieu était proche de tout un chacun. Quelque soit la situation dans laquelle on se trouve, on peut retrouver Hachem car cette situation est le fruit de Sa volonté et il nous y a mis pour notre bien. En d'autres termes il n'y a pas d'évènements qui soient indépendants de Sa volonté, le hasard (Mikré) n'existe pas. 

Néanmoins, cette révélation et ses implications dans notre quotidien sont laissées à notre libre arbitre. L'homme a la possibilité de croire dans la Providence divine ou croire que la conjoncture dans laquelle il se trouve est la conséquence de la nature, la logique des évènements ou le hasard. Et en fonction de notre choix, Hachem se comportera avec nous, tel est le secret de notre verset : "Si vous allez avec moi Kéri, alors Moi aussi j'irai avec vous Kéri!". 

Si nous décidons de retrouver D-ieu partout, nous allons vivre une vie ou Son intervention sera évidente, voire miraculeuse. Mais si, D-ieu en préserve, nous nous comportons à l'inverse, c'est à dire sans croyance dans la Hashga'ha (Providence divine), si nous croyons que le monde fonctionne d'après la nature et le hasard, alors D-ieu va nous montrer une réalité où tout fonctionne d'après la logique, la nature et le hasard, apparemment sans Sa présence. 

Nous tomberons dans l'illusion que tout dépend de nos efforts et de notre intelligence, ce qui est le contraire même de la vérité, et développerons un immense orgueil en cas de réussite ou un immense complexe en cas d'échec, tout au mieux nous ferons de notre vie une course perpétuelle pour la subsistance ou la richesse. Cette situation concerne même des gens croyants, car on peut dire que la richesse vient de D-ieu et oublier Son existence au moment où l'on traite des affaires.

Par conséquent le " Kéri " est la résultante d'une situation où l'individu manque de Emouna dans la Providence divine. Cette perte de la Emouna entraine les individus à accepter des valeurs non juives basées sur l'égocentrisme, le plaisir personnel et la libéralisation des moeurs qui est la faute la plus grave pour la pérennité du peuple d'Israël. Reprenons donc notre esprit et recherchons D-ieu dans les petites choses de la vie de tous les jours, dans nos réussites et nos échecs, nos joies et nos souffrances, nos amis et nos concurrents. Il se dévoilera alors à nous d'une manière extraordinaire et nous rentrerons dans une sphère d'existence authentiquement juive. 

Prenons en main notre destin car l'immense secret que nous dévoile le verset est que le comportement de D-ieu envers tout un chacun est fonction de la manière dont il veut voir les choses.

La joie

• Quand on fait une Mitswa dans la joie, c'est un signe que notre coeur est entier avec D-ieu.

• La joie ouvre le coeur.

• Elle augmente les capacités intellectuelles.

• En donnant de bons conseils aux autres on obtient la joie.

• La joie de la Mitswa est la force de l'homme.

• Si une joie soudaine te prend sans raison c'est parce qu'un Tsadiq vient de naitre.

• Chanter provoque la joie et l'enthousiasme.

• Les pluies tombent par le mérite de la joie du 'hatan et de la kala.

• La joie dévoile le Kavod (honneur) de l'homme et elle augmente sa connaissance de D-ieu.

• Celui qui est toujours joyeux réussit.

Halakha

Il est interdit de transporter à Chabat une bougie allumée, même doucement.

Un récipient où on a placée des mêches en guise de lumières de Chabath (ptilot), ou un chandelier, ne pourront pas être transportés pendant Chabath, même après que les lumières de Chabath soient éteintes, même s'il reste de l'huile dans le récipient ou si le chandelier est posé sur un plateau contenant une chose qu'on a le droit de transporter.

Le transport reste toujours interdit si on a besoin du récipient ou de la place occupée par celui-ci ou le chandelier. la seule possibilité de déplacer les lumières du Chabath est de faire une sorte de voeu (Tnaï) avant le coucher du soleil qui précède l'entrée du Chabath en disant qu'on a l'intention de déplacer le récipient ou le chandelier une fois que les lumières seront éteintes (le transport est toujours interdit quand les lumières brillent). On pourra faire ce Tnaï une fois pour toute l'année. (Yalkout Yossef)

Sefirath ha'Omer

Pendant les deux premiers tiers du compte du 'Omer, nous avons l'habitude de manifester des signes de deuils en souvenir de la mort des 24 000 élèves de Rabbi 'Aqiva. Quel rapport existe-t-il entre cette tragédie et la Sfirath ha'Omer?

Pour répondre à cela, il faut savoir que chaque jour du compte, nous réparons un de nos traits de caractère (Midoth), propre au jour en question. De fait, pour recevoir la Tora le cinquantième jour il faut auparavant se purifier au maximum de nos mauvais traits de caractères.

En effet, les défauts de l'homme ont tendance à déformer le message originel de la Tora, chacun a tendance à interpreter le texte dans un sens qui l'arrange et dans son interêt personnel. C'est pourquoi pour recevoir la Tora, c'est à dire le message authentique qu'elle recèle, on doit constamment chercher à purifier ses mauvais traits de caractères. En ce qui concerne ces derniers, il n'y a pas de terrain plus propice pour les réparer que lors de nos rapports avec autrui.

C'est justement dans ce domaine que les 24 000 élèves de Rabbi A'qiva ont fauté. Le Talmud enseigne qu'ils ne se respectaient pas les uns les autres comme il convient. En d'autres termes, ils n'avaient pas assez travaillé leurs midoth, ils n'étaient pas unis et c'est cette désunion qui causa leur perte. Par conséquent, les Sages instituèrent des signes de deuil afin que nous n'oublions pas la gravité du manque de respect envers son prochain et les conséquences néfastes pour l'individu qui ne désire pas travailler ses midoth.

En outre il faut savoir que notre mauvais penchant redouble d'effort pendant la Séfira afin de nous faire chûter dans des mauvais comportements, on redoublera donc d'attention pendant cette période. Mais néanmoins, nous arrêtons les signes de deuil à partir ou au lendemain de Lag ba'Omer, le 33ème jour du 'Omer, le jour du départ de Rabbi Chimon Bar Yo'haï, et l'une des raisons en est que Rabbi Chimon déclara au sujet de lui et ses élèves : " Nous, notre rapport est basé sur l'amour ".

Il fit ainsi la réparation de la faute des élèves de Rabbi A'qiva et dévoila grâce à cela une des expressions les plus élevées de la Tora : le Zohar. Par conséquent, celui qui veut recevoir la Tora "béémet", devra toute sa vie travailler ses traits de caractères.


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vendredi 29 avril 2011

Paracha Qédochim - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha A'haré Moth-Qédochim - Rabbi Nathan de Breslev

« Aimes ton prochain comme toi-même. » (Lévitique 19-18)

Nos Sages nous ont appris que le commandement d'aimer son prochain comme soi même constituait un grand principe de notre Tora, qui fait adoucir tous les jugements rigoureux du monde et qui préserve de tous les préjudices.

C'est essentiellement dans le domaine de l'argent que cette mitswa s'applique, car la haine et la jalousie ne naissent, la plupart du temps, qu'à la suite d'un conflit financier entre deux personnes.

Dans la Bible, cette mitswa d'aimer son prochain est précédée de nombreuses mises en garde dans le domaine de l'argent : «Ne pas convoiter ou toucher à la richesse de son prochain», «ne pas opprimer son prochain, ne pas le voler», «ne pas commettre d'iniquité en justice». Cela nous apprend que la condition indispensable à l'amour du prochain est de ne pas convoiter son argent mais au contraire comme l'on dit les sages : «Que l'argent de ton prochain te soit aussi cher que le tien».

Lorsque l'amour règne entre Israël, tout le monde peut se confondre dans cette sagesse suprême où se trouve l'essence de notre Tora sainte, que nous a transmise Moïse notre maître, et qui est l'héritage de l'assemblée de Jacob. Les Sages ont dit (Pirqé Avoth II, 12) : «Que l'argent de ton prochain te soit aussi cher que le tien. Applique-toi à étudier la loi, car elle ne t'est pas acquise par héritage. Et que tous tes actes ne soient que désintéressés, pour D-ieu».

Il peut sembler y avoir une contradiction à priori dans le fait de dire que la loi n'est pas acquise par héritage, alors qu'il est écrit que la Tora est l'héritage de l'Assemblée de Jacob. En fait lorsque les âmes se rapprochent et se rassemblent par amour entre elles, en considérant l'argent de son prochain aussi cher que le leur, elles se fondent dans l'essence même de la Tora qui devient alors leur héritage. Mais si ne règnent pas entre les hommes la concorde, mais qu'au contraire prédominent les querelles et les intérêts, cela entraîne l'oubli de la Tora, que D-ieu préserve.

Et c'est pourquoi il est écrit : «Elle ne t'est pas acquise en héritage», car pour celui qui provoque des conflits par la jalousie et la haine qui naissent de problèmes d'argent, bien entendu la Tora n'est pas son lot.

« Vous ne commettrez point de vol. » (Lévitique 19-11)

Il nous est impossible de comprendre, dans ce monde, pourquoi certains Justes souffrent alors que certains mécréants vivent matériellement bien, car cela est relatif au secret des réincarnations, comme il est expliqué dans le Saint Zohar. Il se peut qu'une personne convoite les biens de son prochain, parce que lors d'une incarnation précédente ce dernier lui devait une certaine somme d'argent qu'il n'a pas remboursée.

En fait tous les désirs, à leur essence, sont saints et très élevés, mais dans ce bas monde ils se matérialisent et amènent à transgresser la Tora. Toutes les fautes résultent d'une impatience à accaparer quelque chose avant qu'elle ne nous devienne permise; cela s'apparente à manger un fruit avant qu'il n'ait atteint sa maturité. La faute d'Adam vient du fait qu'il n'ait pas attendu qu'arrive Chabath. Ainsi lorsqu'on prend une chose avant son heure, on commet une transgression.

En vérité, c'est dans le monde futur que l'on goûtera au bien véritable. Heureux celui qui patiente et domine ses passions tous les jours de sa vie, qui ferme les yeux devant les tentations de ce bas-monde. Il méritera de savourer le bien, la joie véritable et éternelle, comme il est écrit (Céphania 3, 8): «Eh bien! Comptez sur Moi, dit l'Eternel, attendez le jour où Je me lèverai ... »

Cependant, même dans ce monde, beaucoup de choses ne nous deviennent permises qu'après un certain temps. C'est pourquoi le Satan va déployer toutes ses forces pour tenter un homme sur une chose auquel il a un certain droit, selon l'essence de son âme, mais qui lui est cependant interdite pour l'instant. Le combat de l'homme consiste à refréner sa passion et attendre ce moment où la chose deviendra autorisée. De toute façon, s'il n'en tire pas profit ici bas, il méritera d'en connaître le plaisir à son essence spirituelle dans le monde futur.

C'est pourquoi la Tora nous interdit de convoiter les biens de notre prochain, même si lors d'une incarnation précédente, cette richesse nous revenait de droit. Cela est l'affaire de D-ieu et Lui seul connait ces secrets. Il sait comment distribuer argent et bien à tout homme et à chaque génération. Il nous est interdit de commettre une extorsion envers notre prochain, la convoitise même est très grave. Nous devons nous convaincre que les voies de D-ieu sont justes, nous réjouir de ce qu'Il nous a octroyé, et nous comporter toujours avec simplicité.


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vendredi 22 avril 2011

'Hol HaM'oed Pessa'h - Rabbi Nathan de Breslev

'Hol HaM'oed Pessa'h - Rabbi Nathan de Breslev

Dédiée à la réussite de Fabrice et Cyrille Bensimon.

Généralement la réalisation d’un grand projet passe par trois étapes.

Les étapes du succès

La première est celle de l’idée trouvée, comparable à une lumière. À ce stade on est empli d’enthousiasme et on ne cesse de penser au succès qu’on obtiendra grâce à une telle idée. 

La deuxième étape est le passage à l’action ou, en d’autres termes, la confrontation avec la réalité. Les choses ne se passent pas comme on le pensait et une foule de difficultés imprévues se dressent, retardant notre plan initial. Cette étape ressemble à une longue traversée du désert. 

La troisième étape est celle de la réussite, on peut enfin jouir du fruit de ses efforts et ressentir une sérénité qui provient aussi du fait que nous nous sommes personnellement construits durant ce processus.

Enthousiasme, traversée du désert, sérénité. Ce schéma transcende tout les aspects de la réalité. S’il n’a pas lieu les choses ne durent généralement pas. Soit parce qu’on a abandonné trop rapidement, soit parce qu’on a réussi trop facilement…

La période que nous traversons : Pessa’h, 49 jours du ‘Omer, Chavou’oth, représente la source spirituelle de ces trois étapes.

Le Ari hakadosh enseigne que Pessa’h correspond au réveil d’en-haut. C'est-à-dire que le peuple juif n’avait concrètement ni la force ni le mérite de sortir de l’exil et de l’esclavage d’Egypte si ce n’est que D-ieu lui fit un cadeau, une fabuleuse lumière assez enthousiasmante pour faire croire à un esclave qu’il pouvait être libre. Lorsqu’un juif retourne vers la Tora c’est de cette lumière dont il profite, une lumière gratuite qui ne tient pas compte de son passé et qui vient d’en-haut. De la même manière les idées qui, si elles sont réalisées, donnent un sens à notre vie proviennent de D-ieu. C’est la raison pour laquelle elles nous enthousiasment.

Après la période du réveil d’en-haut vient celle du réveil d’en bas symbolisée par le compte du ‘Omer. Le père a aidé l’enfant à apprendre à marcher en lui tenant la main mais maintenant il doit les lui lâcher car est venu le temps de faire ses preuves. Ainsi la lumière disparait sans nous prévenir et la traversée du désert commence, parsemée de bons et de moins bons moments, de la même manière que le deuil des élèves de Rabbi ‘Akiva fait place à la joie de Lag Ba’omer, que Yom hazikarone fait place à Yom ha’atsmaout et Yom hashoa à Yom Yéroushalaïm. Nous traversons ainsi des hauts et des bas et il faut s’accrocher au souvenir de cette lumière pour tenir bon.

Rabbi Na’hman de Breslev enseigne qu’il est interdit de se décourager. Dans la Tora 48 du deuxième tome du Liqouté Moharan, il nous apprend que celui qui veut vraiment se rapprocher de D-ieu aura dans un premier temps l’impression d’être repoussé et de n’être plus aidé, alors peu importe ce qui se passera et les chutes qu’il connaîtra, s’il tient bon il finira par rentrer dans le monde de la sainteté absolue. Celui qui a réussi quelque chose racontera toujours comment, à plusieurs reprises, il avait failli abandonner.

Chavou’ot finira par arriver et parce que nous y croyons, nous comptons les jours qui nous séparent de ce grand moment. Ce moment ou nous retrouvons la lumière originelle avec la noblesse de l’avoir méritée grâce à nos efforts, la sérénité propre à l’homme libre, amen.

La colère

- Celui qui retient sa colère ne pourra être dominé par ses ennemis.

- À cause de la colère on est méprisé.

- Le coléreux, sa sagesse et sa prophétie disparaissent. Et même si du ciel on a décrété qu’il aie de la grandeur, il la perdra.

- L’homme bouillant, sa vie n’en est pas une.

- La colère après manger est très nuisible.

- La colère d’une femme détruit sa maison.

- Pour éviter de se mettre en colère il faut manger du pain le matin.

- La colère raccourcit nos jours.

- Le fait de regarder le visage d’un menteur donne de la colère.

- La colère attire de mauvais décrets sur le coléreux.

Rav Éliyahou Haviv

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vendredi 15 avril 2011

Paracha A'haré Moth - Rabbi Nathan de Breslev

(Andrea Mukka)

« Après la mort des deux fils d’Aaron, qui, s’étant avancés devant l’Éternel, avaient péri… » (Lévitique 16:1)

En chaque homme coexistent une force d’attraction (vers la Sainteté) et une force de répulsion. La première est représentée par l’âme et la seconde par le corps. 

Si les passions de la chair et d’autres empêchements se renforcent tant et si bien qu’ils éloignent la personne de la Sainteté de son âme et la déracine, cela aboutit à une véritable mort, que D-ieu préserve. Mais le bon dosage existe lorsque la force d’attraction se renforce sur la force répulsive, mais sans jamais l’annuler complètement. 

Cet équilibre est en allusion dans le verset concernant les enfants d’Aaron : « après la mort des deux fils d’Aaron, qui, s’étant avancés devant l’Éternel, avaient péri… » (Lévitique 16-1) et le verset d’avertissement d'Hachem lors du don de la Tora aux enfants d’Israël : « Descends avertir le peuple. Ils pourraient se précipiter vers le Seigneur pour contempler sa gloire, et beaucoup d’entre eux périraient.» (Exode 19-21)... 

En effet, la vie c’est l’association du corps et de l’âme, de deux forces contraires chez un homme doué du libre arbitre qui amène à réaliser des réparations merveilleuses dans tous les mondes spirituels.

L’équilibre nous est donné à Yom Kippour puisque c’est une mitswa de manger la veille (augmentant la force du corps) et de jeûner pendant le jour du Grand Pardon (renforçant l’âme). De même le Cohen Gadol qui rentrait dans le Saint des Saints devait se changer à plusieurs reprises s’habillant tantôt de vêtements en or tantôt de simple tenues blanches pour ne pas laisser trop dominer son élan d’attraction de sainteté.

Celui qui maitrise ainsi comme il faut les deux forces contraires méritera par sa Téchouva que ses fautes (venant du corps) se transforment en mérites. Cela correspond au niveau du pardon de nos péchés le jour de Yom Kippour. (Liqouté Halakhoth, Yom Tov, 5)

« Signifie à Aaron ton frère, qu’il ne peut entrer à toute heure dans le sanctuaire… s’il ne veut encourir la mort. » (Lévitique 16-2)

C’est l’avertissement qu’a reçu Aaron après la mort de ses fils. Ce n’est uniquement grâce au service de Yom Kippour (qui représente la réparation de l’alliance, c'est-à-dire la pureté sexuelle, puisque c’est ce jour là qu’Abraham notre père a réalisé la mitswa de la Brith Mila) qu’il pouvait pénétrer dans le Saint des Saints. 

Le Grand Prêtre par son rituel et ses sacrifices arrivait à soumettre le souffle bestial que représente l’immoralité. L’obligation pour lui d’être marié, comme il est écrit (Lévitique 16-6) « afin d’obtenir grâce pour lui-même et pour sa maison. » lui donnait la force de rentrer dans le Saint des Saints et d’attirer le pardon. (Liqouté Halakhoth, Yom Kippour, 1)

« Ainsi (Bé Zoth) Aaron entrera dans le sanctuaire… » (Lévitique 16-3)

Le verset dit (Lévitique 16-3) : « Ainsi (Bé Zoth) Aaron entrera dans le sanctuaire… » Bé Zoth fait allusion à la pureté des mœurs comme il est dit : Voici (zot) l’alliance que vous préserverez. C’est la raison pour laquelle nous lisons le passage des unions interdites le jour de Yom Kippour.

Selon la simple vérité, il n’existe pas de remède pour celui qui transgresse, comme ont dit nos Sages de mémoire bénie : « On a interrogé la Sagesse et Elle a répondu : L’âme qui faute doit mourir. » Cette vérité est celle des Anges qui se sont opposés à la création de l’homme. 

En effet ils ont vu que l’homme fauterait devant Hachem et qu’aucune réparation n’était possible selon eux… Mais ils ne connaissaient pas la très grande miséricorde de D.-eu qui est la Vérité des Vérités qu’il est impossible de comprendre. C’est de là que vient le pardon des péchés d’Israël le jour de Kippour

Ce n’est donc pas n’importe quel homme qui peut accéder à cette Vérité Sainte représentée par le Saint des Saints. Même le Grand Prêtre ne pouvait atteindre un tel niveau que le jour de Yom Kippour, après avoir réalisé un rituel ordonné par D-ieu, afin d’attirer pardon qui provient de la Vérité des Vérités, de la miséricorde infinie du Créateur. (Liqouté Halakhoth, Yom Kippour, 1 et Ribith 5)


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vendredi 8 avril 2011

Paracha Metsora : la parole sous surveillance


Dédiée à la réfoua chéléma de Shlomo Naftali ben Guila

Le thème essentiel de la paracha de la semaine dernière: le lépreux (metsorah), personne affectée par la lèpre (tsaraat), continue à être traité dans notre paracha de cette semaine.

En résumé, une personne qui voyait une tache blanchâtre apparaître sur sa peau devait la montrer au prêtre (kohen). Après un processus de vérification, le kohen pouvait constater s’il s’agissait ou pas de la tsaraat. Le metsorah devait alors s’isoler à l’extérieur du camp avec une écharpe recouvrant sa bouche et devait crier « impur, impur » aux personnes qu’il croisait afin qu’elles ne soient pas rendues elles-mêmes impures en s’approchant trop près de lui.

En vérité, traduire la tsaraat par lèpre est une erreur. En voici quelques preuves.

Premièrement, lorsqu’un individu était infecté, le kohen faisait sortir de sa maison tous les vêtements et ustensiles et ensuite le déclarait impur (tamé) afin que les vêtements et ustensiles ne deviennent pas eux-mêmes impurs car s’ils étaient restés à l’intérieur de la maison durant la déclaration ils le seraient devenus. Deuxièmement, pendant les trois fêtes de Pessa’h, Chavouot et Souccot, le kohen évitait de venir vérifier la tache afin de ne pas avoir à le déclarer impur lors d’un moment de joie.

Mais s’il était lépreux, comment retarder son isolement ? Et pourquoi les vêtements et les ustensiles évacués de la maison restaient-ils purs alors qu’ils avaient été de fait en contact avec le metsorah ?

Réponse : le lépreux ne devenait impur que lorsque le kohen le déclarait oralement, pas avant.

Telle était la première leçon du metsorah : le pouvoir de la parole. La tsaraat n’était pas une maladie normale mais essentiellement le résultat d’une faute concernant la parole: la médisance (lachone ara), il devait comprendre à quel point on pouvait détruire avec des mots et à quel point il aurait du se taire. C’est la raison pour laquelle il portait une écharpe devant la bouche durant son isolement.

Le ‘Hafets ‘Haïm enseigne que D-ieu déteste le lachone ara. En effet lorsqu’on dit du mal sur quelqu’un, il est accusé devant D-ieu avec les propres mots de notre lachone ara. D’où l’expression al tifta’h pé (le satan) n’ouvre pas la bouche de l’accusateur. Et D-ieu est obligé d’écouter cette accusation et de punir celui sur qui on a dit du mal. Le Créateur connait bien évidemment toutes les actions de l’homme mais Il préfère lui donner une chance et attendre qu’il se repente. Néanmoins il ne peut plus faire semblant de ne pas voir lorsqu’on Le confronte avec les fautes d’autrui et Il devient, si l’on peut dire, obligé de punir le fauteur. C’est la raison pour laquelle D-ieu déteste le lachone ara.

Cette faute est tellement importante que le deuxième temple a été détruit à cause d’elle et qu’il n’est toujours pas reconstruit aussi à cause d’elle. Et pour bien la cerner il faut savoir qu’elle consiste à dire LA VERITE sur quelqu’un, sinon il est bien évident que l’accusateur ne pourrait accuser devant D-ieu sur la base de mensonges.

En d’autres termes nous ne sommes pas en exil à cause du mensonge mais à cause de LA VERITE. Et non seulement l’exil collectif mais aussi l’exil individuel de chacun. L’exil personnel, c'est-à-dire l’éloignement de D-ieu, est du à la vérité d’un lachone ara qui nous donne de « bonnes raisons » de ne pas changer : tu es tellement loin, tu as tellement fauté, les autres vont se moquer de toi etc. De vrais arguments…

La vérité du lachone ara est basée sur l’aspect extérieur de la réalité. On ne juge l’autre que sur ce qu’il fait et pas sur ce qu’il est. La plupart d’entre nous avons déjà triché et menti en nous donnant de bonnes raisons. Est-ce pour autant qu’on puisse nous définir comme des tricheurs et des menteurs ? Ce qui est vrai pour moi est aussi vrai pour les autres. Et sans justifier le mal fait par autrui, on se doit de rechercher des circonstances atténuantes comme le disent nos sages : tu jugeras ton prochain favorablement. Et si on n’en est pas capable parce que ses fautes nous semblent trop importantes alors retenons-nous de juger, de médire et de haïr, comme l’ont aussi dit nos sages : ne juges personne tant que tu n’es pas capable de te mettre à sa place.

Rabbi Na’hman enseigne: « L’homme d’Israël doit toujours regarder et s’attacher personnellement à l’intelligence et à la sagesse de chaque chose afin d’être éclairé par l’intelligence contenue dans cette chose et s’approcher de Dieu grâce à elle. Car l’intelligence est une grande lumière qui éclaire l’homme dans tous ses chemins ainsi qu’il est écrit :la sagesse de l’homme éclairera sonvisage » (Liqouté Moharan 1, premier tome ). En d’autres termes la vie n’a pas de véritable sens lorsqu’on s’arrête à l’aspect extérieur de la réalité (le corps), ce sens n’apparait que lorsqu’on recherche la raison d’être divine (l’âme) de chaque chose.

Le lachone ara provient d’une analyse superficielle de la réalité, c’est la raison pour laquelle le metsorah est touché sur la partie superficielle de son être : la peau. Et parce qu’il n’a pas su rechercher l’intériorité positive propre à autrui, il se voit repoussé à l’extérieur du camp en attendant qu’il médite et se repente.

Une fois une personne se présenta devant Rabbi Na’hman en se plaignant de ne pas avoir d’enthousiasme pour étudier la Torah. Rabénou lui répondit :

Il y a 600 000 âmes essentielles dans le peuple d’Israël et il y a 600 000 lettres dans la Torah. Lorsqu’une lettre du séfer Torah est mal écrite, c’est tout le séfer Torah qui est disqualifié. De la même manière, lorsqu’on dit du mal sur un juif, c’est tout le peuple juif qu’on disqualifie (cette personne devait comprendre par là qu’elle ne pouvait pas avoir envie d’étudier si elle disait du lachone ara).

Arrêtons une fois pour toute de dire du mal sur les autres, même si c’est la vérité, surtout lorsque c’est la vérité. Et si une personne nous dit du mal d’autrui répondons-lui que nous n’acceptons pas le lachone ara. Ainsi l’accusateur pourra accuser tant qu’il voudra, D-ieu lui répondra avec nos propres mots qu’Il n’accepte pas Lui non plus le lachone ara.

Liqouté 'Etsoth : Hit'hazqouth - Se renforcer

La grandeur essentielle de D-ieu est constituée par le fait que les juifs extrêmement éloignés se rapprochent de Lui et commencent à Le servir. Grâce à cela le nom de D-ieu est élevé et valorisé en haut et en bas. Par conséquent il n’y a pas de raison de se décourager de s’approcher de D-ieu, même si l’on faute énormément et que nos péchés soient innombrables. Au contraire, c’est précisément grâce aux juifs éloignés que la gloire divine est la plus élevée, encensée et grandie. Et il faut aussi savoir que le rapprochement vers Hashem a essentiellement lieu grâce aux tsadiqim de la génération.


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Michaël ben Rivqa.  

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vendredi 1 avril 2011

Paracha Tazri'a - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Tazri'a-Métsor'a - Rabbi Nathan de Breslev

Dédiée à la libération de Guilad Shalit.

La paracha de la semaine dernière nous a enseigné les lois de pureté et d’impureté concernant les animaux. La paracha de cette semaine nous parle des lois de pureté et d’impureté concernant les hommes. Cet ordre n’est bien sûr pas un hasard.

Rachi commente: « Rabbi Simlaï a dit : de même que la création de l’homme a eue lieu après celle des animaux, la loi (concernant la pureté et l’impureté humaines) a été expliquée après celle des animaux ».

À ce sujet écoutons Rabbi Nathan de Breslev : « Il n’est possible de comprendre la Tora, de servir D-ieu, de se repentir et de faire des bonnes actions, que si l’on brise son orgueil et son esprit hautain. C’est la raison pour laquelle l’homme est apparu après l’animal (afin qu’il se rappelle que même les animaux l’ont devancé). Et les sages enseignent : l’homme a été créé en dernier afin de profiter immédiatement du repas. Mais s’il s’enorgueillit ils diront de lui : une mouche (vaut mieux que toi car elle) a été créée avant toi.

C'est-à-dire que l’homme n’a été créé que pour s’occuper de Tora et servir D-ieu tous les jours de sa vie. C’est pourquoi il est apparu en dernier, afin que ses moyens de subsistance soient prêts devant lui et que son esprit soit libre de connaître la grandeur de D-ieu. Ainsi tout fut créé avant pour l’homme que D-ieu forma le sixième jour, un peu avant Chabath, afin qu’il puisse profiter directement du repas de Chabath, le repas des Tsadiqim, c'est-à-dire servir D-ieu sans être perturbé par des considérations extérieures comme c’est le cas à Chabath. C’est ce qui aurait du se passer si Adam avait obéi à D-ieu » ( Liqouté Halakhoth, Orla 5:19 ).

Nous sommes donc confrontés à l’alternative suivante : rabaisse-toi et tu verras que tout n’a été créé que pour toi, ou prends-toi pour quelqu’un et tu ne vaudras pas mieux qu’une mouche, sans compter que tu perds le bon repas. C'est-à-dire une vie facile où tu peux te consacrer exclusivement à servir D-ieu sans angoisse de parnassa.

Paradoxal non ?

Si je me considère moins qu’une mouche j’ai droit à tout mais si je crois que tout m’est du, on me fera comprendre que je ne vaux pas mieux qu’une mouche…

Il faut comprendre ce qu’est l’orgueil. Les sages enseignent au sujet de l’orgueilleux : D-ieu dit : Moi et lui ne pouvons pas rester au même endroit. Une mauvaise interprétation de cet enseignement nous ferait dire que D-ieu ne supporte pas les orgueilleux, si c’était vrai Il ne devrait pas en supporter beaucoup dans le monde, ce qui contredit l’amour infini qu’Il éprouve envers chacun de nous.

Non, il faut comprendre de là que l’orgueil est un comportement qui provient, à sa racine, du fait qu’on ne croit pas que D-ieu soit avec nous, la conséquence de cette croyance est qu’on L’empêche alors vraiment d’être avec nous et donc Moi et lui ne pouvons pas rester au même endroit.

Par exemple la tristesse c’est de l’orgueil puisqu’elle est la résultante de l’oubli que D-ieu est avec nous et du fait qu’on se sente abandonné. Le problème est qu’à cause de cela on L’empêche de nous secourir car, encore une fois, Moi et lui ne pouvons pas rester au même endroit.

La véritable estime de soi ne peut se construire qu’en développant le potentiel que D-ieu a placé en moi, c'est-à-dire en dévoilant Sa présence. Or l’orgueil est le symbole de Son « absence ».

Allons plus loin: l’orgueil d’un individu est la preuve claire qu’au fond de lui, il ne se considère pas comme grand-chose. Alors il essaye de combler son manque en devenant riche, intelligent, musclé ou connu parce qu’il ne veut plus souffrir de cette voix intérieure qui lui dit : tu ne vaux pas mieux qu’une mouche. Et lorsqu’il réussit il est fier mais la preuve qu’il ne s’estime pas du tout est qu’il devient le plus misérable de tous s’il perd son argent, sa célébrité, ses muscles ou sa réputation.

Si je me sens quelqu’un lorsque je réussis quelque chose ou nul lorsque je rate, je suis un orgueilleux. Si je sais que D-ieu est avec moi et que sans Lui rien n’est possible, je suis humble. Et je peux même dire comme Moshé Rabénou que je suis le plus humble de tous les hommes, comme Yossef hatsadik que je détiens la vérité par rapport à mes frères et comme Rabbi Chimon Bar Yo’haï que s’il n’y a qu’un individu qui a de la valeur dans ce monde, c’est moi.

Il faut revoir nos définitions de l’orgueil et de l’humilité.

Finalement on comprend maintenant ce qu’ont dit nos sages. Lorsqu’on a l’humilité de croire que D-ieu est là et que sans Lui on n’est rien (en termes péjoratifs cela s’appelle se rabaisser/chiflout) alors on peut bénéficier du repas que D-ieu a préparé pour nous et vivre que le monde entier n’a été créé que pour moi. Mais si on absente D-ieu de notre vie on devient moins qu’une mouche et les autres ne manqueront pas de nous le rappeler (ça les rassure parce qu’eux-mêmes ressentent la même chose).

Bon alors commençons à y croire: D-ieu est avec nous !


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vendredi 25 mars 2011

Paracha Chemini - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Chemini - Rabbi Nathan de Breslev

Dédiée à la hatsla’ha de Eliahou ben Israël Chalom

Les animaux purs et impurs.

Si on pouvait faire un croquis représentant la pureté et l’impureté, on tracerait un cercle et trois autres cercles autours. L’intérieur du premier cercle représente le monde de la pureté totale, le mal n’y a pas de place. Le tracé du premier cercle est appelé klipat nogah-écorce lumineuse. L’écorce représente le négatif tandis que la lumière est le symbole du positif. Ainsi lorsqu’on parle de klipat nogah on fait allusion au mélange du bien et du mal avec la possibilité de trier le bien ou de choisir le mal. A l’extérieur de ce tracé les trois autres cercles représentent des écorces de plus en plus impures.

Rabbi Nathan de Breslev enseigne que les animaux kashers relèvent de la klipat nogah c'est-à-dire qu’on peut les ramener à l’intérieur du cercle ou, en d’autres termes, trier le bien qui s’y trouve. Ce tri a lieu grâce à l’abattage rituel et au processus de kashérisation de la bête, mais il n’est complet que lorsque nous récitons la bénédiction correspondante à la consommation de la viande.

Petit retour en arrière. Lorsqu’un homme faute, il dégrade l’état spirituel de l’humanité en général et de son âme en particulier. Cette dégradation s’exprime par le fait que des étincelles de sainteté relevant du domaine de l’âme chutent et se retrouvent prisonnières dans la matière. Ainsi des fragments d’âmes appartenant à l’homme peuvent se retrouver enfermés dans un minéral, un végétal et un animal.

Petit exemple classique : des étincelles de sainteté sont enfermées dans une source d’eau (monde minéral) qui abreuve une surface herbeuse (monde végétal) qui sert de nourriture à une vache (monde animal). La dernière étape de ce tri dépend de l’être humain que les sages qualifient de médaber-être parlant, lorsqu’ils consomment l’animal. S’il mange comme un juif, il fait passer l’âme du monde de la klipat nogah à celui de la pureté totale.

Mais tant que les étincelles ne sont pas arrivées chez l’être humain, elles n’ont pas réintégré le monde de la pureté. C’est la raison pour laquelle les animaux kashers sont ruminants…

Mais quel rapport !?

La rumination est le propre d’un animal possédant quatre poches d’estomac. Après avoir été absorbé par la quatrième, l’aliment est en quelque sorte reconduit vers la première poche, comme s’il allait sortir de la bête, afin d’être remâché. C’est à cause de cela que les ruminants ont l’air d’avoir un chewing-gum dans la bouche.

Rabbi Nathan enseigne :

« En chaque chose se trouvent des étincelles de sainteté, c'est-à-dire des âmes saintes du niveau de médaber-être parlant (l’homme) qui ont chutées au niveau végétal ou animal.

Lorsqu’une bête pure consomme de l’herbe, elle élève les étincelles du végétal à l’animal qui est un niveau supérieur. Néanmoins cette amélioration de leur statut demeure insuffisante car la perfection consiste à revenir au niveau de l’être parlant. Etant donné que la bête pure appartient au monde de la klipat nogah où le bien est aussi présent, ces étincelles de sainteté arrivent à se souvenir de leur niveau antérieur et ne supportent pas de devoir rester à l’intérieur d’un animal.

C’est la raison pour laquelle elles reviennent du ventre de la bête pour se diriger vers sa bouche (processus de rumination) qui est le lieu de la parole, propre du médaber-l’être parlant » ( Liqouté Halakhoth, simané béhéma vé ‘haya téhora, alef ).

Que de merveilleuses choses et que de profonds secrets se cachent derrière le simple fait de manger comme un juif.

De la même manière que la partie matérielle de l’aliment permet au corps de vivre, la partie spirituelle nourrit l’âme en lui faisant récupérer des fragments de son être. Et puisque je fais un avec mon âme, lorsque je mange kasher c’est moi-même que je reconstruis.

En sens inverse lorsque je ne fais pas attention à ce que je mets dans la bouche et à la manière dont je le mets, je détruis mon âme donc je me détruis moi-même. La pire des fautes de tous les temps ne fut-elle pas de manger un fruit défendu.

Il est tellement dommage que tant de nos frères et sœurs soient pointilleux sur la kasherout de leurs aliments mais négligent les bénédictions sur la nourriture. Ils entretiennent ainsi un certain éloignement spirituel qui se traduit par un manque de motivation pour avancer dans leur judaïsme. Ils devraient imaginer une petite sœur (le fragment de son âme) qui a traversé un long et douloureux chemin (minéral, végétal et animal) et qui, arrivée à quelques centimètres du but (il ne reste plus qu’une simple bénédiction) se voit projetée à nouveau au loin, très loin…

Celui qui désire se construire et entretenir un rapport authentique avec D-ieu et la vie doit faire ce petit effort de manger comme un juif, c’est beaucoup plus important que de ne pas mettre les coudes sur la table pendant le repas.

Chabat Chalom et bon appétit !

L'orgueil

- L’orgueil réveille des appétits homosexuels et de la colère.

- Parfois une femme s’empêche de tomber enceinte parce qu’elle fait trop attention à son apparence par orgueil.

-L’orgueil entraîne l’ivresse et l’ivresse entraîne l’orgueil.

- Celui qui vient au secours des pauvres a le pouvoir de rabaisser les orgueilleux par son regard.

- Pour briser l’orgueil il faut s’associer aux souffrances d’Israël.

- Si tu vois un pauvre poursuivi par un racha/mécréant, sache que ce pauvre est un orgueilleux.

- Pour affaiblir l’orgueil, regarde le ciel.

- En fonction de certaines circonstances il est permis d’avoir l’air de s’enorgueillir.

- L’orgueilleux ne voit pas ses pensées réussir.

- Si tu sens l’orgueil t’envahir, inquiète-toi de problèmes à venir.

Rav Éliyahou Haviv

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vendredi 18 mars 2011

Paracha Tsav - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Tsav - Rabbi Nathan de Breslev

Dédié à l’élévation de l’âme de Shlomo Nativ et à la guérison du jeune blessé durant l’attentat de Bat ‘aïn. A la guérison d’Israël Chalom ben Julie Rzala, Rina Brakha bat Esther, Ya’ël bat Esther et René ben Denise.

Dans la leçon 24, deuxième tome du Liqouté Moharan, Rabbi Na’hman de Breslev enseigne que la détérioration de la joie est la cause essentielle de la maladie.

Même si la maladie s’exprime par un déséquilibre physiologique, ce dernier est la conséquence de l’absence de joie authentique, c'est-à-dire d’un éloignement conscient ou inconscient de D-ieu. Or pour être bésim’ha il faut s’attacher à la véritable connaissance : le da’at.

Rabbi Nathan de Breslev explique :

« La délivrance d’Egypte eut lieu essentiellement grâce à la sim’ha car la sim’ha est le monde de la liberté ainsi qu’il est écrit " vous sortirez dans la joie " (Isaïe 55), tandis que la tristesse est la cause de l’exil et correspond à l’exil de la Chékhina (la Présence divine). Mais la matsa parce qu’elle donne du da’at procure la vraie joie, elle répare notre cerveau des fermentations provoquées par les mauvaises manières de penser » (Liqouté Halakhoth Pessa’h 1&2).

En résumé La matsa donne du da’at, ce dernier construit notre véritable joie et nous fait rentrer dans le monde de la liberté, c’est pourquoi on doit la manger accoudé comme un homme libre…

Mais qu’est-ce que le da’at ?

Le da’at est un type de connaissance qui réussit à allier les contraires, il est représenté par Moché dont le nom correspond aux initiales de Mah’loket Chamaï Hillel (la controverse entre Chamaï et Hillel). Ces deux sages, et leurs écoles par la suite, étaient en opposition constante au niveau de la compréhension de la Torah mais ils vivaient en paix et n’hésitaient pas à marier leurs enfants.

Car telle est la vraie sagesse : paradoxale, c’est la raison pour laquelle elle ne s’enseigne que par des controverses, talmudiques, midrachiques, halakhiques etc. Et le paradoxe ultime réside dans le fait que D-ieu dirige le monde dans ses moindres détails et que l’homme, paradoxalement, ait la liberté de construire son histoire. Sa vie est pleine de sens, ses bonnes actions sont vraiment méritoires.

Rabbi Na’hman enseigne que le Chalom n’a de sens que lorsqu’il est fait entre les contraires. Au lieu de refuser les contradictions de l’existences, les controverses et les contrariétés, acceptons les afin de pouvoir grandir grâce à elles.

Lorsqu’on arrive à vivre avec cette conscience on a du da’at et par conséquent la joie de s’exprimer pleinement en tant qu’être humain tout en laissant à D-ieu la place qui Lui revient. Cela s’appelle le chalom baït.

Mais lorsqu’on refuse le paradoxe à cause d’un trop plein de logique, symbolisé par le ‘hamets et les mauvaises pensées, on rentre dans le monde de l’exil ; car soit on évacue D-ieu de son existence soit on Lui donne une place qui nous empêche d’exister sous couvert de religiosité.

La conséquence infaillible de ces deux erreurs est une vie sans joie, un manque de communication et de sourire, avec ou sans kippa sur la tête.

"" c’est la bouche, "Ssa’h" c’est la parole, Pessa’h signifie une bouche qui parle, qui raconte les bontés de D-ieu pendant la haggadah afin de nous faire ouvrir la bouche toute l’année en Lui parlant régulièrement afin de sortir d’exil.

La joie, le Chalom, le Da’at, la bonne santé, la liberté, se construisent en communiquant sincèrement avec D-ieu, avec l’autre, avec soi-même. D’ailleurs Machia’h a les mêmes lettres que Messia’h qui signifie : faire parler.

Ouvrons la cette bouche, comme le dit Rabbi Na’hman : parler à D-ieu est le meilleur moyen de s’approcher de Lui réellement. Il n’attend que cela.

Rav Éliyahou Haviv

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vendredi 11 mars 2011

Paracha Vayiqra - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Vayiqra - Rabbi Nathan de Breslev

« D-ieu appela Moché et lui parla dans le ohel mo’ed » ( Vayiqra 1:1 )

Le Midrach nous enseigne que lorsque le Mishkan fût terminé, Moché n’osa pas y rentrer. Il se disait que puisque son frère Aharon, oint en tant que grand prêtre, n’avait pas le droit de s’y présenter quand il le voulait, lui non plus ne pouvait rentrer dans ce lieu où la Présence divine reposait avec une intensité inégalée. Il attendit que D-ieu l’appelle. A l’époque, on ne pouvait pas parler avec D-ieu quand on le voulait…

Rabbi Na’hman de Breslev nous demande instamment de prendre un moment tous les jours et de nous isoler pour parler à D-ieu dans notre langue maternelle, une heure de temps est l’idéal. Il le demande à tous, quelque soit notre niveau spirituel. Et cette pratique qu’il a surnommé Hitbodédouth est supérieure à tout pour s’approcher d’Hashem (Liqouté Moharan II, 25).

Alors quoi, on est mieux que Moché Rabénou ? Et le barbu qui m’avait dit qu’il ne fallait pas déranger D-ieu avec mes futilités, il avait raison ou pas ? Et puis c’est un peu ridicule non !

Un écran de fumée

Pour comprendre ce qu’il s’est passé, il faut revenir à nos ancêtres universels : Adam et Eve. Lorsqu’ils fautèrent, ils furent expulsés du jardin d’Eden et son entrée leur fut interdite. En d’autres termes leur faute avait créé entre D-ieu et l’humanité un gigantesque écran. Le premier qui comprit que ce n’était qu’un écran et qu’il fallait le briser fut Avraham.

Ainsi, les sages nous enseignent qu’Avraham fit redescendre la Présence divine d’un firmament. Et les justes authentiques de toutes les générations continuèrent ce combat. Néanmoins il n’était pas facile parce que l’écran en question ne se laissait pas faire et rendait coup pour coup. Il portait bien son nom : Midat ha din.

La Midat ha din signifie l’aspect de stricte justice, l’accusation. Nos fautes créent des anges accusateurs qui ne nous permettent pas d’accéder directement à D-ieu. Et le Talmud Bérakhoth ( 7a ) nous enseigne, retenez-vous bien, que D-ieu prie pour que cela s’arrête. C'est-à-dire qu’Il prie pour se comporter avec nous selon l’aspect de la bonté et de la clémence-Midat ha ra’hamim et non selon l’aspect de la stricte justice et des sanctions terribles qu’elle engendre Midat ha din. Car lorsqu’on prend des coups, même s’ils sont mérités et hélas ils le sont, il devient difficile de croire dans l’amour de D-ieu et de le servir ainsi.

Certains abandonnent tout ou ne commencent jamais, d’autres sont pratiquant mais ne servent D-ieu que dans la crainte des coups. L’écran est un écran d’incompréhension. Et D-ieu prie pour que cela s’arrête.

La conséquence de l’écran est la perte de croyance que nous sommes importants pour Lui. Il suffit de constater le peu de ferveur de nos prières pour comprendre à quel point nous sommes, consciemment ou pas, découragés de les voir se réaliser. Il faudrait un miracle pour que ça marche. Et qui suis-je pour l’obtenir. Le poids de mes fautes n’est sûrement pas là pour m’aider.

De tels arguments, et il y en a d’autres, proviennent de l’éloignement de D-ieu. Nous ne le connaissons pas. Pire encore, nous nous faisons une fausse idée de Lui.

Rabbi Na’hman sait à quel point D-ieu nous aime et à quel point Il souffre de nous voir en exil. Le travail de Rabénou, à l’instar de tous les Tsadiqim authentiques, est de nous réconcilier avec Hashem afin de briser l’écran de notre exil mental et physique. Briser ces fausses idées que nous entretenons au sujet de notre importance aux yeux d’Hashem.

Voici un exemple de fausse idée détruite grâce aux enseignements du Tsadiq :

« Louez celui qu’on a vaincu et qui s’en réjouit (Pessa’him 119a). Lorsqu’on parle devant D-ieu et qu’on Lui présente nos arguments et nos revendications, on désire en quelque sorte Le vaincre. Et D-ieu en éprouve un immense plaisir. Par conséquent que fait D-ieu, Il envoie à celui qui veut Le convaincre les mots pour le faire, afin d’avoir le plaisir d’être vaincu. Car si ce n’était D-ieu qui lui donnait les bons arguments, il serait absolument impossible à l’être humain de vaincre le Créateur, si l’on peut s’exprimer ainsi. Mais c’est D-ieu Lui-même qui envoie et prépare les paroles et revendications qui permettent à celui qui prie de Le vaincre. » (Liqouté Moharan 124 ).

« D-ieu a une passion pour les prières d’Israël. Et quand les juifs prient devant Lui, ils satisfont à Son désir et D-ieu en éprouve un très grand plaisir » (Liqouté 'Etsoth Téfila 28 ).

A l’époque de Moché Rabénou, la Midat ha din était quasiment indestructible, comme le mur de Berlin au summum de la guerre froide. On ne pouvait pas parler à D-ieu comme on le voulait. Mais les Tsadiqim, sous l’impulsion du berger fidèle, s’attaquèrent sans relâche à cette mission apparemment impossible. Et aujourd’hui même le plus éloigné des juifs peut rentrer dans le Mishkan de son cœur et tout raconter à D-ieu lorsqu’il en a envie. Pas parce qu’il est mieux que Moché, mais parce que tous les Moché du peuple juif ont combattu pour qu’il puisse crier « Hashem je t’aime » et assister très vite à la délivrance finale, Amen !

Les enfants

-Celui qui courre pour faire la mitswa de tsédaqa-charité aura des enfants riches, intelligents et sachant parler de Tora.

-Que faire pour avoir des enfants : distribuer son argent au pauvre et réjouir sa femme avant de la connaître.

-Celui qui a une fille en premier n’aura pas de mauvais œil sur ses enfants.

-Quarante jours avant la formation du fœtus on priera pour avoir un garçon.

-Celui qui épouse une femme uniquement à cause de son argent, aura des enfants tordus et perdra sa fortune rapidement.

-Celui qui étudie sérieusement la Tora et fait du bien aura beaucoup d’enfants.

-On fera très attention à ne pas allaiter un enfant chez une mauvaise femme car le lait purifie et rend impur.

-Celui qui se rapetisse devant son maître et lui demande de répondre à tous ses doutes, même si son maître le rabaisse, aura un fils qui sera plus grand en Tora que son maître.

-Celui qui accepte les souffrances avec amour aura des enfants qui vivront longtemps.

-Parfois à cause d’un amour trop fort entre un homme et une femme, elle n’arrive pas à tomber enceinte.

Rav Éliyahou Haviv

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vendredi 25 février 2011

Paracha VaYéqel - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha VaYéqel Péqoudé - Rabbi Nathan de Breslev

Dédié à la réfoua chéléma d’Israël Chalom ben Julie Rzala et à la metsiat ha zivoug hagoun min hachamayime pour Tsophia bat deya

« Moché rassembla toute la communauté d’Israël et leur dit : voici les paroles que D-ieu nous a ordonné d’accomplir. Durant six jours le travail sera fait et le septième jour sera saint pour vous, un Chabat pour D-ieu, celui qui travaillera en mourra ».

Rabbi Nathan de Breslev enseigne qu’au lieu de dire « Taassé mélakha – tu feras ton travail », le verset nous dit « Téassé mélakha – le travail sera fait » à la forme passive, ce qui signifie que le travail se fera par lui-même. Il précise :

« Grâce au Chabath, on mérite que le travail se fasse par lui-même. Car la vitalité et l’abondance des six jours de la semaine sont dues au repos et à la sérénité du Chabath… Par conséquent l’homme doit effectuer tous les travaux et transactions commerciales des six jours de la semaine en sachant et en croyant qu’en vérité il ne fait rien par lui-même car tout vient de D-ieu » (Liqouté Halakhoth, Chabat 3-3).

Rien, rien de rien...

C’est la raison pour laquelle notre paracha de la semaine commence avec l’injonction du Chabat pour continuer avec les travaux du Mishkan qui représentent la source de tous les types de travaux au monde. Afin de se rappeler qu’en vérité nous ne faisons rien par nous-mêmes.

Un peu dur à avaler n’est-ce pas !

La théorie du « il faut aider D-ieu à nous aider » en prend un coup. C’est dommage parce que parfois elle nous arrange bien cette théorie, surtout pour justifier de longues journées de travail au détriment de la famille et-ou de l’étude. Je n’ai pas le temps…

Rabbi Na’hman de Breslev raconte l’histoire suivante :

Une fois, un pauvre errant arriva dans une ville alors qu’il n’avait pas mangé depuis deux jours. Il se dirigea vers les plus belles maisons pour demander la charité. Après avoir frappé à la porte de la plus belle maison, un propriétaire lui ouvrit et écouta sa requête. Il lui proposa alors un marché : va me couper ce bois et je te donnerai un bon repas. 

Le pauvre n’ayant d’autre choix que d’accepter, il travailla dur plusieurs heures et vint ensuite demander son salaire. Le riche lui montra une maison en face de la sienne et lui dit de s’y présenter, là bas on te donnera à manger. Effectivement, on l’installa à une table mais on lui offrit un modeste repas : une soupe chaude avec un morceau de pain et un fruit. Il était en train de grogner lorsque quelqu’un lui demanda les raisons de sa mauvaise humeur. Il répondit qu’après avoir travaillé si dur, il méritait un meilleur repas. 

Ce qu’il ne savait pas, c’est que le riche d’en face était radin et qu’il avait tout simplement profité de lui gratuitement pour l’envoyer ensuite en face, où de toute façon on offrait un repas à chaque pauvre qui le demandait. La personne qui l’avait interrogé n’était autre que ce généreux donateur qui lui dit : ce que tu as travaillé est une chose en soi, ce que tu as mangé est une chose en soi.

De la même manière nous dit Rabénou, le travail de l’être humain est une chose en soi et ce qu’il mange est une chose en soi. C'est-à-dire qu’il n’y a pas de rapport entre le labeur effectué et les revenus d’un individu. Celui qui ouvre les yeux ne pourra que vérifier les milliers d’exemples confirmant une telle affirmation. Sinon il aura la possibilité de croire à l’illusion des lois de la nature qui affirment que plus on travaille, plus on gagne et que si on ne travaille pas très durement, il n’est pas possible de réussir.

A ce sujet, il est dit : « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front », ceci est la malédiction de l’homme qui se trompe et croit à l’illusion du dieu travail.

Afin de réparer cette erreur, D-ieu nous a donné le Chabath.

Le septième jour nous sommes propulsés dans une sphère de conscience différente. Le repos du Chabat est un appel destiné à nous faire comprendre qu’en vérité c’est D-ieu qui fait tout le travail. Ainsi plus on se coupe du mode de fonctionnement de la semaine en s’habillant différemment, en parlant différemment, en marchant différemment, même en pensant différemment, et plus on se connecte à la conscience que D-ieu est avec nous et que c’est Lui qui fait le travail, plus on est serein et l’on réussit. La semaine prend alors un goût différent lorsque la sérénité du Chabat nous accompagne durant la semaine.

Mais pourquoi travaille-t-on ?

Sûrement pas pour l’argent mais pour réparer le monde (Liqouté Moharan 280). Chaque fois qu’on effectue des transactions commerciales en respectant les lois du massa ou matan bé émouna - commercer avec foi, on répare le monde. Diriger ses affaires avec foi (ceci inclut aussi le travail du salarié) signifie respecter la parole donnée et les règles de la Tora afférentes à notre type d’activité. Cette foi est elle-même la source d’une bénédiction qui fait que notre argent est protégé et notre travail facilité

C’est la raison pour laquelle le psaume principal du Chabat commence par « Hachem ro’i lo e’hsar – D-ieu est mon berger, je ne manquerai de rien »…

Chabat Chalom !

Rav Éliyahou Haviv

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vendredi 18 février 2011

Paracha Ki Tissa - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Ki Tissa - Rabbi Nathan de Breslev

Dédié à la réfoua chéléma d’Israël Chalom ben Julie Rzala

Rabbi Nathan de Breslev enseigne :

« Tout ce qu’a enduré le peuple d’Israël pendant la sortie d’Egypte, l’ouverture de la mer rouge et le don de la Tora, ainsi que les guerres de conquête de la terre sainte et les situations qu’il a traversées par la suite, tout ceci est forcément vécu par celui qui désire accéder à la vie éternelle. Il doit passer par de nombreuses guerres vécues à travers ses élévations et ses chutes, chacun selon sa personnalité.

Cela provient du fait que le yetser hara (penchant au mal) est composé de plusieurs forces et de plusieurs niveaux. Il y a toujours un yetser hara qui nous attend au dessus de notre yetser hara actuel. Et lorsqu’un homme grandit il est confronté à un ennemi plus puissant c'est-à-dire plus spirituel. C’est la raison pour laquelle les forces mauvaises se renouvellent constamment contre celui qui désire accéder à la vie éternelle.

Cela explique pourquoi le don de la Tora fut immédiatement suivi par l’énorme faute du veau d’or. Car cette erreur est incroyable, comment des personnes ayant atteint le niveau de la prophétie face à face peuvent-elles chuter aussi grossièrement immédiatement après ? Grâce à cette explication nous le comprenons » (Liqouté Halakhoth Chiloua’h haken 4:5).

Rassurant non !

Une chute pour mieux monter

On aurait tendance à croire que D-ieu ne désire pas de nos dévotions lorsqu’on essaye sincèrement de s’approcher de Lui et qu’on s’effondre lamentablement dans la faute. Lorsqu’après avoir ressenti Sa présence avec une extrême intensité on n’a même plus envie de pratiquer les commandements. Lorsque les périodes de certitude absolue sont remises en question par l’attaque du doute.

En vérité c’est un signe de bonne santé spirituelle.

Car si tu n’étais pas en train de vraiment avancer tu ne ressentirais pas cela. Tu t’accommoderais d’un train-train quotidien sans remise en question, rassuré de ton authenticité par un yetser hara déguisé en arguments de Tora et en mitswoth (Liqouté Moharan 1).

La meilleure preuve que l’on avance est la sensation qu’on recule. Et si l’on ne sait pas cela on risque de reculer réellement ou D-ieu préserve de tout abandonner, vaincu par le mensonge du serpent originel : D-ieu ne veut pas de toi…

C’est faux, faux et archi-faux !

La chute qui suit l’élévation est une constante du service authentique de D-ieu. Et Rabbi Na’hman de Breslev nous enseigne que même les plus grands justes passent constamment par d’innombrables périodes de chutes et d’élévations. Certes leurs chutes ne sont pas aussi matérielles que les nôtres, à leur niveau il s’agit d’un éloignement passager (mais terrible) au niveau de leur perception de D-ieu. Ce même éloignement que nous ressentons lorsque nous chutons parfois grossièrement mais, comme dirait l’autre, chacun son niveau.

Derrière cette donnée de base de l’évolution spirituelle se cache évidemment une Volonté divine et de nombreux secrets mais quant à nous il suffit de savoir que c’est comme cela. Sur les appareils médicaux lorsque le tracé monte et descend, cela signifie qu’il est vivant.

Alors continuons à rester vivant spirituellement jusqu’au jour où D-ieu nous montrera qu’en vérité nous n’avions pas cessé d’avancer. La devise qui doit constamment nous accompagner nous est donnée par Rabbénou :

Ne jamais se décourager !


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Moché ben Chochana.

Pour dédicacer un Dvar Tora, cliquez ici.

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