dimanche 21 juillet 1991

Tiqoun 'Hatsoth : les prières de Rabbi Nathan

Tiqoun 'Hatsoth : les prières de Rabbi Nathan

(Il s'agit de la dix-huitième partie du livre "L'appel de minuit". Vous pouvez lire la dix-septième partie en cliquant ici.)

Les prières suivantes sur le thème du Tiqoun 'Hatsoth ont été rédigées par Rabbi Nathan.

Liqouté Téfiloth 1, 54

Maître de l'univers, aide-moi à me lever pour 'Hatsoth chaque nuit. Que je ne sois jamais endormi à l'heure de 'Hatsoth. Aide-moi à me réveiller et me lever chaque nuit à l'heure exacte de 'Hatsoth – tous les jours de ma vie. Aide-moi à m'armer de courage comme un lion pour me dévouer à la Tora et aux dévotions divines. « Éveille-toi, ma gloire, éveille-toi, harpe et instrument à corde : je réveillerai l'aube.»

Roi bon et miséricordieux, aide-moi à réciter devant Toi chaque jour de longues prières dans mon propre langage et à exprimer en toute sincérité tout ce que je ressens dans mon cœur. Permets-moi de me repentir véritablement devant Toi. Aide-moi à T'implorer toutes les nuits après 'Hatsoth, car c'est le moment le plus propice pour hithbodédouth.

Puis-je m'isoler et exprimer toutes mes pensées et tous mes sentiments devant Toi ! Aide-moi à chercher mes points positifs du plus profond du cœur et à me purifier de tout ce qui est négatif: que s'accroissent ma connaissance et ma conscience saintes et que je me rappelle constamment le but ultime de ma vie et ma destinée dans le Monde Futur. Puis-je de tout temps garder à l'esprit mon but ultime et fixer mes pensées sur le Monde Futur, jusqu'à ce que je puisse me repentir et revenir à Toi de tout mon cœur.

Liqouté Téfiloth, 88

« Je me lèverai à minuit pour Te louer et louer Tes justes jugements.» D-ieu de bonté, qui éveilles les endormis et ceux qui somnolent ! Aie pitié de moi ! Aide-moi à me lever toutes les nuits, tous les jours de ma vie à l'heure exacte de 'Hatsoth. Que je sorte de mon sommeil à 'Hatsoth et que je me lève frais et dispos, sans ressentir ni lourdeur ni fatigue. Ne me laisse pas retomber dans mon sommeil. Que rien ne m'empêche de me lever pour 'Hatsoth.

Et Toi, D-ieu de bonté et de miséricorde, fais que le vent du Nord qui soufflait à minuit sur la harpe du Roi David me donne la force de me lever de mon sommeil à 'Hatsoth. « Éveille-toi, ma gloire, éveille-toi, harpe et instrument à corde: je réveillerai l'aube.»

Maître de l'univers, Tu nous a souvent montré l'importance de se lever à 'Hatsoth, comme nous l'indique le Zohar saint. Mais Tu connais les nombreux obstacles qui surgissent devant nous quand nous essayons de le faire et qui gâchent toutes nos nuits. D-ieu de toute chose ! Tu as le pouvoir d'aider. C'est pourquoi je me permets de Te demander comment réussir à me lever toutes les nuits à l'heure exacte de 'Hatsoth, six heures après le début de la nuit, en hiver comme en été.

Aide-moi à me réveiller et à me lever en toute hâte, plein d'énergie, pour réciter le Tiqoun 'Hatsoth, à me lamenter sur la destruction du saint Temple, sur l'exil de la Tora, dont les secrets ont été livrés aux forces profanes, à me lamenter sur mes nombreux péchés qui ont causé tout cela et tellement prolongé cet exil. Créateur du monde. Tu sais bien à quel point mes péchés ont prolongé l'exil. Oy ! Oy ! Que puis-je dire ? Comment me justifier ? Je me présente devant Toi, ployant sous le poids de mes fautes.

Mais le passé est mort. Aide-moi désormais à revenir sur le droit chemin. Qu'il ne se passe jamais une seule nuit sans que je me lève pour 'Hatsoth. Sois toujours avec moi: aide-moi et protège-moi de toute migraine et autres maux au cours de mon Tiqoun 'Hatsoth.

Notre Père qui es au Ciel : élève-moi et donne-moi la vie ! Puisse-je désormais me lever toujours à l'heure exacte du Tiqoun 'Hatsoth, toutes les nuits: les jours de semaine, Chabath et Yom Tov, que je sois chez moi ou en voyage. Que je récite le Tiqoun 'Hatsoth et me consacre ensuite à l'étude de la Tora. Atténue ainsi toutes les sentences rigoureuses prononcées contre moi, ma famille et tout le Peuple d'Israël et annule-les.

Permets-moi de lever chaque matin les yeux au Ciel pour m'imprégner de la connaissance claire, pure, vraie et sainte, me repentir et retourner vers Toi de tout mon cœur, et mener désormais une vie conforme à Ta volonté. Tends sur moi chaque matin un fil de grâce – celle d'Avraham qui se levait tôt le matin. « Le jour, l'Éternel m'environne de Sa grâce; la nuit, je Lui adresse mes chants et ma prière, à Lui, le D-ieu de ma vie.»

« Éternel, Ta bonté se trouve dans les Cieux, et Ta fidélité atteint les hauteurs célestes.» « Tes bontés se renouvelllent chaque matin; infinie est Ta fidélité.» « Que les paroles de ma bouche et les pensées de mon cœur Te soient agréables, ô mon Protecteur et mon Libérateur.» Amen. Amen.

Liqouté Téfiloth 1,142

Maître de l'univers. Maître de l'univers ! Aie pitié de nous et montre-nous la véritable manière de nous lamenter et nous affliger sur la destruction du saint Temple, à 'Hatsoth, pendant les Trois Semaines et à Ticha' béav. Aide-nous à réciter le Livre des Lamentations, les hymnes et les chants funèbres avec un sentiment réel d'affliction et de chagrin. Permets-nous de « verser notre cœur comme de l'eau devant l'Éternel. Inclinons notre bouche vers la poussière... peut-être y a-t-il de l'espoir ?»

Il nous faudrait nous frapper la tête contre les murs de notre cœur sur les terribles épreuves que nous endurons. Depuis combien d'années notre cité est-elle détruite, notre saint Temple désolé ? Toute sa splendeur lui a été ravie. Chaque jour nos difficultés ne font qu'empirer...

D-ieu de bonté, aide-nous à ressentir la souffrance du Peuple juif et celle de notre âme ! Aide-nous à en ressentir la gravité, au point de nous effondrer et de déverser notre cœur comme de l'eau devant Toi, Éternel des Armées, pour les péchés terribles que nous avons commis, l'obstination dont nous avons fait preuve, tout ce qui a engendré ce long exil avec toutes ses difficultés. « Levons notre cœur et nos mains au Ciel.»

Adoptons l'art de nos saints ancêtres et poussons des cris amers et perçants.. Il nous faut parcourir les rues en priant, plaidant, nous écriant et suppliant l'Éternel Tout Puissant jusqu'à ce qu'« Il nous jette un regard à partir des Cieux », jusqu'à ce que Sa grâce s'éveille, qu'Il nous réconforte au plus tôt et nous libère individuellement, ainsi que toute la nation, de toutes nos peines et de notre affliction. 

À suivre...

(Extrait du livre « L'appel de minuit » du Rav Avraham Greenbaum, publié aux Éditions Breslev)

(Vous pouvez vous procurer le livre L'appel de minuit en cliquant ici.)

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mardi 18 juin 1991

Les femmes et Tiqoun 'Hatsoth

Les femmes et Tiqoun 'Hatsoth

(Il s'agit de la dix-septième partie du livre "L'appel de minuit". Vous pouvez lire la seizième partie en cliquant ici.)

Les femmes doivent-elles réciter Tiqoun 'Hatsoth ?

Les femmes ne doivent pas réciter le Tiqoun 'Hatsoth (Ben Ich 'Haï, Vayichia'h, 6 et cf. Rav Péalim pour plus amples détails). Le Ben Ich 'Haï ajoute cependant que, tout comme il est préférable pour les hommes de s'habituer à dormir la première moitié de la nuit et se lever pour 'Hatsoth, il vaut mieux que les femmes qui doivent s'occuper de tâches ménagères la nuit, dorment au début de la nuit et se lèvent avant l'aube pour le faire, comme il est écrit (Proverbes 31, l5) : « II fait encore nuit qu'elle est déjà debout, distribuant des vivres à la maison...» (Ibid.)

Néanmoins, d'aucuns pensent que les femmes peuvent réciter le Tiqoun 'Hatsoth (Cha'ar Hakavanoth, 54a) et « une femme pieuse qui désire réciter le Tiqoun 'Hatsoth sera bénie.» (Kaf Ha'haïm)

Rabbi Avraham HaLévy, qui composa les Tiqouné Chabath, vivait à Safed au temps de Rabbénou HaAri (Rabbi Yits'haq Louria, 1534-1572). Il avait l'habitude de se lever à 'Hatsoth et de déambuler dans le quartier juif de la ville en s'écriant amèrement : « Frères juifs, vous savez certainement que la Chékhina est en exile cause de nos nombreux péchés et que notre saint Temple a été brûlé. Levez-vous donc et crions vers l'Éternel, notre Roi, bon et miséricordieux ! Peut-être entendra-t-ll nos cris et nos prières et aura-t-ll pitié des vestiges d'Israël !»

Rabbi Avraham ne laissait de répit à personne et tout le monde se levait et se rendait dans les synagogues et les maisons d'étude pour réciter le Tiqoun 'Hatsoth.

Après quoi, on se mettait à étudier, chacun selon son niveau, on entonnait des chants et on récitait des prières jusqu'au lever du soleil.

Rabbénou HaAri ne tarissait pas d'éloges sur la sainteté de Rabbi Avraham et disait qu'il était la réincarnation du prophète Jérémie. Il lui dit une fois : « Sache que tes jours sont finis et que tu dois quitter ce monde... à moins que tu n'entreprennes la mission suivante – et si tu y réussis, tu vivras encore vingt-deux ans: tu dois te rendre à Jérusalem et prier au Mur Occidental. Déverse ton cœur, et tu auras le mérite de voir la Chékhina

Rabbi Avraham s'enferma chez lui pendant trois jours et trois nuits et jeûna, revêtu d'un sac, des cendres sur la tête. Il se rendit ensuite au Mur Occidental, où il déversa son cœur en prières, en pleurant à chaudes larmes. Il remarqua ensuite près du Mur la silhouette d'une femme tout enveloppée de noir. Rabbi Avraham en fut tellement effrayé qu'il se jeta face contre terre, criant et sanglotant :

« J'ai tellement mal de te voir dans cet état ! Oy ma pauvre âme !» Il ne cessa de crier, s'arrachant les cheveux et finit par s'évanouir et tomber dans un profond sommeil. Il rêva qu'un esprit saint vêtu de beaux habits, venait vers lui et lui disait : « Ressaisis-toi, mon fils Avraham, car tu peux finalement espérer : les enfants reviendront sur leur terre, car je les libérerai de leur captivité et aurai pitié d'eux.»

Rabbi Avraham se réveilla et retourna à Safed. Quand il se présenta devant le Ari, ce dernier lui dit :

« À ton air, je vois que tu as eu le privilège de voir la face de la Chékhina. Tu peux maintenant être sûr de vivre encore vingt-deux ans. Rabbi Avraham vécut en fait vingt-deux ans de plus et doit servir d'exemple pour quiconque se lève pour 'Hatsoth, ou au moins avant le lever du jour pour se lamenter sur la destruction du saint Temple. Qu'on récite de nombreuses prières ou qu'on en récite le minimum, l'essentiel est de diriger son cœur vers le Ciel et on aura le mérite de voir fa reconstruction de Tsi'on et Jérusalem. Amen.» (Kav Hayachar, 93).

(Extrait du livre « L'appel de minuit » du Rav Avraham Greenbaum, publié aux Éditions Breslev)

(Vous pouvez vous procurer le livre L'appel de minuit en cliquant ici.)

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mardi 14 mai 1991

Recueil des lois (1)

Commencer sa journée... la nuit !

(Il s'agit de la seizième partie du livre "L'appel de minuit". Vous pouvez lire la quinzième partie en cliquant ici.)

1. Nétilath Yadayim (ablution des mains)

Celui qui se lève pendant la nuit – après 'Hatsoth – pour réciter le 'Hatsoth peut dire la bénédiction : « 'Al nétilath yadayim » (Misguéreth HaChoul'han et Amoud HaChoul'han sur le Kitsour Choul'han 'Aroukh). Le mieux est de se laver les mains près de son lit sans réciter la bénédiction, d'aller aux toilettes, puis, en sortant de la salle de bains, de se relaver les mains et de réciter la bénédiction (Maguen Avraham, Bakh et A'haronim).

Doit-on se laver de nouveau les mains après le lever du jour, si on s'est levé avant l'aube et qu'on s'est lavé les mains une première fois? Oui, mais sans bénédiction (Ora'h 'Haïm 4, 13). C'est ce qu'on doit faire également si on se remet au lit avant le lever du jour (Kitsour Choul'han 'Aroukh).

2. Les bénédictions du matin

Celui qui se lève pour réciter le Tiqoun 'Hatsoth et doit ensuite se rendormir doit réciter les bénédictions : « Éternel, mon D-ieu, l'âme que Tu as mise en moi...» en sautant la bénédiction finale : « Sois loué. Éternel... qui rends les âmes aux trépassés.» Il doit de même réciter la bénédiction : «... qui délivres nos yeux du sommeil...», en sautant la fin : « Sois loué, Éternel, qui combles Ton peuple Israël de grâce et de bienveillance.»

Si on se lève plus tard, on doit réciter ces bénédictions avec leur conclusion. Néanmoins, celui qui veut réciter : « Éternel, ...l'âme que Tu as mise en moi » avec sa bénédiction finale peut le faire la première fois qu'il se lève (Cha'aré Têchouva 6, #6).

Celui qui se lève la nuit pour étudier la Tora avant l'aube doit réciter les bénédictions sur la Tora et n'a pas besoin de les répéter quand il va à la synagogue pour Cha'harith (Ora'h 'Haim 47:13). Même si on se remet au lit, on ne doit pas répéter les bénédictions au réveil, puisque les bénédictions qu'on a récitées la première fois couvrent toute la journée à venir jusqu'à l'heure du coucher (Michnah Bérourah, ad. toc., #29). Néanmoins, certains sont d'avis qu'il faut répéter les bénédictions sur la Tora en se réveillant d'un sommeil régulier prolongé (et non pas après un petit somme).

Celui qui se lève avant l'aube peut réciter toutes les bénédictions du matin, à l'exception de «... qui as donné au coq l'intelligence de distinguer le jour de la nuit » et les chapitres sur les sacrifices (Ora'h 'Haïm, ibid.). Celui qui se lève pour 'Hatsoth peut réciter les Birkoth Hacha'har même s'il a l'intention de se remettre au lit par la suite et il n'aura pas à les réciter en se réveillant le matin. De plus, d'après les A'haronim, on peut même réciter la bénédiction «... qui as donné au coq l'intelligence...» avant l'aube, si on le fait après 'Hatsoth. D'autres sont d'avis qu'il est préférable de s'abstenir de réciter cette bénédiction à cette heure, à moins qu'on ait vraiment entendu le chant du coq ; dans le cas contraire, on a néanmoins accompli son devoir (Michnah Bérourah, ibid, #31).

3. Nourriture après 'Hatsoth

À partir d'une demi-heure avant l'aube, il est interdit de manger et de boire plus de 28 grammes environ, mais on peut manger et boire moins que cette quantité jusqu'à l'aube. Selon le Zohar, même celui qui se lève au milieu de la nuit ne doit pas manger (ni boire selon une interprétation) jusqu'après la prière du matin. (Cela ne s'applique qu'à celui qui a dormi la première partie de la nuit, mais pas à quelqu'un qui a veillé toute la nuit). II convient d'essayer de suivre à cet égard le point de vue du Zohar, dans la mesure du possible.

Néanmoins, quelqu'un qui se sent faible et ne peut par conséquent se concentrer dans son étude peut manger et boire pour prendre des forces. Ce qui est interdit, c'est de manger pour satisfaire son appétit (Michnah Bérourah sur Ora'h 'Haïm 89, #27.28).

À l'aube, il est interdit de manger ou de boire, même après avoir accompli la mitzwa de la récitation du Chéma', jusqu'à la 'Amida. Toutefois, on peut boire de l'eau avant la prière du matin, ainsi que du thé, du café, etc... mais sans sucre ni lait. (Beaucoup adoptent néanmoins un point de vue moins strict et ont l'habitude de boire du café et du thé avec du sucre). Celui qui est obligé de manger avant la prière pour des raisons médicales doit de toute façon réciter le Chéma' auparavant. Celui qui a très faim ou très soif et ne pourra pas se concentrer s'il ne mange ni ne boit, pourra manger ou boire un peu pour pouvoir se concentrer (Ora'h 'Haïm 89, 3-4 et Michnah Bérourah, ad. loc., #22, #25-26).

Rabbi Na'hman disait qu'il n'avait jamais bu, ne fût-ce que de l'eau, avant la prière (La Sagesse de Rabbi Na'hman, #277) et les 'hassidé Breslev veillent à ne rien manger ni boire avant Cha'harith.

4. Les jours où l'on dit Tiqoun Ra'hel

'On ne récite le Tiqoun Ra'hel que le jour où on dit Ta'hanoun à la prière du matin.

On récite le Tiqoun Léa même les jours où on ne dit pas Ta'hanoun, c'est-à-dire le Chabath, les jours de fête (inclus les mi-fêtes), à Roch 'Hodech, tous le mois de Nissan, à Pessa'h Chéni, a Lag Baomer, de Roch Hodech Sivan jusqu'à sept jours après Chavou'oth, le 15 Av, de la veille de Yom Kipour à la fin du mois de Tichré, à 'Hanouca, à Tou Bichvat, à Pourim et à Chouchan Pourim (et les années de 13 mois, les 14 et 15 Adar I).

Le jour où on ne dit pas Ta'hanoun, on omet généralement les Psaumes 20 « que l'Éternel t'exauce » et 51 « Au chef des chantres.... lorsque le Prophète Nathan fut venu...» et le verset « Jusqu'à quand versera-t-on des larmes... construire les remparts de Jérusalem.»

La nuit de Tich'a Béav, on ne récite que le Tiqoun Ra'hel. Certains ont l'habitude d'omettre les Psaumes 137 et 79 et commencent avec les Lamentations 5 : « Souviens-Toi, Seigneur, de ce qui nous est advenu...»

On ne doit réciter ni le Tiqoun Ra'hel ni le Tiqoun Lea après l'aube (Ben Ich 'Hai 1, Vayichia'h, 8). Toutefois, celui qui ne s'est levé que peu après le lever du soleil peut réciter les Psaumes, mais pas les Kinoth (Michnah Bérourah l, #9). Si on n'a pas le temps de réciter le Tiqoun 'Hatsoth et d'étudier la Tora avant l'aube, il est préférable de réciter le Tiqoun 'Hatsoth (Ben Ich 'Haï, ibid. 9).

(Extrait du livre « L'appel de minuit » du Rav Avraham Greenbaum, publié aux Éditions Breslev)

(Vous pouvez vous procurer le livre L'appel de minuit en cliquant ici.)

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samedi 6 avril 1991

Obstacles

Obstacles

(Il s'agit de la quinzième partie du livre "L'appel de minuit". Vous pouvez lire la quatorzième partie en cliquant ici.)

II peut arriver que juste après que vous avez décidé de changer votre emploi du temps pour dormir la moitié de la nuit, afin de vous lever pour 'Hatsoth, tout semble conspirer à vous contrer : ou bien un flot soudain d'invitations ou bien un défilé d'invités: parents, amis.... ou bien de fausses alertes, sans parler des difficultés de travail, des appels téléphoniques urgents, des problèmes de plomberie, etc., etc... Même quand on se couche à l'heure, il y a des nuits où on manque 'Hatsoth, des nuits où on se réveille mais qu'on se sent trop fatigué pour se lever et qu'une foule d'autres problèmes d'adaptation font obstacle.

Il faut parfois des mois, voire des années d'efforts répétés, de succès partiels, d'échecs, de frustration, d'efforts renouvelés, d'échecs supplémentaires, de périodes de désespoir et d'efforts renouvelés pour réussir à se lever régulièrement à 'Hatsoth. On peut parfois se lever tous les soirs pendant des mois, sentir qu'on a finalement « percé », pour s'apercevoir après que tous les vieux obstacles surgissent soudain de nouveau et même plus forts que jamais : il faut alors reprendre depuis le début.

Il ne faudrait pas s'étonner de cet état de choses si on prend en considération la valeur inestimable de 'Hatsoth, que Rabbi Na'hman appelait la « principale dévotion du juif ». Rabbi Nathan ajoutait que la rédemption finale viendra par le mérite de ceux qui se lèvent pour 'Hatsoth. Rabbi Na'hman enseigne que plus le but poursuivi par le juif dans le domaine spirituel est élevé, plus les obstacles sont puissants. L'explication est que le juif ne peut atteindre son but que par la force de son désir et les obstacles lui sont envoyés pour accroître ce désir. Dès que le désir est assez fort, les obstacles s'effondrent tout simplement.

Éloigner pour mieux s'approcher

« Lorsqu'un juif veut faire quelque chose pour son judaïsme et plus particulièrement quelque chose de très..., on lui oppose un obstacle dont le but est d'accroître son désir... Il en est de même quand on montre à un enfant quelque chose qui l'attire et qu'on le lui cache immédiatement. L'enfant vous poursuit et vous supplie de lui donner cet objet. Nous voyons que si l'enfant désire si intensément cet objet, c'est parce qu'on le lui a enlevé. De la même façon, nombreux sont les obstacles et les barrières qu'on nous oppose pour nous empêcher d'accomplir ce qu'il y a à faire... pour accroître en conséquence notre désir de le faire... »

« Le juif doit poursuivre ses objectifs saints et ses ambitions. Quand son désir s'accroît vraiment, il peut certainement briser toutes les barrières et réaliser ses vœux. Les obstacles ne lui sont envoyés que pour accroître son désir et aussitôt que son désir est proportionné à la grandeur de ce qu'il désire, ils disparaissent automatiquement. » (Liqouté Moharan I, 66:4).

Même si vous échouez, ne vous laissez pas abattre. Soyez patient, essayez de nouveau. On ne peut pas parvenir tout d'un coup à la Sainteté. Avancez doucement. Priez D-ieu de vous aider : « Si c'est la dévotion que Tu veux de moi – si c'est pour moi la chose la plus importante – aide-moi à l'accomplir, en Ton Nom.»

« On peut se dire : 'Qui suis-je pour prier sur l'exil et Jérusalem ? Mes prières ramèneront-elles les exilés, apporteront-elles le salut final ?' La réponse, nous l'avons déjà apprise : chaque personne a été créée individuellement pour pouvoir dire : 'Le monde a été créé pour moi' (Sanhédrin, 37a). L'Éternel se délecte de la prière et des supplications de Ses enfants... et ils doivent Le supplier pour cela, même si leur requête ne peut pas être exaucée, ou parce que ce n'est pas encore le moment, ou pour d'autres raisons. De toutes façons, ils ont fait ce qui leur incombe et D-ieu s'en réjouit. » (Messilath Yécharim, 19).

(Extrait du livre « L'appel de minuit » du Rav Avraham Greenbaum, publié aux Éditions Breslev)

(Vous pouvez vous procurer le livre L'appel de minuit en cliquant ici.)

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lundi 4 mars 1991

La bataille contre le sommeil

La bataille contre le sommeil

(Il s'agit de la quatorzième partie du livre "L'appel de minuit". Vous pouvez lire la treizième partie en cliquant ici.)

Comme nous l'avons vu, le fait de briser son sommeil, à la fois dans le domaine physique et dans le domaine spirituel, constitue une partie importante du Tiqoun 'Hatsoth. Mais ceux qui veulent dormir pendant la première moitié de la nuit et se lever ensuite pour 'Hatsoth, comme l'enseigne la littérature consacrée à ce sujet, se trouvent aussitôt à contre-courant de la société moderne. À l'exception de ceux qui observent une garde de nuit, la majorité des gens dorment à l'heure où le juif de 'Hatsoth veut se réveiller. Et la plupart des activités sociales et autres ont lieu dans la soirée, précisément au moment où le juif de 'Hatsoth a besoin de quelques heures de sommeil.

D'aucuns sont prêts à sacrifier ces activités à l'exquise douceur de 'Hatsoth. Ils font leur prière de Ma'ariv le plus tôt possible et se couchent tout de suite. Ils ont quand même souvent l'impression de disposer de trop peu d'heures de sommeil avant de se réveiller pour 'Hatsoth.

La plupart de ceux qui ont entrepris un effort sérieux pour se lever régulièrement à 'Hatsoth se trouvent confrontés au problème du nombre d'heures de sommeil. Parfois, le réveil sonne la nuit, déjà ?!... et il semble impossible de se lever (sans parler des cas où on ne l'entend pas). Parfois, on se couche tôt dans l'intention de se lever frais et dispos pour le Tiqoun 'Hatsoth, mais ou bien on ne s'endort que trop tard, ou bien au moment de se lever, on se sent lourd, les yeux brouillés, l'esprit flou, incapable de se concentrer. 

Même quand on est en forme au moment où on se lève pour 'Hatsoth, il arrive souvent que le lendemain on se sente fatigué, fiévreux et incapable de se concentrer.

Dormir ? Vous avez-dit dormir ?

De combien d'heures de sommeil avons-nous réellement besoin ? Leur nombre semble varier d'un individu à l'autre. Peut-on toutefois s'entraîner à le changer sans courir aucun risque ? En bref : peut-on s'arranger à dormir moins qu'on ne semble en avoir besoin et dans ce cas, comment ?

Voici ce qu'écrit le Ben Ich 'Haï, qui donne le point de vue de la Tora sur ce sujet :

« On pense généralement que plus le sommeil est long, plus le corps est bénéficiaire. Or, toutes les autorités médicales s'accordent à penser qu'on doit dormir au minimum six heures et au maximum huit heures par nuit et qu'un sommeil excessif est nuisible. Nous voyons ainsi que les médecins considèrent qu'un sommeil de plus de huit heures peut nuire au corps, alors que celui qui dort pendant six heures a accompli son devoir de prendre soin de son corps. »

« Par conséquent, le juif – qui est obligé de prendre également soin de son Âme sainte – ne doit pas dormir plus de six heures par nuit ; il remplit ainsi l'obligation de prendre soin de sa santé physique. Pendant le reste de la nuit, il doit veiller à la santé de son âme en s'adonnant à l'étude de la Tora. Et s'il arrive parfois qu'on dorme moins que cette moyenne de six heures indispensable à la santé du corps et qu'on prolonge les heures destinées à veiller à la santé de l'âme, on peut être de ne nuire en aucun cas à sa santé physique. » ( Ben Ich 'Haï, Vayichla'h, 1)

D'aucuns peuvent facilement dormir moins de six heures par nuit. Pour d'autres cependant, les conseils du Ben Ich 'Haï peuvent constituer un idéal inaccessible. Ils ont beau aspirer à briser leur sommeil et augmenter leurs heures de veille, ils n'en pensent pas moins qu'en essayant de dormir moins de sept à huit heures par nuit, ils ne pourront pas être en forme le lendemain.

Comme nous l'avons vu, Rabbi Na'hman encourageait les gens à dormir autant qu'ils en avaient vraiment besoin. « Dors et mange, dit-il une fois à Rabbi Dov, l'essentiel est de surveiller ton temps !» Mais en nous enjoignant en même temps de dormir selon nos besoins et de ne pas perdre inutilement notre temps, Rabbi Na'hman nous invite à réfléchir : avons-nous réellement besoin de tout le sommeil que nous jugeons indispensable à présent ? Y aurait-il moyen de s'entraîner à dormir moins ?

Vous trouverez ci-dessous un certain nombre de suggestions fondées sur l'expérience de gens qui ont fait l'effort de se lever régulièrement pour 'Hatsoth :

1. La prière : c'est l'essentiel du succès. Se lever pour 'Hatsoth constitue l'une des formes les plus élevées du Service divin. Nous avons donc besoin de demander à D-ieu de nous aider à chacune des étapes de notre entreprise (nous verrons plus loin une sélection de prières à cet effet).

2. Repos : il ne sert à rien de lésiner sur le sommeil. Quelqu'un qui se lève pour 'Hatsoth après quatre ou cinq heures de sommeil a probablement besoin d'au moins une ou deux heures supplémentaires vers la fin de la nuit ou après Cha'harith : c'est une habitude commune à tous ceux qui se lèvent pour 'Hatsoth. Savoir exactement combien on doit dormir le matin peut prendre des semaines, voire des mois. 

Au début, on a souvent tendance à trop dormir le matin et on n'arrive à s'endormir le soir qui suit qu'après de longues heures. Il en résulte que tout l'emploi du temps de la journée est bouleversé et qu'il est difficile de se lever la nuit suivante pour 'Hatsoth. Cela peut être très décourageant, mais il faut l'admettre comme l'un des obstacles à surmonter pour accéder à ce niveau élevé de dévotion. Essayons encore.

3. Bonne forme et régime : dormir suffisamment n'est qu'un des facteurs qui contribuent à nous mettre en forme. L'exercice et le régime sont aussi d'une très grande importance. Une petite marche de vingt minutes par exemple peut contribuer à améliorer le métabolisme qui a un effet certain sur le sommeil. En ce qui concerne le régime, une nourriture excessive, mâchée insuffisamment ou consommée à un moment inopportun, peut conduire à une sensation de lassitude sans rapport avec le nombre d'heures de sommeil. 

Dans certains cas, ceux qui sont allergiques à certains aliments peuvent ressentir une impression de surmenage. Il convient d'adapter son régime à cet effet, ou même de consulter un diététicien qualifié, le cas échéant.

4. Café et autres stimulants : beaucoup pensent qu'un café fort les aidera à veiller la nuit. Il est vrai que la caféine stimule la production d'adrénaline, qui libère le glucose dans le sang et donne une sensation d'énergie et de vivacité ; le problème est que le corps réagit en produisant plus d'insuline afin de réduire le niveau de sucre dans le sang, ce qui peut conduire à une grande lassitude après la consommation de café !

Il serait tentant de l'éviter en essayant de boire plus de café, mais le fonctionnement des glandes adrénaliques peut être perturbé. C'est comme si on donnait des coups de fouet à un cheval pour lui donner un peu plus d'énergie avant qu'il ne s'effondre. Les gens qui ont réduit leur consommation de café, thé, coca-cola ou autres boissons contenant de la caféine, ou les ont complètement! supprimées, constatent une certaine amélioration de leur énergie et de leur état physique général.

5. Comment lutter contre ces accès de fatigue ? Au cours de vos prières ou de votre étude (de jour comme de nuit), il vous arrive de ressentir une fatigue excessive. Vous essayez parfois de la surmonter et même de jouir de quelques moments de répit, pour vous trouver bientôt confrontés à un accès encore plus accablant. Que faut-il faire alors : continuer à rester réveillé pour 'Hatsoth, ou bien céder et se remettre au lit ?

Il est évident que la fatigue nous signale souvent que nous avons vraiment besoin de sommeil ; néanmoins, ces accès de fatigue résultent parfois d'autres facteurs, soit physiques (comme le régime), soit psychologiques (y compris naturellement les incitations du mauvais penchant). Dans ce cas, il vaut mieux persévérer.

Parfois, la sensation de fatigue passe tout simplement après quelques minutes. À d'autres moments, il suffit de fermer les yeux ou de poser la tête sur son bras sur la table pendant quelques minutes pour se sentir mieux. Il serait bon aussi de respirer de l'air pur ou au moins de respirer profondément quelques minutes. Une bonne routine nocturne peut aider à savoir à quels moments de la nuit on se sent alerte et à quels moments on se sent las et de diversifier en rapport ses activités (étude concentrée, hithbodédouth, etc.). 

Pour vaincre les sensations de fatigue, les sources rabbiniques recommandent d'étudier et de prier debout ou de prononcer à haute voix les paroles dans son étude

6. Entraide mutuelle : si vous connaissez d'autres personnes qui sont prêtes à se lever pour 'Hatsoth, invitez-les à se joindre à vous, car « être à deux vaut mieux que d'être chacun seul. Si l'un d'eux tombe, son compagnon pourra le relever... et un triple lien est difficile à rompre.» (Ecclésiaste 4: 9-12)

7. Au-delà de la nature. Rabbi Na'hman enseigne que D-ieu règne sur toute la nature par la Providence et que même les lois de la nature sont en fait un aspect de la Providence divine. La conduite de la majorité des gens repose sur le postulat que tout est régi par les lois de la nature. Cependant, ceux dont la foi est solide sont traités avec une Providence spéciale qui transcende la nature et la prière a le pouvoir de changer les lois de la nature (cf. Liqouté Moharan I, 234 et 250, et II, 17).

Il en résulte que grâce à une prière intense, on peut réduire son besoin de sommeil. Paradoxalement, plus on investit d'énergie dans la prière, le matin, l'après-midi et le soir, plus on reçoit de vitalité, parce que, comme disait Rabbi Na'hman, « notre vitalité provient essentiellement de la prière, comme il est écrit (Psaume 42, 9) : 'Prière au D-ieu de ma vie'. » (Liqouté Moharan I, 9). Ailleurs, Rabbi Na'hman écrit : « Plus un homme se sanctifie, moins il a besoin de dormir » (Le Livre du Aleph Beth, Sommeil, 1).

a. Celui qui désire se lever pour le Tïqoun 'Hatsoth doit ajouter une courte prière à cet effet, dans la 'Amida de Ma'ariv par exemple, ou avant de se coucher.

b. Il faut toujours essayer de prier de toutes ses forces : cela s'applique plus particulièrement à Ma'ariv, la prière du soir. Quelqu'un qui tient à se lever à temps pour 'Hatsoth peut être tenté de réciter au plus vite sa prière de Ma'ariv et le Chéma' du soir. Mais, de façon paradoxale, comme nous l'avons vu, en investissant de l'énergie dans ces prières, on en reçoit davantage pour prier et étudier après 'Hatsoth.

c. Rabbi Na'hman enseigne qu'en se concentrant beaucoup sur une chose, on la réalise. Vous pouvez appliquer cette méthode au Tiqoun 'Hatsoth. La clé, c'est de visualiser exactement dans son esprit comment faire ce qu'on a l'intention de faire. « Concentre-toi si intensément que ta pensée en devienne une obsession. Si ton désir est fort et ta concentration suffisamment intense, ton projet sera exaucé. » (La Sagesse de Rabbi Na'hman, #62)

d. Ségouloth : Une ségoula est une pratique qui conduit à un certain effet, bien que son pouvoir ne puisse être expliqué selon les lois de la nature (cf. Liqouté Moharan l, 21:9). Une ségoula qui a pleinement donné ses preuves est de réciter en hébreu le verset des Psaumes (57:9) : « Oura kévodi oura hanével vékhinor a'ira cha'har » (« Réveille-toi, ô mon âme, réveillez-vous, ô luth et harpe, je veux réveiller l'aurore ») trois fois dans l'ordre et trois fois dans l'ordre inverse et de le faire suivre d'une courte prière mentionnant l'heure à laquelle on voudrait être réveillé, en invoquant l'Aide divine pour y arriver. 

Autres ségouloth pour se lever à 'Hatsoth : encourager les gens à se repentir et donner anonymement la charité à quelqu'un qu'on ne connaît pas (Cha'ar Hakavanoth, Drouch Halaylah, 9).

Suite...

(Extrait du livre « L'appel de minuit » du Rav Avraham Greenbaum, publié aux Éditions Breslev)

(Vous pouvez vous procurer le livre L'appel de minuit en cliquant ici.)

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mardi 26 février 1991

Prenons le départ

Prenons le départ

(Il s'agit de la treizième partie du livre "L'appel de minuit". Vous pouvez lire la douzième partie en cliquant ici.)

Veiller jusqu'à 'Hatsoth

Pour ceux qui se sentent découragés à l'idée de régler le réveil pour le milieu de la nuit et de se réveiller pour 'Hatsoth, nous recommandons de commencer à veiller plus tard que d'habitude et réciter le Tiqoun 'Hatsoth avant de se coucher.

Il vaut certainement mieux veiller pour réciter le Tiqoun 'Hatsoth et aller se coucher ensuite que de ne pas le dire du tout. La simple récitation du Tiqoun 'Hatsoth nous invite à concentrer notre esprit sur la tragédie de la destruction du Temple et sur le besoin de prier pour la rédemption. En outre, la sérénité de cette heure de la nuit favorise grandement l'introspection et la réflexion, la prière sincère et l'étude de la Tora. Même quelques minutes de prière et d'étude à ce moment sont d'une valeur inestimable. Au début, essayez de vous lever une fois par semaine, ou au moins une fois par mois.

Se lever pour 'Hatsoth

Pour beaucoup, l'idée de briser son sommeil au milieu de la nuit pour se lever à 'Hatsoth est carrément insupportable, bien que ce soit en fait le meilleur moyen de réciter le Tiqoun 'Hatsoth. Même si vous pensez que c'est au-delà de vos possibilités, pourquoi ne pas faire de de temps à autre une petite prière pour demander à D-ieu de vous aider à atteindre ce niveau ? Rien n'est impossible pour D-ieu. Qui peut connaître les effets d'une seule petite prière ? La vie nous conduit parfois sur des chemins menant à des niveaux de dévotions qui nous paraissaient inaccessibles auparavant.

Même si on ne fait pas un effort sérieux pour essayer de se lever pour 'Hatsoth, il faudrait au moins le réciter quand on se sent agité ou qu'on souffre d'insomnie.

Ceux qui veulent se lever spécialement pour 'Hatsoth doivent se coucher plus tôt que d'habitude, faire éventuellement part de leurs intentions à leur famille et faire tous les préparatifs nécessaires pour ne déranger personne.

Même si le maximum que vous puissiez faire après avoir entendu le réveil est de vous laver les mains à côté de votre lit, de réciter couché une partie du Tiqoun 'Hatsoth sans beaucoup de concentration et de vous rendormir immédiatement, c'est déjà une action appréciable. D'autres peuvent se sentir en fait plus alertes et dispos qu'ils ne le pensaient et sont capables de prier, méditer et étudier la Tora pendant un bon moment. Il est toutefois important de conformer son désir d'étudier pendant la nuit aux nécessités d'être en forme le lendemain pour accomplir ses devoirs.

Les gens sont parfois tellement enthousiasmés par la grâce unique de ces heures précieuses qu'ils s'aventurent à rester éveillés pendant de longues heures plusieurs nuits de suite. Le seul avantage qu'ils en retirent, c'est une grande fatigue qui les inhibe dans la journée. À ceux qui commencent à se lever pour 'Hatsoth, nous suggérons de faire alterner des veilles plus longues et d'autres courtes.

Comme nous l'avons vu, Rabbi Na'hman enseignait que 'Hatsoth commence toujours six heures après la tombée de la nuit et qu'on peut le réciter n'importe quand pendant les deux heures qui suivent. À quelle heure faut-il se lever exactement si on tient à dire 'Hatsoth ?

II ne fait pas de doute que l'idéal serait la néqouda même de 'Hatsoth. Mais la plupart des gens ont des obligations le soir et ne peuvent se coucher que plusieurs heures après la tombée de la nuit, ce qui leur laisse normalement pas plus d'une heure ou deux de sommeil avant la néqouda. Qu'est-ce qu'il vaut mieux : s'efforcer de briser son sommeil à l'heure de la néqouda, de dire 'Hatsoth, etc. et de se remettre ensuite au lit, ou se permettre deux heures supplémentaires de sommeil et régler le réveil pour plus tard, afin d'être plus dispos pour prier et étudier avec concentration ?

Il n'y a pas une réponse unique à cette question ; les besoins physiques sont divers et ce qui est bien pour l'un ne l'est pas nécessairement pour l'autre. Rabbi Avraham beReb Na'hman (1849-1917), l'un des dirigeants Breslev de son temps et un érudit de tout premier ordre, préconisait de rester éveillé à l'heure de la néqouda, même si cela obligeait à se recoucher après, pour avoir la force de prier convenablement le matin (Sia'h Sarfé Qodech III, 499).

En revanche, Rabbi Nathan – qui n'ignorait certainement pas la valeur de la néqouda – comprenait qu'il n'est pas donné à tout le monde de se lever pour le Tiqoun 'Hatsoth à cette heure. Il préconisait dans ce cas d'essayer de se lever une heure plus tard et en cas d'impossibilité, d'essayer de se lever encore une heure plus tard, etc... (Si'hoth Véssipourim, p. 120).

Il ne faut pas espérer suivre exactement le même emploi du temps, surtout lorsqu'on se lève les premières fois pour 'Hatsoth. Parfois on peut se permettre de se lever à la néqouda, alors que cela est impossible d'autres nuits, par suite des activités de la veille... Il arrive qu'en souhaitant se lever pour 'Hatsoth, on ne puisse se coucher suffisamment tôt. Le mieux à faire dans ce cas serait de veiller pour réciter le Tiqoun 'Hatsoth plutôt que de le manquer.

Pour celui qui éprouve vraiment le désir de se lever régulièrement pour 'Hatsoth, prier et étudier, le principal problème est celui du sommeil. D'aucuns pensent qu'avec la pratique, ils peuvent facilement diviser en deux leurs heures de sommeil, en se couchant quatre ou cinq heures avant 'Hatsoth, puis deux ou trois après, soit pendant la nuit, soit après Cha'harith. En hiver, où les nuits sont plus longues, il est plus facile de dormir un peu plus avant le jour, tandis qu'en été, il sérail préférable de rester éveillé jusqu'après la prière du matin avant de se reposer.

Marche arrière

Certains trouvent qu'il leur est impossible de briser régulièrement leur sommeil. Ils savent par expérience que s'ils dorment moins que d'habitude, ils ne seront pas du tout dispos dans la journée. C'était par exemple le cas de Rabbi Dov, disciple de Rabbi Na'hman et nous savons que Rabbi Na'hman l'encourageait à admettre la réalité et à dormir autant qu'il en avait besoin.

Cela ne veut pas dire que celui qui a besoin de six à huit heures consécutives de sommeil doive abandonner complètement l'idée de 'Hatsoth. Il faudrait dans ce cas essayer de se coucher assez tôt pour être en mesure de se lever une heure ou deux avant le lever du jour. Ceux qui se lèvent régulièrement pour méditer et étudier apprécient pleinement ces heures de calme et considèrent qu'il valait la peine de se coucher beaucoup plus tôt pour profiter de ces moments d'exception.

« II faudrait faire tout son possible pour se lèvera 'Hatsoth. Mais à celui qui est très occupé par ses affaires et n'y arrive pas, nous suggérons d'aider financièrement un Talmid 'Hakham qui le fait. Le commerçant prendra ainsi part à la mitswa. Celui qui, en toute honnêteté et sincérité, reconnaît sa faiblesse physique, doit néanmoins s'efforcer de se lever dans les deux heures qui suivent 'Hatsoth, ce moment unique de Grâce divine. » ('Houtsoth Damésse)

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(Extrait du livre « L'appel de minuit » du Rav Avraham Greenbaum, publié aux Éditions Breslev)

(Vous pouvez vous procurer le livre L'appel de minuit en cliquant ici.)

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samedi 26 janvier 1991

Votre 'Hatsoth

Votre 'Hatsoth

(Il s'agit de la douzième partie du livre "L'appel de minuit". Vous pouvez lire la onzième partie en cliquant ici.)

« II est préférable d'accomplir une mitswa selon ses moyens plutôt de ne rien faire du tout. » (Le Livre du Aleph Beth, Repentir A 83)

L'un des proches disciples de Rabbi Na'hman, Rabbi Dov, voulait se lever pour 'Hatsoth tous les soirs, mais il trouvait que cela exigeait trop d'efforts. Il chargea quelqu'un de le réveiller, mais dès que l'homme partait, Rabbi Dov se rendormait. Il décida alors de dire à l'homme de ne pas partir avant de le voir hors du lit et habillé. Malgré cela, Rabbi Dov avait du mal à se concentrer et il souffrait de maux de tête. Il se sentait si mal qu'il faillit en perdre l'esprit.

Il finit par se présenter devant Rabbi Na'hman et sa mère présenta des excuses au Rebbe en son nom, lui expliquant que Rabbi Dov dormait peu, ce qui le perturbait beaucoup. Rabbi Na'hman répondit à Rabbi Dov :

« Dors et mange, mais veille à ton temps ! Reviens me voir dans un instant et demande-moi ce que tu dois faire pour 'Hatsoth.» Lorsque Rabbi Dov revint, Rabbi Na'hman lui dit de se réveiller toutes les nuits à trois heures. « C'est l'heure de ton 'Hatsoth !» C'est ce que fit Rabbi Dov et ceux qui étudiaient toute la nuit au Beth Hamidrach savaient que, lorsque Rabbi Dov venait les rejoindre, il était trois heures du matin (Kokhvé Or, p. 25)

Ce conseil de Rabbi Na'hman à Rabbi Dov est très édifiant. Rabbi Na'hman dit une fois : « La principale dévotion du juif est de se lever pour 'Hatsoth. » (La Sagesse de Rabbi Na'hman, #301). Si Rabbi Na'hman attachait tant d'importance au Tiqoun 'Hatsoth, on aurait pu s'attendre à le voir insister pour que tout le monde se forçât à tout prix à se lever exactement à l'heure appropriée.

Mais c'eût été mal connaître Rabbi Na'hman qui n'a jamais essayé de rien forcer : il savait que le plus souvent, cela conduit exactement au résultat contraire. Il voulait certainement que les gens s'efforcent au maximum de faire ce qui était bon pour leur but ultime. Mais il comprenait également que nous ne sommes que des êtres humains.

Rabbi Na'hman se rendit compte que Rabbi Dov n'était pas en mesure de se lever à la néqouda exacte de 'Hatsoth : il ne dormait pas assez et ne pouvait rien faire le lendemain. Au lieu de conseiller à Rabbi Dov d'abandonner complètement l'idée de se lever pour 'Hatsoth, il lui demanda d'accomplir la mitswa conformément à ses possibilités physiques : « Ton 'Hatsoth est à trois heures.»

Le même principe s'applique à quiconque veut accomplir cette mitswa si précieuse. Dans tout domaine spirituel, il est impossible d'accéder tout d'un coup des niveaux élevés. Il est certes valable d'aspirer aux idéaux les plus sublimes, mais on doit connaître se limites. Si on veut vraiment faire des progrès, il faut procéder lentement, par étapes, dans la bonne direction Si l'on veut trop faire d'un coup, on court le risque à s'épuiser et d'échouer complètement. Comme disait Rabbi Nathan : « II est des gens qui s'efforcent d'accomplir une mitswa avec tellement d'intransigeance qu'ils finissent par ne plus rien faire du tout.» (Sia'h Sarfé Qodech I, 571).

Cette remarque concerne assurément le Tiqoun 'Hatsoth. Si vous voulez vous lever pour 'Hatsoth, vous devez examiner avec soin quel est votre 'Hatsoth personnel : savoir l'insérer au mieux dans votre emploi du temps, être conscient de votre état de santé, du nombre d'heures de sommeil qui vous sont indispensables, tenir compte de votre métier, de vos engagements quotidiens, de vos responsabilités familiales, etc... Avec un peu de volonté, après une série d'essais et d'erreurs, vous trouverez peu à peu la formule qui vous convient le mieux. Tous les débuts sont difficiles, mais en fin de compte, on s'habitue à tout.

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(Extrait du livre « L'appel de minuit » du Rav Avraham Greenbaum, publié aux Éditions Breslev)

(Vous pouvez vous procurer le livre L'appel de minuit en cliquant ici.)

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lundi 24 décembre 1990

Minuit au Ciel

Minuit au Ciel

(Il s'agit de la onzième partie du livre "L'appel de minuit". Vous pouvez lire la dixième partie en cliquant ici.)

Selon Rabbi Na'hman de Breslev, « le moment de 'Hatsoth commence six heures après la tombée de la nuit, aussi bien en hiver qu'en été et dure deux heures » (Liqouté Moharan 1, 149). En d'autres termes, Rabbi Na'hman soutient que la néqouda de 'Hatsoth a toujours lieu six heures après la tombée de la nuit, indépendamment des fluctuations saisonnières dans la longueur de la nuit. Selon ce point de vue, il est très facile de calculer l'heure de la néqouda. Tout ce qu'on a à faire, c'est d'établir le moment exact de la tombée de la nuit tel ou tel jour et d'ajouter six heures.

Ainsi, à Jérusalem, où la nuit tombe vingt minutes après le crépuscule, la néqouda varie de 22 h 59 au milieu de l'hiver à 2 h 11 minutes au milieu de l'été. À Paris, où la tombée de la nuit est approximativement 50-65 minutes après le crépuscule, la néqouda varie entre 23 h 50 en hiver à 4 h 05 la nuit la plus courte de l'été. (Les heures d'été à Jérusalem et Paris sont données selon l'horaire d'été).

Il est à priori un peu difficile de saisir la logique qui se cache derrière le point de vue de Rabbi Na'hman. Selon la loi juive, on ne calcule pas l'heure des prières quotidiennes d'après l'heure de la montre, mais d'après les heures saisonnières, qui varient suivant les différentes époques de l'année.

On considère selon cette méthode que le jour et la nuit comprennent douze heures chacun, mais en plein été, quand les journées sont longues et les nuits courtes, on considère que chacune des heures du jour représente le douzième du temps total de la journée – ce qui les rend plus longues qu'une heure de la montre – et que chacune des heures de la nuit représente le douzième de la longueur de la nuit, ce qui les rend plus courtes que l'heure de la montre. En hiver, c'est exactement l'inverse. Pourquoi, selon le point de vue de Rabbi Na'hman, n'applique-t-on pas ce principe pour le calcul de la néqouda de 'Hatsoth ?

Rabbi Na'hman partage le point de vue du Maguen Avraham (cf. Ora'h 'Haïm 1:2 et 233:1) basé sur un passage du Zohar (III, 195b) qui dit que « si la nuit comprend plus de douze heures (de la montre), les heures supplémentaires appartiennent au jour suivant, car la nuit n'a que douze heures.» Il en découle qu'en hiver, où la nuit dure plus de douze heures, seules les douze premières heures appartiennent à la nuit à proprement parler, tandis que le reste est considéré comme appartenant au jour. En été, c'est l'inverse. Selon cette conception, 'Hatsoth, qui est le milieu de la nuit, a toujours lieu six heures après la tombée de la nuit, en hiver comme en été.

Pour quelle raison cette définition inhabituelle de la nuit ? Le Maguen Avraham explique que le Zohar ne parle pas du cycle naturel de la nuit tel qu'on le vit sur terre, mais de la nuit céleste. Quand nous calculons le moment de nos prières, nous le faisons par rapport aux heures saisonnières de la terre. Mais en ce qui concerne 'Hatsoth, le Maguen Avraham explique :

« Nous devons viser le moment où se manifeste la Grâce divine » et c'est pour cette raison que nous suivons la nuit céleste, qui dure toujours douze heures. Le fait que, selon ce point de vue, les dernières heures de la nuit terrestre (l'obscurité), fassent partie du « jour » n'est pas un inconvénient puisque « pour l'Éternel, la nuit est lumineuse comme le jour » (Psaume 139:12).

À première vue, cette explication ne sert qu'à soulever une question plus profonde. Même si nous admettons que pour 'Hatsoth nous devons considérer le moment de grâce du Ciel et que la nuit céleste dure douze heures, pourquoi calculer l'heure de 'Hatsoth six heures après le commencement de la nuit terrestre ? Cela ne varie-t-il pas d'un endroit à l'autre ? Il peut bien y avoir un grand nombre de points médians de la nuit sur terre, mais il n'y en a sûrement qu'un dans le Ciel ! Selon ce point de vue, le moment de 'Hatsoth ne devrait-il pas être le même dans le monde entier ?

On peut répondre à cette question en citant l'extrait d'un commentaire de Rabbi Chnéour Zalman de Liadi, auteur du Tanya : « Le moment de grâce dans le Ciel... est en fait au-delà du temps et de l'espace. Sa lumière imprègne cependant les mondes inférieurs à l'heure et à l'endroit appropriés. » (Choul'han 'Aroukh HaRav, Hachkamath Haboqer, 1:8)

En plein été, aux latitudes septentrionales, les nuits sont si courtes qu'il y a moins de six heures d'obscurité et on a l'habitude de ne pas réciter le Tiqoun 'Hatsoth en cette saison de l'année. Cette période s'étend environ de la fête de Chavou'oth au jeûne de Ticha' béav. Nous voyons ainsi dans le Livre de Ruth, qu'on lit à Chavou'oth, que Boaz dit à Ruth : « Dors jusqu'au matin » (Ruth 3:13).

En revanche, le prophète s'exclame dans les Lamentations qu'on lit à Ticha' béav : « Lève-toi, sanglote dans la nuit » (Lamentations 2:19). On considère que ces versets font allusion à la coutume de ne pas se lever pour le Tiqoun 'Hatsoth dans la diaspora, de Chavou'oth à Ticha' béav. Néanmoins, pendant les Trois Semaines de deuil pour la destruction du Temple, qui précède Ticha' béav, on a l'habitude de réciter quotidiennement 'Hatsoth à midi.

C'est par le Tiqoun 'Hatsoth qu'on accède au repentir. Celui qui ne peut le faire tous les soirs devrait s'assurer de le faire au moins une fois par semaine (Rabbi Chnéour Zalman de Liadi, Iguéreth HaTéchouva, #10).

Rabbi Avraham Entabi était Rav de la ville d'Aram Tsova (Alep) en Syrie au 18ième siècle. Il écrit : « Dans ma jeunesse, il y avait un rabbin appelé Rabbi Yididiah ben Dayan, qui se levait avant 'Hatsoth et accompagné de bedeaux de la synagogue, frappait à la porte de tous les juifs pour les réveiller et les inciter à se rendre à la synagogue. D-ieu était avec lui et pratiquement personne ne refusait. Je puis dire en toute assurance que la majorité des membres de la communauté se levaient après 'Hatsoth et se rendaient à la synagogue où ils s'asseyaient en groupes. »

« Il y avait un groupe de jeunes érudits qui étudiaient le Talmud ; les uns étudiaient le Choul'han 'Aroukh ; d'autres le Zohar, d'autres enfin des œuvres d'éthique juive. Le jeudi soir, il y en avait qui passaient toute la nuit dans la synagogue. Avant le Chabath, Rabbi ben Dayan apportait assez d'huile pour éclairer toute la synagogue et toute la communauté venait réciter à l'unisson tout le livre des Psaumes, suivi du Cantique des Cantiques... »

« Je peux témoigner qu'ils mettaient constamment en pratique le verset : « Tous les enfants d'Israël avaient de la lumière dans leur demeure » (Exode 10, 23). Tout au long de ces années-là, il n'y eut aucune tragédie, et pas un seul juif ne souffrit... Ce fut une époque d'abondance et de prospérité. Personne n'avait de soucis. Personne ne mourut avant l'heure. De cette génération, je dis : « Et Ton peuple ne compte que des Justes » (Isaïe 60:21) (Qorban Ichéh, Introduction).
(Extrait du livre « L'appel de minuit » du Rav Avraham Greenbaum, publié aux Éditions Breslev)

(Vous pouvez vous procurer le livre L'appel de minuit en cliquant ici.)

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samedi 17 novembre 1990

À quel moment est-ce minuit ?

À quel moment est-ce minuit ?

(Il s'agit de la dixième partie du livre "L'appel de minuit". Vous pouvez lire la neuvième partie en cliquant ici.)

« Le moment de 'Hatsoth commence six heures après la tombée de la nuit, aussi bien en été qu'en hiver et dure deux heures. » (Liqouté Moharan I, 149).

Quand exactement doit-on réciter le Tiqoun 'Hatsoth ? Du fait que ce sont des heures particulièrement propices à la Grâce divine, il serait bon de faire en sorte de réciter ces prières au moment le plus favorable. Ce n'est pas toujours possible : on peut penser qu'en récitant régulièrement le Tiqoun 'Hatsoth on s'engage déjà sérieusement et qu'en le récitant vers le milieu de la nuit, on fait de son mieux. En fait, ceux qui veulent vraiment profiter de ce moment de faveur tout à fait spécial auront à cœur de savoir quand il se présente.

Dans la littérature de la Tora, on appelle néqouda (le point) de 'Hatsoth la frontière entre la première et la seconde partie de la nuit. En termes spirituels, c'est le moment où l'Attribut divin de guévoura, jugement strict, qui gouverne la première partie de la nuit, fait place à celui de 'hessed, miséricorde, qui gouverne la seconde partie.

C'est à ce moment précis que commencèrent l'Exode et d'autres événements miraculeux de l'histoire juive. Rabbi Na'hman enseigne qu'on peut réciter le Tiqoun 'Hatsoth n'importe quand au cours des deux heures qui suivent ce point. (D'après certains, on peut commencer le Tiqoun 'Hatsoth un peu avant la néqouda – cf. Michna Béroura sur Ora'h 'Haïm 1:5, #14).

On aurait pu s'attendre à ce que la néqouda corresponde au milieu exact entre la tombée de la nuit et le lever du jour, et c'est en fait l'opinion d'un grand nombre d'autorités de la halakha. Rabbi Na'hman ne partage cependant pas ce point de vue et, comme nous le verrons, la question n'est pas simple. Une chose est certaine : la néqouda de 'Hatsoth ne correspond pas à minuit de notre montre. L'heure dont nous nous servons est une convention sociale indispensable, mais ne correspond pas au cycle naturel du jour et de la nuit, qui est sujet aux fluctuations saisonnières.

Quand donc a lieu la néqouda de 'Hatsoth ? C'est peut-être parce qu'elle constitue un moment si précieux qu'elle revêt un certain mystère. Ainsi, après nous avoir appris que le Roi David se réveillait à 'Hatsoth, le Talmud demande comment il savait à quelle heure exactement il devait se lever ?

Le Roi David connaissait-il exactement le moment de 'Hatsoth ? Même Moïse ne le connaissait pas ! Moïse avertit Pharaon au nom de l'Éternel : « Vers minuit, je m'avancerai à travers l'Égypte » (Exode 11: 4). Pourquoi « vers minuit » ? Peut-il y avoir le moindre doute dans l'esprit du Ciel ? Nous ne pouvons que dire que D-ieu dit à Moïse : « À minuit », mais Moïse dit à Pharaon : « Vers minuit !» Apparemment, Moïse avait des doutes. Et alors David le savait-il ? La réponse est que David avait un signe. Une harpe était suspendue au-dessus de son lit et au milieu de la nuit, un vent du Nord venait souffler sur les cordes et la harpe jouait d'elle-même... (Bérakhoth, 3b).

Pour évaluer le moment de 'Hatsoth, on considère que la nuit commence avec l'apparition des trois premières étoiles de magnitude moyenne. À première vue, la néqouda de 'Hatsoth devrait se trouver à la frontière entre la tombée de la nuit et l'aube du lendemain. C'est un point de vue partagé par un grand nombre d'autorités de la halakha. Selon ce point de vue, 'Hatsoth est exactement douze heures après l'heure de midi, où le soleil est au zénith.

C'est la réponse la plus évidente, mais si le moment de 'Hatsoth ne laisse aucun doute, pourquoi était-il donc un mystère pour Moïse et pourquoi le Roi David avait-il besoin de sa harpe ? Même les Anciens disposaient de moyens fort sophistiqués pour mesurer le temps.


(Extrait du livre « L'appel de minuit » du Rav Avraham Greenbaum, publié aux Éditions Breslev)

(Vous pouvez vous procurer le livre L'appel de minuit en cliquant ici.)


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samedi 13 octobre 1990

L'étude de la Tora

L'étude de la Tora

(Il s'agit de la neuvième partie du livre "L'appel de minuit". Vous pouvez lire la huitième partie en cliquant ici.)

Les heures qui suivent 'Hatsoth sont particulièrement propices à l'étude de la Tora. « On n'accède à la plus grande partie de sa sagesse que pendant la nuit », écrit à ce sujet le Rambam (Hilkhoth Talmud Tora, 3,13). Le Zohar est plein d'éloges pour ceux qui étudient à cette heure. Rabbi 'Hizkyah dit : « Quiconque s'efforce d'étudier la Tora à cette heure aura certainement une part dans le monde futur » (Zohar I, 82). « Celui qui se lève à 'Hatsoth et se consacre à l'étude de la Tora peut sans encombre franchir toutes les portes du Roi.» (Id. III, 22)

Libre à tout un chacun de décider ce qu'il veut apprendre... Pour ceux qui essayent d'étudier à cette heure, il serait mieux de commencer par choisir les sujets qu'ils préfèrent et qui exigent le moins d'efforts. Cela leur permettra de vaincre la fatigue et stimulera la motivation et la joie privilégiée de l'étude de la Tora après 'Hatsoth.

On étudie traditionnellement la Michna, la 'Hassidouth et la Kabbale (cf. Michna Béroura sur Ora'h 'Haïm 1:3, #9). Rabbi Na'hman parle du grand mérite de ceux qui étudient le Talmud de nuit (Liqouté Moharan I, 3) et discute de l'effet positif de l'étude de la halakha comme préparation à la prière.

« Bénissez l'Éternel, vous tous, serviteurs de l'Éternel, qui vous tenez dans la maison du Seigneur durant les nuits » (Psaume 134:1). Rabbi Yo'hanan dit : « Ceux qui étudient la Tora la nuit sont considérés comme s'ils s'engageaient au service du Temple.» (Mena'hoth, 110 a)

Un fil de grâce est tendu sur quiconque se lève à minuit pour se délecter de la Tora du Saint béni soit-ll et le protège constamment dans ce monde, comme il est écrit (Psaumes 42:9) : « Le jour, l'Éternel met Sa grâce en œuvre et la nuit Son chant est avec moi.» (Zohar, 82a)

Outre ses nombreuses autres vertus, le fait de se lever pour étudier la Tora à 'Hatsoth contribue à maîtriser complètement le mauvais penchant. Nos Rabbins enseignent : « Si quelqu'un vient te tuer, hachkem, lève-toi et tue-le premier » (Sanhédrin, 72a). En d'autres termes, si le Satan vient pour te tuer, la seule façon de le tuer est Sa hachkamah – le fait de se lever pour 'Hatsoth est dotée du même pouvoir. « Lève-toi et tue-le le premier – par la prière (Tiqouné Zohar, 9).

L'étude de la Tora après 'Hatsoth élimine les forces du mal (cf. Zohar, I, 248). Les péchés sont pardonnés, l'esprit et les pensées purifiés et l'on peut saisir clairement la l'unité de D-ieu. Quiconque veut se rapprocher de D-ieu doit libérer ses yeux du sommeil la nuit et se consacrer à la prière et à l'étude de la Tora pour vaincre les « écorces » (les qlipoth). Cela le rapprochera assurément de D-ieu (Réchith 'Hokhma, Cha'ar Haqédoucha, 7).

Suite...

(Extrait du livre « L'appel de minuit » du Rav Avraham Greenbaum, publié aux Éditions Breslev)

(Vous pouvez vous procurer le livre L'appel de minuit en cliquant ici.)

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lundi 10 septembre 1990

Le Tiqoun Léah

Le Tiqoun Léah


(Il s'agit de la huitième partie du livre "L'appel de minuit". Vous pouvez lire la septième partie en cliquant ici.)

Le Tiqoun Léah a une verve bien différente de celle de Tiqoun Ra'hel. Le Tiqoun Léah commence par le magnifique éloge de la gloire de D-ieu du Psaume 24 : « À l'Éternel appartient la terre et tout ce qu'elle renferme.» Il est suivi du Psaume 42, avec son expression émouvante de celui qui aspire à la Divinité : « Comme la biche aspire aux cours d'eau, ainsi mon cœur aspire à Toi...» Ce Psaume contient aussi des références au Temple dans sa gloire et à l'amertume de l'exil. Viennent ensuite les Psaumes 43 et 20, qui expriment notre foi et confiance en la puissance du D-ieu rédempteur.

Le Psaume 67 « Que D-ieu nous prenne en grâce et nous bénisse » est une prière implorant D-ieu de bénir la terre entière et de se révéler à toutes les nations. Le Psaume 111 : « Je louerai l'Éternel de tout mon cœur...» est expression de foi en la véracité totale de la Tora et aux grandes récompenses qui attendent ceux qui y adhèrent. On récite ensuite un certain nombre de versets d'Isaïe qui prophétisent sur le jugement final des nations.

Le Psaume 51 qui suit est une confession émouvante du Roi David qui implore Dieu de lui pardonner et de se réconcilier avec lui. Ce Psaume est une bonne transition pour la séance de hithbodédouth que certains pratiquent à l'issue du Tiqoun 'Hatsoth (dans un certain nombre de communautés, on omet le Psaume 20, les versets d'Isaïe et le Psaume 51 les jours où ne dit pas Ta'hanoun.)

Le Tiqoun Léah se poursuit avec le Psaume 126, Chir Hama'aloth, « Cantique des degrés : quand l'Éternel ramena les captifs de Tsion...», qui rappelle la joie de la rédemption des juifs de l'exil de Babylone et comprend une prière pour la future rédemption.

Vient ensuite le beau poème : « Mon fiancé est descendu dans son jardin», acrostiche alphabétique composé par Rabbi 'Haïm HaCohen. Il se présente sous forme de dialogue entre l'Assemblée d'Israël (le peuple juif) et son Fiancé (D-ieu) sur les thèmes de l'exil et de la rédemption. Rabbi Na'hman de Breslev appréciait particulièrement ce poème qui remue le cœur dans ses profondeurs (cf. La Sagesse de Rabbi Na'hman, #268).

On récite ensuite le premier chapitre du traité Tamid qui évoque la garde nocturne des prêtres dans le Temple, l'ouverture des portes du Temple au commencement de la journée, et le tirage au sort pour le premier service de la journée, la prise des cendres de l'autel (cf. Lévitique 6:1-6).

Le Tiqoun Léah s'achève par une prière sur la reconstruction du Temple, le renouvellement du service des Cohanim, des Lévites et des Israélites, et le rassemblement des exilés. Ceux qui ne peuvent pas réciter tout le Tiqoun 'Hatsoth peuvent choisir les parties qui leur semblent les plus significatives.

Après le Tiqoun 'Hatsoth

La durée de la récitation du Tiqoun 'Hatsoth dépend de ce qu'on se sent capable de dire : de quelques minutes à une demi-heure ou plus. On peut très bien se rendormir après avoir récité Birkath Hacha'har et Tiqoun 'Hatsoth. Nombreux sont ceux qui se lèvent pour 'Hatsoth et éprouvent le besoin de se rendormir après, afin de pouvoir s'occuper convenablement de leurs affaires le lendemain. Il est très bon de rester éveillé après 'Hatsoth pour prier et étudier la Tora, a condition toutefois que cela n'entrave pas l'emploi du temps du lendemain.

Cependant, pour ceux qui ont la force de rester éveillés pour méditer, prier et étudier, « une heure avant la lumière du jour est préférable à plusieurs pendant la journée » (Rabbi 'Haikeleh, Mémoires).

Hithbodédouth

« La nuit se divise en trois gardes... Le symbole de la troisième est la femme qui discute avec son époux » (Bérakhoth, 3a). La « femme », c'est l'Assemblée d'Israël, le « peuple juif » qui s'exprime dans une prière pour demander à son « Époux », le Saint béni soit-Il, tout ce dont elle a besoin (Maharcha, ad. loc.)

La paix et la tranquillité qui règnent après 'Hatsoth sont particulièrement propices aux prières personnelles. 

Rabbi Na'hman écrit à ce sujet : « Au milieu de la nuit, le monde se libère de toute contrainte matérielle. Pendant la journée, la plupart des gens sont occupés à la satisfaction de leurs besoins matériels, ce qui dérange beaucoup celui qui veut s'attacher et s'abandonner à D-ieu... Il convient de chercher un coin isolé et de s'y rendre la nuit pour y vider son cœur et son esprit de tous les problèmes matériels. Il faut veiller à éliminer un par un tous les mauvais traits de son caractère : en en choisissant un et en implorant de l'Éternel une aide pour le vaincre. On pourra s'occuper ensuite du suivant, jusqu'à les éliminer tous » (Liqouté Moharan I, 52)

Où ?

Pour la plupart des gens, le meilleur endroit pour prier après 'Hatsoth est un coin isolé dans la maison. Mais ceux qui habitent près d'un champ ou d'un parc peuvent préférer pratiquer hithbodédouth en plein air, au moins de temps à autre. Pour se préserver de tout danger, il vaut mieux sortir avec un ami ou deux. Chacun choisit alors un coin où la solitude et le silence de la nuit l'aideront à fouiller les replis les plus secrets de son cœur et à s'adresser à D-ieu dans la plus grande franchise et sincérité.

Ceux qui habitent en ville et ont peu d'occasions de sortir peuvent par exemple profiter de leurs vacances pour aller dans les champs pratiquer hithbodédouth. Ils vivront ainsi des moments spéciaux qui les émouvront profondément.

Comment ?

Pour la plupart, l'expérience d'offrir leurs propres prières en leur propre langage dans un coin privé ouvre de larges horizons spirituels. Les ouvrages « Épanchement de l'Ame », « La porte du Ciel », « Un pont très étroit » (chapitre 9) et « Sous la table » (chapitre 6), récemment publiés, traitent en détail de la pratique de hithbodédouth.

Pour d'aucuns, il n'est pas difficile d'ouvrir la bouche et de parler à D-ieu ; mais d'autres, qui se sentent au début la langue liée, peuvent préférer commencer par lire des prières composées par d'autres, telles que celles de Rabbi Nathan, le disciple le plus éminent de Rabbi Na'hman, recueillies dans son œuvre classique « Liqouté Téfiloth ».

L'essence de hithbodédouth est de « s'adresser à D-ieu et Lui parler de tout son cœur.» Rabbi Na'hman nous suggère : « recherche les bons points qui sont en toi et purifie-les de tout mal. Tu finiras par déverser ton cœur comme de l'eau devant D-ieu. C'est ce qui conduit véritablement à la joie. Tu seras ainsi en mesure de vaincre le pouvoir de tout désir matériel, de te rappeler constamment le monde futur et de ne jamais perdre de vue le but ultime de cette vie. » (Liqouté Moharan I, 54, fin)

L'hithbodédouth fait ainsi partie intégrale de la quête de la conscience élevée de D-ieu qui constitue, comme nous l'avons vu, le thème essentiel du Tiqoun 'Hatsoth. Cette quête faisant partie de la bataille livrée pour introduire la lumière dans les ténèbres de ce monde, il est inévitable que nous devions souvent confronter des obstacles, plus particulièrement des barrières intérieures. Pour les vaincre, Rabbi Na'hman préconisait de se servir de toutes sortes d'arguments et plaidoiries devant D-ieu.

Le Talmud dit : « Chantons en l'honneur de Celui qui se réjouit lorsqu'Il est conquis » (Pessa'him 119a). Il est des moments où tu devras même conquérir D-ieu. Tu peux penser que D-ieu te rejette à cause de tes fautes. Tu peux penser que tu n'accomplis pas encore Sa volonté. Malgré tout, sois fort, jette-toi vers Lui, tends tes mains vers D-ieu et supplie-Le d'avoir pitié et de t'accorder de Le servir. Il se peut que tu penses qu'Il te repousse, mais crie : « Peu m'importe ! Je veux encore demeurer juif !» C'est de cette façon que tu vaincras D-ieu (La Sagesse de Rabbi Na'hman, #69).

Pour nous « réveiller » spirituellement, nous devons éliminer en nous toute trace de négativisme et rechercher les bons points qui sont en nous. C'est là tout le but du Tiqoun 'Hatsoth.

Lorsque la torpeur du sommeil s'empare de l'âme du juif, elle menace de l'écraser complètement, que D-ieu nous préserve. À cause de ses péchés et ses imperfections, il court le danger d'une chute dramatique. C'est alors le moment de rechercher ses bons points... Quand sa conscience atteint son degré le plus bas – quand il prétend que « son pied trébuche » – à ce moment l'amour de D-ieu le soutient, le tire de son sommeil et lui donne son appui. C'est le concept de « se lever pour 'Hatsoth », heure où la conscience est la plus réduite. C'est précisément à ce moment qu'on doit se réveiller de son « sommeil », et surmonter ses échecs, en recherchant ses points positifs.

Ceux qui se lèvent régulièrement à 'Hatsoth peuvent toujours s'« éveiller » de leur « sommeil » à « minuit » – c'est-à-dire au moment où un profond sommeil spirituel menace de les engloutir ; ils sont susceptibles de chuter; toutes sortes de choses peuvent leur arriver... Qu'importe ! Ils peuvent encore émerger même des profondeurs de leur détresse personnelle. Le tout petit bien qu'ils trouvent en eux peut toujours les réveiller à leur « minuit » personnel (Liqouté Halakhoth, Hachkantath Haboqer 1, 15 ; cf. aussi Azamra, p. 43-44).

Suite...

(Extrait du livre « L'appel de minuit » du Rav Avraham Greenbaum, publié aux Éditions Breslev)

(Vous pouvez vous procurer le livre L'appel de minuit en cliquant ici.)

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