L'histoire est celle d'un chef d'État étranger que l'ancien premier ministre Ariel Sharon recevait avec tous les honneurs à Jérusalem. Lors d'une visite dans la ville de Tel Aviv, les deux hommes empruntèrent à pied la plus belle avenue de la cité. Celle-ci avait été nettoyée avec la grande attention, des fleurs avaient été plantées... tout avait été prévu pour montrer la plus belle face de l'État hébreu.
Tout, sauf que l'homme d'État étranger interromprait sa promenade pour s'appuyer quelques instants contre un arbre de l'allée centrale. La chaleur était si intense que le pauvre homme avait besoin de souffler quelque peu. Ces arbres avaient un point commun avec les fleurs dont l'odeur flottait dans l'air : eux aussi avaient été plantés seulement quelques jours auparavant. Les ouvriers n'ayant pas eu le temps de faire leur travail d'une façon correcte, ils avaient simplement posé ces arbres sur le sol en recouvrant de terre leurs racines apparentes. En s'appuyant contre l'un d'eux, l'homme politique eut rapidement le dessus... et l'arbre tomba !
Retrouver ses racines
Aujourd'hui, jeudi 20 janvier 2011, nous célébrons la fête de Tou BiChevat, le nouvel an des arbres. Même s'il ne s'agit pas d'un jour de fête officiel, la coutume ce jour-là consiste à manger des fruits. Si possible, nous devons consommer les fruits pour lesquels la Terre d'Israël est louée : blé, orge, figues, grenades, raisins, olives et miel de dattes. On peut également ajouter autant de fruits que nous désirons (les fruits secs sont autorisés) et l'objectif est d'atteindre le nombre de quinze différentes sortes de fruits.
Il est écrit dans la Tora (Deutéronome 20:19) que “l'homme est un arbre.” À l'image des arbres, nous devons avoir des racines profondes pour affronter les tempêtes de la vie et ses innombrables défis à relever. Pourtant, tout porte à croire que le plus souvent, nous sommes coupés de nos racines ; partant, nous ne devons pas nous étonner si nous avons autant de difficultés à vivre dans la joie et le bonheur qui ne devraient jamais nous quitter.
Aucun arbre ne peut vivre longtemps sans eau. Dans le livre Isaïe (55:1), la Tora est comparée à l'eau. L'équation n'est pas difficile à faire : chaque personne doit s'abreuver à la Tora et dans la mesure où nous sommes comparés à des arbres fruitiers, nous savons que plus la quantité d'eau (de Tora) est grande, plus les arbres fruitiers (notre âme) sont beaux. Ceci est la méthode pour renouer avec nos racines : ouvrir nos Livres saints, étudier et suivre les conseils de la Tora et de nos Sages.
C'est exactement avec cette idée que le Roi David a ouvert ses Psaumes (1:2-3) : “Heureux l'homme (…) qui trouve son plaisir dans la Tora de l'Éternel (…) : il sera comme un arbre planté auprès des cours d'eau qui donne ses fruits en leur saison.” L'âme juive est assoiffée de Tora et c'est aux Sources saintes que nous devons épancher sa soif : les paroles de nos Sages, depuis Moché Rabbénou, jusqu'à ceux de notre génération.
Si jusqu'à aujourd'hui notre chemin a été tortueux et que nous sommes allés plus d'une fois sur des terres où l'eau potable manquait, Rabbi Na'hman de Breslev nous a rassurés : même si nos branches possèdent des feuilles qui ont blanchies, des fruits qui ont pourris ou d'autres sortes de défauts, chaque personne conserve son statut d'Arbre saint. Il nous suffit de vouloir retourner à la Source sainte pour redonner un aspect plus présentable à l'arbre.
Puisse la fête de Tou BiChevat être un nouvel an chargé de sens pour chaque arbre, c'est-à-dire pour chaque âme. Puissions-nous décider de nous éloigner des sources d'eau turpide et des eaux d'égouts. Même si nous sommes encore loin de pouvoir nous abreuver tout le temps d'une eau pure et limpide, c'est le cœur rempli de joie que nous devons déclarer à Hachem notre nouvelle résolution de nous rapprocher de Lui.
Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Yael bath Stéphanie.
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