jeudi 14 juillet 2011

Cuisine et étude


Nous avons déjà parlé cuisine et Service divin; cela concernait l'ardeur que nous devons mettre dans nos prières. Nous pouvons également parler cuisine et étude.

Nous savons tous que l'étude de la Tora est obligatoire. Celle-ci doit être quotidienne et couvrir tous les aspects du judaïsme : textes saints (Bible, Guemara, Midrach...), textes de loi juive (Choul'han 'Aroukh, Michna Beroura, ...), éthique... Même s'il n'est pas toujours aisé de parvenir à trouver l'équilibre parfait – et le temps nécessaire – afin d'étudier tout ce que nous devons, l'essentiel consiste à fournir les efforts véritables dans le but d'y parvenir.

Une des conditions qui nous permet le plus souvent d'atteindre notre objectif est la “période fixe” (“qavou'a”) d'étude. Cette période peut être fixée à un horaire précis (8H00 le matin, 14H l'après-midi...) ou après une activité régulière (étude après la prière du matin, dès la fin de la journée de travail...). L'avantage d'une telle période est de fixer à l'avance le temps que nous devons passer à étudier, plutôt que de le rendre dépendant à notre disponibilité. Il est également fortement conseillé d'étudier le plus souvent avec un compagnon d'étude ('havrouta); ceci renforce l'aspect “obligatoire” de l'étude. Si nous n'allons pas étudier, notre compagnon en fera aussi les frais. Cela peut quelquefois nous motiver à aller étudier, les jours où nous ne nous sentons pas suffisamment forts pour ouvrir un livre.

À priori, la période fixe d'étude représente une obligation supplémentaire inutile. Après tout, si nous désirons réellement étudier, nous serons toujours capables de trouver le temps disponible pour le faire ! Cependant, la vérité est que le plus souvent, nous échouerons. Pris par le temps, la multitude d'occupations qui remplissent nos journées, les obligations familiales, professionnelles, sociales... Le bilan risque d'être invariablement le même : un jour de plus où nous n'avons pas étudié.

Cela ressemble au concept bien connu dans le domaine de la kacheroute de “bitoul bechichim ” (“annulé dans 60”). Selon ce concept, un produit spécifique – par exemple, un morceau de viande non kacher – qui a été mêlé à 60 autres – dans notre exemple, 60 morceaux de viande kachère – est “annulé” et nous pouvons donc manger les 61 morceaux. (Cette loi comporte de nombreuses exceptions et une personne doit toujours consulter son rabbin avant d'arriver à une conclusion).

Il en va de même avec l'étude qui n'est pas fixée. Chaque heure – 60 minutes – nous pensons que nous arriverons à réserver quelques minutes à l'étude. En fin de compte, cette étude ne se concrétise jamais; en d'autres termes, elle est “bitoul bechichim ” (“annulée dans 60”).

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dimanche 10 juillet 2011

Des marches saintes


Dans notre Service divin, nous entendons souvent l'expression “monter de madrégua ”, ce qui peut se traduire approximativement par “monter d'une marche”. Monter d'une marche signifie qu'on s'est rapproché du but final, de D-ieu. Cependant, s'il est aisé de reconnaître à quel instant nous montons une marche lorsque l'escalier est palpable, “monter de madrégua ” est d'ordre spirituel et il est souvent difficile de savoir si l'on a bel et bien monté une marche supplémentaire.

Prenons l'exemple d'un homme qui a décidé de se rapprocher de son Créateur et de prier – comme la loi juive le demande – trois fois par jour. Lorsque cette personne réalise cet objectif, il est évident qu'elle est montée de marche : précédemment, elle ne priait pas; maintenant, elle fait partie de celles qui prient selon la halakha. Il en va ainsi chaque fois qu'on prend sur nous de faire une mitswa que l'on ne faisait pas auparavant.

Par la suite, la frontière qui sépare une marche d'une autre devient moins claire, moins évidente. Ainsi, après quelques temps passé à prier trois fois par jour, cette personne réalise – par exemple – que sa concentration laisse à désirer. Prenant son courage à deux mains, elle décide de s'appliquer réellement à la prononciation de chaque mot des prières à dire. Voilà une nouvelle marche atteinte !

Dans cette situation, le mauvais penchant semble faire les frais de la résolution sainte de cette personne. Comme celui-ci n'abandonne jamais la partie, la meilleure concentration de cette personne risque de ne durer qu'un temps. S'agit-il d'une marche descendue ?

Si notre quidam virtuel ne baisse pas les bras, il retroussera ses manches et repartira de plus belle dans ses prières, avec un enthousiasme qui laissera le mauvais penchant sur le carreau. Une nouvelle marche de franchie ?

Nous pouvons continuer ainsi longtemps et pour d'autres aspects de notre Service divin : manger comme nous devrions le faire, avoir des pensées propres, aimer son prochain...

Ce qui est important de savoir est qu'une nouvelle marche de franchie ne signifie en aucun cas la fin du voyage, la perfection atteinte. Comme un escalier sans fin, notre progression vers la Sainteté n'est pas limitée. De fait, c'est plus souvent notre intellect, notre désir véritable qui sont les obstacles premiers à la poursuite de notre progression.

Dans ce cas aussi il faut nous tourner vers D-ieu et L'Implorer, Lui demander qu'Il nous aide à nous débarrasser – au moins provisoirement – de notre mauvais penchant. Sans Son aide nous risquons de succomber plus qu'il ne le faut devant les assauts répétés de ce malotru. Nous aurions tort de croire que nous possédons la force – spirituelle et physique – nécessaire à remporter la victoire. Sans D-ieu, nous risquons de nous retrouver très éloignés de la vérité et... de ne rien trouver de dérangeant à cela !

Prenons une résolution : celle de vouloir grimper les marches, toujours et sans fin. Peu importe si nous redescendons à l'occasion; cela nous offrira la possibilité de repartir de plus belle et de rappeler à D-ieu que nous L'aimons, que nous Le désirons.

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mercredi 6 juillet 2011

Le désir d'argent


Le désir de posséder plus d'argent n'est pas toujours positif. Si ce désir est à combattre, cela concerne les choses dont nous n'avons pas réellement besoin. C'est pour cela qu'il n'existe pas un minimum – ou un maximum – égal pour toutes les personnes.

Plusieurs variables sont à prendre en considération. L'époque à laquelle nous sommes nés est importante. Notre génération est habituée à vivre dans la richesse est notre niveau de vie a atteint des sommets dans le matérialisme. Le pays où nous vivons possède également son impact. Vivre aux États-Unis ou en Somalie n'est pas comparable. Le milieu dans lequel nous avons été élevés laisse son empreinte : milieu ouvrier, bourgeois, fortuné...

Cette réalité est admise dans le droit juif. Ainsi, une personne démunie de ce qu'elle possédait peut demander aux organismes d'aide de lui fournir ce qui lui permettra de conserver le train de vie qui était le sien auparavant. Dans la mesure où ces organismes disposent des fonds nécessaires, ils sont obligés d'accéder à cette demande. Dans le droit civil aussi, les indemnités (de chômage) sont liées au revenu que nous avions.

Désirer de l'argent pour payer ce que tout le monde possède pourrait ne pas être un “mauvais” désir. De nos jours, il semble normal de vouloir disposer d'assez d'argent pour acheter des aliments de base, des vêtements simples... Cela est différent si nous désirons plus d'argent dans le but d'acheter un salon Louis XV, une Cadillac ou un tailleur Chanel.

Le plus souvent, la différence entre le superflu et l'indispensable est floue. Il faut beaucoup de prières pour que la clarté se fasse. Le mauvais penchant nous porte souvent à croire que nous méritons/avons besoin de plus. À nous de reconnaître réellement ce qu'il nous faut pour vivre. Dans cette recherche, une lutte féroce contre notre propre orgueil est indispensable. Que de fois n'avons-nous pas acheté tel ou tel produit pour ne pas être raillés par les autres de ne pas le posséder ! Orgueil que tout cela...

Une remarque importante : le plus souvent, notre désir de payer une dette n'est pas un mauvais désir d'argent. Plutôt, cela est une nécessité. Il n'existe pas de vertu à faire patienter ceux qui nous ont prêté de l'argent ! Si nous voulons nous rapprocher de D-ieu, soyons plus exigeants envers nous-mêmes et vivons avec moins.

Lorsque nous sommes satisfaits de ce que nous possédons, nous avons franchi un grand pas vers le Créateur. Notre sentiment de satisfaction en est un de reconnaissance. Quelle Révélation divine ! Remercions D-ieu pour nous avoir donné ce que nous possédons : dans tous les cas, nous ne méritons pas de l'avoir.

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lundi 9 mai 2011

Le retraité spirituel

(Pedro Simoes)

David est heureux : il est retraité.

Tous les mois, il rend visite à l'agence de sa banque afin d'y retirer le montant de sa retraite. Ce n'est pas que le montant soit mirobolant, mais l'un dans l'autre cela lui suffit pour joindre les bouts. La retraite de David ne promet rien d'extraordinaire; de nos jours, il faut tellement d'argent pour faire si peu de choses ! Cependant, David tient fermement à son statut de retraité; rien au monde ne l'en fera changer.

De fait, un ancien ami de David est venu lui rendre visite il y a quelques jours. Cet ami avait une proposition alléchante à faire à son ancien compagnon de travail : un poste crée pour David et qui tenait compte de ses compétences spécifiques. Cet emploi avait un autre avantage : son salaire élevé. L'ami était certain que David allait accepter. Après tout, David est encore au mieux de sa forme et s'il le désire, le nombre de projets qu'il pourrait mettre en chantier est important.

Ainsi, l'ami fut surpris du refus de David. Celui-ci lui en a expliqué la raison : il se contente de sa maigre retraite et attend que le temps passe.

Dans le domaine spirituel, nous sommes tous des David.

D-ieu nous accorde la durée qu'Il désire pour nous laisser sur le marché du travail; cela s'appelle la durée de vie.

Pendant notre vie, nous avons tous la possibilité d'être des travailleurs performants. D-ieu n'a que faire de notre âge et du fait que notre santé physique décline le plus souvent en vieillissant. Aussi longtemps que nous le désirons, nous ne risquons pas le licenciement.

Pourtant, il nous arrive de nous considérer comme des retraités. L'ambition spirituelle nous manque et nous nous contentons du minimum. Quel dommage !

D-ieu attend notre volonté de Le servir de toutes nos forces, de tout notre désir. Si nous Lui faisons comprendre que notre “service minimum” est la seule chose que nous pouvons Lui accorder, en retour, Il nous accordera Son service minimum.

Cela ressemble à un père qui perd (a perdu ?) espoir sur la possibilité de voir son fils arrêter se comporter d'une façon désastreuse. Le père aime toujours autant son fils, mais il attend de moins en moins de sa part et – ne le voyant pas faire les efforts qu'il faut pour s'améliorer – lui offre de moins en moins son assistance lorsque le fils en aurait pourtant bien besoin.

Ce qui peut nous arriver de pire est de voir D-ieu s'éloigner de nous. Nous avons besoin de la Présence divine autant que nous avons besoin de l'air pour vivre. Si D-ieu se retire de notre vie – même que d'une façon provisoire – nous perdons automatiquement notre véritable vitalité, celle qui nous sépare des animaux.

Si nous désirons élever un tant soit peu nos désirs d'être humain, nous devons commencer par nous comporter comme tel. Le spirituel est d'ordre humain, pas animal, ni végétal. Si nous plaçons notre vie en dehors de cette sphère, nous nous rapprochons de l'état animal.

Ne soyons pas des retraités spirituels. Demandons à D-ieu de nous aider à L'aimer, de nous rapprocher de Lui.

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mardi 3 mai 2011

Être juif : c'est quoi ? (1)

Être juif : c'est quoi ?

Il existe autant de façons d'être juif qu'il existe de juifs sur la terre ! Je ne fais pas allusion au statut halakhique (selon le droit légal juif) de la personne. Celui est clair : si la mère d'un individu est juive, celui-ci l'est automatiquement. Plutôt, je fais allusion à la façon d'agir, de parler et de penser. C'est dans ce domaine que je pose la question : “Être juif, c'est quoi ?”

Je suis conscient que certaines personnes ne seront pas d'accord avec moi, dès le début de ma réflexion. Pour ces personnes, il n'existe pas de véritables raisons d'agir, de parler ou de penser d'une façon différente parce que nous sommes juifs. Ces personnes prennent leurs valeurs dans le monde non juif et de fait, elles parlent, pensent et agissent comme les personnes qui n'appartiennent pas au peuple d'Israël.

Le prophète l'a dit (Ezechiel 20:32) : “Ce qui vous monte à l'esprit ne se réalisera pas, lorsque vous dites : 'Devenons comme les nations, comme les familles des autres pays'.” Cette simple déclaration permet d'expliquer l'antisémitisme que les cercles académiques ont tant de mal à expliquer. Peu importe ce qu'une personne juive a en tête : D-ieu ne la laissera jamais devenir entièrement comme un membre des autres nations. Un des grands avantages de l'antisémitisme est de nous rappeler qui nous sommes, même si nous désirons l'oublier.

Être juif : une occupation de tous les instants

Au-delà du sentiment profond que nous ressentons pour le Créateur, “être juif” ne doit pas rester un concept abstrait. Plutôt, ce sont nos actes, nos paroles et nos pensées qui doivent nous différencier des nations du monde.

Agir comme un juif cela signifie avoir une attitude différente dans la multitude de gestes – petits et grands – de la vie quotidienne. Lorsqu'une personne non juive se saisit d'une pomme et la mange, elle marque une courte pause – avant de savourer ce fruit – pour exprimer sa gratitude envers Hachem. Lorsqu'une personne non juive reçoit son salaire bien mérité et calcule la façon dont elle va le dépenser, nous consacrons 10% pour les nécessiteux (personnes ou organismes). Ce geste fait mois après mois, année après année, nous permet de démontrer que la charité n'est pas seulement une idée agréable, mais une obligation.

Le nombre de gestes qui nous différencient des autres nations du monde est presque sans fin. Il revient à chacun d'entre nous de réfléchir aux gestes “non juifs” que nous faisons et d'essayer de les minimiser. Prier, fêter, manger… représentent autant d'occasions pour montrer au Maître du monde que nous ne L'oublions pas.

Le “parler juif” se distingue avant tout par son absence de médisance, de moquerie et autres plaies de ce monde. Les mots sont des armes et nous devons prendre soin à ne blesser personne. Le discours qui décrit à longueur de journées les résultats sportifs, la culture non juive ou d'autres valeurs qui n'appartiennent pas à notre peuple n'est pas le nôtre. La personne juive essaie aussi souvent qu'elle le peut de mettre des mots saints dans sa bouche.

“Penser juif” signifie que l'objet central de nos pensées doit être la Volonté divine. Avant de penser à elle, la personne juive pense à Hachem et à Son désir. L'égoïsme non juif et la place primordiale accordée à l'ego de la personne n'appartiennent pas à la tradition juive.

Chacun de ces concepts pourrait faire l'objet de plusieurs livres. On comprendra qu'ici n'est pas la place d'une telle étude. Cependant, j'engage mes lecteurs et mes lectrices à travailler sérieusement et en toute honnête chacun des trois concepts cités ci-dessus. Il n'existe pas de niveau spécifique “acceptable” aux yeux d'Hachem. Selon l'éducation que chaque personne a reçue dans son enfance – et ce qui a fait sa vie par la suite – l'objectif est de devenir un peu plus juif, chaque jour. C'est ce qu'attend D-ieu de nous.

Suite...

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dimanche 1 mai 2011

Cuisine et prières

(Zsuzsanna Kilian)

Parlons un peu cuisine.

Si nous avons commis une erreur en plaçant de la viande dans une casserole que nous utilisons habituellement pour faire cuire des aliments laitiers, cela n'est pas bien grave. Il suffit d'enlever la viande de la casserole et de bien rincer celle-ci.

Cependant, si nous avons chauffé la casserole – par exemple, pour y faire cuire la viande – le problème est différent. En chauffant, la casserole a absorbé le goût de la viande et est maintenant imprégnée d'un mélange de goût lait/viande qui la rend non kachère et inutilisable (Choul'han 'Aroukh Yoré De'ah 105 : 2). Non seulement la chaleur a permis au goût de la viande de pénétrer dans les parois de la casserole, mais toute utilisation ultérieure fera ressortir ce goût des parois de la casserole si on la chauffe de nouveau. En liant le plaisir de la table à celui de la prière, nous pouvons apprendre une leçon importante pour améliorer notre façon de nous adresser au Créateur du monde.

Entre chaud et froid

L'exemple de la casserole nous apprend qu'en l'absence de chaleur, rien ne pénètre, rien ne peut être absorbé. Également, lorsque le goût d'un aliment a pénétré l'intérieur des parois de la casserole, il ne pourra en ressortir si l'on ne chauffe pas de nouveau celle-ci.

Lorsque nous prions, nous demandons à D-ieu de faire des miracles pour nous. Notre désir de recevoir les Bénédictions divines est le plus souvent proportionnel à celui de vouloir nous rapprocher de D-ieu. L'exemple de la casserole nous apprend qu'en l'absence de chaleur – si notre cœur ne s'enflamme pas – nous ne pourrons rien absorber/recevoir du Maître du monde. Pour que le contact puisse s'établir, notre cœur doit se réchauffer, notre prière doit être réelle et pas seulement des mots que nous prononçons sans y penser.

En chauffant notre cœur, nous devenons capables d'absorber le Bienfait divin que nous demandons tant. Plus nous serons “chauds”, plus ce bienfait entrera au plus profond de nous-mêmes. En devenant enflammés, nous pourrons même faire de ce bienfait notre propre essence.

D'autre part, lorsque nous désirons montrer notre bonne volonté à D-ieu en lui offrant le meilleur de nous, notre essence, il nous faut également de la chaleur pour la faire remonter à la surface, sortir.

Lorsque nous disons à D-ieu que nous sommes prêts à tout pour qu'Il accède à nos demandes, faut-il encore que notre cœur se chauffe – encore ! – pour que notre volonté ne reste pas une prononciation vaine. En l'absence de chaleur, notre ego reste enfoui en nous-mêmes, une autre façon de dire à D-ieu que nous ne sommes pas prêts à rendre les armes et à Lui accorder le droit de régence sur notre personne.

La prochaine fois que nous parlerons au Créateur, il sera bien de se souvenir de la leçon de la casserole et de chauffer notre cœur. Il n'existe rien de comparable à une prière qui vient du fond du cœur. Nous offrons un véritable feu saint au Créateur.

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jeudi 14 avril 2011

Roland-Garros et le Divin

(Associated Press)

Servir D-ieu ressemble à un match de tennis. Cependant, les règles sont différentes de celles appliquées par les meilleurs joueurs du monde.

Chaque balle envoyé par D-ieu est appelée “mitswa” (“commandement”). Chaque fois que je retourne la balle, je perds un point. Drôle de jeu n'est-ce pas ? En fait, l'idéal consiste à ne retourner aucune balle, à tout encaisser.

Un retour imbattable

Dans notre contexte, retourner la balle signifie marquer de mon empreinte la mitswa que m'a ordonnée D-ieu. Cela n'est pas l'idéal. Chaque fois que je désire modifier – de quelque façon que ce soit – ce que la Tora me demande de faire, je me sépare du comportement idéal. Celui-ci consiste à faire la volonté du Créateur, sans y mêler ma propre personne : mes pensées, mon désir...

Un exemple : vous avez décidé d'aller passer vos vacances à New-York et à cette fin, vous avez emprunté 1 000 $ à un ami. Quelques semaines plus tard – lorsque vous désirez rembourser votre ami – le taux du dollar a baissé. Même si vous n'y êtes pas obligés, vous désirez rendre l'argent à l'ancien taux : après tout, votre ami vous a rendu service en vous prêtant l'argent et vous trouvez normal de votre part de vous comporter d'une façon que vous pensez être exemplaire.

Selon la Tora, cette attitude est interdite car un tel remboursement enfreint les lois monétaires bibliques. Sans entrer dans les détails – nombreux et complexes – de ces lois, il nous suffira de dire qu'il vous faut rembourser votre ami au taux qui correspond au jour du remboursement. Quelle sera votre attitude ?

Ne pas tenir compte du commandement biblique et rembourser votre ami comme bon vous semble représente une transgression évidente des lois bibliques et cela est hors de question. Si vous vous pliez au commandement biblique tout en pensant que cela est regrettable, vous avez bel et bien rempli la Volonté divine... à la lettre, mais pas dans l'esprit.

En réalisant que D-ieu désire avant tout notre cœur, on comprend que respecter les mitswoth tout en y faisant référence d'une façon négative n'est pas ce que désire le Maître du monde. L'Idéal est de faire nôtre ce Désir divin est d'être suffisamment souple pour modifier notre façon de penser. Les définitions du bien et du mal doivent venir du Ciel et non de notre cœur.

C'est en cela que réside la difficulté et c'est sur cet aspect que nous devons concentrer nos efforts.

Tout commence par le respect des lois bibliques. Un joueur de tennis est avant tout celui qui respecte les règles du jeu. La seconde étape consiste à faire nôtre ces dernières; c'est alors que nous pourrons devenir un “bon” joueur et progresser dans la perfection.

En visant notre effacement total, nous mettons le doigt sur une des facettes les plus ardues du Service divin : le “bitoul” (“l'annulation”) de notre personne. L'objectif – le bitoul total – n'est atteint que par de rares personnes. Pour autant, nous devons tous faire les efforts que nous pouvons pour nous en rapprocher, chaque jour un peu plus.

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mercredi 23 mars 2011

S'approcher, encore un peu...


S'approcher de D-ieu, c'est s'effacer un peu plus chaque fois. Le “bitoul ” (“annulation”) complet n'est sans doute pas à la portée de tous, mais l'essentiel est de reconnaître son importance et d'essayer de s'en rapprocher tout au long de notre vie. C'est à cette condition qu'une personne pourra remplir la Volonté divine à la perfection.

Le mauvais penchant nous joue des tours. Selon lui, ne pas enfreindre les lois bibliques et rabbiniques représente la perfection. Il n'en n'est rien !

Bien sûr, il est bon de respecter les textes de lois. De fait, celui ou celle qui s'en détache s'expose sans aucun doute à des lendemains douloureux. Pour autant, croire qu'en ne faisant pas ce qui est interdit nous démontrons à la perfection notre amour envers le Créateur est inexact. Nous l'avons dit maintes fois : D-ieu désire notre cœur.

Un chemin à étapes

Ainsi, la première étape consiste à ne pas faire ce qui est interdit. Cela n'est pas facile et demande une étude quotidienne des textes de loi, chacun selon ses possibilités, sa disponibilité...

La seconde étape exige que nous effacions notre notion de plaisir pour faire place à celle qui correspond au plaisir du Ciel. En d'autres termes, nous devons viser le niveau où ce qui nous fera réellement et entièrement plaisir est exactement ce que le Créateur désire. L'histoire de Samson est riche d'enseignement.

Samson avait épousé une femme philistine de la ville de Timna. L'objectif de ce mariage était de permettre à Samson de vivre au sein des philistins afin de trouver un prétexte pour les attaquer. L'idée n'était pas seulement de lui, mais venait également de D-ieu (Les Juges 14 : 4). Le mariage fut célébré et l'objectif de Samson partiellement atteint.

Cependant, les parents de Samson – qui ne connaissaient pas l'Origine divine du projet – s'étaient étonnés du choix de leur fils. “N'y a-t-il pas une femme dans ta parenté ou dans le reste de notre peuple, que tu ailles en chercher une parmi ces philistins ?” Samson leur avait répondu : “Celle-là me plait.” C'est dans ce sentiment que réside l'erreur de Samson.

La Guemara Sota 9b nous apprend que l'erreur de Samson fut de désirer physiquement sa future femme, même s'il savait que D-ieu désirait qu'il l'épouse. Le bitoul total consistait à n'éprouver aucun sentiment particulier et à épouser cette femme car ainsi le voulait la Volonté divine. Pour avoir mêlé son intérêt personnel à sa mission sainte, Samson fut puni.

Qu'on se rassure : le Créateur du monde exige de chacun d'entre nous ce qui nous pouvons Lui accorder. À notre niveau, cela signifie qu'en nous comportant ainsi que Samson l'a fait, nous n'aurions encouru aucune peine.

Malgré tout, cette histoire doit nous permettre de nous rendre compte à quel point nous sommes éloignés de D-ieu lorsque nous pensons à faire plaisir à notre cœur, à nos passions, en nous assurant simplement que nous n'enfreignions aucune loi.

Un autre avertissement : il ne sert à rien de vouloir jouer les grands seigneurs. Nous ne pourrons certainement pas revêtir les vêtements de l'homme totalement pieux en un seul jour. Il se pourrait même que nous ne parvenions jamais à un niveau de perfection totale. Que cette pensée ne nous décourage pas ! Au contraire, elle doit nous motiver à nous améliorer chaque jour.

En offrant à D-ieu notre désir de nous rapprocher de Lui – malgré nos erreurs et nos chutes spirituelles – nous Lui offrons ce que nous avons de plus cher. Puissions-nous mériter un tel désir.

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lundi 21 mars 2011

Un amour parfait

(Fernando Cruz)

L'amour complet, total. L'amour sans retenue, sans arrière-pensée. Aimer parce qu'il est bon de montrer qu'on aime, parce que celui/celle qu'on aime est formidable, extraordinaire, indescriptible. Quel amour !

L'amour que nous portons à D-ieu devrait ressembler à cette description idéale, parfaite. Pour autant, qu'en est-il ?

Un feu ardent

Il nous arrive de prier parce que nous y sommes obligés. Nous ne parvenons pas chaque jour à “brûler” d'envie d'étudier la Tora. À l'occasion, nous réalisons ce que notre devoir de “bon” juif nous demande de faire, sans y mettre toujours le cœur que nous devrions. Cette différence entre l'idéal et la réalité de notre vie doit-elle être une source d'inquiétude, de stress ?

Prenons l'exemple du patriarche Avraham. La Guemara Sota 10b nous apprend qu'Avraham ne ménageait pas ses efforts pour faire connaître l'existence de D-ieu à ses contemporains. Ainsi, lorsqu'il invitait les voyageurs à venir manger chez lui et que ces derniers désiraient le remercier avant de repartir, il déclinait leurs remerciements tout en leur disant que la nourriture qu'ils avaient mangée était en fait celle du Maître du monde. Quel prosélytisme !

Le Midrach jette une lumière riche d'enseignement sur la façon dont les choses se passaient sous la tente d'Avraham. À l'occasion, les invités étaient plutôt réfractaires à l'idée de remercier D-ieu. Cette attitude ne décourageait pas le patriarche qui se servait alors d'un argument de taille : l'intérêt financier des voyageurs à admettre l'existence de D-ieu !

De fait, le Midrach nous apprend qu'en présence d'invités hostiles à la notion du Divin, Avraham présentait à ces derniers la note pour le repas qu'il venait de manger. Le tarif était plutôt élevé : un restaurant au beau milieu du désert, cela se paye !

Devant une note au montant aussi élevé, la plupart des voyageurs modifiaient immédiatement leur comportement et remercier D-ieu à profusion.

Certes, la motivation de ces voyageurs n'était sans doute pas la plus noble, mais Avraham pensait certainement que leurs remerciements de piètre qualité les mèneraient – un jour ou l'autre – à apprécier l'existence de D-ieu à sa juste valeur.

Il en va ainsi de notre comportement. Même si nous n'éprouvons pas toujours une passion débordante envers notre Créateur, il nous faut accepter cette situation. Accepter ne signifie pas s'en contenter. Nous devons prier – avec le plus d'ardeur possible – pour que la flamme ardente retrouve sa place dans notre cœur et que notre amour du Divin nous emporte de nouveau.

Méfions-nous du mauvais penchant qui désire nous changer en êtres tristes et insatisfaits de nous-mêmes. Admettons nos imperfections et servons-nous en pour en faire des prières. Ceci aura comme avantage de calmer l'ardeur du Satan à notre égard.

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jeudi 25 novembre 2010

Le goût de l'interdit

interdit

La Guemara Nedarim 91b raconte une histoire que Marivaux aurait appréciée :

Un adulteur se trouve en compagnie de sa maîtresse. Le mari de cette dernière rentre chez lui d'une façon inattendue. N'ayant pas le temps de s'échapper, l'adulteur se cache derrière un rideau du salon.

Dans cette pièce, se trouvaient quelques feuilles de cresson sur lesquelles un serpent avait laissé son venin pendant que le mari était à l'extérieur. Le mari désirait manger ce cresson à l'insu de sa femme. Avant que le mari commette l'irrémédiable, l'adulteur le prévient : “Ne mangez pas les feuilles de cresson car un serpent les a goûtées avant vous !”

Le plaisir interdit

Une fois remis de ses émotions, le mari se trouve maintenant devant un dilemme : la présence de l'homme dans sa maison le porte à croire que sa femme l'a trompé. Cependant, le fait que celui-ci lui a sauvé la vie semble indiquer qu'il n'a rien commis de mal. Après tout, s'il avait réellement commis un adultère, il aurait sans doute préféré voir le mari mourir et garder sa femme pour lui ! Rava offre une réponse : le fait que l'étranger ait sauvé la vie du mari signifie effectivement qu'il n'a pas commis d'adultère; autrement, il aurait bel et bien laissé mourir le mari.

La Guemara s'exclame : “Cela est évident !” Et de donner une explication riche d'enseignement : Rava a pris la peine de nous informer de l'innocence présumée de l'étranger car autrement, il aurait été naturel de croire que d'avoir sauvé la vie du mari ne signifiait pas qu'il n'avait pas commis l'adultère. De fait, on aurait dit qu'il a sauvé la vie du mari pour que sa maîtresse continue à lui être interdit et donc... plus attrayante !

Cette Guemara nous rappelle un principe important dans le Service divin. Ce qui est interdit devient plus séduisant que ce qui est permis. Le mauvais penchant fait miroiter sous nos yeux une chose interdite et il ne désespère jamais de nous attirer à enfreindre cette interdiction. Conséquemment, ce que nous désirons faire – si nous écoutons notre mauvais penchant – nous semble attrayant par sa nature interdite plutôt que par sa nature intrinsèque.

Il est important de nous souvenir de cela lorsque nous sommes tentés d'agir d'une façon que le Créateur désapprouve. Nous pouvons penser qu'avec un nombre inférieur d'interdictions, nous serions plus à notre aise dans notre service divin : après tout, nous aurions une liberté de mouvement plus grande !

Cette logique ignore la nature du mauvais penchant. Ce dernier a été créé afin de nous tester dans notre foi et notre amour de D-ieu. Peu importe le nombre d'interdictions, le mauvais penchant essayera toujours de nous éloigner du Créateur. À l'opposé, D-ieu nous a donné un nombre importants de mitswoth (commandements) pour nous donner des occasions multiples de Lui montrer notre amour.

Lorsque nous nous sentons attirés par quelque chose d'interdit, ce n'est pas le goût de la liberté qui nous attire, ni la nature spécifique de ce que nous voulons faire. Plutôt, c'est le goût de l'interdit. C'est à cet instant précis que la foi est importante. C'est l'instant où D-ieu nous juge.

Puissions-nous mériter de réussir nos tests et nous rapprocher du Maître du monde.

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mardi 16 novembre 2010

Prendre ce qui n'est pas nôtre


Selon notre vision de la vie, nous pouvons avoir l'impression – plus ou moins souvent – que nous ne recevons pas ce que nous méritons. Qu'il s'agisse de notre conjoint/e, de nos enfants, de nos collègues de travail... toute personne qui n'agit pas selon notre propre désir s'oppose à nous.

Cette opposition est quotidienne et peut prendre des formes diverses. Cependant, dans tous les cas, notre réaction est le baromètre de notre situation dans notre Service divin.

Un indicateur à surveiller

Lorsque nous sentons monter en nous un sentiment de frustration, nous devons réaliser que nous nous éloignons de la foi. Si nous laissons éclater la colère, nous avons complètement oublié qu'il y a un Créateur et nous nous approchons dangereusement de l'idolâtrie.

Peu importe que notre conjoint/e partage une opinion différente de la nôtre; que nous soyons obligés de répéter une centaine de fois la même chose avant d'être écoutés pas nos enfants; que notre patron n'apprécie pas notre travail... Toutes ces situations possèdent un point commun : elles ont été désirées, planifiées et mises en application par D-ieu. Qui sommes-nous pour les contester ?

Bien malin serait celui qui peut crier : “Je ne sais pas ce qu'est la colère !” Lorsque nous ne l'attendons pas, elle peut surgir en quelques secondes. D'être humain, nous devenons l'esclave de notre mauvais penchant. Que D-ieu puisse nous préserver d'un tel sentiment.

Ce qui nous manque le plus dans notre vie est le “da'ath” (le “savoir”). Le véritable da'ath est de savoir que D-ieu existe. La belle affaire ! Nous sommes nombreux à savoir que D-ieu existe. Nous ne mettons certainement pas nos tefilines tous les matins sans le savoir; nous ne prions pas tous les jours sans la certitude que le monde a été créé par la Volonté divine.

Cependant, le véritable da'ath est de savoir réellement que D-ieu dirige Son monde et qu'il n'existe pas une seule chose ici-bas qui peut se produire sans que D-ieu l'ai voulue. Ainsi, se mettre en colère, c'est contester la situation dans laquelle le Maître du monde nous a mis; parce que nous désirons une chose qui ne nous est pas due, nous désirons obtenir par la force ce que D-ieu ne veut pas nous donner.

À l'opposé, la personne qui a la foi ne se plaindra pas de ce qui lui arrive. Cela ne signifie pas qu'elle comprendra à chaque instant l'opposition qu'elle peut rencontrer. Plus simplement, cela veut dire que cette personne sait réellement que D-ieu dirige le monde est que nous devons Lui faire confiance.

Avoir la foi c'est savoir que D-ieu nous veut du bien et que le mal ne peut pas venir de Lui.

Puisse D-ieu nous donner le véritable da'ath dont nous avons tous besoin pour relever les défis de la vie. Amen.

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dimanche 2 août 2009

Désirer D-ieu (2)

Désirer D-ieu (2)

Dans la première partie de cet article, nous avons appris que l'être humain doit écouter son âme plutôt que son corps. Dans cette seconde partie – et conclusion – nous essayons de déduire les aspects pratiques d'un tel enseignement

Aimer Hachem comme on aime sa femme

Permettez-moi une comparaison osée : D-ieu est comme une femme. Lorsqu'on Le désire il en ressent une grande satisfaction, mais s'Il voit Son peuple désirer autre chose et avoir du plaisir en dehors de Lui, il se sent blessé.

“Mais”, dites-vous à juste titre, “qu'en est-il des plaisirs de ce monde liés au Divin ? Lorsque nous achetons une belle nappe pour notre table de Chabath ou lorsque nous achetons un nouvel ensemble pour les fêtes : devons-nous nous sentir coupables ou méritants-tes ?”

La réponse est simple : si l'achat que nous avons fait ne correspond pas à un désir particulier, si ce n'est de servir mieux Hachem, cet achat est saint. Autrement, nous sommes tombés-es dans le piège du matérialisme.

Je prends un exemple : chaque homme juif doit posséder une paire de téfilines. L'achat des téfilines ne correspond généralement pas à un désir particulier. Qui prendrait plaisir à posséder deux boites de peau de vache qui coûtent une petite fortune ? Cependant, nous achetons les téfilines parce que D-ieu nous l'a ordonné. De plus, nous essayons d'acheter les plus belles que nous pouvons car nous savons que cela fera plaisir au Créateur.

On comprend bien que la notion de désir n'est pas la source principale de l'achat des téfilines. C'est précisément ce critère qui peut nous aider à savoir si nous nous sommes faits-tes piéger par notre aspect physique. En achetant une nappe de table ou un ensemble pour les fêtes, le faisons-nous par désir – même si nous y mêlons Hachem – ou par nécessité, à l'image de l'achat des téfilines ?

Ignorer entièrement notre aspect physique

Si l'être humain n'est qu'âme, les chances sont grandes que nous constations notre grand éloignement d'avec D-ieu. Tellement de plaisirs de ce monde nous attirent ! Rassurez-vous, cela est normal et Hachem est le premier à le comprendre.

Nous vivons dans un monde imparfait où notre travail consiste à nous rapprocher de D-ieu, chaque personne selon sa capacité. Ainsi, le Maître du monde n'attend pas de nous que nous soyons parfaits ; si tel avait été le cas, Il ne nous aurait pas créés-es avec le mauvais penchant !

Plutôt, notre travail consiste à connaître nos points faibles et à vouloir sincèrement les améliorer. Il faut faire extrêmement attention à ne pas placer la barre trop haute, car cela pourrait nous déprimer et nous serions alors en danger mortel.

Pour conclure, fixons-nous comme objectif d'essayer de minimiser le nombre de nos désirs liés à l'aspect matériel de ce monde. Si nous avançons dans cette direction – un peu plus chaque jour – nous serons une source immense de joie pour D-ieu. En même temps, essayons de remplacer le vide que nous créerons en nous par le spirituel. Cela est possible si nous décidons d'accorder un peu plus de temps aux prières, à la récitation des Psaumes, à l'étude de la Tora, aux bonnes actions…

Je vous souhaite beaucoup de bonheur dans votre rapprochement avec Hachem.

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mardi 28 juillet 2009

Désirer D-ieu (1)

Désirer D-ieu (1)

“Lorsqu'une personne désire une chose en particulier, cela crée une imperfection et de l'amertume pour l'âme.” (Rabbi Na'hman de Breslev, Liqouté Moharan I, 13)

“Cher David-Yits'haq,

J'ai du mal à comprendre ce texte. Vouloir le plus beau est aussi une forme de respect que nous montrons à Hachem. Une belle table pour les fêtes, des beaux vêtements... Je ne sais pas pourquoi, mais en lisant cela je me sens gênée.

Je ne comprends pas cette notion d'éloignement alors qu'on sait que même pour le Temple ou pour le Roi David, tout était noble et en or.

Bonne journée.” (Patricia B. de France)

Madame,

Nous pensons souvent que l'être humain est formé de deux parties distinctes : la partie spirituelle – représentée par l'âme – et la partie physique, représentée par le corps. Cela n'est pas tout à fait exact. Plutôt, l'être humain est âme et autour de cette âme, Hachem a choisi de mettre un corps. Ainsi, nous ne devons pas oublier qu'idéalement, c'est à notre âme que nous devons nous lier et pas à notre corps.

Les plaisirs de l'âme sont simples : se rapprocher de D-ieu, le plus possible. Pour l'âme, le physique n'existe pas et les seuls plaisirs sont les prières, les louanges faites à Hachem… Tout ce qui fait ce monde-ci est étranger à l'âme : elle n'a point besoin de manger, de boire, de dormir, de vêtements…

Il en va différemment avec le corps. Celui-ci se plaît dans la bonne chair et les plaisirs de la table. Les beaux apparats lui sont plaisants, comme le sont tous les autres plaisirs liés à ce monde. Tous les excès que l'être humain commet s'expliquent par sa soumission à son propre corps. Il est inutile de dire que selon le corps, les plaisirs spirituels sont une pure perte de temps et il fait tout pour les combattre (nous sommes soudainement fatigués-es pour nous rendre à la synagogue ; un aliment non kacher nous attire par son odeur alléchante…)

L'âme désire seulement D-ieu

Nous comprenons maintenant que les plaisirs que nous ressentons sont de deux ordres : spirituels ou physiques. Les premiers nous rapprochent d'Hachem, tandis que les seconds nous en éloignent.

Une personne peut avoir prié avec ferveur et sentir en son fort intérieur un certain plaisir d'avoir pu prier de la sorte. Une autre se sentira bien d'avoir récité la totalité du livre des Psaumes…. Dans tous ces cas, le plaisir que la personne ressent est lié à son âme, ce qui l'aide à la faire avancer vers le Divin.

Cependant, la satisfaction d'avoir mangé un bon plat, de posséder un nouveau canapé ou une nouvelle voiture sont des sentiments qui ne nous rapprochent pas d'Hachem et – si nous n'y prenons pas garde – peuvent nous en éloigner.


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jeudi 19 juin 2008

La Sainteté dans notre monde

(Erik)
Il existe des concepts dont nous connaissons l'existence, à défaut d'être familiers avec eux. Le concept de la Sainteté appartient à cette catégorie. La sainteté de D-ieu, celle de Tora... Même si nous admettons leur existence – lorsque nous l'admettons ! – il peut s'avérer difficile de trouver ces concepts près de nous, dans notre vie quotidienne. Au travail, au sein du foyer familial, dans les loisirs... nous avons tendance à vivre “en dehors” de la Sainteté. Nous réservons notre approche de ce concept pour les heures d'étude de la Tora, les moments de prière...

Nous prenons pour acquis qu'avec un livre de prières entre les mains – ou une Guemara, le Choul'han 'Aroukh... – nous établissons un lien spécifique avec notre Créateur. Cependant, l'essentiel de la Sainteté se trouve peut être ailleurs, dans des endroits où nous ne pensons pas toujours la trouver.

Dans le Liqouté Halakhoth (Ora'h 'Hayim, Hilkhoth Beith Haknesset, halakha 3), Rabbi Nathan de Breslev nous apprend que l'essentiel de la Sainteté consiste à prendre conscience qu'elle se trouve dans tout ce qui nous entoure, absolument tout. Cela est possible dès que nous reconnaissons que c'est D-ieu qui est à l'origine de tout ce qui fait notre environnement, notre vie.

Ainsi, admettre qu'un objet spécifique qui appartient à notre environnement trouve son origine en D-ieu, attire la Sainteté dans cet objet. Cela semble simple, simpliste et pourtant... Que de fois oublions-nous que le Créateur a tout créé ! Dans la mesure où ce raisonnement s'applique également à ce qui est abstrait, il faut s'en souvenir dans les situations que nous préférons tous éviter : conflits entre personnes, insultes dont nous sommes les victimes... D-ieu se trouve là aussi.

Si nous savons que D-ieu se trouve dans tout ce qui nous entoure – le matériel et l'immatériel – nous atteindrons un niveau extrêmement élevé d'emouna (foi). À l'opposé, lorsque nous oublions l'origine sainte d'une certaine chose – ou d'une certaine situation – nous plaçons D-ieu à l'extérieur de notre monde, que D-ieu nous garde. Nier l'existence de D-ieu est la pire des choses qui puisse arriver à une personne. Lorsque nous éprouvons de la difficulté à accepter la situation dans laquelle nous nous trouvons – et que nous nous mettons en colère – nous avons scellé notre décision : D-ieu est totalement absent de ce qui nous arrive, que D-ieu nous préserve. C'est sans doute pour cela que selon la Guemara, se mettre en colère est l'équivalent de l'idolâtrie.

Lors de notre prochaine conversation avec D-ieu, nous devrons Le supplier de nous aider à ne pas L'oublier, chaque heure, chaque minute de notre existence; dans tous les endroits et dans toutes les situations. Amen.

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