Nos leaders politiques ne sont pas choisis de la même façon que nos leaders spirituels. Si le pouvoir des seconds est moral, celui des premier repose sur le suffrage universel. Cela explique sans doute la raison pour laquelle dans leurs cas, la morale est souvent laissée de côté.
Diriger et morale
On entend souvent dire que nos dirigeants politiques sont des hommes d'une morale irréprochable, mais que leur vie privée doit le rester et que nous devons faire savoir la part des choses entre leur fonction publique et leur vie de famille. Selon cette logique, s'il est normal que la première nous concerne, la seconde devrait rester à l'abri de notre regard, ainsi que de celui des médias.
Cette protection de la vie privée est ancrée dans la loi française. De fait, un journaliste qui écrirait sur les déboires de la vie familiale d'un homme politique serait immédiatement poursuivi en justice. La classe politique aurait vite fait de crier au « harcèlement » et à « l'intrusion inacceptable » du public dans le domaine privé d'une personnalité politique.
Il est intéressant de noter que les lois étant formulées et votées par les hommes politiques, ceux-ci ont tout intérêt à garder à l'abri du public ce qu'ils ne désirent pas dévoiler. À répéter que « la vie publique de nos hommes politiques s'arrêtent à la porte de leur chambre », on se permet de mener la vie qu'on désire dans sa chambre, même si elle n'est pas honorable.
Pourtant, la séparation entre vie privée et publique n'est pas toujours souhaitable. Que dirions-nous si un homme politique était un voleur ? Accepterions-nous de l'avoir comme dirigeant ? Certainement pas ! « Il a enfreint la loi ; il ne peut pas représenter le peuple ! » La réaction saine du public ne tarderait pas à se faire entendre : un homme politique doit avant tout respecter les lois, même dans sa vie privée.
On entend dire ces jours-ci qu'il serait possible de diriger un des organismes politiques internationaux les plus importants au monde – et même d'envisager de devenir le Président de la France – tout en prenant sa chambre pour une arène de foire. Après tout, ne devrions-nous pas être concernés uniquement par ce que nos dirigeants ont entre les oreilles et pas ailleurs ? Le plus important – bien sûr – est qu'ils ne transgressent pas la loi.
Pourtant, tromper son conjoint est reconnu par la loi française comme étant inacceptable au sein du couple et cela est une raison de divorce. Ainsi, un homme qui trompe sa femme enfreint la loi. Pour qu'elle raison l'accepterions-nous comme dirigeant ? Pour quelle raison dénonçons-nous cet homme s'il est un voleur, mais pas s'il ne sait pas contrôler ses pulsions ? Dans les deux cas, il n'a pas été moral et s'est opposé à la loi !
Sans doute, ne voulons-nous pas dénoncer un comportement qui ne nous semble pas si mauvais. Voler dépasse les normes ; d'autre part, tromper sa femme est « compréhensible. » Voici l'état de notre société : les hommes rédigent des lois qui couvrent leurs passions et ceux qui sont censés être propres se salissent sans remords. En cela, ils sont bien aidés par leur conjointe qui semble accepter de plus en plus de bon ton les aventures amoureuses de leur mari. Il y a quelques années, cela fut le cas de madame Mitterrand ; plus récemment, il y eut le cas de madame Clinton ; aujourd'hui, c'est madame Sinclair qui rejoint le groupe des femmes « progressistes. »
Honte à nous qui prêtons une main à ses vilains en votant pour eux ; honte à nous qui ne dénonçons pas suffisamment les limites de l'immoralité. Que nos hommes politiques ne soient pas parfaits, certes. Cela ne signifie pas pour autant qu'ils ne doivent pas être capables de contrôler un membre de quelques centimètres de longueur.
Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Betty bath Élisabeth.
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