dimanche 14 août 2011

Les vrais problèmes de la vie

Les véritables problèmes de la vie
“Cher David-Yits'haq,

Je trouve que la plupart des religions imposent une morale étroite qui peut rendre violent ou frustré et empêche de voir la vie en face. Les vrais problèmes d'aujourd'hui : surpopulation mondiale et disparition de la nature n'y sont guère traités. D'autre part, je suis persuadé que le monde et la terre sont vieux de plusieurs milliards d'années, ce qui n'est guère le cas selon la Bible. Enfin, vous devez admettre que tous les conflits actuels sont de nature religieuse. Ne trouvez-vous pas tout cela suffisant pour ne pas être religieux ?” (F.R. de France)


La première partie de ma réponse peut être lue en cliquant ici.

Selon vous, les “vrais problèmes d'aujourd'hui [sont] la surpopulation mondiale et la disparition de la nature” et les religions ne s'en préoccupent guère. Je prends acte de votre attention pour ces deux questions dont l'importance ne saurait nous échapper. Cependant, votre avis est personnel et pour d'autres personnes, les “vrais problèmes d'aujourd'hui” seront autres.

De fait, selon une enquête récente faite en France, les vrais problèmes d'aujourd'hui sont : le chômage et l'emploi, le pouvoir d'achat, la santé et la qualité des soins, l'école et la qualité de l'enseignement. La surpopulation ne semble pas intéresser grand monde et les problèmes liés à la nature ne sont pas une priorité pour la majorité des personnes interrogées. Ainsi, chaque individu définit “ses vrais problèmes du jour”, en fonction de sa culture, son âge, ses revenus financiers…

Les vrais problèmes : qui peut les définir ?

Ceci nous apprend que la subjectivité définit notre vie. Cela ne saurait nous étonner : l'être humain n'est pas une machine fabriquée à la chaîne. Chaque individu est unique et sa façon de penser l'est également. Si vous disposez d'un revenu élevé et que vous vivez à Paris, votre façon de voir le monde n'aura sans doute pas grand-chose à voir avec celle d'un mendiant du Sri Lanka.

Vous regrettez de ne pas relever une attention soutenue aux problèmes contemporains dans les religions. En ce qui concerne le Judaïsme (je laisse le soin à d'autres personnes de traiter des autres religions), l'ordre de priorité est donné à l'individu : celui-ci doit utiliser au mieux son potentiel intellectuel afin de vivre dans un monde meilleur et empreint de justice et de paix.

En plaçant l'individu au centre de ses préoccupations, la Tora nous enseigne une donnée fondamentale : la personne est la raison d'être de la création et de l'existence de l'univers et c'est vers l'individu que nos efforts doivent être concentrés. Il est intéressant que ce sont précisément les problèmes qui touchent les personnes qui sont cités en priorité dans l'étude que j'ai mentionnée plus haut.

Notre vrai problème : devenir de meilleures personnes

Nous pouvons passer notre vie à nous intéresser à la famine dans le monde, au trou d'ozone ou au déplacement des plaques géologiques. Nous pouvons également passer notre vie à être un mauvais mari, un piètre parent et en fin de compte, une personne peu enviable… ou pire.

Nous sommes un peu à l'image d'un enfant qui possède l'autorisation d'aller et de faire certaines choses, tandis que d'autres lui sont déconseillées, voire interdites. Travailler pour obtenir un gagne-pain décent, rendre sa femme heureuse (selon sa définition du bonheur et non la nôtre), élever des enfants sains et fiers de leur racines juives sont des tâches sur lesquelles nous devons concentrer nos pensées, nos efforts et nos prières.

Si une personne investit l'énergie et le temps nécessaires à ces objectifs, elle peut évidemment s'occuper de tous les projets du monde. Cependant, elle ne doit jamais oublier que sa mission principale consiste à travailler ses traits de caractère négatifs et de répandre autour d'elle l'amour que chaque personne a besoin pour s'épanouir dans la vie.

La prochaine partie de ma réponse concernera l'âge de la terre selon la Bible.

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mercredi 15 juin 2011

Moi et les juifs (1)

Moi et les juifs

“Cher David-Yits'haq,

J'ai eu de très mauvaises et nombreuses expériences où l'on a profité de moi. Souvent, cela était le fait d'autres juifs et souvent d'israéliens. Tout cela est arrivé parce que je suis juif : “Allez, tu es l'un de nous ! Tu feras bien telle ou telle chose pour moi ! Tu ne peux pas me laisser tomber ! Etc.” Tout cela pour mieux me faire planter un couteau dans le dos par la suite !

Je ne suis pas antisémite, mais je connais la façon de penser juive et israélienne. Dans les deux cas, il s'agit d'un esprit extrêmement dysfonctionnel qui est le résultat de 5 000 années de persécution et d'un complexe qui en est la conséquence. Il existe certains aspects merveilleux de la tradition juive que je respecte. Cependant, chaque rose possède ses épines et l'esprit juif en est rempli.

Ainsi, j'applaudis la culture juive, tout en me réservant le droit de dénoncer l'hypocrisie dont je suis régulièrement le témoin : des rabbins volent, mentent à leur femme, engagent des hommes pour tuer leur femme… Autant d'exemples déplorables de juifs qui commettent des crimes horribles – tous les jours – tout en portant la kippa.

Tous les juifs sont donc mauvais et terribles ? Non, bien sûr ! J'ai même des amis et des membres de ma famille qui sont juifs ! Cependant, je connais l'odeur malsaine qui règne et elle n'est guère agréable, ni très bonne à respirer.

Les juifs et les arabes se haïssent mutuellement, essentiellement comme ils se détestent parmi leur propre groupe. Cependant, il s'agit d'une vendetta familiale qui remonte à Avraham, Yits'haq et Ichmaël. Cette vendetta à propos d'une terre ne rime à rien : aucun groupe ne la possède réellement, mais les deux groupes la réclament comme un droit d'héritage. Tout cela pourquoi ? Pour voir plus de sang couler au nom d'une supériorité imaginaire d'êtres humains qui se croient meilleurs que ceux de l'autre côté.

La vie est courte. Je continuerai simplement à regarder ces batailles de mon gradin et pensant à la manière de Pierre Desproges à propos du non-sens du spectacle offert sous le titre de : “Conflit du Proche-Orient.” (Steve D., États-Unis)

Steve, merci pour votre lettre sincère et qui a été écrite – j'en suis certain – du fond du cœur. Vous imaginez sans difficulté que je ne partage pas votre point de vue. Étant donné le sérieux des questions abordées, je citerai aujourd'hui seulement les points principaux que je voudrais développer un autre jour.

1) Se faire exploiter n'est certainement pas agréable et les personnes qui en exploitent d'autres doivent être dénoncées, selon les formes admises. Cependant, cela ne devrait pas être une excuse pour ne pas choisir un style de vie qu'on préfère rejeter en réalité pour d'autres raisons.

2) Il n'existe pas de “façon de penser juif” ; être juif n'est pas une race et ne peut pas être limité à un format spécifique. Plutôt, il existe des individus qui pensent d'une façon droite et d'autres qui pensent autrement. Cela est le cas dans tous les peuples et toutes les sociétés ; à ce titre, le peuple juif ne fait pas exception.

3) Je ne pense pas qu'il soit exact de dire – ou de laisser penser – que la majorité des juifs religieux “volent, mentent à leur femme ou engagent des hommes pour tuer leur femme”. Je me répète : si certaines personnes transgressent la loi, elles doivent être punies en fonction de leurs fautes. À nous de ne pas commettre l'erreur de généraliser des comportements individuels à l'ensemble d'un peuple (en le faisant, vous agissez de la même façon que les antisémites Le Pen, Dieudonné, etc.)

4) Je ne pense pas que les juifs haïssent les arabes. Les milliers d'arabes qui vivent paisiblement en Israël – et qui n'en partiraient pour rien au monde – sont un démenti évident à vos propos. Par contre, l'histoire nous a montré maintes fois que les arabes n'apprécient guère les juifs : citez-moi un seul pays arabes où les juifs vivent libres de leurs gestes, en touts tranquillité et autorisés à pratiquer leur religion d'une façon ouverte.

5) Vous semblez regretter amèrement l'absence de paix entre les juifs et les arabes en Terre sainte. Sur cet aspect, je suis d'accord avec vous. Cependant, votre conception de la paix est erronée et certainement le fruit de la culture capitaliste dans laquelle vous vivez. Selon ce mode de penser, la paix doit être séparée de la justice ; selon le judaïsme, la justice vient en premier, suivie ensuite par la paix. Cette notion n'est pas anodine, elle est une des clés fondamentales du conflit entre juifs et arabes.

Avec l'aide de D-ieu, je développerai prochainement ces aspects.

Cordialement.

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mercredi 6 avril 2011

Comportement animal en costume trois-pièces

(Stylo Mont-Blanc "Pape Jules II" 5 800 €)

“Diriger un pays n'exige pas une grande intelligence ou sophistication. L'honnêteté et la simplicité suffisent.” (Histoires de Rabbi Na'hman – Le sophistiqué et le simple)

Lorsqu'une personne pense pouvoir servir son pays et le diriger pour son bien, elle fait réellement preuve d'un sentiment élevé d'auto-abnégation. Pour correspondre à cette description, cette personne doit posséder des qualités exceptionnelles et s'effacer entièrement devant l'intérêt national. Ce qui nous sépare des animaux est précisément cette faculté : la réflexion intellectuelle qui nous amène à relativiser nos instincts, nos envies. À l'opposé, l'animal vit sans réfléchir et en cherchant à satisfaire ses plus bas instincts.

Le plus nous accordons de l'importance à l'aspect matériel de notre vie, le plus nous nous rapprochons du statut d'animal. Dans ce cas, se comporter comme un animal prend le plus souvent une des deux formes suivantes. Dans la première catégorie entrent les individus qui désirent vivre leurs plaisirs, même aux dépends des autres. Ils n'hésitent à être violents (le plus souvent envers les femmes) pour assouvir ce dont ils ont envie/besoin.

Dans la seconde catégorie entrent les personnes qui sont trop raffinées pour un tel comportement et qui ont besoin de l'appréciation des autres à leurs égards. Ces personnes possèdent dans la majorité des cas une position publique visible (hommes politiques, acteurs, sportifs...) et elles s'en servent pour soutirer d'avantage de bénéfices.

Imaginons une personne à la tête d'un gouvernement et dont l'amour pour les stylos est sans fin, maladif. Voilà l'exemple parfait d'un animal en costume trois-pièces. Peu importe que cet individu soit respecté dans les forums mondiaux et que le président des États-Unis lui rende visite. Peu importe qu'il faille s'adresser à lui avec le plus grand respect, dû à son poste. Cette personne est un animal à deux pattes.

Le comportement animal de l'homme enfreint la dignité humaine, les lois les plus élémentaires de l'honnêteté et de la simplicité. Rapidement, l'amour des stylos ne suffit plus. On convoite les meilleures – et les plus chères – suites dans les hôtels de luxe; on désire occuper le meilleur – et le plus cher – siège dans les avions...

Nous possédons les dirigeants que nous méritons. Si nous accordions moins d'importance à l'aspect physique de la vie, nous voterions plus facilement pour une personne honnête et simple. Ne pas demander – ou accepter – l'argent d'une tierce personne pour s'offrir des folies matérielles; ne pas enfreindre les lois – morales et civiles – de notre pays; se contenter d'un stylo Bic. Au moins, si nous pouvions envisager de vivre réellement de la sorte.

Souhaitons à nos dirigeants de débarrasser le plancher et de laisser la place à ceux et celles qui possèdent une véritable vision humaine de la vie. Amen.

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jeudi 10 septembre 2009

Une chaise vide

Une chaise vide

Ofer,

Nous devions nous retrouver ce matin pour étudier et voilà que tu es parti. Lorsque je t’ai quitté hier, je ne savais pas que je n’étudierai plus avec toi… au moins pendant quelques temps. Je ne t’en veux pas : tu ne le savais pas toi-même.

Je te dois beaucoup. Ta vigueur d’esprit, ton exigence envers toi, ta douceur avec les autres... Combien de qualités pourrais-je ainsi énumérer ! Je sais que tu n’aimerais pas cela. Tout de même, tu me manques déjà.

Ce matin, lorsque je suis allé te dire au revoir, j’ai beaucoup pleuré. Je n’étais pas le seul ; pensais-tu avoir autant d’amis ? Quand j’ai vu ta femme s’approcher de toi pour te dire ses adieux, j’ai vu une personne effondrée. C’est le mur sur lequel je m’appuyais qui m’a retenu.

Avancer à deux

Te souviens-tu de nos fous rires ? Combien d’heures avons-nous passé à essayer de comprendre une Guémara, une page du Choul’han ‘Aroukh ? Jamais abattu, tu me disais toujours : “Lis encore une fois, nous allons bien finir par comprendre !” Et le plus souvent, tu avais raison. Combien de fois aurais-je abandonné sans ta présence.

Ta patience m’étonnait toujours. Lorsque je m’énervais de mon lenteur d’esprit, c’est toi qui me réconfortais. Les heures que nous avons passées ensemble sont un cadeau merveilleux que tu m’a fais. Merci mille fois.

Maintenant, nous allons s’occuper de ta petite famille. Ta femme a du courage ; elle en a besoin. Tes trois pierres précieuses vont se demander où est leur Aba. Nous ne pourrons pas leur donner l’amour que tu leur as toujours transmis. Ce que nous allons faire, c’est alléger leur vie matérielle. Pour le reste, demande à Hachem de trouver quelque chose. Après tout, tu es plus près de Lui que je le suis !

Ofer, je t’aime tant que mon amour ne peut faiblir avec ton absence. Si je ne croyais pas en D-ieu, je pesterais de me retrouver sans toi. Désormais, qui m’aidera dans mes études ? Cependant, je sais que le Maître du monde ne pouvait plus longtemps se passer de toi. Qui l’aurait pu ?

Merci pour tout. Merci pour ton sourire ; merci pour ta gentillesse ; merci pour le temps que tu m’as accordé ici-bas. Cet après-midi, j’ouvrirai ma Guémara sans ton ombre à mes côtés. Je m’en fiche : je continuerai quelques temps à te parler, comme si tu étais encore là !

Je te demande pardon pour mes fautes. Les nuits blanches que nous avons passées ensemble vont me sembler plus longues. Dis-en un mot à Hachem : j’ai besoin d’un nouveau partenaire.

Prends soin de toi et réserve-moi une place auprès de toi. L’envie ne me manque pas de te rejoindre le plus vite possible, mais je comprends que c’est au Créateur de décider mon heure de départ, pas à moi.

Je t’embrasse très fort.

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mercredi 19 août 2009

Moi et les juifs (6)

(Cinquième et dernière partie d'une réponse à la lettre d'un lecteur. Pour lire la première partie, cliquez ici.)

Steve,

Ma réponse a été plus longue que celles que je rédige habituellement. Pourtant, j'ai l'impression de ne rien vous avoir dit, de ne rien avoir réellement abordé de sérieux. Tout ce que je vous ai dit était en réponse à votre lettre. Tout ce que je voudrais vous dire n'a aucun rapport – ou si peu – avec elle.

Je connais les États-Unis, le pays où vous vivez. Je connais également la force incroyable de sa culture : celle de se frayer son chemin dans le cerveau de chaque individu, sans que celui-ci s'en aperçoive. Je pense à cela en pensant à vous. Ce que vous vivez, pensez et écrivez n'est pas de vous : une âme juive ne peut vivre cette vie, penser de la sorte et écrire de telles choses à propos du peuple auquel elle appartient.

La vraie vie

La société dans laquelle vous vivez a kidnappé votre cerveau, à votre insu. Au départ, cela s'est fait avec votre accord. C'est toujours parce que nous leur ouvrons la porte que les forces du mal entrent chez nous, en nous. Dans votre cas, vous leur avez ouvert la porte en affichant votre désir de vous séparer de votre peuple. Il ne leur en fallait pas plus.

Une fois en vous, le nettoyage auquel vous avez été la victime s'est fait lentement, mais surement. Chaque jour, ce sont vos gestes, vos pensées et votre discours qui se sont rapprochés du monde non juif. En leur ouvrant la porte, les forces du mal vous ont offert beaucoup plus que la possibilité de vous séparer de votre peuple : elles vous ont transformé en un nouvel individu. Cet individu mène la vie d'un non juif.

J'aimerais tant vous expliquer les raisons pour lesquelles l'amour qui me lie à vous est plus fort que tous les kilomètres que vous avez mis entre les autres juifs et vous. J'aimerais tant que vous veniez me voir, en Samarie, sur la terre de vos ancêtres. Ici, le monde est beau ; dur, mais beau.

Si je pouvais tenir votre main dans la mienne, je vous emmènerais dans la nature. Assis au milieu des oliviers, nous écouterions le bruit des oiseaux et du vent. Perdus au milieu de la nature, je vous ferais écouter des paroles que vous n'avez jamais entendues. Celles de la Sagesse juive millénaire, la vôtre.

Mes paroles sont belles car elles ne sont pas les miennes. Plutôt, elles sont celles de nos Sages, de nos ancêtres. En prenant le temps de les étudier et de les entendre, notre cœur se met à vivre, réellement. Aussi longtemps que nos pensées nous rattachent à ce monde, elles nous abaissent. À l'opposé, parler à D-ieu, Le vouloir et Le pleurer nous élève. Le saviez-vous ?

Steve, la vie est courte et mes forces ne sont plus très grandes. Si je le pouvais, j'utiliserais la magie pour vous faire venir en Eretz Israël afin de pouvoir vous toucher, vous embrasser, vous dire que je vous aime. Votre âme est pure, comme la mienne, comme celles de nos Pères. Je vous supplie de l'écouter. Vous êtes un être exceptionnel, car D-ieu la voulu. Prenez en conscience avant que le Créateur rappelle votre âme auprès de Lui.

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jeudi 13 août 2009

Moi et les juifs (5)

Moi et les juifs (5)

(Quatrième partie d'une réponse à la lettre d'un lecteur. Pour lire la première partie, cliquez ici.)

Steve,

Vous semblez regretter amèrement l'absence de paix entre les juifs et les arabes en Terre sainte. Sur cet aspect, je suis d'accord avec vous. Cependant, votre conception de la paix est erronée et certainement le fruit de la culture dans laquelle vous vivez. Selon ce mode de penser, la paix doit être séparée de la justice ; selon le judaïsme, la justice vient en premier, suivie ensuite par la paix. Cette notion n'est pas anodine, elle est une des clés fondamentales du conflit entre juifs et arabes.

Notre mode de pensée est étroitement lié à la société dans laquelle nous vivons. Le mode économique actuel a besoin de paix pour fonctionner d'une façon satisfaisante. Peu importe la justice, si la paix règne, les affaires vont bon train. Cela explique l'appui des plus grandes démocraties (dont les États-Unis) aux dictatures.

Cette notion de paix ne s'embarrasse pas de celle de justice. Pourtant, que diriez-vous si un tribunal vous demandait de faire la paix avec le voleur qui vous a subtilisé une coquette somme d'argent… sans que celui-ci soit obligé de vous la rendre ? Vous crieriez certainement : “Justice ! Justice ! Justice !” Vous satisferiez-vous si l'on vous répondait : “Paix ! Paix ! Paix !” ?

Une paix qui en n'est pas une

Ce sentiment est un peu ce que ressentent les israéliens. Beaucoup pensent que peu importe ce que disent ou font les arabes, ils auront toujours raison – aux yeux du monde – car ils crient toujours “Paix ! Paix ! Paix !” Pourtant, les crimes odieux qu'ils commettent régulièrement devraient vous faire réfléchir sur ce peuple.

Avez-vous entendu parler de nombreux peuples qui lynchent et découpent les corps de deux soldats éperdus (oct. 2000) ?

Avez-vous entendu parler de nombreux peuples qui tuent à bout portant une mère et ses deux enfants à qui elle racontait une histoire (nov. 2002) ?

Avez-vous entendu parler de nombreux peuples qui tuent à bout portant une mère de famille et ses quatre jeunes enfants (mai 2004) ?

Avez-vous entendu parler de nombreux peuples qui se servent de bulldozer pour tuer sauvagement des civils (juil. 2008) ?

La liste est longue de toutes les horreurs commises au nom d'un combat. Voyez-vous Steve, je ne juge même pas si le combat palestinien est juste ou non. Plutôt, c'est la façon de lutter pour une cause qui me fait condamner ses actes barbares.

Lorqu'Yigal Amir a assassiné le premier ministre israélien Yits'haq Rabbin, il fut excommunié. Lorsque les palestiniens commettent des crimes atroces, c'est le silence que nous entendons dans la classe politique et intellectuelle de ce peuple. Pourquoi ?

D'autres causes – l'apartheid en Afrique du Sud, les tibétains en Chine… – ont été marquées par leur absence de violence. Il est une chose de lutter pour une cause, il en est une autre d'adopter le comportement d'un animal.

Tout cela vous passe sans doute au-dessus de vos oreilles car vous pensez : “Paix ! Paix ! Paix !”. En agissant de la sorte, vous êtes un digne enfant du système économique de notre époque. De plus, comme des millions d'autres juifs, je ne doute pas un seul instant que vous pensez avoir une bonne connaissance du conflit israélo-palestinien… sans avoir mis les pieds en Terre sainte !

Tant de choses vous séparent de la réalité. L'espace me manque pour les décrire toutes. Dans la conclusion de ma réponse – dans un prochain article – je résumerai les points principaux que je voudrais partager avec vous.

À suivre…

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dimanche 9 août 2009

Moi et les juifs (4)

Les juifs et moi (4)

(Troisième partie d'une réponse à la lettre d'un lecteur. Pour lire la première partie, cliquez ici.)

Steve,

Je ne pense pas qu'il soit exact de dire – ou de laisser penser – que la majorité des juifs religieux “volent, mentent à leur femme ou engagent des hommes pour tuer leur femme”. Si certaines personnes transgressent la loi, elles doivent être punies en fonction de leurs fautes. À nous de ne pas commettre l'erreur de généraliser des comportements individuels à l'ensemble d'un peuple (en le faisant, vous agissez de la même façon que les antisémites Le Pen, Dieudonné, etc.)

Votre déclaration pourrait laisser penser que vous êtes très pointilleux sur la notion de justice et que le comportement des personnes malhonnêtes vous irrite au plus haut point. Je serais prêt à louer votre notion de la justice… si vous n'aviez pas choisi de vire dans une société où le crime, le meurtre, le vol et le mensonge sont maîtres !

Soyons sérieux : pour quelques personnes juives religieuses qui se retrouvent derrière les barreaux, vous rejetez d'un revers de mains les milliers d'autres qui sont honnêtes ? Pour quelle raison le comportement de certains vous fait juger des milliers d'autres ?

Un sentiment d'insécurité

Faisons un pari : venez vous promener quelques heures dans les rues de Méa Chéarim (quartier religieux de Jérusalem) ou de Bnei Braq (ville religieuse). Si vous ne vous sentez pas plus en sécurité que dans les rues de New York ou de Boston, je suis prêt à vous rembourser le billet d'avion ! Chiche ?

J'ai vécu aux États-Unis, en France, au Canada, en Angleterre… dans tous ces pays, l'insécurité y règne. En Israël, les rues de Tel-Aviv ressemblent à s'y méprendre à celles des grandes métropoles mondiales pour leur degré de violence et de crime. S'il existe un type de société qu'il faut rejeter, lequel devrait faire l'objet de notre choix ?

Il faut faire attention lorsqu'on dénonce quelque chose : s'agit-il de la raison d'un choix subséquent ou plutôt, d'une excuse que l'on se donne pour justifier un comportement particulier ?

Pour conclure, permettez-moi de vous citer une anecdote israélienne : dans les prisons du pays, une section distincte est réservée aux prisonniers religieux. Nourriture strictement kachère, tenue habituelle des hommes religieux autorisée, absence de la télévision… Ce cadre correspond au style de vie habituel de ces personnes. Savez-vous quelque chose ? Les gardiens ne battent pour être mutés dans ces sections : les prisonniers y sont exemplaires par leur conduite ! Comme quoi, même après avoir fauté, un juif religieux se distingue des autres !

À suivre…

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vendredi 7 août 2009

Moi et les juifs (3)

Moi et les juifs (3)

(Deuxième partie d'une réponse à la lettre d'un lecteur. Pour lire la première partie, cliquez ici.)

Steve,

Il n'existe pas de “façon de penser juif” ; être juif n'est pas une race et ne peut pas être limité à un format spécifique. Plutôt, il existe des individus qui pensent d'une façon droite et d'autres qui pensent autrement. Cela est le cas dans tous les peuples et toutes les sociétés ; à ce titre, le peuple juif ne fait pas exception.

Une des raisons de votre éloignement du peuple juif auquel vous appartenez est – selon vous – “l'esprit [juif] extrêmement dysfonctionnel qui est le résultat de 5 000 années de persécution et d'un complexe qui en est la conséquence.” J'imagine que c'est pour cela que vous avez choisi de vivre d'une façon non juive et parmi des non juifs qui affichent tous les jours sous vos yeux… leurs mensonges, leur cruauté, leur stupidité, etc.

Voulez-vous réellement me faire croire que l'esprit non juif vous éblouit par sa supériorité ? Peut-être trouvez-vous de l'admiration face à leur classe politique ? Sans doute appréciez-vous la qualité supérieure de leurs chansons et de leurs films à grand succès ? Est-ce leur détachement connu de l'argent et la recherche pour une vie plus riche intellectuellement qui vous impressionne ? Steve, je parie que vous êtes trop intelligent pour croire à tout cela. Leur monde politique est mensonger et voleur, leurs films et leurs chansons à grand succès sont d'une vulgarité et d'une imbécillité affligeantes, leur bonheur se trouve dans l'argent et la personne qui n'en possède pas est rejetée comme un malpropre !

En choisissant de vivre dans le monde que vous avez choisi, vous avez plongé la tête dans un monde qui n'est pas beau, qui ne sent pas beau et qui exploite les individus d'une façon éhontée. Vivant aux États-Unis, vous êtes sans aucun doute très bien placé pour le savoir. Si vous avez des doutes à ce sujet, je vous suggère de vous intéressez aux millions de petites gens, de chômeurs, de noirs et autres laissez pour compte de la société que vous semblez admirer.

Un mode de penser juif ?

Dans tous les cas, vous dénoncez un certain “mode de penser juif” pour expliquer votre trajectoire personnelle. À quel mode de penser faites-vous allusion ? Je connais beaucoup de personnes juives : certaines sont religieuses tandis que d'autres ne le sont pas ; certaines sont intelligentes tandis que d'autres ne le sont pas ; certaines sont des personnes qui m'inspirent tandis que d'autres me désespèrent…

Le concept du “mode de penser juif” est une invention de toutes pièces des nations non juives pour pouvoir attaquer le peuple juif. “Les juifs sont avares” ; “les juifs sont hypocrites”… Tout cela ne vous rappelle donc rien ? Je regrette de constater que votre discours possède un ton qui ne l'apparente pas à un discours humaniste.

Une personne juive ne pense pas d'une certaine façon parce qu'elle est juive. Si cela était le cas, quelle serait la signification de votre éloignement : étant juif vous-mêmes, vous n'en changeriez pas pour autant votre façon de penser ! Plutôt, une personne juive pense d'une façon différente des membres des autres nations parce qu'elle possède des valeurs différentes d'elles : la Tora, les paroles de nos Sages…

Si vous avez abandonné le monde dans lequel le Maître du monde aimerait vous voir vivre, il est fort à parier que vous pensez comme une personne non juive. C'est parce que cela est possible qu'il est regrettable d'avoir fait les choix que vous avez faits. Plutôt que de prendre exemple sur le mode de penser mensonger, vaniteux et futile du monde non juif, vous rendriez un grand service à votre âme si vous utilisiez le potentiel qu'Hachem vous a donné pour vous élever spirituellement et vous débarrasser des aspects purement physiques de ce monde.

À suivre…

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jeudi 6 août 2009

Moi et les juifs (2)

Moi et les juifs (2)

(Première partie d'une réponse à la lettre d'un lecteur. Pour lire la lettre, cliquez ici.)

Steve,

Se faire exploiter n'est certainement pas agréable et les personnes qui en exploitent d'autres doivent être dénoncées, selon les formes admises. Cependant, cela ne devrait pas être une excuse pour ne pas choisir un style de vie qu'on préfère rejeter en réalité pour d'autres raisons.

Les personnes que je rencontre souvent et qui vivent selon des critères très éloignés de la Tora et de la volonté d'Hachem peuvent être mises dans une des deux catégories suivantes lorsqu'elles justifient leur style de vie : 1) “Être religieux est trop compliqué à mes yeux ; je préfère vivre d'une façon plus libre et faire ce que je veux, lorsque je le veux et avec qui je le veux.” 2) “Si le monde religieux était différent (moins sectaire, plus ouvert, moins coupé de la réalité, plus moderne…), je serais sans doute plus religieux.”

La différence de raisonnement n'est pas anodine. Selon mon expérience, le premier discours a au moins le mérite de la vérité. La personne qui tient ce discours reconnait qu'elle a fait des choix contraires aux commandements bibliques, mais elle justifie ses choix et elle les assume entièrement.

D'autre part, le second discours ressemble à de l'hypocrisie. Plutôt que d'assumer ses choix, la personne rejette la faute de son éloignement sur les épaules des autres. Cela est un peu facile et – à vrai dire – un peu enfantin. Soyons sérieux ! Chaque individu possède la faculté de réflexion et son libre-arbitre. Si je ne suis pas voleur, tueur ou d'un autre type de brigand, ce n'est pas parce les manières de ces gens-là laissent à désirer. Si je ne fais pas partie d'eux c'est que leur activité est condamnable et que je désire m'y associer sous aucun prétexte.

L'opposé est également exact. Si j'essaie de suivre les mitswoth et de faire ce que D-ieu attend de moi, ce n'est pas parce que mon voisin le rabbin est souriant ou serviable. Si je désire me rapprocher du Créateur, c'est parce que je suis convaincu que tel doit être mon rôle dans ce monde. En d'autres termes, je ne fais pas dépendre mon choix de style de vie d'autres personnes. Cela est peut être valable lorsqu'on est enfant, mais il me semble qu'un adulte possède toutes les facultés mentales pour choisir son propre chemin et d'en assumer les conséquences, pour le bien comme pour le pire.

La recherche de la vérité doit être une préoccupation constante de l'être humain. C'est parce que nous nous voilons la face que nous faisons des erreurs. Ouvrir les yeux, cela signifie regarder au-dessus de l'aspect purement physique et matériel de ce monde – chose que les animaux ne peuvent pas faire – et utiliser notre force de raisonnement pour que notre vie ait un certain sens – concept qui est également étranger au mode de pensée animal.

Steve, je ne doute pas que l'éducation que vous avez reçue a joué un rôle important dans votre façon de voir la vie. Plus tard, ce sont vos premières années d'adulte qui ont certainement influencé pour longtemps vos choix de vie. Cependant, n'oubliez jamais ceci : il est préférable de dire qu'on s'est trompé – même si cela n'est pas souvent facile – plutôt que de poursuivre un style de vie basé dans le refus de la vérité, l'absence de volonté d'assumer ses propres choix, les désirs physiques…

S'il existe une chose qui nous sépare des animaux, c'est notre puissance de réflexion. Il est de notre devoir de l'utiliser à son maximum. Je ne doute pas un seul instant de votre grande intelligence. Rendez-vous un service : ne la mettez pas au placard dès l'instant où vous parlez spiritualité.

À suivre…

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